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mercredi 2 septembre 2009

Perenco, Main basse sur le sous sol équatorien



Hier soir, à Riobamba, a été projeté le documentaire équatorien "Al cielo abierto". Le festival de film documantaires "Cinema y Patrimonio" avait fait venir ce film qui traite de la lutte populaire contre l'instalation de mines à ciel ouvert à proximité de leurs communautés dans l'est équatorien.
La vidéo de Mediapart, elle revient sur l'exploitation pétrolière: un autre conflit entre multinationales minières et militants écologistes.

jeudi 28 mai 2009

Or noir contre or vert

Une nouvelle contribution extérieure, rencontré sur le site du collectif RISAL (réseau d'information et de solidarité avec l'Amérique Latine), écrit par Daniel Denvir. L'auteur revient sur le conflit qui oppose Rafael Correa et les indigènes à propos de l'exploitation minière et pétrolière en Equateur. L'article d'origine se trouve et a été publié le 3 mai.

En janvier, le pays a été secoué par des manifestations de masse contre l’exploitation minière à grande échelle.

En Équateur, il y a longtemps que les peuples indigènes et les campesinos (les paysans) demandent la nationalisation des ressources naturelles. Ces derniers temps, nombre d’entre eux exigent qu’elles ne soient plus exploitées du tout et bloquent les routes pour se faire entendre.

En réponse, le président Rafael Correa a traité les manifestants de « moins que rien » et d’« extrémistes ». Le gouvernement a fait arrêter certains des meneurs de ces protestations, qu’il accuse de terrorisme. En Amazonie, un leader a même disparu brièvement et est réapparu dans un hôpital de Macas, une ville amazonienne, blessé à la tête par une arme à feu. Des policiers ont également été blessés en tentant de démanteler les barrages.

En septembre, les électeurs équatoriens ont approuvé une nouvelle constitution soutenue par Alianza País, le parti politique de M. Correa. Le texte accorde notamment des droits à la nature et considère l’accès à l’eau comme un droit humain.

Mais Correa fait désormais pression en faveur de l’exploitation minière de métaux à grande échelle et, en janvier, il a obtenu du Congrès l’approbation d’une loi qui permettrait à des entreprises canadiennes, notamment les sociétés Kinross, Iamgold Inc. et Corriente Resources Inc, d’exploiter les ressources minières du pays.

Conjointement avec la Confédération des nationalités indigènes de l’Équateur (CONAIE), les mouvements paysans locaux et régionaux invoquent la nouvelle constitution pour déclarer illégale la loi sur l’exploitation minière. La CONAIE, qui représente en Équateur les peuples indigènes de l’Amazonie, des hauts plateaux et de la côte, est l’un des mouvements sociaux les plus puissants d’Amérique latine.

Dans une interview accordée avant la promulgation de la nouvelle loi, Marlon Santi, le président de la CONAIE, a accusé Rafael Correa d’être sous l’emprise des compagnies minières étrangères. « Nous nous demandons quels sont les intérêts en jeu ici, puisqu’il y a bien d’autres lois importantes sur lesquelles travailler. Nous nous opposons à la loi actuelle sur l’exploitation minière », a déclaré M. Santi.

Du boom pétrolier de la fin des années 1960 aux actuelles propositions d’extraction du cuivre, de l’or et de l’argent, l’exploitation des ressources naturelles est depuis longtemps source de conflits en Équateur.

Dans la province amazonienne de Zamora Chinchipe, au sud de l’Équateur, la compagnie minière EcuaCorriente, une filiale de Corriente Resources Inc., est soupçonnée d’avoir mis sur pied un groupe de pression favorable à l’exploitation minière composé d’indiens Shuar. La société Corriente n’a pas commenté les allégations que le journal canadien Dominion a été le premier à publier.

Le Front de défense de l’Amazonie [Yasuni depende de ti, NDB], qui représente les indigènes et les paysans, a intenté une poursuite de plusieurs milliards de dollars contre Texaco, accusant ce géant de l’industrie pétrolière d’avoir adopté des pratiques qui ont causé d’énormes dommages à l’environnement et rendu malades les résidents vivant à proximité des lieux d’extraction. Dans un rapport rédigé en 2008, un expert nommé par le tribunal a affirmé que les déversements de pétrole brut et l’abandon en grande quantité de liquides toxiques dans des centaines de puits non bouchés ont causé un grand nombre de cancers parmi la population et entraîné la disparition de tout un peuple indigène : les Tetete.

La pollution et les maladies qui découlent de l’extraction pétrolière sont à l’origine de l’opposition actuelle à l’exploitation minière industrielle. De plus, les expériences vécues par les opposants à l’exploitation minière dans d’autres pays latino-américains, comme au Pérou et au Guatemala, ont incité davantage les Équatoriens à résister.

Gonzalo Esp’n, un leader indigène ayant participé aux blocages des routes du mois de janvier dans la province andine centrale de Cotopaxi, affirme que le gouvernement devrait réguler l’exploitation minière à petite échelle et investir dans l’agriculture paysanne et durable.

Selon lui, « l’exploitation minière à grande échelle consiste simplement à permettre que nos ressources naturelles soient exportées vers d’autres pays qui nous les renverront sous forme de produits manufacturés. »

Les Intag, une communauté andine du nord, et les Sarayaku, une communauté amazonienne, ont montré comment résister. Depuis le début des années 1990, ces deux communautés empêchent les compagnies minières et pétrolières de s’implanter sur leurs territoires respectifs. Elles ont noué des alliances avec des groupes de défenseurs de l’environnement urbains et des groupes de soutien en Europe et en Amérique du Nord pour faire pression sur les entreprises étrangères et le gouvernement équatorien.

Le 24 janvier, dans son discours hebdomadaire radiodiffusé, quelques jours après les manifestations les plus importantes, Rafael Correa s’est engagé à poursuivre l’exploitation minière à grande échelle. « Il est absurde que certains veuillent nous forcer à rester comme des mendiants assis sur un trésor », a-t-il déclaré.

Les leaders indigènes et paysans sont en train d’envisager la possibilité de former une coalition en vue de rivaliser avec Rafael Correa aux élections du mois d’avril. Bien que la réélection du président soit pratiquement assurée [réélection le 26 avril, NDB], les militants espèrent gagner un certain nombre de sièges à l’Assemblée nationale de façon à accroître la visibilité du mouvement.

« La CONAIE continuera de lutter pour les droits territoriaux et contre la pollution de l’environnement », a déclaré récemment la confédération indigène. « Nous allons surveiller de près les concessions minières et dénoncer les cas pour lesquels il n’y aura pas eu de consentement préalable libre et éclairé, par tous les moyens disponibles, y compris les mécanismes internationaux. »

En Équateur, et dans les pays du Sud, ce sont souvent les peuples les plus opprimés qui résistent à l’exploitation minière et expriment une nouvelle manière de concevoir le développement durable.

Pour Susan, une militante Kichwa adolescente, les peuples indigènes de l’Équateur sont en train de s’unir pour continuer d’avoir accès à l’eau propre dont dépend leur survie.

« Nous sommes en train de prouver que nous ne sommes pas des moins que rien », dit-elle. « Nous sommes un peuple entier qui se bat. »

crédit photo: Philippe Revelli Photographe de talent et de lutte. Très vives recomandations pour visiter son site et en particulier son travail sur l'exploitation pétrolière dans l'Oriente équatorien.

mercredi 20 mai 2009

Le prix de l'écologie

A l'occasion de l'enquète sur la pollution du Rio Guano, nous avons pu rencontrer quelques initiatives positives pour la protection de l'environnement. César Puente dirige El Alce, tannerie de cuir à Guano. Il a fait installé un système de filtre à sa fabrique pour récupérer les eux noires constituées de chrome et de sulfure.

Il pourrait être considérer comme le dernier des Mohicans, un être isolé dans un monde hostile qui défend contre vent et marée. N'en faisons pas trop sur César Puente, patron de l'Alce, tannerie guaneña, certe il mène dans son usine un combat où il se retrouve bien seul mais l'homme a aussi ses sombres facettes.
Guano, "capitale artisanale de l'Equateur" dit le prospectus, nombreux sont les ateliers de cuirs où des familles entières travaillent le cuir. Il en est de même pour la laine et les tapis réputés dans le monde entier (présents du Vatican à la Maison Blanche, raconte l'histoire). La publicité date de plusieurs année et aujourd'hui la réalité est bien différente. L'économie du canton a du plomb dans l'aile.
Dans les années 90, elles étaient trois dans le canton et quelaues autres dans la province du Chimborazo. Les tanneries participaient activement à l'économie regionale. Aujourd'hui, el Alce est l'unique bastion de cette ancienne industrie florissante. La fabrique de Cesar Puente est la seule qui, grâce à sa taille, a résisté aux différentes crises économiques et à la dollarisation.

Ingénieur ambiental et avec la rivière en bas de sa fabrique, César Puente a été obligé d'arreter ses pensées sur ce cours d'eau asséché et jonché de détritut. En collaboration avec le fond de solidarité de Québec et la coopérative agricole Agrovida, une enquète de pollution a été guidé et s'est étallé pendant trois années. Il en est ressortie que la fabrique dégagaient dans la rivière des résiduts de chrome et de sulfure bien supérieur aux normes environnmental avec des proportions dangeureuses pour la santé des riverains.
Avec un tiers de capitaux étrangers, El Alce s'est doté d'un système de récupération des eaux pour filtrer les produits toxiques résultant de la teinte du cuir. Un investissement à la hauteur de 100 000 dollars qui impacte peu les ventes "1.50$ par veste et 50 cents sur un porte feuille".
Sur le plan environnemental, le filtrage permet de récupérer une dizaine de Kg de chrome par mois. Une quantité que le professeur à l'université Polytechnique du Chimborazo (ESPOCH) essaye de récupérer et de recycler.
César Puente a beau être l'unique entrepreneur guaneño qui se soit préocupé dans la pollution du Rio Guano, il n'en reste pas moins un buisness man. Liberal et conservateur, partisan d'Alvaro Noboa, l'environnement n'est rien s'il n'est pas lucratif et ses méthodes sociales sont parfois assez douteuses. Toute la main d'oeuvre de la confection a été externalisée dans des ateliers indépendants du canton. Ainsi il se dédouane de ce qui se passe lors de la couture des sacs, des chaussures et des vestes. "Dans ses ateliers, les ouvriers sont plus libres. Ils s'organisent comme ils veulent entre le travail et la vie du foyer Toute la famille participe à la confection, les enfants aident et améliore le salaire de la famille." Le travail infantil est conféssé sans honte, alors même qu'il est interdit par la nouvelle constitution.

César Puente souhaite aujourd'hui améliorer le processus qualité de sa production. Il souhaite officialiser les mesures qui sont pour le moment réalisé par des étudiants de l'ESPOCH. Pour cela il aurait besoin d'instrument de mesure dont un Phomètre. Ces instruments sont moins couteux en Europe. Les volontaires européens se proposent de trouver un moyen pour qu'une association puisse lui faire don du matériel; en contre partie de quoi Cesar Puente s'engagerait dans un processus éthique pour érradiquer le travail infantil dans les ateliers avec lesquels il travaille. Une démarche de commerce équitable est aussi envisageable.
Les lecteurs qui auraient une idée pour mettre à bien ce processus peuvent divulguer leurs idées dans les commentaires.



credit photo: R.B et perso. Cesar Puente et une vue du système de filtration

mercredi 29 avril 2009

Enquête sur la face noire de Petroecuador

Enquête sur la face noire de Petroecuador (MEDIAPART)
Vidéo envoyée par earthwithoutoil

Alors que la planète commence à réfléchir à l'après-pétrole, les pays qui possèdent des réserves d'or noir continuent de les exploiter à n'importe quel prix. L'Equateur, dont le président Rafael Correa vante par ailleurs son credo écologique, persiste à forer dans la forêt amazonienne, au mépris de l'environnement et des populations locales. Une vidéo de Mediapart.

L'exploitation du pétrole en Equateur reste l'un des sujet clefs que le president de la République doit gérer. La question est de savoir s'il faut ou non utiliser les ressources de matières premières du pays au détriment de l'environnement et de la santé de la population. A l'heure actuelle, le gouvernement est largement en faveur d'une exploitation nationalisé mais les associations se mobilisent pour empécher une utilisation qui a déjà fait ses preuves en terme de conséquences néfastes (un procès contre la Texaco n'a toujours pas pris fin).
Cette vidéo accompagne l'enquète qui se réalise en ce moment même à Guano sur le pollution de la rivière.

vendredi 6 mars 2009

Vivez une catastrophe écologique en direct

Réalisant un documentaire sur la pollution à Guano, je livre mes premières observations après un premier repérage. Ces conclusions pourront être complétées ou bien modifiées au fil de l’enquête.

Guano tient son nom de la rivière qui la traverse. Ce cours d’eau, qui prend sa source à deux kilomètres en amont dans une nappe phréatique, alimente toute la ville en eau. Foyers, industries, municipalité, tout le monde pompe.
Une simple adjonction de chlore et l’eau sort du robinet. Bien sûr, elle n’est pas potable. L’eau minérale est indispensable mais cela n’empêche pas les enfants de l’école de Tungahuan de boire à même le tuyau du robinet public. Il y sort un liquide opaque marron que les élèves ingurgitent sans sourciller ignorant les précautions des adultes.
Guano est une ville d’artisanat, on y trouve des tanneries et des teintureries qui fournissent les cordonniers et les tisseurs. Situées sur les berges, les manufactures se servent sans contrôle puis recrachent le tout sans filtration. Les pigments ressortent tel quel et en fonction des commandes, on voit une eau rouge, bleue, verte se mélanger au cours d’eau. Plusieurs études ont déjà été menées, des diagnostiques ont été apportés mais rien n’a été fait. Il en est de même pour les égouts de cette ville de 10 000 habitants qui ne subissent aucun traitement et que l’on rejette sans vergogne dans la rivière. Sur plusieurs kilomètres, il se dégage une odeur pestilentielle d’eau usée. Un parfum âcre qui attaque les narines et qui retourne l’estomac.

En Equateur, la machine à laver est un luxe que peu de personnes peuvent se payer, on lave les vêtements à la main. Quand on le peut, on le fait à domicile mais le réseau d’eau courante ne parvient pas à tous les foyers. Dans ce cas, les mères de famille amènent une semaine de linge sale à la rivière et frottent énergiquement le savon sur les tâches de terre et de graisse et rince le tout dans le lit. L’eau est blanchie par la lessive. Cela n’effraie pas la marmaille qui se baigne dans les bassins entre les bulles de savon.
Un peu plus loin, la ville perd de sa densité, la rivière sillonne entre les pâturages. L’eau brille des résidus huileux qui se concentrent à la surface. Le liquide penche entre le vert et le bleu. Les berges sont salies de marques de rouille. Métaux, plastiques, produits toxiques, déchets organiques on balance absolument tout dans le Guano. On remarque que la rivière est 10 centimètres en dessous du lit qu’elle a tracé dans le passé. L’usage immodéré l’assèche.
Les vaches et les ânes paîtrent tranquillement, s’empoisonnant lentement. A la fin de la chaîne alimentaire, les métaux lourds se retrouvent dans la nourriture et par conséquents dans le sang humain. L’agriculture biologique qui est ancestral ici, n’est plus possible. On a recours à des produits phytosanitaires pour préserver les cultures avec toute la dépendance aux industriels que cela implique.

Les déchets produits par la ville sont soumis à la même attention que la rivière. On les accumule dans des décharges au grand air quand les éboueurs ne vident pas directement les poubelles dans la rivière. Un projet de route extérieur au centre ville est en marche. Il va falloir combler 50 mètres de dénivelée pour la mettre à niveau. Pour cela, on accumule depuis plusieurs mois les résidus de constructions et les poubelles. Un amoncellement polluant et précaire non stabilisé sur lequel on coulera le bitume et que la pluie risque d’écrouler d’ici quelques années.
Confronté à une catastrophe écologique : l’effroi.


crédit photo: perso