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samedi 14 novembre 2009

Un Brésil arc en ciel


Il est des événements qu'on ne peut manquer sous aucun pretexte quand on a la chance d'être proche du lieu. Le dernier jour au Brésil, attendant un avion sur la plage de Copacabana où il pleuvait abondamment se déroulait la Gay Pride Carioca. Une grande et belle fête.

Ce premier novembre, on a vu "O pais de todos" prendre une teinte arc en ciel pour qu'enfin l'homophobie soit criminaliser comme le mérite toute sorte de discrimination, de ségrégation et de violence ayant pour pretexte la couleur de peau, l'orientation sexuelle ou bien le genre.
Cette manifestation politique et festive faisait échos aux propos honteux du gouverneur du Paraná, Roberto Requiao, qui le 28 octobre dernier, avait fait preuve d'humour relatif en accusant les Gay Pride de favoriser le cancer du sein chez les hommes. Choquant mais prévisible de la part d'un homme qui dirige l'un des états les plus conservateurs du Brésil et qui dénombre 160 homosexuels et travestis assassinés en 15 ans.
Requiao fut l'une des cibles des discours politiques qui inauguraient le défilé. Associations de gays, de lesbiennes, de travestis mais aussi Carlos Minc, ministre de l'environnement ont pris la parole a la tribune pour réafirmer l'égalité des individus quelque soit leurs préférences amoureuses.
Le mouvement LGBT a l'avantage de savoir de revendiquer ses droits en faisant la fête. La gay pride a une forte signification politique mais c'est aussi un rassemblement musical ample qui brasse toute la population pour danser sur des rythmes électroniques. Une longue techno parade qui commence en après midi et se termine bien plus tard dans la nuit.
Sous les fenètres du Copacabana palace, prison en marbre pour millionaires, se répand la joie de vivre et la "perversité" populaire. Le contraste est saisissant entre ces touristes pompeux de caviar et de cigarres qui capturent l'événement depuis les fenètres de leurs cages dans leurs appareils photo miniatures et le bas peuple de la rue, déguisé, fardé, travesti qui danse et se dandine.
Les couples s'embrassent goulument, une telle journée n'est pas digne d'une quelconque retenue sociale. Les travestis passent parmi le cortège, ces hommes au genre confus repoussent les limites du mimétisme féminin. Certains décident de la vivre tout simplement, d'autres montent leur spectacle en haut des chars embrassant la foule d'un regard polisson.
Tout le long du défilé, on ressentait une liberté incroyable comme s'il s'agissait d'une zone à part en dehors de l'oeil inquisituer du Big Brother moraliste. Une leçon de réapropriation de l'espace public qui prenait une signification bien plus politique que le laissait paraitre ses talons hauts pointure 45.

mardi 3 novembre 2009

La guerre pour l'eau, bien commun


Reprise d'un article du Grand Soir, écrit par Raúl Zibechi qui explique, la lutte des mouvements indigènes contre la nouvelle loi sur l'eau qui ouvre la porte à une possible privatisation de cette ressource considérée comme un bien commun de l'humanité.

À la fin de septembre s’est produit un soulèvement indigène en Équateur, cette fois pour la défense de l’eau, menacée par l’exploitation minière à ciel ouvert. Les organisations amérindiennes font face maintenant à un gouvernement qui se proclame antinéolibéral, partisan du “socialisme du XXIe siècle” et conduisant une“révolution citoyenne”

« Ce qui s’est passé à Cochabamba avec la guerre de l’eau, sera une miniature par rapport à ce qui va arriver en Equateur, car ce qui arrive c’est un soulèvement » déclare sur un ton persuadé Carlos Perez Guartambel, président de l’Union des Systèmes Communautaires de l’Eau d’Azuay [1]. Son point de référence est la Guerre de l’Eau à Cochabamba, en Bolivie, une insurrection sociale qui a obtenu d’inverser la privatisation et a marqué le début, en avril 2000, au cycle de protestations qui amenèrent Evo Morales au gouvernement.

« Mes parents m’ont appris que l’eau et le feu se partagent et ne se vendent pas », dit-il presque indigné pendant qu’il se rend à une assemblée communautaire à la Victoria del Portete, dans une vallée vaste et riche située à une quinzaine de kilomètres de Cuenca (capitale de la province méridionale d’Azuay), jolie ville coloniale pleine de touristes. Lorsqu’il tourne sur la route Panaméricaine vers la droite, il nous montre la maison de ses parents, où il est né il y a un peu plus de 40 ans.

« Enfant, j’allais à la fontaine pour chercher de l’eau avec un pichet d’argile. On le recouvrait avec le pocón, la feuille de maïs qui est biodégradable. Jamais je n’avais imaginé qu’un jour j’irai acheter une bouteille d’eau, jamais. Chaque litre vaut un dollar et 30 cents c’est-à-dire que le litre d’eau coûte plus cher qu’un litre de lait et un litre d’essence. La lutte pour l’eau va être la lutte pour la vie ». La différenciation sociale provoquée par les envois de fonds des émigrés peuvent se voir à l’oeil nu : à côté des modestes maisons aux toits de tôle, se dressent des grandes bâtisses de trois étages à vocation d’habitation, même si leurs propriétaires sont encore des agriculteurs. Carlos Perez est quechua et avocat spécialisé en droit communautaire avec des diplômes obtenus sur les questions environnementales, avec un livre remarquable sur la justice communautaire. Ces dernières années, il a consacré tous ses efforts pour résister à l’installation d’entreprises minières avec des noms éloquents comme IAM Gold, sur les hauteurs de Quimsacocha, où naissent les sources qui irriguent la vallée dans laquelle des milliers de paysans pratiquent l’élevage du bétail. Il appartient à une nouvelle génération de dirigeants indiens, formés dans les universités, qui parlent plusieurs langues, participent à des forums internationaux, maîtrisent les nouvelles technologies mais restent attachés à leurs communautés et continuent de parler leur langue maternelle.

Quand nous arrivons à Victoria del Portete, il est garé au bord de la route où plusieurs centaines de villageois sont entassés sur une vaste esplanade entre le conseil paroissial et l’église. Il monte au balcon de la mairie et déclare ouverte l’assemblée du système local de distribution de l’eau qui devra prendre des décisions importantes. « Si les gouvernements précédents nous menaçaient avec la privatisation de nos réseaux d’approvisionnement en eau, ce fantôme est maintenant parti. Mais nous avons un autre, l’exploitation minière qui est la plus grande menace », dit-il avant l’ouverture de la réunion.

Dans cette région fonctionne le Projet Nero depuis 24 ans, peut-être le plus grand système communautaire de distribution de l’eau car il approvisionne six mille familles, soit quelques trente mille personnes de 45 communautés. « Au départ, les familles s’installaient près de la rivière ou de la source, jamais près de la route parce qu’elles préféraient être près de l’eau. Ensuite, les rivières ont été polluées et les sources sont restées petites et cela a fait que dans les années 60 et 70 sont apparues des organisations comme Caritas qui installèrent des pompes manuelles dans les centres paroissiaux où les gens faisaient la queue pour obtenir de l’eau. Mais d’autres ont commencé à envisager d’installer eux-mêmes tout le réseau, lors de Mingas communautaires [*], et là il n’y avait plus besoin de transporter l’eau à dos d’homme mais pour la première fois avoir le robinet à la maison », dit Perez en rapportant l’histoire de sa communauté.

Au fil des années, les systèmes d’eau communautaires se sont répandus dans tout le pays. Dans la province d’Azuay il existe 450 systèmes, qui fournissent 30% de la population, surtout dans les zones rurales et les périphéries urbaines. Dans tout l’Équateur il y aurait environ 3.500 systèmes d’eau, construits, entretenus et gérés par les communautés elles-mêmes.

Un soulèvement différent

Le 27 septembre, la CONAIE (Confédération des nationalités indigènes d’Equateur) a lancé une nouvellle mobilisation contre la Loi sur l’Eau à laquelle elle n’a pas participé. Le projet de loi du gouvernement est arrivé au Parlement à la mi-août, mais déjà en 2008 le CONAIE avait développé son propre projet qui n’a pas été pris en compte par l’exécutif. La critique portée par les mouvements est que la Loi sur les ressources hydriques permet le développement de projets miniers dans les zones de naissance des cours d’eau, assure la fourniture en eau des exploitations minières, mais pas pour les communautés autochtones et paysannes, et n’aborde pas la question urgente de la pollution des cours. En outre, cette loi vise à englober les systèmes d’eau communautaire dans une autorité centralisée de l’État, de sorte que les communautés perdront le contrôle sur la ressource. Ricardo Buitrón de Acción Ecológista a mené une étude détaillée de la loi et estime qu’elle « contient des éléments de privatisation, comme le transfert de l’usage de l’eau avec celui de la propriété foncière et l’utilisation de l’eau dans l’industrie ou dans les affaires à d’autres endroits. Egalement que les infrastructures hydrauliques deviennent propriété de particuliers, que les eaux de surfaces retenues – dans les zones humides – fassent partie intégrante des prés, de la terre »[2]. De cette manière, les eaux pourront être acquises par ceux qui achètent la terre et en donneront l’usage selon leur convenance.

Il critique également cette loi car elle ne dispose d’aucun élément permettant la déprivatisation, en vue d’inverser la situation où les eaux sont maintenant dans des mains privées. Et que les milliers de conseils locaux des systèmes d’eau potable n’aient pas de participation réelle car leurs membres deviennent des usagers ordinaires assujetties à une Autorité Unique étatique qui contrôlera tout le réseau hydraulique. Humberto Cholango leader de Ecuarunari, l’organisation quechua de la Sierra, a recueilli des données éloquentes lors de la conférence de presse du 24 septembre [3] : 45% de l’eau est légalement cédée (par des concessions), mais 55% est utilisé illégalement, 1% des utilisateurs consomment 64% de l’eau distribuée et 86% des Equatoriens n’accèdent qu’à 13% de ce volume global. « La loi est muette sur ces points, et le Plan National de Développement favorise l’exploitation minière et la floriculture ».

La loi n’envisage pas de sanctions pour la pollution ni le contrôle de la qualité de l’eau. « Le droit humain à l’eau est restreint à l’accès à l’eau potable et à son usage domestique, sans prendre en compte le droit lié à la santé, à la souveraineté alimentaire et à la culture », ajoute Buitrón.

Cholango, quant à lui, a souligné le rôle des communautés amérindiennes dans la construction des réseaux de distribution de l’eau : « Nous avons construit des canaux d’irrigation, des réseaux d’eau potable, et maintenant avec la présente loi du gouvernement, ils veulent nous transformer en simples usagers et que nous ne soyons plus des acteurs. Dans l’article 97, ils en viennent à établir le contrôle et l’administration exclusive des systèmes communautaires à l’Autorité Unique. Il s’agit d’une attaque à nos conseils de l’eau » [4]. Le résultat, à son avis, est que la loi donne la priorité de l’usage de l’eau pour l’exploitation minière.

Quand les protestations ont commencé, avec barrages de routes et manifestations pour forcer le gouvernement à dialoguer et écouter sa propre Loi sur l’Eau, inspirée par le Sumak Kawsay, le Bien Vivre [**] que garantit la Constitution, la réponse du président Rafael Correa a été très dure. « Que croient-ils ces dirigeants ? » dit-il. Il les a accusé d’être des « extrémistes », de « faire le jeu de la droite » et de putchistes, en comparant la situation équatorienne avec le Honduras [5].

Le 30 septembre, la police a tiré sur des amérindiens Shuar dans la province amazonienne de Morona Santiago. Selon un communiqué d’Acción Ecológista, Bosco Wizuma, enseignant bilingue, est mort d’une balle alors qu’il faisait partie d’un groupe de 500 personnes qui avaient bloqué le pont sur la rivière Upano. Apparemment, c’était un "piège" parce que au même moment les dirigeants étaient appelés à un dialogue « pour détourner l’attention de la direction et les médias locaux » [6].

Il y a eu aussi des dizaines de blessés, dont plusieurs policiers. Le Président Correa a vite changé son discours et a appelé au dialogue : « Bienvenue frères. Ce gouvernement est le vôtre, celui des peuples autochtones, le Palais de Carondelet est à vous » [7]. Peut-être que c’était la seule façon de désamorcer un conflit qui menaçait la stabilité de son gouvernement. Même si le soulèvement n’a pas commencé avec la puissance des mobilisations indiennes antérieures, les enseignants et les autres secteurs sociaux s’y sont joints dès le départ. Mais quand il y a un mort, tout est possible.

Dialogue et tension

La direction de la CONAIE a décidé de suspendre les actions pendant la période de négociation que le gouvernement a ouvert. Cependant, dans la plupart du pays, les bases, c’est-à-dire les communautés ont continué de couper les routes et de fermer les marchés. Une division est née entre les organisations membres de la CONAIE, en particulier entre la sierra (Ecuarunari) et la forêt (Confeniae).

Le climat de méfiance n’a pas reculé. Le lundi 6 octobre, un dialogue direct télévisé a débuté au siège du gouvernement, au Palais de Carondelet. Des milliers d’Indiens se sont rassemblés à l’extérieur pendant des jours dans l’attente des résultats. Cent trente dirigeants entrèrent dans le palais et se sont entretenus avec Correa, dans un climat tendu. Le premier jour, six accords ont été conclus et, parmi les plus importants, on peut noter : l’institutionnalisation d’un dialogue permanent entre les deux parties, que le gouvernement examinera le projet de Loi sur l’Eau de la CONAIE et qu’il recevra une proposition de la part du mouvement indigène à propos de la Loi sur l’Exploitation Minière.

Un bon exemple du climat qui a prévalu dans les négociations est le dialogue suivant. « Marlon Santi, président de la CONAIE, a demandé le respect envers les autochtones. Ses paroles étaient liées à des déclarations dans lesquelles ils ont été décrits comme des ‘ fous’ qui n’avaient pas de représentativité. L’exigence était directe. Correa s’est interrompu et a demandé les noms des fonctionnaires pour ‘les virer immédiatement du gouvernement. Quel est cet imbécile ?’ a demandé Correa deux fois. ‘Vous, Président’ a répondu le dirigeant indien » [8].

Les organisations autochtones ont réussi à institutionnaliser le dialogue comme elles le voulaient. Le 14 octobre l’exécutif a promulgué le décret n° 96 qui établit la formation d’une Commission mixte composée de la CONAIE et ses trois filiales (la Côte, la Sierra et l’Amazonie) et pour le gouvernement, le ministère de la Justice, le secrétariat les Peuples, des Mouvements sociaux et de la Participation citoyenne et diverses institutions. La commission va examiner les deux lois sur l’eau (celle de l’Etat et celle des amérindiens) ainsi que des propositions de réforme de la loi minière en vigueur.

Mais l’échange d’accusations s’est poursuivi. Après la retransmission des samedis de Correa [***] la dirigeante amazonienne et ex-députée Monica Chuji a accusé le président d’être raciste : « Je réaffirme que les mots, les gestes et les actions du Président le caractérisent comme un raciste. Traiter les leaders indigènes de ‘culottés’, ‘réacs’ et de ‘ponchos dorés’ sont des expressions racistes. Utiliser le kichwa pour des intentions démagogiques et ensuite nier son officialisation est une attitude raciste. Minimiser la population indigène équatorienne en la réduisant à un vote dans les urnes est une attitude raciste » [9]

Bien qu’il soit important que le conflit ait été désactivé, d’autant que le précédent du massacre de Baguá [10], au Pérou, avait fait craindre le pire, les différences sont encore importantes. Pepe Acacho, président de la Fédération Shuar (de l’Amazonie) n’est pas d’accord avec les résolutions : « Nous avons lutté huit jours et il n’est pas juste que nous n’ayons pas obtenu que Morona Santiago soit déclarée province écologique, libre de toute exploitation minière et pétrolière » [11].

Le modèle de pays comme problème

La nouvelle Constitution équatorienne est l’une des plus avancées au monde en matière d’environnement, au point qu’elle définit la nature comme sujet de droit. La Constitution a été adoptée le 28 septembre 2008 par 64% des Équatoriens lord d’un référendum populaire. « La nature ou Pacha Mama, où la vie se reproduit et se réalise, a le droit que soit respecté pleinement son existence et le maintien et la régénération de ses cycles vitaux, de la structure, des fonctions et des processus d’évolution », dit l’article 71 consacré aux "Droits de la Nature".

Le problème est l’exploitation minière à ciel ouvert sur laquelle le gouvernement Correa a fortement misé. Alberto Acosta, fondateur du mouvement Alianza País qui ont conduit Correa à la présidence, et ancien président de l’Assemblée constituante, brandit un discours très proche des mouvements indiens : « La loi minière adoptée après la Constitution, menace la Carta Magna [****]. C’est le problème de fond. A quoi le devons-nous ? Sans aucun doute aux incohérences d’un gouvernement qui mène encore des politiques manifestement inspirées par la gestion néo-libérale, qui représente encore les intérêts économiques des groupes les plus traditionnels » [12].

Acosta affirme que les gouvernements progressistes d’Amerique du Sud « n’ont pas discuté ou remis en question le modèle "extractiviste" » même « les plus avancés » comme le Venezuela, la Bolivie et l’Équateur. À son avis, la croyance solide que « grâce à l’extraction des ressources naturelles nous allons trouver le chemin du développement » a empêché jusqu’à présent de dépasser ce modèle et, par conséquent, de rechercher « une nouvelle forme d’intégration dans le marché international ».

Un second problème est Correa lui-même. Acosta indique qu’il est entré recemment dans la vie politique en 2005, quand en Equateur se succèdent les révoltes indiennes depuis 1990. Il a tendance à penser en termes personnels : « Il assume le rôle de porteur de la volonté politique collective, et ne se rend pas compte qu’une grande partie du processus historique antérieur est ce qui explique les résultats positifs de Correa et Alianza País ». L’absence de structure, mouvement ou parti, conduit Correa, selon Acosta, à ne pas comprendre « qu’il est là, à la présidence, grâce à tous les efforts déployés par la société équatorienne. » [13]

L’économiste Pablo Davalos coïncide avec cette approche mais il croit également que le gouvernement de Correa continue d’être néo-libéral. Le capital est aujourd’hui devant la nécessité de « relier les territoires avec le tourbillon de la spéculation financière » comme un moyen de surmonter la crise [14]. Les mouvements ont déclaré les régions amazoniennes et méridionales de Zamora et de Morona comme des territoires libre de toute exploitation minière. La collision avec les compagnies minières multinationales semble inévitable.

Dans le gouvernement Correa, et c’est un point essentiel, il y a des membres éminents de la droite ainsi que dans le parti qui le soutient, Alianza Pais. En conséquence conclut Davalos, au-delà des déclarations sur le socialisme et la révolution, le mouvement de Correa fait partie de la « dérive du post-néolibéralisme, c’est à dire comme une continuation du néolibéralisme, mais sous les modalités de la dépossession territoriale et des ressources et de la déterritorialisation de l’Etat. »

L’alternative la plus sérieuse semble être le projet ITT, visant à laisser le pétrole dans le sol et à chercher un autre modèle de développement [15]. ITT est un sigle formé par le nom de trois puits d’exploration forés dans la zone du parc Yasuni en Amazonie (Ishpingo, Tambococha et Tiputini). Au milieu de l’année 2009, le gouvernement de Correa a repris à son compte le projet élaboré par Acosta quand celui-ci était ministre de l’Énergie et des Mines. La proposition est de ne pas exploiter le pétrole comme contribution de l’Équateur à la lutte contre le réchauffement climatique.

Les réserves ITT représentent 20% des réserves totales de pétrole du pays. L’économie équatorienne est basée sur le pétrole : 22% du PIB, 63% des exportations et 47% du budget de l’Etat dépendent du pétrole. Mais ici réside également la force de la proposition : elle permettrait d’éviter l’émission de 410 millions de tonnes de CO2 freinerait la déforestation et la pollution, et serait une grande contribution au développement d’une économie post-pétrolière.

En contrepartie, le gouvernement de l’Équateur a demandé à la communauté internationale une compensation équivalente à 50% des revenus qui pourraient être obtenus si ce pétrole était exploité. Le parlement et le gouvernement allemand ont répondu favorablement en fournissant 50 millions par an au cours des treize années de dureraient les bénéfices tirés de ces puits. La Norvège et la Communauté de Madrid ont donné des signaux positifs.

Alors que beaucoup sont impliqués dans ce projet qui représente une révolution écologique, Acosta fait valoir qu’il « a vu le jour à partir des luttes de résistance des peuples autochtones, en particulier dans le sud-centre de l’Amazonie qui visaient à empêcher que l’activité pétrolière s’étende jusqu’à leurs territoires ainsi que les groupes de colons métis dans le nord de l’Amazonie et les peuples autochtones touchés par l’activité de la compagnie Chevron. »[16]

Notes1 Entretien avec Carlos Pérez.
2 Ricardo Buitrón, El Telégrafo, op. cit.
3 Voir la conférence de presse sur en www.youtube.com/watch?v=tN3x3vE1jfE.
4 Communiqué de Ecuarunari dans Ecuachaski du 17 septembre 2009.
5 Agence AFP, Quito, 25 septembre 2009.
6 "Noticias del Levantamiento en Defensa del Agua-1" à : www.accioecologica.org.
7 El Comercio, Quito, 3 octobre 2009.
8 El Comercio, 6 octobre 2009.
9 Déclarations du 11 octobre sur : http://ukhamawa.blogspot.com.
10 Voir "Masacre en la Amazonia : la guerra por los bienes comunes" sur http:// www.ircamericas.org/esp/6181.
11 El Comercio, 6 octobre 2009.
12 Entretien avec Alberto Acosta, 6 septembre 2009.
13 Idem.
14 Pablo Dávalos, op. cit.
15 Matthieu Le Quang, entretiens avec Alberto Correa ; Alberto Acosta, Eduardo Gudynas, Esperanza Martínez et Joseph H. Vogel, "Dejar el petróleo en tierra para el Buen Vivir : Elementos para una propuesta política, económica y ecológica para la iniciativa de no explotación petrolera en la Amazonia de Ecuador," Programa de las Américas Informe de la política (Washington, DC : Center for International Policy, 7 de julio de 2009) : http://www.ircamericas.org/esp/6238.
16 Idem

NdT[*] La Minga communautaire est le terme indigène pour travail collectif, communautaire, bénévole. Depuis ces dernières années, Minga signifie aussi moment de résistance, de mobilisation collective pour la défense des communautés.
[**] Le préambule de la nouvelle constitution de l’Équateur invoque la Pachamama, Dieu, Simón Bolívar et le général Eloy Alfaro et s’engage à « construire une nouvelle forme de coexistence citoyenne, dans la diversité et en harmonie avec la nature, pour atteindre le bien vivre, le sumak kawsay ». Les droits au « Sumak Kawsay », un concept issu de la culture quechua, sont déclinés dans le chapitre 2 de la constitution : droit à l’eau comme bien commun inaliénable, droit à la souveraineté alimentaire et énergétique, préservation des écosystèmes et de la biodiversité…
[***] Le “Informe semanal de los sabados“ est une émission de télévision hebdomadaire, relayée sur des chaînes de radio, d’une durée de 2h30 environ, dans laquelle Correa fait son “rapport hebdomadaire” aux téléspectateurs sur ce qu’il a fait dans la semaine écoulée.
[***] Carta Magna = Constitution

Raúl Zibechi est analyste international pour l’hebdomadaire Brecha de Montevideo, professeur et chercheur sur les mouvements sociaux à la Multiversidad Franciscana de América Latina et conseiller auprès de plusieurs groupes sociaux. Il écrit le « Rapport mensuel de Zibechi » pour le programme de las Américas (www.ircamericas.org).

photos: crédit perso 2009

vendredi 11 septembre 2009

Interview de Delfin Tenesaca: "Nous luttons contre l'emprise paternaliste"

La Otra Esquina a pu interviewé au mois d'août Delfin Tenesaca, le président du mouvement indigène du Chimborazo. Une interview de 20 minutes en vidéo relate l'histoire du mouvement indigène en Equateur mais un aucun serveur ne semble être en capacité de l'héberger vu sa taille. Cependant une partie a été retranscrite à l'écrit et c'est celle que je propose aujourd'hui.
Précision sémantique: durant tout l'entretien, on utilise le terme "indigène", traduction littérale de l'espagnol qui, parfois a un sens péjoratif en France. Face aux termes "indien" (français), "native" (anglais) et "indigena" (espagnol et portugais), le dernier me semble le plus adapté pour traité de la question des peuples ancestraux sur tous les continents.


L’Equateur est un pays particulièrement touché par les dommages irréparables causés par l’industrie minière et l’exploitation sans concertation des richesses naturelles (mines, forêt, eau…), comment les indigènes se positionnent ils face à cette situation et comment envisagent ils leur relation avec la Pachamama (mère terre) ?
Nous sommes principalement concernés par la pollution due à l’exploitation minière. Elle contamine l’eau et met fin à l’agriculture à cause de la contamination des terres. L’Homme ne peut plus vivre dans un tel environnement pollué.
Nous devons aussi voir à qui profite l’exploitation minière. Dans la majorité des cas, les entreprises multinationales qui extraient ne répartissent pas leurs bénéfices aux peuples dont ils occupent les terres. La nouvelle loi minière ne nous assure ce bénéfice qu’ils puisent du sol. Nous exigeons une réforme qui reconnaît l’occupation ancestrale des terres par les indigènes et qui nous garantisse une redistribution de leurs bénéfices. En Amazonie, les Shuars ont déclarer certains territoires comme leur. Le gouvernement en a profité pour mettre la main sur toutes les terres non déclarées.

Comment votre mouvement est il perçu par la jeunesse ? Existe-t-il une implication de leur part pour la cause indigène ?
Il existe une âme indigène parmi la jeunesse. Elle est consciente d’où elle vient même si elle ne participe pas toujours aux débats. Ils veulent défendre leur identité à l’image de 2006 où ils sont partis en tête de la lutte contre le traité de marché libre que voulaient nous imposer les Etats-Unis. Ils ont manifesté avec le drapeau de Pachakutik, revendiquant leur identité.
Le défi réside, pour les anciens, à transmettre cette identité et notre culture aux générations futures. Beaucoup de gens, en majorité des jeunes, quittent le pays pour aller travailler. Il leur est compliqué de conserver cette identité.
Nous assistons aussi à une réappropriation des vieilles coutumes par la jeunesse. Pendant le carnaval, les jeunes s’impliquent dans les danses, les chants et les défilés et ils valorisent la culture indigène au lieu de s’asperger d’eau et de farine dans la rue. Ils inventent de nouvelles traditions comme le futsala, un sport très populaire dans nos communautés. Des compétitions sont organisées mais on ne gagne pas une coupe. Le vainqueur remporte des animaux ou tout autre chose avec une vraie utilité.

Comment renforcer cette identité indigène ?
L’identité indigène souffre d’un grand nombre de discrimination. Pour certains nous sommes des voleurs, des analphabètes, sales car ils sont pauvres -qui nous a marginalisé et nous a volé nos richesses ?-, habillé de manière traditionnelle avec le poncho et le chapeau, et parlant une autre langue que le castillan. Les autorités politiques et policières usent de méthodes paternalistes à notre encontre. Nous luttons contre cette situation et réaffirmant notre identité et en refusant les attitudes supérieures.
Il nous manque une victoire importante. Il n’existe pas encore un recensement des peuples indigènes. Nous ne savons pas exactement combien nous sommes car le gouvernement n’interroge pas l’identité des personnes qu’il recense. Il nous questionne sur notre manière de vivre, notre famille, notre profession mais il ne veut pas savoir quelle est notre culture.

Comment les différentes nations indigènes vivent elles entre elles? Existe-t-il un dialogue entre les différentes cultures pour organiser vos objectifs politiques ?
Pachakutik est le parti de tous et aussi des métisses. Nous avons des débats et des disputes pour réussir l’union nationale et que la voix indigène soit écouter et prise en compte. Les communautés sont organisées au niveau local puis régional. Nous coordonnons nos actions selon les trois territoires de l’Equateur : la côte, les Andes, l’Amazonie, car chaque a ses spécificités. Ensuite, les trois délégations se réunissent pour prendre des décisions nationales. Nous proposons une lutte commune et solidaire. Cela signifie que les communautés de la côte aident de diverses manières les communautés des Andes qui rencontrerait un conflit avec quelque autorité et réciproquement.


credit photo: ukhamawa

mercredi 2 septembre 2009

Perenco, Main basse sur le sous sol équatorien



Hier soir, à Riobamba, a été projeté le documentaire équatorien "Al cielo abierto". Le festival de film documantaires "Cinema y Patrimonio" avait fait venir ce film qui traite de la lutte populaire contre l'instalation de mines à ciel ouvert à proximité de leurs communautés dans l'est équatorien.
La vidéo de Mediapart, elle revient sur l'exploitation pétrolière: un autre conflit entre multinationales minières et militants écologistes.

mardi 4 août 2009

Route barrée: le Pérou en grève


Arequipa, « cité blanche » qui abrite une partie des gènes de Flora Tristan, auteur de L’union ouvrière, l’histoire nous fait un clin d’œil lorsque nous rencontrons le mouvement social péruvien aux portes de la ville.

Elle fait trembler les gringos, l’indifférence des péruviens, et déclenche le mépris de la presse et du gouvernement. La grève. Dans les hôtels pour touristes on annonce le chao, une paralysation sans précédent qui va mettre à mal les itinéraires prévus par les agences de voyage. Dans la rue, on relativise l’importance mais le mouvement impulsé par les chauffeurs de bus et de taxi impulse une réflexion personnelle sur la politique locale. Les journaux qui mentent vilipendent les manifestants avant même qu’ils n’aient sorti le moindre drapeau.
Depuis plusieurs semaines déjà, on proteste au Pérou. La réforme du code de la route va imposer une rigueur dans le trafic jamais vu jusque là. On annonce des amendes pouvant atteindre les 400 soles (100 euros). Les chauffeurs de bus urbain (les compagnies nationales se sont pas touchées par la grève) et les taxis, dont la route est l’outil de travail, se sentent en danger et bloquent les routes du pays de manière régulière pour exiger une révision de la nouvelle loi. Ce mouvement a regroupé d’autres mouvements locaux de protestation contre le gouvernement.
A une cinquantaine de kilomètre de Arequipa, tous les véhicules sont stationnés le long d’une station service. Le chemin est barré depuis le début de la matinée. Une centaine de manifestants occupent la route. Le gouvernement d’Alan Garcia est la cible des slogans qu’ils reprennent. Face à un gringo, une femme explique qu’elle réclame l’eau pour sa maison mais elle ne rentrera pas plus dans les détails lorsque l’on cherchera à approfondir le sujet.
Vers la mi journée, la police décide de dénouer le problème et ouvre un passage alternatif vers Arequipa avec priorité pour les bus nationaux. Les manifestants sont tenus à distance.
Lorsque l’on arrive en ville, on peut se rendre compte que tous les barrages n’ont pas été solutionnés aussi pacifiquement. Des bris de verre sur la route, reste d’un caillassage d’un transporteur jaune. La police est sur les dents et certains accès sont encore fermés par sécurité. Les touristes sont largement mis en garde sur l’instabilité de la situation et sur les précautions qu’ils doivent prendre.
La journée n’a pas été des plus calmes et le mouvement de grève n’est sûrement pas l’échec qu’annoncera, le lendemain, la presse. Ces journalistes qui mentent accusent Hugo Chavez de diriger la grève depuis le Venezuela. Le diable bolivarien se cache dans tous les mouvements sociaux ! Presse de diversion oblige, les rédacteurs se préoccupent plus de l’avancée de la grippe AH1N1 et de l’assassinat de la chanteuse populaire Alicia Delgado (sa concubine aurait payer un tueur à gage pour s’en débarrasser. Le fait divers ira même jusqu’à supplanter la mort de Michael Jackson début juillet alors que la planète entière repassait en boucle le clip de Thriller).
Sur la Plaza de Armas d’Arequipa, une quarantaine de citoyen sont regroupés et débattent de l’actualité du jour. La grève réveille de vieux débat sur le développement du pays. On appelle à l’union nationale pour rattraper les nations occidentales. On réclame le retour des recettes industrielles au pays, une redistribution des fruits de leur travail par les multinationales exploitantes des minerais, ainsi qu’une réforme institutionnelle de grande ampleur pour en finir ce système corrompu.
Le gouvernement fait la sourde oreille et empêche le blocage des routes. Une dizaine de jour plus tard du coté de Trujillo, tous les bus urbains sont à l’arrêt le long des ronds-points mais la circulation est libre. La policera bloquera tout de même le trafic dans le centre historique en prévision d’un rassemblement unitaire des manifestants.

credit photo: EFE juin 2009

vendredi 31 juillet 2009

Au milieu du désert

En traversant le Pérou du Nord au Sud, on rencontre le désert. En bord de mer, les vagues viennent s’échouer sur une côte infertile. Puis venu de nulle part, un oasis apparaît, miracle de l’eau douce qui serpente dans cette étendue hostile.

Lima est la deuxième plus grande ville au monde construite dans le désert après le Caire, mais avant d’arriver à la capitale péruvienne, il faut parcourir plus de 20 heures de bus depuis la frontière équatorienne en plein milieu d’un sable infertile.
Le sable et des arbustes rachitiques à perte de vue tandis que le bus avale les kilomètres. La route suit le même chemin que les lignes à haute tension, seule preuve d’une présence humaine dans ce désert à perte de vue et cordon ombilicale avec la « civilisation ».
Il y eu des habitations dans le passé. Des murs subsistent aux attaques météorologiques et aux pillages. La propagande politique s’est aussi appropriée ces ruines et en a fait l’apologie de candidats passés ou futurs. L’homme n’est pas un animal discret, là où il passe, il laisse sa trace et ses ordures jonchent le bord de la route. Des sacs éventrés dispersent les résidus d’une consommation imparfaite. Les voyageurs des nombreux bus qui traversent ce territoire laissent aussi leur empreinte puisque tout ce qui ne se mange pas passe par la fenêtre. Le plastique ne se dilue pas dans le sable.
A l’approche d’un virage, le sort, ou peut être l’alcool, plante une sépulture en mémoire d’une vie perdue au volant d’une automobile.
Le bus poursuit sa route, Lima n’est qu’une étape pour personnes en manque de l’oncle Sam. L’itinéraire indique Aréquipa. En rejoignant la « cité blanche », dans la « valle de los Majes », on traverse une oasis. Sans prévenir, le sable laisse pousser quelques brins d’herbes, puis des arbres aux feuilles vertes. Le village n’est plus très loin. La ferme est entourée de sa parcelle de terre. Ce n’est qu’ensuite que l’on découvre cette rivière qui irrigue toute la vallée et rend la terre si productive. Les canaux ancestraux des indiens Nasca servent encore et toujours pour l’agriculture. On cultive le maïs.
Un canal plus moderne longe la route panaméricaine. Il garde les stigmates revendicatives d’un mouvement social qui en 2003 à pousser les ouvriers à se mettre en grève illimitée pour une revalorisation des salaires.
Les grévistes travaillent dans une autre oasis qui apparaît quelques kilomètres plus loin. Aucun cours d’eau pour l’irriguer mais un réseau de tuyaux arroseurs qui dispersent l’eau dans les airs lorsque le soleil monte dans le ciel. Système automatisé mis en place par une multi nationale agro industrielle. Les limites de la propriété privée sont bien gardées par force de barbelé et de haies. On invite l’inconnu à rebrousser chemin sous peine de tir. Les ouvriers cultivent tomates, oignons, paprika, maïs. Le patron fait beaucoup d’argent mais ne connaît pas la répartition des profits.


credit photo: J.S.N

jeudi 23 juillet 2009

Le début de la fin ? Le conflit avec les syndicats de l’éducation

Fin juin des problèmes techniques m'ont empécher de publier tous les articles prévus pour le blog. Le sujet restant d'actualité, je met à jour les publications avant de commencer le récit des déambulations sur la terre de Atahualpa et Francisco Pizarro.


Depuis sa première élection en 2006, Rafael Correa profite d’une vague de consensus qui jusque là l’avait porté dans tous ses projets de réformes. En 2007, la nouvelle constitution fut votée majoritairement par referendum, et sa réélection au premier tour des présidentielles cette année fut une nouvelle preuve de sa popularité. Cette réélection fut aussi les prémices de la contestation.

La révolution bolivarienne comme la conçoivent Chavez, Correa et Morales se construit avec les mouvements sociaux et une base populaire élargie. Evo Morales en Bolivie est arrivé au pouvoir grâce aux mouvements indigènes, aux syndicats et aux associations de producteurs de coca. Correa a fait de même dans son pays en utilisant les luttes ouvrières comme un tremplin.

En Equateur, le mouvement indigène a toujours soutenu le président en revendiquant son indépendance. Pachakutik, le principal parti indien fait partie de l’alliance gouvernementale mais ses représentants ainsi que ses électeurs font toujours valoir leur liberté de parole en distinguant politique nationale et gouvernance locale.

Chez les syndicats, les professeurs sont rentrés en conflit avec le gouvernement peu de temps après le 26 avril. La volonté présidentielle d’évaluer les compétences des maîtres n’est pas bien passée auprès des principaux concernés. Il s’agit d’une évaluation couperet qui implique une expulsion au cas où le professeur n’obtiendrait pas la moyenne. La mesure est radicale. Elle a le mérite de ne pas se montrer complaisante à quelques semaines de la déclaration officielle « Equateur, territoire libre de l’analphabétisme » tout en poursuivant la « révolution » au sein de l’Education Nationale, l’un des principaux objectifs du gouvernement de Correa. L’UNE, principal syndicat de professeur, s’est immédiatement opposé à cette décision qui relevait de « l’arbitraire » selon elle. Dans toutes les capitales provinciales, le syndicat a organisé des manifestations amplement suivies pour encourager l’évaluation de leur travail mais aussi la formation continue en cas d’échec. Le gouvernement a fait la sourde oreille et les premières épreuves ont eu lieu sur la Côte (dans les Andes, elles auront lieu en octobre). Il a aussi déployé une importante campagne médiatique pour faire barrage à la contestation. Sur tous les canaux de télévision et en particulier pendant les matchs de foot (pics d’audience), les spots se sont enchaînés pour rendre compte du travail du gouvernement en matière d’éducation tout en promouvant les actions futures. L’UNE intégrait par la même occasion la « mafia » anti gouvernementale (terme utilisé depuis le début pour caractériser les anciens dirigeants responsables de la dette extérieure, les instances corrompues, et ceux qui s’opposent à la « révolution citoyenne »).

Le bras de fer se poursuit entre les professeurs et le gouvernement mais ce dernier est en passe de gagner une bataille. La mobilisation s’est peu à peu essoufflée au fil du mois de juin face à la pugnacité du ministère qui n’a rien lâché pendant les négociations avec les syndicats.

credit photo: el telegrafo, juin 2009

vendredi 13 mars 2009

Pour de nouvelles chiennes de garde


La situation des femmes en Equateur n'est pas des plus réjouissantes. Dans une société machiste, elles ont beaucoup de mal a trouvé leur place et à se faire respecter.

Jeudi, une réunion d'urgence dans les locaux d'une association de Guano, Fabian est confronté à 5 personnes pour s'être laisser emporter à quelques blagues douteuses et des gestes dépassant le cadre professionnel avec une jeune volontaire espagnole. Alors que on lui sert un serment ferme contre toute récidive sous peine de licenciement, le bonhomme garde le sourire. Il nie les faits puis les reconnait en les minimisants ou en reportant la faute sur la jeune hispanique. Le cas n'est pas unique, le machisme en Equateur est généralisé. Les femmes sont victimes tous les jours de l'attitude d'hommes ancrés dans leur canapé et dans leurs préjugés sexistes. La plupart se taisent, quand on ne les faits pas taire. La mise au point raconté si dessus est exceptionnelle et émane surement de l'état d'esprit européen.
La société équatorienne est une société profondemment marqué par l'Eglise catholique et l'emprise patriarcale. A double raison, la femme est traité comme une paria. Pourvu que le linge soit propre, le repas prèt à l'heure et les enfants disciplinés, on lui accordera le droit de se rendre a l'église seule pour qu'elle implore le tout puissant d'avoir une vie plus tranquille dans l'au delà. Les cas de jeunes filles violées passés sous silence sont légions. Pour, qu'elles gardent leur langue dans leur poche, on les envoie en confession où un éclesiastique lui fera comprendre selon la méthode Couet que tout cela est de sa faute et que le seigneur le punit pour tous les péchés de Eve. "Le christ a souffert pour nous sur la croix, nous devons accepter de souffrir comme lui pour pouvoir frapper à la porte de saint Pierre."
Entre 18 et 20 ans, les jeunes filles célibataires disparaissent de la circulation. Toutes sont mariées et rapidement, elles entament une grossesse trop souvent prématurée. Les préjugés religieux interdisent le recours à la contraception, même si celle ci est légale. L'avortement est bien entendu interdit. L'homme n'a pas toujours la descence de rester au foyer. Myriam professeur célibataire de 24 ans a déjà une fille de 7 ans.
Les familles sont encore nombreuses. Le plus souvent, elles ont entre 5 et 7 enfants. Pas toujours un bonheur, qui plus est quand être enceinte se dit "embarazada" en castillan. Paradoxe linguistique qui offre l'expression "dar la luz" (donner la lumière) pour le verbe accoucher.
Les indiens Shuars d'Amazonie ont recours à la nature pour endiguer les naissances. Pas encore contaminés par la pharmacopée occidentale, ils se soignent via les plantes de la forêt. Pour stopper le cycle menstruel, elles avalent une plante qui met fin pendant plusieurs mois aux règles. Les ovaires sont mis hors service le temps que l'effet prenne fin. Cela peut prendre plusieurs semaines avant que les hormonnes ne refonctionnent réellement.
Quelques groupes féministes militants et enragés sont aujourd'hui présent dans le pays et se battent pour une rélle égalité des sexes et contre le machisme. Mais encore aujourd'hui, c'est la loi du silence qui règne de la cuisine au commisariat en passant par la chambre et le confessionnal.


crédit photo: blabla de zinc, chimulus.

jeudi 29 janvier 2009

15000 personnes manifestent à Evreux


La manifestation du jeudi 29 janvier a rencontré un grand succès. Les renseignements généraux annoncent 10 000 manifestants tandis que les syndicats avancent le chiffre de 15 000. Le front unitaire et la plate forme de revendication élargie ont mobilisé très largement.

"Même en 1995, je n'ai pas vu pareil cortège à Evreux". Parole de syndicaliste endurcis à la lutte sociale, la mobilisation départementale a réunis un très grand nombre de mécontents suite aux réformes passées présente et à venir du gouvernement. 15 000 personnes se sont retrouvées sur le pré du Bel Ebat puis ont marché jusqu'à la place de l'hôtel de ville.
Privé et public ont battut le pavé. Les syndicats hospitaliers, de l'éducation (accompagnés des parents d'élèves et du personnel de certains établissements pour handicapés) et des impôts (60% de mobilisation dans ce secteur selon Solidaires), les douanes et le Pôle emploi représentaient la fonction publique mais le cortège était en grande partie composé de salariés du privé. L'industrie, très durement touchée par la crise dans l'Eure s'était mobilisée. On rencontrait (entre autre) des salariés de Schneider Electric, Mé Real ainsi que ceux de la LRBA, l'entreprise de ballistique vernonaise condamnée par Hervé Morin(ces derniers avaient déjà organisé un premier rassemblement le matin même dans leur ville).
Dans ce département à majorité rurale, de nombreux maires de petites communes avaient fait le déplacement pour s'opposer à la dislocation des services publics. On a vu de nombreuses écharpes bleue blanc rouge.
La manifestation d'aujourd'hui dépasse, en nombre de participants les défilés de 1995 et du CPE. L'Eure se mobilise en bloc.
Sur la France entière, les syndicats dénombrent 1 million de manifestants.


crédit photo: perso

mercredi 28 janvier 2009

A jeudi monsieur le président...

Sarkozy: "Quand il y a une grève en France..."
Vidéo envoyée par rue89

Avant de dire bonjour a Correa, je tiens à faire mes adieux au zébulon. On va fouler le pavé une dernière fois et nous verrons bien si personne ne s'en rend compte.
Dans l'Eure, le rendez-vous est donné le jeudi 29 à 14 heures sur le pré du bel ébat à Evreux.

mercredi 7 janvier 2009

Procès Thierry Martin: le réquisitoire

Environ 70 personnes se sont déplacées ce midi pour soutenir Thierry Martin. Un mot de remerciement au mégaphone puis tout le monde s'engouffre dans la salle d'audience du TGI.
Au terme de l'audience qui a démontré l'absence de preuve à son encontre, le procureur a requis 750 euros d'amende tandis que la partie civile demandait la relaxe.
Le délibéré sera rendu le 4 février.

dimanche 4 janvier 2009

Anihiler tout espoir de rebélion


L'année 2009 à peine arrivée que la lutte reprend. La machine de destruction d'alternatives idéologiques ne prend pas part à la trêve des confiseurs et elle abat ses chiens sur tous les "déviants". Mercredi, elle a rendez-vous à Bernay. Reprise de l'appel à la mobilisation et au soutien du collectif pour l'abandon des poursuites contre Thierry Martin, parent d'élève inculpé à la suite du mouvement dit "anti CPE" de 2006.



Thierry Martin, parent d’élève, est convoqué devant le tribunal correctionnel le 7 janvier prochain pour son soutien à la mobilisation des lycéens sur Bernay contre le Contrat Première Embauche (CPE) au printemps 2006.
Plus de deux ans et demi après les faits, ces poursuites constituent une nouvelle tentative de criminaliser le mouvement social et une volonté d’intimider et bâillonner tous ceux qui participent ou manifestent leur solidarité aux mobilisations sociales.
Les poursuites à l’encontre de Thierry Martin ne sont en effet qu’un exemple de plus d’une répression et d’une dérive sécuritaire qui s’accentuent dans l’espoir de décourager toute tentative de nouvelle mobilisation.
Cette même dérive a conduit à la condamnation récente des associations de défense des mal-logés (le DAL et les Enfants de Don Quichotte), les poursuites contre les militants du Réseau Education Sans Frontières qui défendent les élèves sans-papiers, contre ceux qui soutiennent les migrants, contre les militants anti-OGM, ceux du réseau Sortir du Nucléaire et plus largement les militants du mouvement syndical et ouvrier.
Nous demandons l’arrêt des poursuites contre Thierry Martin et continuerons à apporter notre soutien à toutes celles et ceux qui se mobilisent contre des lois ou des mesures qui nous semblent inacceptables et injustes.


Rassemblement le Mercredi 7 janvier à 12h30 devant le palais de justice de Bernay (place Gustave Héon)

L'occasion aussi de rappeler que Julien Coupat et Yldune Levy sont toujours incarcérés à la suite des arrestation du 11 novembre concernant des sabotages contre des lignes SNCF. Aucune preuve n'a jusque là été trouvé contre eux et ils n'ont toujours pas été entendu par le moindre juge. Ce dénie de justice et ces accusations abusives contre des personnes dont le seul tort est de penser différemment est totalement contraire à tous les principes de la démocratie. Ne les oublions pas.

photo: credit perso, manifestation étudiante à l'université de Brasilia en avril dernier.

vendredi 5 décembre 2008

Démocratie en réseau: Internet et ses limites techniques

Le lundi 17 novembre, la région Ile de France organisait, à la cité des sciences et de l'industrie de la Villette, un colloque portant sur le thème Démocratie en réseaux (comptes rendus et contributions sur le site Internet grâce au wiki).

Si lors de cette journée Internet a été montré comme un nouvel outil avec des capacités très importantes, il n'a pas été oublié que le web compte un certain nombre de limites. A de nombreuses reprises, les utilisateurs se retrouvent face à des décalages et à des problématiques que les anciens outils n'engendraient pas.

L'alarme est venue de Fatima Hani (ACLEFEU), alors que chacun se gargarisait de l'efficience des flux RSS et des réseaux sociaux, la secrétaire générale de l'association a fait remarqué aux 400 personnes présentes qu'encore aujourd'hui Internet n'était pas installé dans tous les foyers. Cette militante qui vit et travaille dans les quartiers défavorisés indique le décalage social qui existe par rapport aux nouvelles technologies. Tout le monde n'a pas les moyens de financer un ordinateur ainsi qu'un abonnement internet. On s'apercevra aussi, au fil de la journée, qu'il existe un décalage générationnel: seul les plus jeunes sont naits avec une souris dans la main. Pour la plupart des militants associatifs d'aujourd'hui, l'informatique a été précédé d'une formation. Certains n'ont pas eu cette opportunité, d'autres ont été un peu plus imperméables aux nouvelles technologies.
A ces constats, j'en rajouterai un troisième qui n'a pas été évoqué. il existe un décalage géographique. On ne profite pas du même débit Internet dans le VIIIème arrondissement de Paris que dans la campagne Normande. La capacité d'action s'en trouve restreinte.
Marc Fromentin (GISTI) reprenait, en quelque sorte, ce constat lorsqu'il évoquait le lectorat de son site. S'adressant à des populations étrangères et principalement africaine, il ne pouvait se permettre de réaliser des pages stylisées élaborées sous Flash ou intégrant des vidéos. Il s'efforce de conserver un site simple et léger accessible à tous.
Brigitte Wiseur du Réseau Education sans frontières reconnait les limites du web. Le collectif fonctionne en très grande partie sur la toile (listes de diffusion, information, mobilisation) et elle admet que ce mécanisme peut exclure des personnes qui souhaiteraient s'impliquer sans pour autant avoir internet. Le talon d'Achille du réseau se situe au niveau des listes de diffusion: outil très utile pour la propagation des informations (avec des listes spécifiques pour chaque échelle géographique), il n'en reste pas moins un outil public ouvert à tous cela comprend aussi bien les militants, les sympathisants mais aussi les forces de police et les renseignements généraux.
Internet n'est donc pas la panacée, l'essentiel est d'en être conscient. Il revient à chacun de trouver des alternatives lorsque la toile ne s'avère pas payante.

photo: crédit perso, un cyber café sur la plage de Armação - Florianopolis, Brésil

lundi 24 novembre 2008

Internet au service de la lutte

Le lundi 17, la région Ile de France organisait, à la cité des sciences et de l'industrie de la Villette, un colloque portant sur le thème Démocratie en réseaux (comptes rendus et contributions sur le site Internet grâce au wiki). Une journée de discussion pour évoquer la participation associative et militante et leurs transformations liées au développement d'Internet.
Ce premier article revient sur le militantisme à l'heure des nouvelles technologies de l'information et de la communication.


Pendant très longtemps le militantisme s'est cantonné à des domaines d'expression limités. Syndicats, Partis politique et associations communiquaient par voie orale (discussions, manifestations), ou par support papier (tracts, journaux, lettres). Si ces moyens de communication ne sont pas obsolètes, loin de là; la venue d'Internet a boulversé une partie des comportements. On ne milite plus de la même manière tant sur le plan idéologique que technologique.
Valérie Peugeot (VECAM) constate une modification des logiques militantes: "la logique collective a été dépassée par la logique coopérative." Christophe Aguiton (Paris I et France Telecom) observe une "individualisation des comportements militants qui passe par Internet". L'exposition de soi (via les réseaux sociaux, les blogs...) sur Internet débouche sur des possibilités de conversations qui peuvent aboutir à des actions de groupe.
Ainsi depuis 2005, une partie du débat public ainsi que des mobilisations ont migré vers la toile. Face au "ouiisme" des médias lors de la campagne pour le referundum pour le traité de constitution européenne, les opposants ont trouvé sur le web un espace d'expression. Depuis, on a constaté que le collectif "Sauvons la recherche", ou bien la lutte anti Edvige s'est structuré via le web. Denis Pansu (Port Parrallèle) observe un "contournement des institutions politiques, publiques et médiatiques" afin d'accéder à une prise de parole médiatique. Internet devient un outil d'organisation dans le but de rencontre réelles et d'actions. L'animateur de réseaux note, dans le même temps, que la frontière entre partisan et militant s'estompe, l'individu envisage son engagement à la carte.

Claire Villiers (vice présidente du conseil régional d'Ile de France chargée de la démocratie régionale et de la vie associative) estime que ces modifications issues de la mutualisation des moyens numériques peuvent "renforcer l'action démocratique". En échos, les organisateurs avaient fait venir deux militantes de terrain. Fatima Hani (ACLEFEU) revient sur la mise en commun des données qui permettent de gagner du temps en terme d'information mais aussi en méthodologies. Dans sa lutte pour les cités, elle rejoint Brigitte Wiseur du Réseau Education sans frontières: Internet a permit de briser les frontières géographiques. Le militantisme s'envisage désormais à l'échelle national pour un coût modique. La représentante de RESF indique aussi les facilités qu'accorde Internet lorsque l'organisation a opté pour une organisation horizontale et non formelle.
Alors que la région mettait en ligne ce jour le site Projet citoyen, Claire Villiers lançait un appel aux accents Bourdieusiens: "Les dominés doivent s'introduire dans les outils de communication des dominants."

crédits photo: geoscopies.net et zone-network.org

samedi 8 novembre 2008

Une crise parmi d'autres

Le capitalisme actuel vit principalement deux crises: la crise financière qui touche les bourses et les marchés de cotations, et la crise de surproduction appelée aussi récession. Vendredi 7, Attac Risles Charentonne invitait Nicolas Béniès, économiste, pour évoquer cette situation. Le texte ci dessous reprend une partie de ses explications.


Les grands penseurs libéraux vous diront que la crise est naturelle, qu'elle fait partie intégrante du système. Le libéralisme est ponctué de vagues avec ses hauts et ses bas, des périodes d'essor économique et d'autres de surproduction.
Le premier choc pétrolier de 1974 vit l'apparition d'une nouvelle conception de l'économie. Jusque là, les périodes de crise se résolvaient grâce à des politiques de relance étatiques inspirées par John Maynard Keynes et le New Deal américain des années 30. L'Etat injectait d'importantes sommes sur le marché pour augmenter les salaires et relancer la consommation. L'augmentation du prix du pétroles permit à de nouveaux théoriciens de s'exprimer. Ces "experts" préconisèrent une hausse des profits des entreprises pour respecter le théorème de Schmidt: "Les profits d'aujourd'hui sont les investissements de demain et les emploi d'après demain". L'Etat devait se désengager des politiques économiques pour laisser faire le marché. Ce dernier s'auto régulant automatiquement. On passait d'une étude macro économique (au niveau d'un pays) à une étude micro économique (au niveau de l'entreprise).
En 1976, la France fut l'une des premières à appliquer cette théorie lorsque le premier ministre de l'époque mis en place le premier Plan Barre. Face à la baisse de la croissance, on privilégie la baisse de la masse salariale des entreprises. Cela peut se faire de manière directe (licenciements) mais aussi de manière indirecte via la baisse des charges sociales. L'Etat se délaisse d'une partie de ses recettes pour "soutenir" les entreprises. Des recettes en moins, c'est aussi des financements en moins pour les chantiers publics. En attendant que la crise passe, on mise sur l'endettement. Cela, malheureusement, ne fait que différer un phénomène incontournable tout en l'aggravant.

Le libéralisme étant un système vertueux, il est censé récompenser les esprits entreprenant qui osent se confronter au risque. Les décideurs en ont décidé autrement afin de préserver leurs deniers. Plutôt que d'assumer les conséquences d'une décision scabreuse, ils ont décider de "responsabiliser les salariés". Ces derniers, en contre partie d'une faible implication dans les décisions de l'entreprise, doivent assumer les choix et les conséquences de leurs dirigeants. Ils se flexibilisent au grès du cours de la bourse. On leur impose des objectifs irréalisables afin d'individualiser la main d'oeuvre. On déstructure la cohésion sociale ( affaiblissement des syndicats). On désigne dans le même temps des boucs émissaires (immigrés) pour que chacun trouve un coupable aux problème qu'il rencontre. Un mal être (maladies liées au travail, suicide...) se créé au niveau de l'entreprise.
On arrive aujourd'hui à une crise de confiance et du pouvoir d'achat obstacle à la consommation. Consommation: le sésame du libéral quand il s'agit de relancer la croissance.


photo: geolibertaire.org

mercredi 15 octobre 2008

Bonne fête


Demain c'est la sainte Edvige, cette brave chrétienne n'a rien demandé mais on l'a affublé d'une tâche bien ingrate: ficher les noirs, les jaunes, les homos, les jeunes, les socialo, les rouges, et toute sorte de dégénéré sociaux (seul les cons ne sont pas admis...). N'oubliez pas, donc, de fêter Edvige!


Le Comité ATTAC Risle-Charentonne et la Section Pont-Audemer/Bernay de la Ligue des Droits de l'Homme appellent à un rassemblement le JEUDI 16 OCTOBRE à 18 heures, devant la Sous-Préfecture de BERNAY, dans le cadre de la Journée Nationale de mobilisation contre le fichier EDVIGE et invitent la population, les organisations associatives, syndicales et politiques à venir nombreux montrer leur opposition à ce nouveau fichier.
Et une petite vidéo pour couronner le tout:


crédit photo: dominikvallet.over-blog.com, vidéo de torapamavoa

mercredi 10 septembre 2008

C'est à n'y rien comprendre


Tout le monde s'est ému du caca nerveux du maire d'Epaignes à propos d'EDVIGE. Les médias ont fait semblant de ne rien comprendre à cette manœuvre politicienne (à moins qu'ils soient définitivement perdus).

Règle n°1 du sarkozisme: le chef a toujours raison. La critique est inutile puisque le chef dit la vérité. Même quand le chef signe des décrets qui lui permettent de passer au niveau dictateur I, le chef a raison. Celui qui oserait contre dire le chef se retrouve entre les mains de la police politique après avoir subit le discours pontifiant de Guéant et Gaino. Les plus tenaces finissent entre les seins de Nadine Morano. Les obstinés sont emmené dans le bureau de Bachelot et on ne les revoit jamais.

Le week end dernier, la presse qui ment s'est émue de la réaction humaniste du ministre de la guerre. Cet homme est un héros qui est devenu le dernier rempart face à la barbarie sarkoziste!!!
Cet homme est surtout un petit soldat discipliné qui a reçu un bon de sortie de la part de son petit chef. En ce week-end de "campus", il lui fallait bien un os à ronger pour passer le temps pendant que ses copains prenaient une averse à Royan. Et à 50 km de son université d'été, il y avait son ex frère, Bayrou qui était aussi de sortie. Les deux hommes défendant le même programme, Morin s'est permit un peu de racolage actif pour attirer les derniers déçu du sieur de Gascogne. Ce dernier s'est fait remarquer par sa langue bien pendue et sa critique facile. L'élève Morin a voulu faire comme son ancien chef. Il s'en ai donc pris à EDVIGE.

Et voila qu'on parle de rébellion. Mais non messieurs les analystes de droites bien inspirés, il s'agit de mimétisme.

Si cela a permit aux collectifs qui luttent depuis 3 mois de se faire écouter, on s'en plaindra pas.



photo: edvige, racoleuse de grande envergure (syndicalistes, politiques, religieux, homo, séropo, délinquants, drogués, mineurs...). Faites gaffe à elle, elle est aussi plombé que le charles de gaulle!

lundi 23 juin 2008

Et ils voudraient du calme?

Incendie au centre de rétention de Vincennes suite
Vidéo envoyée par rue89

Vidéo de rue89 filmé pendant l'incendie du CRA de Vincennes.
Messieurs des hauts quartiers républicain, vous voulaient du calme alors que votre bras droit armé s'en prend a des hommes et des femmes venus d'un autre pays pour fuir la misère locale.
Le comportement de la police est une nouvelle fois honteux, mais on s'habitue à ces individus sans reflexion. Tout juste bon a manier la bombe lacrymo.
Vous avez des ordres? Moi j'ai des principes qui vont à l'encontre de vos actes. On se voit très vite.

mercredi 18 juin 2008

Les indiens et la pression immobilière


Je n'apporte pas énormément de contenu propre sur le blog en ce moment mais je ne pouvais pas ne pas reprendre de papier de Médiapart qui traite de Brasilia. J'ai eu longtemps envie de traiter ce sujet en particulier mais faute de temps cela ne fut pas possible. La plume change, l'information reste. Merci a Lamia Oualalou.


Les indiens et la pression immobilière



Le Brésil accueille cette semaine à Brasilia la réunion préliminaire latino-américaine en vue de l’organisation du sommet de Durban II contre le racisme. Si la situation des Noirs s’est arrangée depuis l’arrivée de Lula au pouvoir (l’Etat reconnaît pour la première fois que le racisme n’est pas occasionnel mais institutionnel, mais j’y reviendrai rapidement à l’occasion d’un papier), la situation des Indigènes continue de se dégrader.

On l’a déjà vu, le boom des matières premières provoque une série d’invasions de coupeurs de bois, chercheurs de minerais en tous genre, et à plus grande échelle, de patrons de l’agro-business soucieux d’étendre les cultures de soja et d’eucalyptus. Mais la croissance économique, c’est aussi le boom de l’immobilier, un peu partout autour des grandes villes.

C’est justement autour de Brasilia, dans ce qu’on appelle le district fédéral, que se joue actuellement un véritable drame. Le gouverneur Arruda, allié à Paulo Octavio, le patron d’une grande entreprise de construction locale, et par ailleurs vice-gouverneur, ont jeté leur dévolu sur une terre à proximité de la capitale, occupée par des indigènes depuis 1969.

Profitant de l’engouement pour des appartements de luxe, et de l’envolée du pouvoir d’achat des plus riches, ils veulent y créer un «condominio », ces ensembles d’appartements protégés du reste du monde par des gardes, autour de piscines et de jardins.

Le projet du gouverneur, intitulé Noroeste, du fait de sa localisation, Pensée pour contenir 500 000 habitants en l’an 2000, Brasilia atteint les 3 millions, d’où la pression immobilière. La conséquence directe de ce boom est une multiplication du nombre de voitures, alors que le transport public est, comme souvent au Brésil, est cher et inefficace.

Les piétons, tous issus des classes défavorisées (Brasilia ne se prête pas à la marche), souffrent déjà de la multiplication de maladies respiratoires. C’est dans la zone nord de la ville que la situation est le plus critique. Or, la terre « Noreste » et ses arbres constituent aujourd’hui le seul poumon d’oxygène de la région. Les Indiens, qui démontrent depuis des décennies être les garants de la non-destruction de l’environnement (regardez un plan de l’Amazonie, les zones non dévastées sont en général des réserves indigènes), tiennent à cette terre.

Elle accueille les ethnies Fulni-ô, Kariri Xocó, Tuxá, Guajajara et Korubo, mais pas seulement : la proximité de la capitale, lieu de toutes les batailles politiques où ils vont aussi plaider leurs causes au niveau national, font de ces camps un lieu de passage pour d’autres tribus. Le projet n’a pas l’approbation du gouvernement fédéral, mais pour l’arrêter – il est facile d’obtenir l’autorisation de construire, il suffit souvent de corrompre – il faudrait émouvoir l’opinion publique.

Or les habitants de la capitale ne savent rien de la situation. On le comprend : à Brasília comme dans beaucoup de villes du Brésil, le politique, les grands patrons et les médias ont des liaisons indécentes, sinon dangereuses (remarquez, on en prend le chemin en France… l’Amérique Latine a toujours été, à bien des égards, un laboratoire des sciences politiques de l’Europe).

Ainsi, Paulo Octavio est le premier constructeur de la ville, sénateur, vice-gouverneur, présentateur d’un programme de télévision, et patron d’un journal. Le gouverneur balaye les attaques en prétendant qu’il s’agit de « six indiens », qui peuvent bien être déplacés au nom du développement. Les ONG qui oeuvrent à la protection des Indiens craignent aujourd’hui que les tribus soient violemment déplacées.

Après tout, s’ils ne sont que six…Ah, petit rappel, en septembre dernier, le Brésil a signé le texte (très ambitieux) présenté par l’ONU sur les droits des indigènes. Si la situation est ainsi autour de Brasilia, on peut légitimement s’inquieter sur ce qui se passe dans le reste du pays. sur You Tube, on trouve bien sûr l’original en portugais, et une autre traduction, en espagnol.

Crédit: Mediapart
Photos: 1 et 2 Tiago Machado (secteur Nordoueste) 3 Arruda, gouverneur du district fédéral et toute la cour nauséabonde qui l'entoure, parmis eux Paulo Octavio

lundi 2 juin 2008

Une fois de plus, une fois de trop

Heurts entre CRS et lycéens
Vidéo envoyée par rue89

Qu'est ce que ce pays où la police offre de telles scènes? Une fois de plus la France est méconnaissable. Elle donne des hauts de coeur.
Où va t on?

Plus d'info sur Rue89