vendredi 28 mars 2008

Les murs se lézardent


Comme expliqué précédemment, le racisme existe au Brésil mais il est beaucoup implicite. Beaucoup dissimule leur rejet de l’Autre derrière une façade de tolérance à toute épreuve. Parfois, les faits fissure cette façade trop lisse pour être honnête.

Hayamna Carvalho, fonctionnaire au centre de cohabitation noire, se souvient : « le 28 mars 2007, à l’aube, les étudiants de la cité universitaire sont réveillé par une odeur de brûlé. Le feu avait pris face aux portes de quatre appartements. Le pas de porte était encombré de briques et les extincteurs avaient été retirés. Des étudiants africains du Cap Vert, de la Guinée Bissau, ainsi que de l’Angola avaient été la cible d’un acte criminel à caractère raciste. Heureusement, nous n’avons pas eu à déplorer de blessés ni de morts. »

L’émotion est très forte. La communauté universitaire est sous le choc. L’évènement a des répercussions mondiales. « J’ai même été interviewé par Times » se rappelle M. Medeiros de la direction général des services de l’UnB. L’une des principales universités du Brésil attire les regards de tous mais la raison n’a rien à voir avec la recherche.

L’enquête policière démarre très vite. L’université lance, quant à elle, se charge d’une investigation interne à caractère administratif. En septembre 2007, trois suspects sont arrêtés. José Francisco Rodrigues de Araújo, Roosevelt Reis e Wagner Guimarães Guedes sont trois étudiants habitants à la cité universitaire. Deux procédures se mettent en place. Le dossier est instruit au pénal par la Police Fédéral tandis que le rectorat entame une procédure administrative qui vise à expulser les futurs coupables, une fois le jugement du tribunal rendu. A l’heure actuelle, l’instruction est toujours en cours et aucune date n’a été fixée pour le procès.

Le choc fut énorme et encore aujourd’hui, des personnes sont révoltées par un acte xénophobe aussi explicite. Hayamna Carvalho ne nie pas ce point mais elle le nuance : « Il est difficile de distinguer exactement les raisons d’un tel acte. Les conditions d’habitations de la cité universitaires sont vraiment très précaire ». A ce sujet le DCE, représentation étudiante élue, condamne des bâtiments « dont les pierres tombe littéralement ». Hayamna ajoute « aucune réforme n’a été entreprises depuis l’incendie. Tout est resté en l’état depuis un an de plus aucune politique de cohabitation n’a été mise en place pour améliorer les relations entre étudiant. » L’aspect relationnel aurait sa part de responsabilité dans l’incident selon Hayamna. Le rectorat vient de mettre en ligne sur son site un article de son agence de communication annonçant l’arrivée de nouveaux matelas pour les étudiants.




crédit photo: I.Pellegrino

jeudi 27 mars 2008

« Appel des radios associatives »


(Précieux) Héritage de mai 81, les radios associatives sont un moteur culturel et médiatique du territoire français, aujourd'hui le projet de radio numérique terrestre, souhaité par le gouvernement et les mastodontes des ondes, met en danger un très grand nombre de fréquences qui ne sont pas assez solides pour supporter les transformations technologiques. Réaction à show reproduit un communiqué de presse de quatre des principaux résaux de radio associatives françaises.

Les radios associatives représentent une composante essentielle de la diversité culturelle et
médiatique en France. Elles rendent visible, par leur mission de communication sociale de proximité, la diversité des régions et des territoires français. Fortes de leurs quelques 2500 salariés et de leurs dizaines de milliers de bénévoles, les radios associatives apportent un concours essentiel au dynamisme social et au développement local. Elles contribuent, pour une part déterminante au pluralisme, à la diversité culturelle et à la liberté d’expression.
En décembre dernier, le gouvernement a retenu la norme T-DMB pour la diffusion de la radio numérique en France. Le passage au numérique présente un véritable risque technologique, car aucune expérimentation ne garantit qu’elle permette l’accès au numérique des opérateurs actuellement autorisés, ni à fortiori, d’en accueillir de nouveaux. Or le nombre et la pluralité des opérateurs radiophoniques seront des facteurs essentiels du succès de la RNT auprès des auditeurs. Un arrêté, multinorme, retenant la norme DAB+, à côté du T-DMB, aurait permis un plus grand nombre de programmes par multiplexes et une compatibilité avec les opérateurs européens ayant choisi le DAB+ .
Pour que l’avènement de la radio numérique n’exclue aucun acteur, les radios associatives demandent :
- le lancement d’un appel à candidature par CTR pour que soit respectée la diversité des
médias sur le territoire français et l’équité pour l’accès aux nouvelles technologies radio.
- La définition de taille d’allotissements pour la radio numérique, compatible avec la zone de
diffusion de nos radios locales. (un allotissement = un territoire de diffusion)
- que soit réservée, aux programmes associatifs sur chaque multiplex, une part en pourcentage
égale à celle que ces programmes occupent sur la zone concernée en bande FM.
- que la part de ressource allouée aux radios associatives, publiques et commerciales soit la
même et que la répartition image/son/data puisse se faire ensuite, sur le quota donné, à discrétion de chaque radio.
La radio numérique entraînera un coût de diffusion supplémentaire ainsi qu’un coût pour la
création et la gestion des données associées complémentaires (vidéos et datas).
Les radios associatives demandent que le Fonds de Soutien à l’Expression Radiophonique soit abondé de manière supplémentaire et conséquente ainsi que le Conseil supérieur de l’audiovisuel le préconise dans son Avis n° 2007-4 du 17 avril 2007. Ainsi il devra permettre aux radios associatives d’accéder au numérique en terme d’équipement et de diffusion. Il devra aussi leur permettre de fonctionner avec le numérique en tenant compte des budgets supplémentaires générés : nouveaux postes salariés pour la création des données associées, édition des programmes, frais de diffusion des composantes associées ou non associées.
Pour que les radios associatives puissent contribuer au succès de la radio numérique, leurs
représentants demandent à être reçus très rapidement et écoutés par les autorités de tutelle,
comme elles l’avaient annoncé à l’occasion des différents congrès de nos organisations de
radios associatives.

Férarock / SNRL / CNRA / IASTAR

Quand y'en a plus y'en a encore


Amis citoyens! Les élections municipales vous ont déçues (Bernayens, Bernayennes..... désolé je m'égare)? Les élections cantonnales ne vous ont pas satisfaites?
Le blog de Lagoute69 vous propose de revivre une nouvelle campagne municipales. Elle se déroule actuellement dans la commune de Nouvelville, un endroit éloignées des turpitudes quotidiennes mais où retrouve tout de même l'UMP, le FN, Le PS et le PCF.
Le blog vous propose de rentrer dans l'univers particulier d'un colégien de 14 ans qui déborde d'imagination et de talents. C'est loufoque, drole et parfois piquant.

Une visite s'impose!

mardi 25 mars 2008

Gros noir!


Réaction à show s'internationalise et va chercher dans les textes de ses petits copains bloggueurs du monde entier. Une première colaboration se met en place avec Jero, bloggueur brésilien. Les textes des deux blogs enjambent les barrières culturelles et linguistiques pour qu'un maximum de personne puisse en profiter. Voici, le premier texte de Jéro intitulé en portugais dans le texte "Seu Preto". Réaction à show devrait bientôt se trouver traduit sur la toile brésilienne. Ce premier texte est, en quelques sortes, un échos à l'article de la semaine passée "Question de peau".

Une après-midi dans ma ville natale, bruit, jeux et provocation entre amis, l’un d’eux, au moment de me répondre me dit “vas te faire foutre, nègre.” Sur le moment cela ne m’a pas interpellé plus que ça, mais, après, face à moi-même, je me demandais quel diable l’avait pris de m’appeler de noir ? Bon, je dois dire que je ne suis pas noir, mais plutôt mat de peau. Je cherchais, dans ma mémoire, quelques souvenirs traitant des noirs, ce n’ait qu’après avoir fait mûrir l’idée pendant plusieurs heures que je découvris. Je fus appelé « nègre », car le noir dans notre pays, porte une image de pauvre, de moche, de paresseux, de puant, de dégoûtant, de fils de pute, de menteur, de canaille. C’était donc ça ! Appeler quelqu’un de nègre c’est réunir toutes ces caractéristiques en un seul mot. J’ai ressenti un certain dégoût à être nommé de nègre. A ne pas être appeler nègre comme membre d’une ethnie, cela implique que, au vu de la liste ci-dessus, vous êtes tout de même ces gens. Pas n’importe quelle personne, pas n’importe quelle ethnie. Cela signifie que vous subissez les discriminations tant physiques que morales. Dans la majorité des cas vous serez d’abord reconnu comme noir avant même de montrer votre vrai potentiel, parfois bien meilleur que beaucoup d’autre. Après plusieurs siècles d’histoire, héritier d’une culture énorme ayant porter sur son dos l’histoire de la plupart des grandes nations mondiales, vous pouvez encore entendre une bande d’ignorant utiliser votre ethnie tel une insulte. Après des décennies de lutte contre ces préjugés rétrogrades et nauséabonds, vous devez encore supporter cette insupportable petite classe d’individus que sont les racistes.

En fin de compte, être appeler de nègre n’est pas si mauvais, au contraire c’est un éloge. Encore heureux que ce jour là je ne répondisse rien à cet amis.

lundi 24 mars 2008

Cabinet de lecture


Les cours à l'université et les activités extrascolaires ne permettent pas d'être aussi prolixe que les semaines passées. (le blog revient très vite)

Alors qu'on entend beaucoup parler du Tibet depuis quelques temps, je propose un ouvrage vraiment magnifique écrit il y a quelques temps de ça.
Alexandra David Neel fut l'une des premières femmes étrangères à pénétrer dans Lhassa, la capitale tibetaine, au début du XXeme siècle.
Dans nombre de ses ouvrages, elle relate la vie ancestrale des Tibétains et des autres peuples de cette région de la Chine. Je conseillerai le seul que j'ai lu et qui s'appelle: Au Pays des Brigands Gentilshommes. C'est un témoignage magnifique d'une époque qui semble révolue tout en étant écrit dans un style littéraire particulièrement soigné.
Un beau moyen de soigner quelques soirées d'hiver avec un bon livre et un moyen comme un autre de ne pas oublier ce qui se passe en ce moment dans l'Himalaya.

Le comité Free Tibet propose une exposition en ligne regroupant des dessins des plus grandes plumes de la bande dessinée françaises. A voir absolument.

mercredi 19 mars 2008

Anticonstitutionellement


Peu de chose à dire sur le remaniement ministeriel. Après Boutin, la bigote ambassadrice officielle de la Nonce Apostolique et des bonnes moeurs, "qui vous savez" fait rentrer Morano, clone de Le Pen fille et spécialisée en ordre moral au gouvernement.

La nomination de Christian Blanc (NC) en tant que secrétaire d'État au développement du Grand Paris a quelques chose d'inquiétant.
Bien que la capitale ait un statut particulier, elle est dirigé par des institutions élues démocratiquement. Les élections municipales viennent d'élire les conseils d'arrondissement et le Conseil de Paris qui font office de conseils municipaux et de conseil généraux. Les villes et les départements en banlieue sont aussi élues au suffrage universel direct. En 2004, les électeurs s'étaient rendues aux urnes pour choisir leurs conseillers régionaux. Dimanche, Bertrand Delanoe (PS) a été reconduit dans ses fonctions, tandis que Jean Paul Huchon (PS) est au perchoir du conseil régional d'Ile de France jusqu'en 2010.
Deux hommes PS à la tête du centre économique français, cela faisait un peu tache et cela ne permettait pas de combler les exigences de pouvoir d'un assoiffé qui s'est battu depuis plus de 20 ans pour fusiller les politiques de la gauche francilienne.
Plutôt que d'utiliser les magouilles et les ficelles habituelles, "o baixinho" (comme les français l'appellent ici = le petit) fait dans le clinquant et les paillettes présidentielles. Il nomme un nouveau ministre (qui plus est sous tutelle polynesienne) pour piratter les collectivités territoriales qui ne lui sont pas favorables. Cela ne s'appelle pas autrement que du terrorisme constitutionel et un manque de respect total du suffrage universel.
Il se targue de grandes déclarations d'amour a faire pleurer le titi parisien du style "j'aime Paris". Mais si on prête l'oreille, il sussure entre ses canines assérées "j'emerde la constitution!". Ne soyons pas choqué ce n'est pas la première fois depuis le 6 mai et d'ici 2012, on en verra d'autres

lundi 17 mars 2008

Question de peau


C’est au cours d’une conversation avec un couple canadien que le mot « racial democracie » est apparu pour parler des quotas et de la représentation des différentes ethnies au sein de la société. Ils voulaient savoir si le Brésil pratiquait les quotas.

« Brasil um pais de todos ». « Brésil, pays de tous » La devise nationale se veut un message d’ouverture dans ce pays d’immigration et de mélange. Les paroles sont belles mais la réalité est tout autre.
Depuis sa découverte par les européens au quatorzième siècle, le Brésil accueille des immigrants de toute part. Les indiens se sont retrouvés confronté aux européens (vagues d’immigration successives de portugais, d’espagnols, de français, de hollandais, d’allemands et d’italiens). Ces derniers, après avoir exterminé la main d’œuvre indigène, ont exploité les africains comme esclave. Puis au milieu du XIX ème siècle, les premiers asiatiques ont débarqué sur le littoral atlantique (São Paulo, deuxième communauté japonaise au monde après Tokyo). Chaque groupe n’est pas resté dans son coin à vivre en autarcie, la nature humaine a fait que chacun s’est mélangé dans les autres communautés.
L’occident n’imagine pas le « brésilien type » avec une peau blanche et pourtant c’est bien la communauté blanche qui est la plus présente dans les sphères politiques, médiatiques et économiques. Elle est même quasiment la seule à être représentée. On peut expliquer cela en partie à cause de la position dominante qu’ont eu les blancs depuis la colonisation mais encore aujourd’hui très peu d’effort sont faits pour que le Brésil propose une image de lui identique à sa réalité.
En politique, tous les présidents de la république ont toujours été issus de la communauté blanche. Très peu de ministres (il y a bien Gilberto Gil), de sénateurs et de députés sont de couleurs.
Le plus marquant reste le secteur médiatique (où l’image est reine). Les journalistes de toutes les chaînes hertziennes sont blancs. Un seul métis fait office de remplaçant pour le journal du soir de Globo. Lorsque la huitième saison de Big Brother a commencé, le casting n’offrait qu’un seul noir. Tous les autres avaient les traits européens. Curieux pour une émission à succès qui cherche à capter le maximum d’audience parmi toute la jeunesse brésilienne. Le plus cocasse vient de la novela star du moment Duas Caras : l’histoire se passe dans l’une des favelas de Rio mais tous les acteurs sont blancs à l’exception d’un seul. Les proportions ont été totalement inversées par rapport à la vérité du terrain.
Jusque là, le Brésil ne pratique pas la politique des quotas. La question de la représentativité des différentes communautés n’est pas posée. Les groupes de défense des noirs ou des indiens ou des asiatiques n’ont aucun écho extérieur. Seuls les indigènes ont le droit à certaines faveurs de la part des institutions publiques depuis que l’Etat ait reconnu le massacre dont ils ont été victimes.
Il serait faux de dire que le racisme existe dans la société brésilienne car on n’observe pas de rejet franc de l’Autre (comme le Front National l’exprime en France) par contre on peut parler de ségrégation.

Photo: crédit www.mamakk.com

jeudi 13 mars 2008

L'UnB se révolte contre le train de vie du recteur


La colère gronde dans les couloirs de l’UnB. Une affaire de détournement de fonds et de corruption met la communauté universitaire en émoi et provoque la colère des étudiants. Une première assemblée générale a eu lieu hier, « ce n’était pas arrivé depuis longtemps » se félicite Louisa Oliveira.


Les premières informations ont été sorties par les médias en pleine torpeur estivale. Une commission d’enquête parlementaire révéla que l’argent destiné à la recherche, et regroupé par des fondations d’aide à l’UnB, avait permis de financer la décoration de l’appartement de fonction du recteur.

L’UnB regroupe six fondations privées dites « d’aide ». Ces organismes ont pour tâche de concentrer les deniers privés que les entreprises brésiliennes versent à l’université pour qu’ils soient investis dans la recherche publique. Le système universitaire public brésilien permet l’investissement privé. Pour exemple, l’un des laboratoires du département réseaux et télécoms est entièrement équipé et entretenu par Dell, la multinationale informatique. (En France, Dell aurait le droit d’équipé un laboratoire entier en s’acquittant de la taxe d’apprentissage via un don matériel mais la maintenance reviendrait aux fonctionnaires de l’université)

Alors que le débat sur l’investissement privé dans les université publiques pointe son nez, l’une des fondations de l’université de Brasilia est particulièrement pris pour cible. La FINATEC (Fundação de empreendimentos cientificos e tecnologicos) est accusée de détournement de fonds. « Des cents millions de reais que la fondation gère tous les ans depuis trois ans, seulement 750 milles ont été destiné à la recherche selon le ministère public chargé de l’affaire. » [1] L’argent aurait servi à payer des chaussures, des portes documents en cuir, les notes de restaurants et d’hôtels, des voyages et même de la bière.

Le recteur de l’université de Brasilia, Timothy Mulholland, a aussi profité des faveurs de la FINATEC. Il aurait reçu plus de un demi million de reais pour refaire luxueusement la décoration de son appartement de fonction. Parmi ses notes de frais on retrouve l’achat de trois poubelles coûtant chacune 900 reais, des tableaux de valeur pour un montant de 21 600 reais, et 36 603 reais pour l’achat d’équipements de son et de Tv. Toutes ces dépenses auraient pu financer 1500 bourses d’initiation scientifique ou l’achat de 400 ordinateurs [2].

La résistance se met en place

Toutes ces dépenses passent très mal au sein de la communauté universitaire. Le campus de Brasilia vieillit mal et manque d’équipements, la cité universitaire tombe en ruine et les dernières réformes prévoient l’augmentation du nombre d’étudiants sans l’augmentation proportionnelle du nombre de professeurs et de fonctionnaires.

Trois jours après la rentrée universitaire, les étudiants organisent la première assemblée générale pour prendre position. Les étudiants issus de divers groupes se succèdent au micro mais tous réclament la même chose « démission immédiate du recteur Timothy ». Trois cents étudiants se sont regroupés dans l’entrée principale du campus pour faire le point. Tous sont choqués par le train de vie du président de l’université quand beaucoup d’entre eux rencontrent des difficultés pour payer leurs études. Beaucoup d’élèves ne sont étudiants que depuis le début de la semaine, la première assemblée générale est l’occasion d’informer le plus grand nombre. Le quorum n’est pas atteint donc aucune décision ne peut être prise.

Les esprits sont réveillés. Les vacances sont finies. Les plus motivés savent qu’ils ne sont qu’au tout début d’une longue lutte. Devant le rectorat, où les étudiants se sont regroupés symboliquement pour faire entendre leur voix, ils crient « Amanha sera maior » (Demain sera plus important).


[1] – InformANDES, journal du syndicat des membres des institutions de l’enseignement supérieur

[2] – Note du CONLUTE, syndicat étudiant

lundi 10 mars 2008

Municipales: Tour d'horizon après le premier tour


Étant loin de la France et n'ayant pas suivi la soirée avec assiduité, je laisse la parole aux collègues de France.
José Alcala propose les résultats des principales villes de l'Eure.
Le mensuel du Golfe du Morbihan, basé à Vannes fait un panorama du sud Morbihan.
Infhonet, basé à Rennes, fait le point dans l'agglo de la capitale bretonne.
Enfin rue89, pour un tour d'horizon dans toute la France.

Le PS peut déjà tiré un bilan satisfaisant de ce premier tour. Des villes historiquement à droite lui reviennent (Caen) tandis qu'il conserve ses postes clefs (Rennes, Lille). L'ump degringole à Paris, Lyon, et Strasbourg. Vote de contestation ou vraie élection locale? Surement un peu des deux mon capitaine.
Les lecteurs sont invités à laissé leurs commentaires avec les résultats des plus petites communes et ceux aussi des cantonales.

Mauvais endroit, Mauvais moment


Vendredi 7 mars, sur le chemin qui conduit de l’université à mon appartement. Le nez au vent et le mp3 sur les oreilles. Deux garçons que je croise me barrent la route.

- Ton mp3, vite !

- Quoi qu’est ce que tu veux ?

- Tu nous donnes ton mp3 et tu te dépêches.

J’essaye de faire un pas de coté avant de réaliser que je suis en train de me faire braquer.

- Non, non, s’il vous plait.

- Ah ouai tu veux pas le donner. Il lève la main et montre les dents, puis il s’adresse à son copain : Montre lui le flingue, montre lui le flingue.

- Bon écoutez les mecs, j’ai de l’argent, je vous le donne volontiers mais moi je garde mon mp3.

- Bon ok, passe ton fric.

-Attendez, que ce soit bien clair, je vous donne l’argent mais c’est tout ce que vous prenez, je garde le mp3.

- Oui oui, dépêche toi, vite, vite

Leurs yeux sont alertes depuis le début. Ils ne me regardent quasi pas et font le guet en permanence pour savoir s’il faut fuir dans les plus brefs délais.

Ils prennent les 12 reais que contient mon portefeuille, puis ils repartent en courant.

-Dieu te bénisse !


Merci je lui dirai !

Les deux gamins de moins de 18 ans sont repartit comme ils étaient venus. Ils iront sans doute s’acheter des bonbons puis ils iront raconter leur exploit à leurs copains.

Avec ce genre d’évènement on peut comprendre la fatalité de certains brésiliens. On ne pouvait rien faire pour l’éviter. Le destin a voulu que je croise ces deux larsens sur le chemin du retour.

Mauvais endroit, mauvais moment.

vendredi 7 mars 2008

La main de Dieu


"There will be blood", le film de Paul Thomas Anderson, récemment oscarisé pour l'interprétation de Daniel Day Lewis, est à l'affiche des cinémas du monde entier. Bien que contant une histoire d'un autre siècle dans un autre pays, il décrit parfaitement certains faits qui se déroulent à l'heure actuelle au Brésil.

Lors de ses prospections à la recherche de l'or noir, Daniel Plainview (Daniel Day Lewis) se retrouve confronté à un pasteur en pleine ascension, Eli Sunday (Paul Dano). Le prophète de l'église de la "troisième révélation" s'oppose à l'exploitation des terres de son village sans des compensations conséquentes et une générosité particulière de l'entrepreneur envers la paroisse.
Le pasteur fait preuve d'avidité sans complexe pour que l'Eglise profite au maximum du nouvel essor de la commune. Dans le face à face qui l'oppose au magnat du pétrole, il use de toutes les stratagèmes, tous plus démoniaques les uns par rapport aux autres.
La situation est la même au Brésil, les nombreuses églises évangéliques ont toujours besoin de plus de fonds pour étendre "la bonne parole du Seigneur". On ne compte plus le nombre de congrégation qui acceptent les dons via carte bleue, qui hypnotisent les fidèles à l'aide d'effets de manches.
Tout comme dans le film ici, les prêtres rentrent en transe pour évacuer le démon qui a insidieusement inflitrer l'âme des paroissiens. Les mains en l'air et les yeux fermés, les croyants implorent leur seigneur pour qu'il les libère de leurs malheurs. On culpabilise le plaisir et les pratiques qui pourraient pervertir le corps et l'esprit. On subit les prêches du pasteur en dehors même des murs du temple.
Lorsque l'on prête un regard extérieur sur l'industrie religieuse au Brésil, on remarque la même avidité que celle de Eli Sunday. C'est un véritable buisness qu'organise les différentes églises. Les boutiques et l'autopromotion barrent le chemin des croyants qui rentrent chez eux après l'office. Toutes les occasions sont bonnes pour extorquer quelques reais "le Seigneur vous le rendra".
L'église catholique n'est pas en reste. Il suffit de relire les dernières déclarations du Pape qui sont favorables à l'achat de sa place au Paradis en faisant des dons pour le clergé. La même pratique qui avait provoqué l'ire de Luther au XVI ème siècle et qui s'était conclu par la création de l'Eglise protestante.

jeudi 6 mars 2008

Public chéri mon amour


Alors que Julio Iglesias chantera le 12 mars à Brasilia, je publie un extrait de sa biographie, parue il y a plus de vingt ans. Souvenirs, souvenirs (Merci à Pierre Desproges).

Page 195, chapitre « le pan de ma chemise qui dépassait »

" Je m’habille sans me regarder dans la glace, je ne le fait qu’à la fin. Je passe d’abord ma chemise que je boutonne de haut en bas puis mon pantalon. Rien ne vaut les chaussettes blanches de tennis mais je ne peux tout de même pas les porter en scène alors je mets des chaussettes de soie noire. Je ne porte pas de ceinture je n’en ai pas besoin. J’ajuste mon pantalon avec ma chemise par-dessus. C’est ainsi que je me peigne. Je sais que je ne dois pas tout de suite rentrer ma chemise dans mon pantalon, c’est pour ça que je a laisse dépasser le temps de mettre ma cravate. Je porte des cravates toutes simples de couleur sombre uni en soie. Mon pantalon est une sorte de seconde peau que je dois enfiler. C’est là le point commun avec les toreros. J’ai comme besoin d’aide, il faut en effet que je tortille, qu’on tire sur le pantalon jusqu’à ce qu’il colle à moi comme une seconde peau. Je mets également mon gilet en le boutonnant lentement et j’ai besoin qu’il me fasse un peu mal et qu’il me serre. Toutes ces petites choses sont importantes pour moi, elles me rendent plus fort, elles me soutiennent sur scène. On dit que je dois une partie de mon succès à mes gilets, je crois que c’est tout simplement parce que j’ai porté des gilets à une époque où on le considérait comme un vêtement démodé et où les jeunes les cheveux longs et les jeans. Je m’habille ainsi depuis l’âge de vingt ans. Il n’y a pas d’affectation dans ma tenue vestimentaire. Lorsque habillé, je me regarde alors dans la glace, généralement de profil, il m’arrive parfois de pousser un grand cri de satisfaction : « Ahhhhhhhhh ».


C’est beau la littérature !


Source : France Inter, Le tribunal des flagrants délires, chronique de Pierre Desproges à propos de Jean Marc Robert.

lundi 3 mars 2008

Municipales: Philippe Raviart soutient la liste Agir pour Bernay


Le blog de José Alcala nous apprend que Philippe Raviart, à titre personnel, a décidé d'apporter son soutien à la liste de Gilles Launay, "Agir pour Bernay".
Les anciens membres de la liste MoDem ayant décidé de n'apporter leur soutien à personne, c'est donc en tant que "citoyen lambda" que l'ex candidat de François Bayrou s'est exprimé.
Le chef du MoDem de l'Eure apporte aussi son soutien à Denis Szalkowski, le candidat PS-Verts-MRC sur le canton de Brionne qui feraille contre le NC et contre Gérard Grimault, maire sortant de Brionne et candidat PC.
Sans surprise, Jean Louis Destans soutient la liste de Gilles Launay tandis que Joel Bourdin s'est rallié à Hervé Maurey.
Plus on est de fous, plus on rit et à une semaine du premier tour toutes les voix comptent.

samedi 1 mars 2008

Chantons sous la pluie

Fred Aster - Singing In The Rain
Vidéo envoyée par cymru

Pas sur que Gene Kelly aurait été aussi heureux si la scène s’était passée à Brasilia (techniquement impossible puisque la ville n’existait pas à l’époque).

Dans le cerrado, l’été est la saison des pluies et le terme « pluie tropicales », galvaudé en Europe, prend tout son sens. Depuis une semaine, le ciel est couvert en permanence. Les nuages passent au dessus de la capitale brésilienne et imposent leur masse sombre et basse. Le soleil fait quelques brèves apparition avant d’être masqué couvert par une agglomération de vapeur d’eau.
Quand les nuages se concentrent, les premières gouttes commencent à tomber. Lentement et éparses, elles s’explosent sur le bitume de la route et s’évaporent immédiatement. Les plus peureux déploient les parapluies mais chacun continue sa route.
Le claquement des gouttes d’eau sur les feuilles des arbres s’intensifie progressivement. Le son berce l’homme qui est encore sous son toit. A l’extérieur, les passants accélèrent le pas. Un flash lumineux est suivi quelques secondes plus tard d’un grondement sourd et lointain. Comme pour répondre à l’orage, la pluie s’intensifie. La lumière baisse et les premières voitures allument leurs phares.
Sans crier gare, le ciel se déchire. Un nouvel orage et ce sont des masses considérables d’eau qui s’abattent sur Brasilia. Le marcheur qui n’avait pas trouvé d’abris se transforme en une serpillière en moins de deux minutes. Il ne faut pas attendre beaucoup plus longtemps pour que les routes soient couvertes de cinq centimètres d’eau. Le réseau d’égout est dépassé par la situation et il recrache se que ses tuyaux ne peuvent absorber. Les voitures créent sur leur passage des gerbes d’eau de un mètre.
Les rues sont désertes. Plus personne ne s’aventure à l’extérieur. Les gens attendent à la porte des magasins que l’averse s’arrête. Pendant plusieurs minutes, la ville vit au ralentit. Les employés qui n’ont plus de client à servir s’attèlent à balayer l’eau qui jonche les allées du supermarché. On prend son mal en patience.
Les hydrophiles qui ne se laissent pas faire par la météo sortent de leur coquille et continue d’avancer. Leur parapluie n’est plus d’aucune utilité. Dans de telles situations, le meilleur ami de l’homme s’appelle les Havaianas, la célèbre tong en plastique brésilienne. « Cette sandale, madame, résiste à toutes les situations météorologiques. Vous pouvez traverser le désert ou bien marcher dans l’eau sans aucun souci. Moulée dans une matière plastique révolutionnaire, elle s’adapte au pied de tous. Elle n’est pas absorbante contrairement aux sandales en plastique soufflé et elle est très facile à laver. - N’est ce pas Maryse ? - Oui Pierre. - Vous la trouverez chez votre revendeur habituel ou bien sur le minitel pour la modique somme de 599 francs ! »
Ca y’est la pluie est déjà fini, chacun peut retourner vaquer à ses occupations.


Modification: 03/03/08 Remplacement de Fred Astaire par Gene Kelly comme m'en informe le comentateur anonyme. Merci de l'info

Municipales: Hervé Maurey, la grande muette


Le maire sortant de Bernay a démontré une nouvelle fois qu’il avait une idée très particulière de la liberté d’expression et du respect d’autrui.


Bien qu’un site Internet ne soit pas soumis aux heures de bouclage comme la presse écrite, il ne peut attendre désespéramment la réponse d’un interlocuteur muet. Le jeudi 21 février, Réaction à Show publiait un questionnaire aux candidats à l’élection municipale de Bernay. Dans la foulée, les questions étaient envoyées aux candidats via les commentaires de leurs blogs respectifs.

En une semaine, Pierre Jalet et Gilles Launay répondaient à mon interview. Alors que la campagne électorale bat son plein, ils ont trouvé le temps pour se prêter au jeu des questions réponses. Le maire sortant, Hervé Maurey a lui aussi reçu les questions mais le candidat NC-UMP n’a pas jugé nécessaire de répondre à ma sollicitation. En une semaine, M.Maurey n’a même pas trouvé le temps de décliner mon invitation. Tout le monde a le droit de refuser une interview. En cette période où le travail sur le terrain prime sur les relations presse, un candidat peut ne pas avoir le temps de répondre aux interrogations d’un journaliste. Il est aussi dans son droit de refuser, tout simplement, de s’exprimer dans un média qu’il ne juge pas intéressant. Cependant la politesse et le respect d’autrui voudraient que la personne sollicitée le dise de manière explicite. Ces deux notions semblent dépasser le maire sortant de Bernay.

Hervé Maurey n’a jamais été un modèle en ce qui concerne la liberté d’expression. Il a déjà pris en grippe à plusieurs reprises les journalistes de la presse locale, leur compliquant la tâche au maximum. La plus petite information donnée par le service communication de la ville de Bernay devait être avalisée par le maire. L’opposition, depuis 2003, évoque très régulièrement ses difficultés pour avoir accès aux chiffres de la commune qu’ils administrent. Dernièrement, les candidats Jalet et Launay ont reçu une mise en demeure de la part du maire, les priant de ne plus solliciter les employés municipaux. Le black-out est complet.

J’ai déjà évoqué ici la censure pratiquée par la liste Bernay Passion sur son blog. D’autres internautes ont testé le modérateur et les suspicions se sont avérées exactes. Les attaques se multipliant, Maurey a revu sa stratégie. Il a laissé la parole à ses adversaires, filtrant quelques critiques puis il s’est fait un devoir de publier chaque message l’accusant de pratiquer la censure « vous voyez bien qu’il n’y a pas de censure puisque je publie votre commentaire ! » Le bras droit du ministre de la guerre prend un malin plaisir à rembarrer les mauvaises langues. Lorsqu’il se défend de censurer certains commentaires, je réagis : « et le questionnaire envoyé par reaction a show? il est directement passé de la boite d'envoie aux abymes des archives de votre blog!!! tout comme le premier message envoyé par mes soins » (il ne l’avait pas publié). La bouche en cœur, il répond « vous devez confondre avec d'autres blogs...».

Je confirme que le jeudi 21 février j’ai posté un commentaire sur le blog de Hervé Maurey avec toutes les questions qui lui étaient adressées. Qu’il m’ignore et qu’il ne souhaite pas répondre est un fait, mais je refuse qu’il se foute de moi de cette manière. Cela n’a rien à voir avec un ego démesuré, c’est juste une question de respect auquel tout le monde a le droit.

Je n’userais pas de ma « libre interprétation » comme je prévenais à la fin de l’interview. Je constate seulement que Hervé Maurey utilise des pratiques opposées à la démocratie. Il fait obstruction à l’information et méprise la confrontation des idées et le débat. Contrairement à son mentor présidentiel, il n’a pas les épaules assez larges pour assumer un rôle de dictateur. Les électeurs choisiront les 9 et 16 mars le futur maire. Ces deux scrutins permettront de savoir si les bernayens sont encore des moutons qui se laissent guider dans le brouillard par un berger qui les mène directement à l’abattoir.



Photo: Montage réaction à show, original H.M 02/07 crédit perso