jeudi 20 décembre 2007

Long way from home



Réaction a show risque de voir son activité ralentie dans les prochaines semaines. Congés de fin d'année obligent et vacances estivales, l'UnB ne reprend les cours que mi-mars. Je pars donc visiter ce pays immense qu'est le Brésil.
Première étape Rio de Janeiro pour le nouvel an, puis descente vers le Sud et le pays des Gaucho: Curitiba, Joinville, Florianopolis et peut être Porto Alegre. Viendra ensuite le carnaval et un départ pour Récife, capitale du Pernambouc.
J'espere pouvoir publier régulièrement sinon je garde toutes mes notes au chaud et vous promet de tout mettre en ligne dès mon retour.




Cliquez sur la carte pour mieux visualiser le parcours envisagé.

Permettez moi de vous présenter!

Cela fait quelques temps que je n’avais pas parler de la Tv brésilienne, et je me suis rendu compte que j’avais manqué totalement à mes devoirs en ne faisant pas les présentations.

Le Brésil n’est pas doté un système uniforme à l’échelle nationale en terme d’audiovisuel. La réalité décrite ici est celle de Brasilia mais elle diffère si on va à São Paulo, à Porto Alègre ou à Porto Velho.

Le réseau hertzien brasiliense propose 6 chaînes : Globo, Radiobras, SBT, Record, Band et Tv Brasilia.

-Globo est la première chaîne brésilienne. Référence en matière d’audiovisuel mondial, la Tv est la tête de pont d’une multinational présente dans la presse, la radio, le cinéma, l’édition. Vieille dame conservatrice en place depuis 1965, elle est dirigée par la famille Marinho. A de nombreuses reprises, elle fit la pluie et le beau temps dans la politique brésilienne. Elle a démit plus de chef d’état que l’impechement. On ne retrouve Globo, à proprement dit que dans 5 états du Pays : Rio de Janeiro, São Paulo, Distrito Fédéral, Minas Gerais, Goias. Le reste du temps, Globo vend ses programme (journaux d’information, novelas, divertissements) à des filiales régionales. Depuis quelques temps le monument s’effrite et l’audience n’est plus aussi bonne que dans le passé. Les novelas rencontrent moins de succès (Duas Caras est un vrai flop au point que le scénariste est parti s’enfermer dans un monastère franciscain !), et certains contrats de droits Tv lui sont passé sous le nez. Entre les résultats d’août 2006 et ceux de 2007 on observe une baisse de l’audience de 11,8%. Sa position de première chaîne du pays est quand même loin d’être remise en cause vu l’avance qu’elle avait jusque là.

-SBT et Record se disputent la place de « vice leader » en terme d’audience. A l’image des chaînes françaises qui copient TF1 pour faire de l’audience, elles s’imposent un mimétisme pour gagner chaque jour de plus en plus de téléspectateurs. Cependant, elles sont plus preneuses de programmes de Tv réalité. Le sang attire plus souvent les foules que les débats littéraires. La grande différence vient du fait que Record est une chaîne récente qui a su très vite faire son trou (« la petite chaîne qui monte »). Créée par les évangéliques, il y a quelques années, elle s’est vite imposé profitant peut être de l’explosion du nombre de conversion. Aujourd’hui, elle est incontournable et a réussi a obtenir les droits Tv pour les prochaines olympiades de Pékin. Tout comme Globo, SBT ne propose pas de programmes religieux contrairement à Record, Band, et Tv Brasilia.

-Band est la plus faible des chaînes nationales. Très peu de diversité, beaucoup de rediffusions… La religion et le sport ont la place d’honneur. Trois ou quatre églises ont leur programme quotidien en matinée. Les pasteurs se suivent et se ressemblent mais tous se réclament comme le seul et unique chemin vers le paradis. Les brésiliens étant amateurs de football et de sports automobile, Band leur consacre plusieurs heures par semaines. Un accord avec le diffuseur Sky lui facilite l’accès à un certains nombre de compétition. La seleção nationale et la Formule 1 étant en exclusivité sur Globo, Band se contente des miettes : Grand Tourisme, courses de camions, Formule Indy. Elle a tout de même réussi à grignoter 1/3 du championnat brésilien et propose tous les week-end des matches des différents championnats européens, un plus non négligeable dans ce pays fou de foot.

-Tv Brasilia est la Tv locale du DF. Manque de moyens criant qui donne parfois l’impression de regarder un Tv amateur. Elle délègue une grande partie de ses plages horaires à des producteurs extérieurs se dédouanant par la même occasion des propos tenus à ces moments là : pratique lors des émissions religieuses. Les dessins animés, le Télé shopping sont multi rediffusés. Les programmateurs vont chercher dans les archives de la Tv et du cinéma américains pour combler les trous.

-Radiobras est la chaîne d’état mais elle est plus indépendante du gouvernement que les chaînes publiques (Tv Camara et Tv Senado). Bien différente du panel présenté ici, elle propose des programmes plus culturels, de nombreux documentaires. On pourrait la comparer à France 5.

La télévision brésilienne s’inspire énormément des Etats-Unis dans la construction des programmes. Le rythme, les thèmes abordés, le ton des émissions, les décors sont copiés sur les modèles ABC, NBC ou CBS. Cela la rend encore plus étrange pour un européen habitué à certains qualibres.

mercredi 19 décembre 2007

Points communs


Le blog vous a successivement présenté deux quartiers antagonistes de Brasilia. Les condominios accueille les plus fortunés pendant que la favela est un mourroir social destiné aux plus pauvres. Retour sur ces deux quartiers et jeu des sept points communs, à défaut des différences puisque dans ce cas on écrirait un roman.

Sur les 7 points communs, j'en ai surtout relevé un. Les favelas et les condominios sont des implantations de logements illégales.
Créées par les esclaves en fuite pendant le XIXe siècle, les favelas (appelées à l'époque quilombos) étaient des villages en autogestion où les maîtres blancs n'avaient pas le droit de rentrer. Du fait de leur auto-émancipation, ils devenaient, par conséquent, hors la loi. Lorsque les paysans ont fuient la campagne brésilienne au cours du XXe siècle pour trouver un emploi dans les métropoles en expansion, ces derniers ce sont installés en périphérie dans des campements sans demander l'autorisation de personne et surtout pas celle des autorités. L'importance qu'ont pris ces quartiers au fil des années a bien obligé les gouvernement successifs à se préocuper de ce problème. On a installé l'électricité (mais pas toujours l'eau courante), les bus desservent maintenant ces quartiers et des administrations locales gèrent les affaires courantes. Lula est d'ailleurs en train de mettre en place un plan d'urbanistation pour l'une des plus grosse favela de São Paulo. Malgrés ces progrès une partie des habitations résultent d'une invasão (invasion), aucune autorisation n'étant desservi pour la construction.
Lorsque ces invasions se font en dehors des territoires tolérés par le gouvernement, on envoie les bulldozers qui ne font qu'une bouchée des todis et qui rasent en quelques minutes les efforts de plusieurs années. Des plans d'indemnisations sont parfois mis en place à la suite de telles opérations mais les aides sont minimes.

Lorsque Jucelino Kubicek et Oscar Niemeyer s'apprètent à construire Brasilia, la main d'oeuvre se presse dans la nouvelle capitale. Les ouvriers mais aussi les futurs fonctionnaires arrivent dans une ville pas tout à fait fini et qui manque cruellement de logements. La solution est, alors de construire sa propre maison. Sans se préocuper des lourdeurs administratives, ils empilent les agglos et creusent la piscine. Tout ceci bien sûr dans la plus grande illégalité. Mais ces gens là ont de l'argent et ayant accès à l'éducation (ne serait ce que publique), elle sait lire une loi et se défendre dans un tribunal. Les habitants se regroupent donc en association, ces associations prennent de l'importance au niveau national et aujourd'hui c'est un des lobby les plus importants du pays. Aucun bulldozer ne s'aventurera sur les routes bitumés des condominios, ce serait trop difficile de combler la piscine et de détruire le barbecue. Plusieurs condominios sont, aujourd'hui encore, illégaux et les habitants se battent pour être reconnus. Mais leur combat est sur la bonne voie puisque le gouvernement du District Fédéral promet de nouvelles régularisations pour l'année qui vient.
A aucun moment ce même gouvernement n'évoque la régularisation des favelas ou bien un plan de rénovation urbaine à leur encontre.
Ainsi va la vie au Brésil, des promesses et des paillettes pour les plus privilégiés, tandis que les plus pauvres végètent dans leur misère en espérant un minimum d'aide.

mardi 18 décembre 2007

Cul de sac


Certains c'étaient découvert un amour artificiel pour la "France d'en bas". Je reviens tout juste de ce que ce brave poitevin aurait pu appelé le "Brésil d'en bas".
Les favelas sont mystifiés dès que l'on sort du Brésil: repère des gangs, criminalité atteignant des sommets, trafic de drogues. Le film "La cité de Dieu" a romancé un peu tout ça pour montrer le coté bohème de la vie dans une barraque de planches. La réalité est autre: misère et violence sont bien sûr présent mais on voit aussi des gens qui veulent s'en sortir et une ville dans la ville avec une chaleur humaine dont Brasilia est totalement dénué.

Varjão est un cul de sac, une seule route permet l'entrée et la sortie des personnes et des véhicules. Le bus qui vient d'arriver dans la cuvette où se trouve la favela s'engouffre dans le quartier par la seule route bitumée. Au bord de la route, les brésiliens travaillent, un garagiste s'affaire sur une carcasse de voiture, un père de famille coule les fondations de son futur logis. Il pourra bientôt disposer les planches qui serviront de murs porteurs.
Contrairement au fantôme brasiliense où personne ne marche dans la rue, ici le quartier vit, les enfants se courent après et traverse la route en se frayant un chemin entre les voitures. Les terrasses accueillent les travailleurs faisant une pose, les femmes au foyers étendent leur linge sur un étendeur de fortune.
Implantée à flanc de colline, Il faut grimper une côte bien raide pour atteindre le sommet du quartier et profiter de la vue panoramique. Maison en dur, constructions sans fin, barraques faits d'objets de récupération: tout cela forme un gros tas où l'on ne distingue plus les allées entre les habitations. Au loin on voit le "Lago Norte", un des quartiers les plus riches de Brasilia où on trouve toute une série de condominios, cependant on ne mélange pas les genres. La favela est strictement délimitée par les routes qui l'entourent ainsi que la rivière qui se deverse au pied du quartier.
Alors que certaines maisons ont été construite en béton grâce à l'aide du Banque Internationale du Developpement (BID), la majorité des habitations ne sont faites que de bout de ficelles: des planches de récupérations, des briques glanées aux abords d'un chantier, une plaque de tolle qui sert de toit. Dans une rue sans asphalte, un vieil homme passe en donnant un bon coup de fouet sur son cheval qui tire une charette. L'animal n'a que la peau sur les os, les côtes et le bassins ne sont plus dissimulés par la graisse (on ne nourrit le canasson que si la famille parvient à se nourrir elle même, ce n'est pas toujours le cas). Dans sa remorque, on distingue plusieurs barre de fer qui serviront surement pour renforcer l'aussature de sa maison.

Assis à la terrasse d'un bar, je prend un jus de canne à sucre avec un "pastel de queijo" (friture fourré de fromage" en compagnie de deux amis brésiliens. "Ça me rapelle mon enfance" sourrit Géronimo qui a grandi dans la campagne du Mato Grosso "Là bas, dès que tu sors des villes tu retrouve la même situation". Chacun essaye de comprendre comment une société peut laisser s'implanter de tels guettos. La douceur qui est dans nos verres ne parvient pas à effacer notre amertume face aux différentes poliques libérales dans le monde. Les extravagances conjugales de N.S font bien rire Géronimo et Paranà.
On se dirige vers la place centrale qui accueille l'école. A coté, le siège de la police militaire. Le sergent Paulo Renando est assis à l'extérieur, le regard fixé au loin derriere d'opaques lunettes de soleil. "La situation s'est drolement améloiré depuis 5 ans, aujourd'hui c'est beaucoup plus tranquille". Difficile de lui faire avouer la raison, il ressace toujours le même message et ne se prononce ni sur la réalité du terrain, ni sur les problèmes rencontrés, encore moins sur le quantitatif. Il botte en touche à chaque fois "la police civile à des statistiques empiriques et précises, je peux pas vopus dire comment ça évolue exactement." "Moi, je reste ici au poste, demandez à mes collègues qui viennent de rentrer de patrouille." "L'administration générale de Varjão pourrait vous aider sur ce point parce que je ne suis pas abilité à parler de ça." En fin d'entretien, il lâche: "Certaines personnes quittent Varjão pour s'installer ailleurs, dans les autres favelas de Brasilia." En langage officieux, ça signifie que certains habitants ont été priés, avec les honneurs militaires, d'aller mettre la pagaille ailleurs. On ne résoud pas le problème, on le déplace. Quand on le questionne sur la présence de la police dans la favela, son visage se crispe: "Quand la police est là, les gens ne veulent pas nous voir pour pouvoir régler leur problèmes tout seul, quand nous sommes absents, ils réclament notre présence." Un policier, quelque soit sa nationalité réagit toujours de la même manière et il se réfugie très souvent derrière l'uniforme, le grade, la hierarchie.
Lorsque l'on déambule dans les rues et que l'on observe les échoppe, on remarque très facilement la proliférations de deux types de commerces: les bars et les églises évangéliques. Les buvettes sont à tous les coins de rues: en retrait à l'intérieur d'une cour, dans la rue commerçante mais aussi à un croisement, la terrasse délimités par quatres planches de bois. Les églises sont toutes en bétons mais on ne les remarque pas tout le temps. Cela dépend de la taille de l'enseigne. Pour un quartier somme de petite taille, j'ai dénombré plus d'une dizaine de lieux de culte (et je n'ai pas parcouru tout le quartier). La réalité saute aux yeux, le coktail est parfait. Alcool et religion, l'idéal pour pouvoir oublier la misère du quotidien. C'est aussi l'assurance pour les dirigeants que la populasse restera cloitrée où elle est et qu'elle n'essayera pas de s'émanciper.
Dans le bus qui nous ramène à Brasilia, on dresse un premier constat: Varjão est un cul de sac. Après avoir constaté les conditions de vie des habitants et le peu d'investissement du gouvernement pour les améloirer, on en conclue que le cul de sac n'est pas seulement géographique mais il est aussi social.

crédits photos: Par sécurité, je ne m'étais pas muni de mon apareil photo. Les photos sont donc issues du site du gouvernement du DF et de la banque mondiale.
Modification: 19/12, ajout du paragraphe sur les bars et les églises

lundi 17 décembre 2007

Quand la presse se déchaine


Quel journaliste est capable d’écrire les propos qui suivent ? Quel journal est capable de les publier ?
« L’une des particularités de l’homme occidental chrétien est sa capacité à culpabiliser pour les souffrances que ses ancêtres ont imposé à d’autres peuples. Des romains aux grecs, des huns aux wisigoths, des mayas aux aztèques, des tupis aux ianomamis, aucune civilisation orale ou bien connaisseuse de l’alphabet n’a laissé dans ses écrits ou dans la tradition orale les lamentations de ses conquêtes acquises grâce à l’usage de la violence. Cette conscience est le fait de la modernité.»
Finkelkraut ? Non, un autre exemple .
« Par ses convictions idéologiques, le Che a, avec certitude, sa place dans le même tas d’ordure où l’histoire a déjà entreposé d’autres théoriciens et praticiens du communisme comme Lenine, Staline, Trotsky, Mao et Fidel Castro. »

Régis Debray ? Vous séchez ?

Ces phrases sont extraites de Veja, hebdomadaire le plus diffusé du Brésil avec 1,5 millions d’exemplaires chaque semaine, journal de référence pour une bonne partie de la population et pour les étudiants de la Faculté de communication de l’UnB.

Ce journal, dirigé par Roberto Civita, est l’organe de propagande de la droite conservatrice paulista. Totalement partiaux et violents, ils se battent férocement pour que la minorité, à laquelle ils appartiennent, puisse garder ses privilèges. La gauche, le terrorisme, les musulmans sont des ennemis du système que les rédacteurs se chargent d’assassiner à chaque édition. Ce sont eux qui, en 2006 lors des élections présidentielles, ont imprimé un autocollant avec une main à 4 doigts barré par une croix (référence aux 4 doigts qui restent à l’une des mains de Lula). Ils ne reculent devant rien pour enfoncer leurs adversaires surtout pas la diffamation.

Leur marotte du moment : Hugo Chavez, président du Venezuela (bien entendu !). L’homme est charismatique, radical et de gauche. Trois raisons d’être détesté par la rédaction de Veja. Ces dernières semaines, il a été traité de « stupide », « idiot », « dictateur ». Le lendemain du refus du plébiscite, ils écrivent enthousiates: « Malgré le bourrage des urnes et la fraude électorale, Chavez n’est pas parvenue à remporter son referendum. »

Dans ses conditions leur idole ne peut se nommer que N.S. Pendant les grèves de novembre, l’aplatventrisme fut total. L’homme à la main de fer a mener ce combat là où il devait aller : c'est-à-dire à sa perte : « stratégie extraordinaire », « grévistes privilégiés refusants l’égalité de traitement avec les autres salariés », « étudiants manipulés par des groupuscules d’extrême gauche »… Le ton oscille entre la propagande de l’UMP et celle d’Alternative libérale.

L’agressivité n’est pas limitée à la politique internationale. Le MST (mouvement des sans terre), bouc émissaire de la presse brésilienne en général, est considéré comme une organisation terroriste par Veja. Au début d’un article sur les cours de réforme agraire dans les universités fédérales, la journaliste répand son poison : « les cours commencent par une espèce de mise en scène théâtrale pendant laquelle les sans terre proclament la lutte contre la classe dominante. » Le journal tombe des mains du lecteur. La violence et le mépris transpirent dans chaque virgule. Le Figaro et Valeurs Actuelles paraissent bien pâles, je ne sais même pas si Minute (je ne l’ai jamais lu) leur arrive à la cheville.

Je vous épargnerai le reportage à l’occasion des 40 ans de la mort de Ernesto Guevara intitulé simplement « la farce du héros, les vérités dérangeantes sur le mythe du guérillero altruiste. » Il faut chercher dans les publications les plus obscures des deux extrêmes français pour lire une telle haine de l’autre.

Veja est ce qui se faire de pire dans la presse brésilienne malheureusement le reste n’est pas plus réjouissant. Sans être aussi extrémistes, les autres journaux reproduisent avec dextérité l’idéologie libérale au fil des pages et l’alternative n’est considérée qu’avec mépris. Le pluralisme est inexistant. Le constat est le même quelque soit le pays.





credit photo: montage de candela.blogger.com.br. Traduction: "Veja ment, veja ne respecte pas le lecteur, veja manipule, veja distorce. Ne vous abonnez pas et n'achetez pas Veja". Ce blog publie une lettre de l'ambassadeur du Venezuela au Brésil adressée à Roberto Civita. Le texte est en portugais mais on peut aisément le comprendre. http://www.candela.blogger.com.br/2006_02_01_archive.html

jeudi 6 décembre 2007

Visite au zoo


Voici donc la vidéo tant attendu. L'auteur n'a pas besoin de faire de commentaire, le diaporama semble assez explicite. Par contre les votres sont les bienvenus.

Enjoy!

mardi 4 décembre 2007

Tout en image(4)


Mise en ligne sur Flickr de la fin du reportage photo sur les condominios, en attendant la mise en forme finale d'ici la fin de la semaine. Le rendu final sera tout simplement dénué d'objectivité. On ne peut, en effet rester de marbre quand on remarque comment certains s'enferment et se voilent la face alors que nous ne sommes qu'à quelques kilomètres des favelas.
http://www.flickr.com/photos/10812590@N02/?saved=1

lundi 3 décembre 2007

Jour de deuil

Comment peut on rester 4 mois au Brésil sans avoir traiter une seule fois du football. Alors que le championnat national a pris fin hier, je répare cette omission.

L'UnB, le lundi matin, est le lieu idéal pour celui qui a comis le crime de ne pas suivre la journée de championnat de la veille. En fonction des maillots portés par les étudiants et la proportion de personnes qui portent le même, on peut en déduire, grâce a un savant calcul, les résultats et le classement. Lorsque Flamengo est sorti de la zone rouge en octobre pour rejoindre les possibles places pour la Coupe Libertadores, les supporters sont sortis du bois et ont revéti le maillot rouge et noir. Quand Sao Paulo FC a conquis le titre, il y a quelques semaines, les paulista se sont faits remarqués. Ce matin, et alors que le champoinnat vient de se conclure, on remarquait deux tendances chez les jeunes brésiliens. Les Mineiros (originaires du Minas Gerais) portaient fièrement le maillot de Cruzeiro qui venait de se qualifier pour la Libertadores (équivalent de notre Ligue des Champions). D'autres gardaient la tête haute et les yeux rougis après le week end qu'ils venaient de vivre en enfer. Un drapeau blanc et noir sur le coeur, ce sont les supporters de Corinthians. Ce club de São Paulo (la ville compte 4 clubs: Corinthians, Santos, São Paulo FC et Palmeiras) est le second club brésilien en nombre de supporters. Hier, c'est un véritable déluge lacrimale qui s'est abatue sur les tribunes du stade de Porto Alègre lorsque le coup de sifflet final les a définitivement relégué en Série B (seconde division).
Cet exercice 2007 aura donc vu la consécration de São Paulo, qui jouera la Coupe Libertadores en compagnie de Santos, Famengo, Fluminense et Cruzeiro. La Copa Sul Americana (équivalent de notre coupe de l'UEFA) sera disputé par São Paulo (puisque vainqueur aussi de la coupe du Brésil), du Grémio, de Palmeiras, de l'Atletico Minas Gerais, de Botafogo, de Vasco, l'Internacional et l'Atlético Paranaense. Corinthians, Juventude, Paraná et l'America de Natal évolueront en Série B et prendront la place de Coritiba, Ipatinga, Portuguesa et Vitoria-BA qui monte en Série A.
Maintenant le championnat se prend 6 mois de congé mais les joueurs ne choment pas pour autant. Dans quelques semaines, commence les championats "estataux" qui mettent aux prises toutes les équipes professionelles d'un même état. Les championnats paulista et carioca sont les plus relevés mais le combat fait rage dans tous les états puisque rien que dans le Minas Gerais, on dénombre pas moins de 60 équipes "pro" (le même nombre qu'en France). Un chiffre a l'image de la folie futebol qui sévit ici. Corumba, petite ville de l'état de Goiais dénombre pas moins de 24 équipes de foot et futsal!
Petite consolation pour les supporters brasilenses de Corinthians: l'an prochain, ils auront l'occasion de voir jouer près de chez eux leur équipe favorite à deux reprises lorsque le Corinthians se déplacera à Taguatinga et Gama (deux villes du District Fédéral qui ont un club en Série B)

Petit jeu: Je n'ai pas encore d'équipe favorite ici, ce qui est un crime durement réprimendé par les foules. J'attend donc vos suggestions. Les liens vers wikipedia vous donne une idée des clubs. Choisissez pour moi en fonction des anciens joueurs, de la couleurs du maillot, du palmarès... Soyez indulgent, je devrais assumer ce choix jusqu'au mois de juin!
Autre petit jeu: les pronostics: je mets d'ores et déjà une pièce sur le tête de Felipe, le gardien corinthiano qui fait des merveilles même s'il n'a pas réussit à sauver son équipe de la relégation. On risque de le retrouver très bientôt dans un très grand club européen.


Crédit photo: folha de Sao Paulo

vendredi 30 novembre 2007

La lutte doit continuer

Un directeur d'IEP agresse un étudiant à Grenoble
Vidéo envoyée par kallok

Alors que l'unef appelle à la levée des blocages dans les universités. Voila une vidéo qui prouve une nouvelle fois l'impunité de certains fonctionnaires envers les citoyens. Ce directeur doit lui aussi passer devant les assises comme "qui vous savez" le reclame pour les jeunes de Villiers le Bel.


Noubliez pas que aujourd'hui personne ne doit citer son nom

mardi 27 novembre 2007

Le jour où j'ai rencontré Jesus



Dans une université où catholiques et évangéliques s'acharnent à vous inviter à des réunions de discussions bibliques, il fallait bien que cela m'arrive aujourd'hui, j'ai rencontré Jesus.

Aujourd'hui à 12h30, INRI Christo donnait rendez vous à ses fidèles dans la salle de conférence de la faculté de comunication de l'UnB. Pendant la matinée, Parana, étudiant en journalisme, explique de quoi il en retourne: "C'est un mec originaire du Sud et qui se prend pour Jésus. Il parle avec un accent bizarre pour faire croire qu'il n'est pas brésilien, il se trimballe avec une couronne d'épine sur la tête et y'a même des gens qui croient en lui et qui le suivent comme des disciples, mais ils sont un tout petit nombre."
En effet, ils sont un tout petit nombre! La salle est pleine... d'étudiants qui viennent ici pour rigoler un bon coup face à un illuminé qui croit être la réincarnation du Christ et qui a déjà une certaine réputation. Il fait une chaleur infernale. Très vite on sue à grosses gouttes et on se dit que l'ambiance divine peut nous amener à avoir des halucinations et des transes invocatrices de "Dieu le sauveur du monde".
Dans sa première allocution, le vieille homme barbu et aux cheveux longs et grisonnants fait l'apologie de son Père (meu PPPai, avec un accent tonique très prononcé sur le P) créateur de l'univers et sauveur des âmes perdues. Un prèche somme toute classique. Habillé d'une tunique blanche et d'un pan de tissus rouge, il porte sur le tête la couronne de ronce (factice) que les romains lui ont posé sur le tête, il y a 2000 ans.
Debout sur la table, l'homme se dépense sans compter pour convaincre son auditoire de sa crédibilité (peine perdue). De vrais disciples l'entourent, l'un lui porte le micro, une lui tend à boire, une dernière lui essuie le front quand il en a besoin. Ces petits soldats de Dieu sont vétus d'une tunique bleue claire, ils ont les yeux rivés sur leur maĩtre et boivent ses paroles. Les femmes ont le droit à un petit chapeau en crochet, on dirait des infirmières tout droit sorties de la 1ère Guerre Mondiale.
Dans la salle, on se bouscule, les chaises sont rares et les places sont chères. Le public s'agite encore plus quand INRI annonce la scéance des questions du public. Les cerveaux d'universitaires bouillonnent: "les étudiants de géologie aimeraient savoir comment vous expliquez la théorie de l'évolution et les fossiles que l'on retrouve lors des fouilles?", "Où étiez vous passez entre votre mort et votre réaparition en 1965?", "Que pensez vous de la position de l'Eglise catholique sur la capote, l'avortement, et le canabis?", "Comment Dieu a t'il pu accepter que Sarkozy devienne président de la France", "Seriez vous prèts à succeder à Lula en temps que président de la République, le PT (parti des travailleurs) a besoin de vous?", "Quelle est la date exacte de votre anniversaire?" "Les homosexuels, les comunistes et les musulmans sont ils des créatures sataniques?". Les étudiants font surtout preuve d'imagination et tentent de défier leur interlocuteur sur des sujets sensibles. Dans l'assistance, on enchaine les blagues potaches.
Le précheur répond à chaque fois d'une manière on ne peut plus démagogique, taillée sur mesure pour son auditoire jeune. Il ne peut s'empécher de lacher un léger sourrire à l'une des question mais très vite il reprend son sérieux pour garder toute sa crédibilité. Les voix du Seigneur sont impénétrables, n'essayez pas de comprendre le darwinisme. Une femme ne peut être contrainte a porter un enfant qu'elle ne désire pas. La prohibition entraine le trafic et le crime, une création divine ne mérite pas un tel traitement.
Au bout d'une heure, le maître quitte la salle dégoulinant de sueur, ses disciples forment un cordon de sécurité pour le protéger de la foule qui souhaite être prise en photo à ses cotés. On lui propose une partie de billard ou bien son soutien face à la nouvelle réforme universitaire mais il fait désormais voeux de silence.
Il s'enferme dans une salle de cours à proximité pour reprendre ses esprits après avoir refusé d'accorder une interview pour ses "futurs fidèles français". Je m'en retourne donc en me consolant: au moins une fois dans ma vie je pourrai dire que j'ai vu Jesus!
Pour dire vrai, je n'ai pas réussi à dénouer le vrai du faux dans cette histoire, et je me suis laissé bercé par la folle histoire de ce type sans y porter aucune crédibilité.


Photo: Un vrai journaliste est toujours en possession d'un appareil photo, ce n'était malheureusement pas mon cas aujourd'hui, ceci est donc une image d'Internet mais c'est bien lui sur la photo. J'espère cependant récupérer des clichés du jour bientôt. En attendant, vous pouvez visitez son site http://www.inricristo.org.br/

lundi 26 novembre 2007

Tout en image (3)


Je mets d'ores et déjà en ligne sur Flickr, la première partie d'un reportage photo sur les condominios, ces résidences cossues pour personnes fortunées qui les coupent entièrement du monde extérieur. La suite arrive bientôt avec un texte ou bien sous la forme d'un diaporama.

Enjoy!
http://www.flickr.com/photos/10812590@N02/?saved=1

Le seigneur est grand et nous sommes petits


« Vous voyez cet homme là-bas, celui qui boite et qui ramasse les boites de métal : il a une vie bien dure. Je vais aller prier Dieu pour qu’il le soulage… » En attendant le bus, une femme entame un monologue à mon égard. Quelques heures plus tard, un autre bus passe devant la cathédrale métropolitaine de Brasilia, pieusement un passager se signe.

Autre culture, autres mœurs et il faut dire qu’en matière de religion le contraste entre la France et le Brésil est saisissant. Dieu est omniprésent dans ce pays qui compte 73,6% de catholiques et 15,4% de protestants (toutes confessions évangéliques comprises). A Brasilia, chaque quadra a son église évangélique : baptistes, méthodistes et autres confessions aux noms lyrique. Le lieu de culte peut bien sur prendre la forme d’un bâtiment de plein pied au milieu des immeubles. Il peut aussi se dissimuler entre une salle de musculation et un tatoueur en pleine quadra commerciale.

Le Brésil étant un état catholique, il n’est pas étonnant de retrouver la religion à tous les échelons de l’administration. Le plus marquant reste tout de même le crucifie géant qui domine l’hémicycle du Sénat. Dans la pratique quotidienne de la politique, la religion n’est pas seulement un symbole au milieu du Parlement, c’est aussi un nombre impressionnant de groupes de pression qui s’activent pour que la morale chrétienne soit respectée. Ainsi l’avortement est toujours interdit (la morale populaire n’est sûrement pas prête à accepter cet acte médical non plus). La dernière prouesse de la part d’un lobby religieux est à attribuer aux évangéliques qui sont parvenus, il y a quelques années, à fériariser un jour du calendrier du District Fédéral (état de Brasilia) en leur honneur. Mécontent du fait qu’on célébrait en permanence les fêtes catholiques, ils sont parvenus à obtenir un jour férié en leur honneur (Dia dos evangelicos). Le 30 novembre prochain est donc férié dans la capitale pour célébrer la religion d’une partie de la population.

La chrétienté est, bien sur, très importante mais ce qui est marquant c’est la foi en générale des Brésiliens. Edouardo réagit à l’athéisme de ses amis français « c’est pas possible, tu dois bien croire en quelque chose. Chrétien, musulman, juif ou autre chose… tu ne crois en rien ? Mais comment tu fais ? » Les différentes vagues d’immigrations ont réussi à créer de curieux mélanges entre les croyances « indigènes » issues des indiens et des esclaves africains, les religions monothéistes venues d’occident et les religions asiatiques (souvent polythéistes). Edouardo se retrouve donc dans une croyance issue d’un de ces croisements.

Le respect est de mise entre tous les croyants pour peu qu’il soit réciproque. Face à la pitié de certains, les attaques frontales pourraient ressembler à des attentats suicides. On peut tout de même être surpris voir choqué par l’influence des cultes dans la société. Par moments certaines positions ressemblent plus à de l’embrigadement voir de l’aliénation tellement le message est répété avec force et violence par les prêtres, pasteurs et autres guides spirituels.



Photos: Cierges déposés au pied de la cathédrale de Brasilia (crédits perso)

mercredi 21 novembre 2007

Asilo Sao José

Ils nous avaient prévenus

Après le mouvement étudiant de 2006, le gouvernement Villepin mettait en place une comission de reflexion à propos de la professionalisation des universités. Le rapport Hetzel, car c'est de lui qu'il s'agit, ouvrait d'ores et déjà les portes des facultés aux entreprises. Morceaux choisis

« Nos principales préconisations visent à améliorer, à tous les stades, l’information des étudiants et à les aider à construire progressivement leur parcours d’insertion vers le monde du travail. Nous visons l’efficacité des poursuites d’études dans l’enseignement supérieur, en terme d’insertion professionnelle, en cohérence avec les besoins des futurs employeurs comme avec les aptitudes et les aspirations des jeunes concernés. (p10)

La professionnalisation des parcours universitaires s’impose à toutes les universités. Elles doivent effectuer plus d’efforts pour adapter leur offre de formation et proposer des cursus plus directement valorisables dans le monde du travail. (p35)

Rendre obligatoire dans toutes les licences, un module projet professionnel personnalisé pour l’année universitaire ainsi que l’acquisition de compétences de base dans trois domaines : 1. la maîtrise d’une langue vivante étrangère, 2. l’informatique et les outils bureautiques, 3. la recherche d’un emploi (rédaction de CV, entretien d’embauche, etc.), la connaissance des secteurs économiques et proposer un parcours professionnalisé en troisième année de licence (L3). L’objectif est clairement de favoriser l’acquisition par les étudiants d’outils de professionnalisation. Cela permettra à chaque étudiant d’ajuster ses orientations dans la perspective des emplois qu’il vise tout en tenant compte des compétences acquises. (p36)

Au Japon et en Grande-Bretagne, des universités favorisent l’implication directe des entreprises dans la définition du contenu de certains cursus ciblés sur les besoins de l’économie. A titre d’exemple, Ford a créé, avec l’université de Loughborough en Grande-Bretagne, un Bachelor of Science en logistique des approvisionnements dans le secteur automobile. Ce partenariat a débouché sur la création d’un centre « Ford » sur le campus de l’université, les formations sont dispensées à la fois par des universitaires et des cadres de Ford.
En France depuis plus de 12 ans, le groupe Véolia Environnement développe une politique partenariale avec plusieurs universités. Aujourd’hui à travers un master et une licence professionnelle préparant aux métiers des services à l’environnement ce sont plus de 170 étudiants qui bénéficient chaque année de ces dispositifs (en contrat d’apprentissage ou en formation continue) avec un taux de réussite aux diplômes de l’ordre de 95% et un recrutement automatique en CDI pour les apprentis reçus aux diplômes. L’ingénierie des cursus et les enseignements sont assurés par les universités et les intervenants du groupe Véolia Environnement. (p38)
A titre d’exemple, actuellement au sein des académies, il existe pour le second degré scolaire, des ingénieurs pour l’école, qui sont mis à la disposition des académies par leurs entreprises dans le but de permettre une meilleure connaissance du monde professionnel et le développement actif de partenariats. Un dispositif similaire mérite d’être étudié pour l’université.

De plus, il est souhaitable de mettre au point un dispositif réglementaire permettant aux universités d’établir des contrats avec les entreprises afin que ces dernières puissent mettre à la disposition des universités, selon des modalités à convenir, des collaborateurs dont le rôle serait aussi de permettre d’intervenir dans les cursus des étudiants afin de contribuer activement à leur professionnalisation (p39)

A l’instar de ce qui se fait déjà en Italie, il serait sans doute opportun d’inciter les universitaires qui le souhaitent, à consacrer quelques années à la recherche appliquée en entreprise. Cela est notamment possible par le développement des aides à la mobilité. Certes, la loi sur l’innovation le permet déjà mais cela n’est, pour l’heure, que très insuffisamment pratiqué.

De même, implanter des entreprises à proximité immédiate des campus universitaires peut être une solution astucieuse pour créer des synergies. Lier la question de l’évolution universitaire à la thématique générale de l’aménagement du territoire et du développement économique avec l’implantation des entreprises est très souvent pratiqué aujourd’hui au Japon, au Canada et aux Etats-Unis. Le plus bel exemple de cette démarche est évidemment le site de Stanford où université et entreprises ont oeuvré en synergie pour le développement de la Silicon Valey. Il en découle une économie californienne très performante en électronique et en informatique.

Une opportunité très importante existe actuellement en France au travers de pôles de compétitivité. Ils sont une occasion unique de rapprocher durablement la recherche et les entreprises, il est important que les universités y prennent pleinement leur place. A cet égard, l’exemple de Limoges est très intéressant puisqu’un site spécifique intitulé Ester a pour vocation de réunir géographiquement des entreprises innovantes, des laboratoires de recherche et des lieux d’enseignement universitaire. (45)

On voit émerger de véritables marques universitaires mondiales. La valeur de ces marques est liée à une histoire, à la qualité de l’enseignement et des recherches, au nombre d’étudiants diplômés chaque année, à la diversité de ces étudiants et à leur taux d’insertion professionnelle. Tout le monde connaît le MIT, Harvard, Stanford, Oxford, Cambridge, Heidelberg, Louvain mais aussi de plus en plus Tokyo University, Tsinghua à Pékin ou encore Fudan à Shanghaï. De la France, à l’étranger, on connaît surtout la Sorbonne. Ce nom a un prestige immense partout dans le monde mais il s’agit désormais plus d’un bâtiment que se partagent quatre universités et le rectorat de Paris que d’une université unique et de plein exercice […] Il est essentiel que les présidents d’université, entourés d’une équipe, prennent cette problématique à bras le corps. Il est capital que nos universités communiquent davantage sur leurs points forts, publient leurs résultats en matière d’activité de recherche, d’enseignement, de suivi des étudiants. (p48)

L’embauche d’un jeune diplômé est un investissement sur l’avenir pour les entreprises et elles le reconnaissent volontiers, insistant même fortement sur le fait que leur souci est bien de les garder et non pas de les perdre. Les entreprises auraient donc largement intérêt à construire, avec les universités, des parcours d’intégration et de lutte contre la précarité pour assurer davantage de sécurité aux jeunes. Il est important que ces derniers puissent avoir confiance dans les entreprises susceptibles de les embaucher. (p50)


• S’impliquer pleinement aux côtés des universités pour la construction des diplômes professionnels du LMD mais aussi pour professionnaliser les diplômes plus généralistes

• Mobiliser leurs cadres, actifs ou retraités, pour toute une série d’activités devant les étudiants telles que des conférences, des participations à des modules de formation ou à l’aide à la construction des projets professionnels des étudiants

• S’engager dans un travail de fond sur la connaissance des réalités de l’entreprise et de l’économie de marché (sur le mode de ce que fait l’Institut de l’entreprise présidé par Michel Pébereau) mais de manière encore plus systématique

• Recourir davantage à l’Université pour satisfaire les besoins en formation continue de leurs équipes

• Contribuer à mettre en place en plus grand nombre des « semaines université /entreprise », telles qu’elles existent déjà à certains endroits

Les représentants des employeurs demandent des interlocuteurs attitrés et disponibles, des engagements institutionnels de long terme et la bonne exécution des contrats signés. Il est important de noter que les différents intervenants ont toujours pris soin de préciser le caractère essentiel de la formation générale à tous les niveaux de qualification et que leur offre de service en direction des universités se limite aux domaines des compétences et des comportements et en aucun cas à celui des connaissances qui appartient en propre à l’Université. Il n’y a donc aucune volonté de « mélanger les genres » comme le craignent certains représentants des enseignants. (p54)


La création de chaires d’entreprises au sein des universités permettrait aux entreprises de participer plus activement à l’évolution des savoirs et à la formation des étudiants en leur apportant les réalités du monde économique, la connaissance des évolutions technologiques et des compétences mises en oeuvre pour tenir sa place dans la compétition mondiale. (p56) »




mardi 20 novembre 2007

"Nos stagiaires en contrepartie du versement de la taxe d’apprentissage "

Alors que le débat sur les universités fait rage en France, je ressors une interview réalisée en début d'année lors d'un embryon d'enquète sur les relations entre les entreprises et les universités. Le premier épisode avait été publié ici même en juin dernier.
Rencontre avec M. Gibassier, chef du service industriel à l’IUT de Lannion.

L’IUT a signé des conventions de partenariat avec des entreprises à l’occasion de l’ouverture du DUT GTR en 2003 puis de la LP ISVD en 2005, en quoi consistent ces conventions ?

Ces conventions sont des contrats moraux entre l’IUT et les entreprises pour favoriser les différentes filières. On leur montre la qualité de nos enseignements et de nos stagiaires en contrepartie du versement de la taxe d’apprentissage, d’interventions de professionnels pour des cours ou des avantages particuliers comme le don d’anciens matériels ou des tarifs spécifiques chez nos principaux fournisseurs. Nous pouvons aussi faire de la formation continue pour les salariés des entreprises partenaires. Ces relations formalisées facilitent l’intervention de professionnels pour des cours, ce qui est une de nos obligations inscrites dans le programme pédagogique national, mais eux ne sont pas obligés de répondre à nos attentes. Ces intervenants dispensent 5% des cours en R&T, mais ils représentent plus de 50% des effectifs. C’est un apport important qu’il nous faut stabiliser et ces conventions nous aide en cela.

Comment se passe la collecte de la taxe d’apprentissage ?

Nous disposons d’un mailing avec une centaine d’adresse sur toute la Bretagne. Nous avons des contacts avec toutes les entreprises de notre secteur (réseau et télécoms) que nous avons récupéré au fur et à mesure des stages des étudiants et par la réputation de la formation et de la ville dans les télécoms. Aujourd’hui les entreprises donnent de moins en moins directement, elles passent par des organismes collecteurs comme de CRCI qui dépend de la Chambre de Commerce et d’Industrie (CCI) qui redistribue par la suite entre tous les établissements. Nous pourrions avoir un réseau plus important, mais nous manquons de temps pour le faire. Pour l’instant nous ne sollicitons pas les étudiants actuels et anciens. Nous n’avons pas une connaissance assez poussée des anciennes cohortes pour accomplir ce genre de sollicitation. Mais cela peut s’envisager d’ici quelques années.

Les entreprises qui versent la taxe d’apprentissage influencent elles la politique d’équipement de l’IUT ?

Non, l’utilisation de ces fonds n’a absolument aucun rapport avec la source. L’IUT est autonome dans ses décisions. Par contre la taxe d’apprentissage peut être versée par un don de matériel.

Comment les entreprises ont-elles accès au plateau technique de l’IUT ?

On a des équipements qui peuvent parfois correspondre aux services recherche et développement de certaines firmes. Elles peuvent y avoir accès en signant une convention avec l’IUT. Les contreparties ne sont pas chiffrées, mais on les sollicite ensuite en ce qui concerne la taxe d’apprentissage, la venue de professionnels. Il s’agit d’un échange de service. Les laboratoires favorisent le brassage et l’intégration des étudiants dans le territoire local.

Le site Internet de l’IUT parle de « relations plus formelles, plus ciblées, plus privilégié avec un certain nombre d’entreprises » en quoi cela consiste ?

Nous sommes principalement en relation avec les entreprises partenaires, mais le département Information Communication n’a pas de convention de partenariat par contre il entretient de bonnes relations avec les médias locaux.

On retrouve des chef d’entreprises parmi les conseils décisionnels de l’IUT. Ils sont présents au conseil d’université, au conseil d’institut et au conseil d’administration. Par exemple, le conseil d’institut est présidé par le président d’Alcatel University. On retrouve aussi des représentants des partenaires sociaux et des collectivités territoriales. Les professionnels siègent dans les jurys qui délivrent les diplômes. Ceci n’a rien d’aberrant. Je crois que vu la nature de la formation, il est important et nécessaire de développer des relations avec un grand nombre d’entreprises pour éviter de tomber dans le monopole avec une seule entreprise pourvoyeuse de financement, de collaboration, et d’emploi. Il faut garder l’autonomie de nos formations. L’aspect professionnalisant de l’IUT l’oblige à s’adapter aux besoins du secteur et à connaître ses débouchés. On ne peut pas travailler avec du matériel obsolète, c’est pour cela que nous orientons l’enseignement en fonction de l’innovation. On essaye de ne pas se trouver dépasser, mais nous ne réussissons pas toujours.

Quelles sont vos relations avec les institutions de développement économique (adit, CCI) ?

Tous ces organismes qui participent au développement économique sont en relation avec nous notamment en ce qui concerne la taxe d’apprentissage. Cependant la relation n’est pas directe, il n’existe pas d’incubateur d’entreprise, ou de rencontre étudiant – entrepreneur comme on peut avoir à l’ENSSAT. Les liens sont beaucoup moins forts.

Pourquoi avoir implanté une licence professionnelle spécialisée dans l’entretien des plates-formes pétrolières ?

Cette création vient du fait que de nombreux étudiants en Mesures Physiques trouvent un emploi dans ce secteur. Les entreprises ont besoin de compétences spécifiques et l’IUT a décidé d’enseigner ces savoirs. Il s’agit en réalité de la formalisation d’un besoin d’un secteur. Des entreprises du secteur qui nous versent déjà la taxe d’apprentissage ont exprimé leur besoin et l’IUT a construit un projet de diplôme après avoir étudié la pertinence de la demande. C’est la preuve qu’il y a des possibilités de développement en dehors des télécoms.

On commence à voir se développer en France des chaires d’entreprises, ces diplômes d’université financé par une entreprise, s’oriente t on vers un tel statut ?

Non, on ne va pas aller jusque-là. C’est en dehors de nos perspectives

lundi 19 novembre 2007

Les berceuses assassines


Déambulations nocturnes au cœur de la capitale brésilienne. Quand la semaine prend fin et que la nuit tombe, chacun regagne ses pénates. Beaucoup de fonctionnaires ne sont là que pour le travail et les plus fortunés retrouvent leur état d’origine le vendredi soir. Brasilia se vide de ses habitants et un fantôme urbanistique prend vie pendant les quelques heures d’obscurité.

Une faune bien particulière se met en action laissant apparaître le coté obscur de la société. Deux agents de nettoyage vêtus d’une tunique orange fluo balayent le bas coté de la rue. Balais en main, ils avancent lentement et déblayent les feuilles mortes et les détritus que les brasilenses n’ont pas daignés jeter à la poubelle. Alors que la ville s’endort, bercée par Globo, ils travaillent jusqu’au petit matin. Extraterrestres que la société de consommation oblige à vivre à contre temps.

Des amas de détritus sont cependant laissés sur place. Sous une bâche plastique, des objets en fin de vie s’entassent. Ce n’est pas une déchetterie à ciel ouverte, c’est la tente d’un sans abris qui espère un jour échanger ce qu’il a amasser contre quelques reais.

A coté de la gare routière, en bas des hôtels de luxe, se trouve le Conic. Lorsque l’ordre moral évangélique s’accorde un peu de repos, les marginaux de la société se retrouve dans ce quartier, représentant d’un monde schizophrène. Les prostituées sont présentes en nombre. Talons hauts, très hauts ; shorty court, très court ; visage fardé et fragrance bon marché, elles arpentent les trottoirs à la recherche d’un client en manque d’amour. Près d’un arbre, elles discutent pour passé le temps. Un taxi passe, une nouvelle collègue en descend et la seconde d’après tout ce petit monde s’éparpille pour rejoindre le territoire restreint dans lequel elles déambulent en attendant de satisfaire les bas instincts d’un pervers fortuné. Elles alpaguent parfois le potentiel client. La voix, seul élément qui permet de distinguer le travesti de la femme. La chirurgie plastique et les traitements hormonaux font des merveilles.

Au loin, on distingue une silhouette humaine assise par terre. Les rats, amateurs d’ordures, s’approchent d’elle. L’individu n’a même plus la force de les faire fuir. Camé à la merlã (dérivé bon marché et destructeur du crack), il ne réagit plus aux éléments qui l’entourent. Il voyage dans des univers connus par lui seul.

Ce rassemblement de « marginaux » est sous la bonne garde de la police militaire. Les véhicules tournent dans le quartier et veillent à ce que tout se passe comme elle l’entend. Ce soir, il n’y aura pas de rafle. Une partie des effectifs est restée au poste : un petit bâtiment au milieu de la place à quelque pas de la première fille de joie. La police aussi a besoin d’amour, elle se contente en regardant un film porno à la télévision.

Face à toute cette débauche, Dieu a du souci à se faire. C’est sans doute pour canaliser cette vague de péché qu’il a installé une église baptiste sur cette même place. Les fenêtres ouvertes permettent d’entendre le sermon d’un pasteur en très grande forme. Il réclame le salut pour toutes les âmes perdues ainsi qu'un traitement rapide pour les malades de l'artrite.

Ainsi va le Brésil, pays de contraste. Il se proclame « un pays de tous » ( "Brasil, Um Pais de todos") et laisse un grande partie de la société en marge. La morale religieuse impose sa loi jusque dans l’hémicycle du Sénat mais accepte que certains vivent selon « les règles du diable »



Photo: Cette photo n'a pas été pris au Brésil, c'est une illustration prise en France, il y a deux ans

mercredi 14 novembre 2007

No comment


Forces de l'ordre à l'université de Nanterre
Vidéo envoyée par rue89
A Nanterre, bloqueurs et antibloqueurs se sont affrontés verbalement avant l'intervention des forces de l'ordre.

mardi 13 novembre 2007

Lieu public: entrée limitée, l'université brésilienne


L'actualité française m'encourage à continuer le feuilleton sur l'éducation et les universités brésiliennes.
"Mon rêve se serait d'étudier le droit à l'UnB" Alysson, 17 ans, est encore au lycée mais l'université est d'ores et déjà à l'ordre du jour de ses discussions. Il regarde avec émerveillement ses deux interlocuteurs qui y étudient et on ressent une certaine résignation dans ses propos. Il a peu d'espoir d'intégrer un jour l'université publique de Brasilia, tant réputée.
Car ici, publique ne signifie pas ouverte à tous. La selection est rude pour décrocher le sésame qui permettra d'étudier au sein de cette fameuse institution. Ce sésame se prénomme "Vestibular".
Lorsque vers 17 ou 18 ans, les jeunes brésiliens quittent le lycée avec, en poche, le "bachelerador", ils se plongent au plus vite dans leurs livres pour préparer le "vestibular": concours d'entrée pour l'université. Lorsqu'il se préinscrit à l'université, l'élève choisit la ou les disciplines dans lesquels il aimerait étudier, puis il passe un concours pour chaque choix. Toutes les UFR produisent elles même leurs propre concours ainsi que le nombre de place pour chaque semestre (Ces concours ont lieu tous les 6 mois). Les questions concernent toutes les matières. Le département de lettre a donc une partie de son vestibular consacré à la physique et à la biologie.
L'université publique jouit d'une excelente réputation. On y trouve les meilleurs professeurs, les meilleurs laboratoires de recherche, et les meilleurs équipements et tout ceci est absolument gratuit. Malheureusement les places sont limités et la lutte fait rage. Pour dissuader les acharnés, il est à noter que l'on ne peut tenter cette épreuve que trois fois. Le droit à l'échec est limité.
Alors les déçus (et les écartés) du service public se replient vers le privé. Les concours sont plus faciles et il y a plus de place. Il faut cependant en avoir les moyens. Carolina, qui étudie la biologie à l'université catholique de Brasilia, débourse chaque mois 500 R$ (environ 250 euros et ce qui équivaut au salaire d'un chauffeur de bus ici). Autant dire que ce luxe n'est pas offert à tout le monde.
Le système éducatif privé prospère, on ne compte plus le nombre d'universités à Brasilia ni le nombre d'établissement qui se proposent de préparer les élèves au vestibular ("ici sont préparé les futurs diplomés de l'UnB" se targue l'un deux dans une de ses publicités). Comme souvent, on vend de tout à tous les prix et pour une qualité très variable. Seulement deux universités (hormis l'UnB) dispensent réellement un enseignement de qualité à Brasilia. Les autres vendent de la poudre aux yeux. Ça ressemble à de l'or mais ce n'est, en réalité, que du léton.


photo: un couloir de l'UnB qu'énormément de jeunes brasilenses aimerait parcourir (credit perso)

samedi 10 novembre 2007

Pour une presse indépendante et libre


Alors que la torpeur médiatique française glorifie l'homme qui fait figure de président, et que le PPA (partie de la presse et de l'argent cf le Plan B) est hégémonique, certains se battent pour une information dédouanée des pouvoirs financiers.
Lundi dernier, Jojoco a vu le jour. Premier numéro d'un projet vieux de 18 mois. Les créateurs n'avaient pu le mettre en place faute de temps, leurs successeurs n'ont pas failli dans leur mission. Bravo et Merci à eux.
Créé et écrit par certains étudiants de l'IUT de Lannion, Jojoco est une "parenthèse au bruit de la communication omniprésente, un lapsus de la parole unique des medias de masse, une bavure du parti unique du pouvoir."
C'est aussi un journal qui ne demande que votre soutien. Alors si vous êtes à la recherche d'une alternative aux mass médias qui ne pronent que la voix du libéralisme, précipitez vous sur ce canard.
MAIL: jojoco.cr@gmail.com
ou l'adresse: Jojoco, IUT de Lannion département Info-Com, rue Edouard Branly, 22 300 Lannion

D'autres journaux indépendants existent, tous les liens sur votre droite.

vendredi 9 novembre 2007

Notre père qui êtes aux cieux


Un groupe de touriste sur la praza da Matriz, une femme est age

Un groupe de touriste sur la praza da Matriz, une femme dépose quelques fleurs au pied de la croix puis asperge le tout d’eau bénite. Depuis quelques années, Corumba est devenue un sanctuaire pour certains croyants catholiques. La cause : le Padre Adriano.

Ville de 9 000 habitants, reculée dans le cerrado goianense, Corumba vit un peu de l’agriculture (tomates et jabuticaba) et surtout du tourisme. Les chutes d’eau voisines apportent son flot de touristes brasilenses venu se détendre le temps d’un week-end. La ville vit tranquillement. Les piétons sont peu nombreux, le silence est roi. Les motos taxis pétaradent par moment mais ils remontent rapidement vers la ville haute où habitent la majorité des corumbenses.

Ici l’équipement des plus sommaires, il n’y a plus de cinéma depuis plus de 15 ans, l’hôpital ressemble plus une antenne de secours puisqu’il n’y a pas de maternité, pas de chirurgie et même pas d’ambulances. La police militaire est bien présente mais pas les pompiers. Depuis plusieurs années, le prefeito (maire) promet à chaque élection « Saude e Educação » (santé et éducation) mais rien ne change. Sans réelle opposition politique, l’homme est reconduit à chaque fois. Les corumbenses ont laissé tomber la politique et ont préféré confier leur peine à Dieu. Aujourd’hui c’est l’Eglise qui dirige la ville, le centre de décision a été délocalisé de la camara municipal à la sacristie.

Il y a quelques années encore, les catholiques allaient, tous les dimanches, écouter les prêches du Padre Adriano. Charismatique, il était apprécié par la population. Les aléas de la vie paroissiales l’ont conduit à être muté et remplacé mais avant même qu’il ait déménagé, le Padre Marcil, son successeur l’a empoisonné avec un produit phytosanitaire. Ce dernier n’eut même pas le temps de prendre ses fonctions qu’il était assassiné à son tour par un inconnu.

Aujourd’hui, tous les habitants rendent hommage à ce « martyr » par le biais d’autocollants célébrant sa foi et son dévouement envers le Seigneur.

Sur le chemin du retour on repasse devant l’église, une femme est agenouillée sur les marches. La tête appuyée sur la porte, elle prie pieusement.

mercredi 7 novembre 2007

Lettre à une (pauvre) mère


Je reproduis un commentaire puant trouvé sur un site participatif puant (c'est rose et ça prétend informer: devinez, pour les initiés c'est facile).
La plupart du temps je dédaigne ce genre de personne, aujourd'hui je souhaite réagir.

"Droit de grève ou de blocage?
Le programme de révision des examens qui arrivent??
Inadmissible cette racaille ..
Il y a 2 ans mon fils était à Lille 3 et a raté son année à cause de ces voyoux.
Je l ai mis à la catho ou il a parfaitement réussi..
Mes moyens ne me permettant pas de continuer à payer cette fac..il est retourné dans cette fac déchet de Lille 3.....
Qu ils fassent grève ces sales gauchistes!!
mais sans bloquer la liberté d étudier de ceux qui en ont besoin...
qu ils assument LEURS convictions sans emmerder les autres..
Un peu de cran au moins.......
J éspère que nos dirigeants sauront sévir contre ces vauriens (ou vaux-RIEN) qui ne sont là que pour toucher les bourses et "emmerder" les autres:comme ils se moquent de leur réussite,ils préfèrent empécher ceux qui le veulent de travailler.
Révoltant.."

Ma chère petite madame, si ton fils loupe ses exams c'est tout simplement qu'il est mauvais. Une grève étudiante n'a jamais interdit à un jaune de continuer à réviser pendant que ses camarades se gèlent le c** à défendre ses droits. J'admire ta maitrise de la langue française en ce qui concerne les jeux de mots foireux ainsi que ta fine déduction quand il s'agit de dénoncer ceux qui profitent du système (tu as oublié les noirs, les niakoué, les manouch, les RMIstes, les fonctionnaires, les socialistes ...).
Ton cas est désespéré et rien ne pourra le rattraper. Accroche toi seulement à la fleur de lys villieriste ou à la croix gammé le penniste puis prie bien fort pour ne pas tomber car la chute pourrait être douloureuse.
Sur ce je te laisse sombrer dans ta médiocrité et n'oublie pas de passer chez mamouth, ya plus de végétaline.

mardi 6 novembre 2007

Tout en image (2)


Un week end dans la campagne du Goias loin de l'enfer urbain de Brasilia et de nouvelles photos sur Flikr.
Corumba est une ville de 10 000 habitants à deux heures de Brasilia, calme silencieux, reposante. J'ai eu l'occasion de faire un reportage photo (en argentique) sur l'asile de Corumba (en France, on appellerait ça un hospice ou une maison de retraite), quelques clichés réalisés en numérique sont déjà en ligne.
Les textes suivront dans la semaine.
J'en profite pour glisser le lien d'un article de rue89.com sur du théatre brésilien. Peu de chance que je réalise moi même une crtique de ce spectacle alors profitons de la plume des autres.
http://www.rue89.com/2007/11/03/a-rio-le-theatre-du-vertige-mene-le-spectateur-en-bateau

Bonne balade

mercredi 31 octobre 2007

Jour de foot



C'est l'actu de la semaine concernant le Brésil: le pays accueillera la coupe du monde de football de 2014!
Pas d'éffusion de joie trop prononcé au moment de l'annonce puisque la décision était déjà acquise faute de concurence. Tous se reservent donc pour cet évènement de taille qu'ils attendent depuis 1950.
Sanctuaire du football, il est à penser que le Brésil va être paraliser pendant un mois. Tous les yeux rivés sur les écrans, ce ne sera pas le bon moment pour une régularisation de visa (en fait ce n'est jamais le bon moment quand il s'agit de traiter avec l'administration ici)!
Cet évènement sera aussi l'occasion pour le pays de se doter d'infrastructures dignes de ce nom, Brasilia aura ainsi un tramway qui reliera l'aéroport (extreme sud de la ville) au bout d'Asa Norte: la simple évocation de ce mode de transport me fait saliver.
L'équipe brésilienne n'aura, par contre, pas le droit à l'erreur. La victoire est un impératif sous peine de déclancher une innondation lacrimale dans tout le pays et une forte augmentation du taux de suicide. On ne badine pas avec des choses comme ça.

Je pense d'ores et déjà à reserver mon billet pour cette coupe du monde, moins pour le foot que pour la folie qui va se répandre dans ce pays. L'observation du championnat brésilien et des match de la Seleção donne un petit aperçu de ce qui pourra se passer dans 7 ans.




credit photo: sports.fr: la statue de l'ancien président Kubichek revet le maillot auriverde pour l'occasion

lundi 29 octobre 2007

Appel à la mobilisation étudiante


Reprise de l'appel de la coordination nationale universitaire de Toulouse le 27 et 28 octobre.

Une coordination nationale universitaire, rassemblant 36 délégués mandatés par 21 universités, s’est réunie les 27 et 28 octobre à Toulouse suite à une nouvelle attaque du gouvernement contre le service public de l’enseignement supérieur : la loi Pecresse, dite "de libertés et responsabilités des universités" (LRU).

Cette loi permet un désengagement financier de l’État au profit des entreprises et des intérêts privés qui par leur présence accrue dans les conseils influenceront forcément le contenu des cours. Les universités auront ainsi moins de financement pour les filières considérées comme non-rentables par les nouveaux financeurs. Elles seront gérées comme des entreprises sur des bases de rentabilité : mise en concurrence des universités et des personnels, précarisation et dégradation des conditions de travail et des salaires, concentration des pouvoirs au sein des conseils d’administration et dans les mains du président de l’université. La loi instaure également une pré-sélection des lycéens à l’entrée de l’université.

Ce démantèlement de l’enseignement supérieur est encadré par le processus de Bologne, initié en 1999, dont l’objectif principal est la mise en concurrence des universités à l’échelle européenne (d’où aujourd’hui des frais d’inscriptions à 1000 euros en moyenne en Allemagne et au Portugal, à 3000 euros en Italie).

C’est pourquoi, nous exigeons l’abrogation inconditionnelle et immédiate de la LRU et nous nous prononçons :

- Pour un vrai droit à l’éducation et à la formation pour tous, contre toute sélection à l’entrée de l’Université,
- Pour la défense des statuts des personnels d’université, pour la titularisation des personnels précaires,
- Contre la privatisation de l’université publique et la politique de pénurie budgétaire, pour le réengagement financier massif de l’État, pour l’augmentation des aides sociales étudiantes, pour la construction de logements sociaux à hauteur des besoins.


Mais cette loi n’est pas isolée. Ce gouvernement est résolu à nous imposer un recul social d’ampleur historique. Nous ne devons pas faire son jeu qui consiste à dresser les uns contre les autres les travailleurs et les étudiants, le public et le privé, les Français et les étrangers. Tout au contraire, alors qu’un large mouvement social se dessine dans tout le pays, alors que le 18 octobre les salariés de la SNCF, de la RATP et d’EDF-GDF ont montré qu’ils étaient disponibles pour lutter, nous devons articuler nos revendications. C’est pourquoi nous sommes décidés à nous battre :

- Pour le rétablissement des 22 000 emplois de fonctionnaires (dont 11 200 dans l’Éducation Nationale) liquidés dans le budget 2008 et des 25 000 postes supprimés au cours des cinq années précédentes, contre le démantèlement des services publics,
- Contre la privatisation de la Sécurité sociale et les franchises médicales,
- Pour la défense des régimes spéciaux de retraites, les 37.5 annuités pour tous, la retraite à 60 ans à taux plein,
- Pour l’abrogation des lois anti-immigrés, CESEDA et "Hortefeux" ; une carte d’étudiant = une carte de séjour,
- Pour l’amnistie de tous les réprimés des mouvements sociaux.

Nous sommes déterminés à construire la mobilisation dans nos universités et nos lycées, et l’unité d’action avec les salariés. Au rouleau compresseur du gouvernement, nous opposons la convergence de tous les secteurs attaqués, qui seule pourra le faire céder.

Nous appelons les universités à construire la grève avec piquets de grève dès que possible, comme seul moyen pour gagner et à bloquer les CA pour empêcher l’application de la loi.

Nous appelons aux manifestations des 30 octobre, 8 et 20 novembre, et à toutes autres initiatives lancées par les salariés.

La chute viendra t elle d'Outre Atlantique?


Reflexion à la suite des nombreuses bourdes de Sarko l'américain.

Les États Unis, tant décriés par les français, pourrait ils être le pays qui nous débarrasse de notre nabot dictateur? C'est une possiblité à ne pas exclure vu que depuis quelques mois, Sarko accumule les erreurs avec la presse américaine, pourtant très favorable.
En quittant le plateau de CBS, lorque la journaliste se tente à une question sur son (désormais) ex épouse, Sarko rajoute une perle au colliers de bourdes qu'il a accumulé ces derniers mois. Entre les interviews refusées, les journalistes mal traités, les préjugés racistes à l'ONU... Cela commence à faire beaucoup, en attendant la semaine prochaine et son voyage à Washington.
Je n'admire pas la presse américaine mais il faut lui reconnaitre un bon point: elle ne fait pas relire les interviews avant publication (pratique systématique dans la presse nationale mais à laquelle se plie certains félons de la presse locale et régionale). Là bas, tout est "on", et l'attaché de presse de la personne interviewé ne vous envoie pas la version publiable deux jours plus tard.
Le problême c'est que N.S aime avoir la presse à ses pieds, le petit doigt sur la couture du pantalon. Plus de questions qui dérange, tout est chapotté par David Martinon, le monsieur com' de l'Elysée. Les récalcitrants se voient affliger d'un "No comment" (en anglais dans le texte), quand ils ne sont pas reconduits à la porte manu militari.
Les États Unis aiment les à coté, tout ce qui se passe mais que l'on ne raconte pas (je ne dirai jamais que j'ai eu l'occasion de boire une bierre avec Marc Vampa à la terrasse du Bourbon, avant d'aller interviewer Morin)... Bref tout le contraire de Sarko.
On peut imaginer que les journalistes vont en avoir marre d'être pris pour des guignols et un beau jour, ils pourraient décider d'être offensifs. On se souvient de leur tact et de leur finesse quand il s'agit de détruire une personalité publique (ex: Bill Clinton). Dans ce cas, ils pourraient être tenter de mettre leur nez dans les casseroles sarkozienne: une aventure qui pourrait lui être très préjudiciable.
L'autre solution est qu'ils décident de squizzer tout simplement la France, laissant dans l'ombre les évènements français: une décision dont pourrait souffrir les entreprises et l'économie française...
Soyons réalistes, la presse américaine ne provoquera malheureusement pas de "Water Gate".

Petites histoires pour grande ville (2)


Quatrième partie sur la ville de Brasilia, et je continue avec les histoires loufoques de la ville.

L'an dernier, la capitale brésilienne s'est doté d'un magnifique musée et d'une bibliothèque flambant neuve. Deux oeuvres architecturales de Oscar Niemeyer qui s'intègrent parfaitement sur l'esplanade des trois pouvoirs (Niemeyer est aussi le créateur de la cathédrale situé au coté du musée).
Voila donc deux bâtiments qui remplissent des fonctions importantes dans une capitale... mais qui sont vides comme une coque de noix! A l'origine, le projet était de faire venir de Rio, de São Paulo et de Belo Horizonte, une partie des oeuvres et des ouvrages pour combler les murs vides. Le problème est que cela bloque dans l'ancienne capitale: "Pas question de se faire dépouiller sans dédomagements conséquent". Réaction épidermique à Sao Paulo et Belo Horizonte: "Pourquoi on le ferait si Rio refuse?" Situation totalement bloquée que le gouvernement n'arrive pas à solucioner.
Et voila donc le musée et la bibliothèque nus comme des vers qui se contente de ce que l'on peut leur donner dans la capitale: pas grand chose! Quelques expositions temporaires, des archives peu nombreux... Le centre culturel Banco do Brasil et la bibliothèque de l'université de Brasilia sont de meilleurs lieux pour s'épanouir culturelement.

vendredi 26 octobre 2007

Petite histoire pour grande ville

Troisième épisode sur la ville de Brasilia: abération à elle seule, la ville colectionne les anecdotes savoureuses.
La région de Brasilia est propice aux mythes, légendes, et autres délires aux origines suspectes. Révée par Dom Bosco, la capitale du Brésil est, de fait, un peu mystique. Tout autour, dans la campagne du Goias, on retrouve des subsistances de communautées hippies qui s'épanouient dans les chuttes d'eau et qui se retrouvent à l'occasion de la pleine lune.
Une telle capitale ne pouvait que colectionnait les petites histoires dotées d'un brin de mystères.
Construite en pleine région désertique, il fallait bien un point d'eau pour réhausser l'hygrométrie et rendre cette ville vivable. Le lac artificiel de Paranoa vit le jour grace à un barrage (situé à l'est de la ville) et au travail des pelleteuses qui ont creusé l'emplacement pour que l'eau puisse se répandre. S'étendant d'un bout à l'autre de la ville, le lac atteint une profondeur de 80m. Une vraie mine a ciel ouvert avant que celle ci ne soit submergée. C'est cette profondeur qui est interressante puisque des machines ont bien été obligé de creusé jusque là. Mais quand il a été question de remplir le lac, ces messieurs se sont rendu compte que rien avait été prévu pour faire remonter les pelleteuses... "tant pis, on les laisse où elles sont!" a t on décidé, et l'eau les a recouvert petit a petit. 50 ans plus tard, ces débris ne doivent plus être qu'un tas de rouille que l'on distingue à peine dans une eau trouble, mais il bon de se souvenir des méthodes de recyclage d'il y a quelques années en arrière.

La capitale d'un pays comme le Brésil devait se doter d'un pôle culturel conséquent. Pour cela Niemeyer avait prévu un théatre de 20 salles. Aujourd'hui le Théatre National compte 2 salles... Le paradoxe est à mettre sur le dos d'un cimetière indigène découvert lors de la construction. On pourrait dire qu'il s'est passé un phénomène Toutankhamon: quelques ouvriers sont morts mistérieusement pendant le chantier. La panique s'est emparée des survivants et tous ont refusé de revenir travailler laissant le théatre de Brasilia avec deux salles.

Les esprits rodent dans la région. Un doux réveur fortuné a même construit un aéroport pour les OVNI à deux heures d'ici (j'espere pouvoir en parler bientot). Il les attend toujours...