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lundi 19 avril 2010

Z numéro 3 est dans les bacs



Après un automne sur les routes du Nord, le numéro 3 de Z sort des presses.










Il rend compte des combats ouvriers rencontrés à Amiens et ses alentours, pose la question de l’autogestion, mais aussi celle de la production et de ses finalités.

Au cœur de notre itinérance en Picardie : des ouvriers qui se battent dans une région frappée par la désindustrialisation. Goodyear, Dunlop, Manufacture française de sièges, Continental... Autant d’usines à Amiens et ses alentours dans lesquelles nous avons rencontré ceux qui refusent de baisser la tête. Souvent sans aucun soutien des confédérations syndicales, ces travailleurs se démènent pour le maintien de leur emploi, contre de nouvelles cadences ou pour arracher de conséquentes indemnités de licenciement.

De prime abord défensives, ces luttes n’incarnent-elles que l’image d’un monde ouvrier désabusé, réduit à parer les coups du management moderne et des « lois » de l’économie ? Nous avons eu un autre sentiment : loin d’être le reflet d’un simple sursaut de dignité ponctuel et évanescent, ces mouvements ouvriers ouvrent des possibles – ici et là.


Aussi au sommaire de ce Z n°3 :
un dossier sur la fièvre catharrale ovine (FCO) qui donne la parole à des bergers en colère,
un reportage sur la lutte des Kurdes contre les barrages hydrauliques turcs,
un retour chronologique sur le fiasco des débats publics au sujet des nanotechnologies
un reportage sur les hortillonages d'Amiens (ces jardins potagers autogérés – ou pas),
une enquête sur les puces RFID dans les transports en commun de Lille,
un photo-reportage sur les migrants de Calais,
un entretien imaginaire avec un millénariste du XVe siècle... et bien d'autres surprises!

Disponible en librairie ou sur commande, 192 pages, 10 euros.
contact@zite.fr

vendredi 22 janvier 2010

Aides tague les chiottes

Un clin d'oeil sur le thème du SIDA avec la dernière campagne de Aides. Tous les moyens sont bons pour répéter encore une fois: PROTEGEZ VOUS!!!

vendredi 15 janvier 2010

Le retour du placard et des abérrations

Mano Solo puis Daniel Bensaïd, deux morts la même semaine, et pas un journaliste, ni ami (la mère de Mano Solo ou Daniel Mermet n'ont pas prononcé le mot) n'osent dire la vérité, ils sont décédé du SIDA.

A Act Up, on s'alarme de la réouverture du placard où l'on enfermerait toutes ces personnes indésirables pour leur maladie. On ne veut plus voir la vérité, par peur? par banalisation? par obscurantisme?
Ces interrogations ne trouvent pas de réponses évidentes. Après un an en Equateur, je considérais la société française comme libérale à ce sujet: on pouvait en parler, en débattre se confier, informer et d'informer.
Pour rappel, parmi les personnes découvrant leur séropositivité en 2008 en France, 60% ont été contaminées par rapports hétérosexuels, 37% par rapports homosexuels et 2% par usage de drogues injectables. Dans le monde en 2007, on recensait 2,7 millions de nouvelles contaminations, 33 millions de séropositifs, 2 millions de morts du sida. Le combat ne peut s'arreter.
L'anecdote qui suit a pu se passer en France il y a 20 ans. Elle s'est déroulé il y a un mois en Equateur. Lors d'une conférence au collège de Santa Fé de Galan, La Otra Esquina présentait son film de prévention "Protegete" à une vingtaine d'étudiants âgés de 12 à 14 ans en compagnie d'une infirmière du centre de Santé de Guano.
Dans sa présentation de la maladie, l'infirmière explique: "L'Afrique est un pays beaucoup plus pauvre que nous et là bas tout le monde est contaminé. On a même du enterré vivante certaines personnes pour circonscrire l'épidémie."
Elle indique aussi que le préservatif est sûr à 80%... Elle ne fait que répéter ce que tous les médecins affirment avec aplomb et bétise face à la population. De la sorte, ce sont des criminels en puissance aveuglés par la connerie religieuse qui ne se rendent pas compte que 90% des personnes infectées par le SIDA ne le savent pas car elles n'ont pas réalisé de test et sur les 10% connus des services de santé, tous ne suivent pas de traitement car l'opprobre populaire est tellement forte que personne ne souhaite se confronter à la réalité. Pourtant en Equateur comme en France, le traitement est gratuit et l'attention médiacle est individiualisée et discrète.

Le retour aux sombres année 80 pleines de mensonges et de préjugés nous guète et personne ne s'en rend compte. La B.A de la semaine, voir et revoir Philadelphia de Johnatan Demme avec Tom Hanks.

lundi 11 janvier 2010

Il est mort le poète

Hier, Mano Solo est mort du SIDA. Peu de journalistes osent prononcer ce mot mais oui, il ne s'agit pas d'une "longue maladie", ou "des suites de son hospitalisation commencée au mois de novembre", ou encore "de plusieurs anévrismes".
Mano Solo est mort du SIDA. N'oublions pas que cette pieuvre est toujours là et n'a pas tirer sa révérence. Elle a préféré enlever son chapeau à Mano qui s'est cassé de la planète terre avec un magnifique doigt d'honneur.


"En une seconde, j'ai basculé dans un autre monde, je n'étais plus le même homme. Et puis, surtout, une oppression : je crois que j'ai perdu ma liberté, ce jour-là. L'insouciance, la liberté de se tromper, de perdre du temps." C'est avec ces mots qu'il expliquait son état d'esprit le jour où il a appris sa séropositivité, malgré tout il faisait passer un sacré message d'espoir et de rébellion dans ces chansons.
En 2009, Act Up, association de lutte contre le VIH - SIDA et de soutien aux malades, a fêté son 20ème anniversaire. A cette occasion, elle s'associait avec Arte pour une soirée de courts métrage. 10 films de 3 minutes à voir absolument qui raconte le vécu de femmes avec la maladie sous le titre "Silence = Mortes" pour ne pas oublier que la discrimination et les préjugés existent toujours. Discrimination définit par la cour suprème américaine comme "un décès social qui précède le réel décès physique."

jeudi 19 novembre 2009

La vie avec le VIH en Equateur [2]


Second témoignage d'une femme équatorienne porteuse du VIH et vivant à Riobamba qui a demandé qu'on l'appelle Victoria.

" Mon premier compagnon m'a transmi le virus VIH, et c'est de cette maladie qu'il est décédé. Lorsque je me suis rendu au Centre de Santé pour faire le test, ils m'ont annoncé que j'étais positive. Cela fut très dur à accepter, et j'étais préocuppé pour ma fille. Ce fut terrible, je ne savais pas où aller, si je devais quitter la maison, je ne savais pas quoi faire ni comment le dire à mon nouveau mari.
Je me suis confié à ma belle soeur en premier lieu. C'est elle qui m'a accompagné dans tout le processus médical pour confirmer le premier test. C'est aussi elle qui m'a aidé pour annoncer la nouvelle à mon époux. Lorsqu'il a appris la nouvelle, il a été déçu car je ne lui avait pas dit que j'allais faire le test mais il s'avère qu'il fut une personne merveilleuse. Je pensais qu'il allait me battre ou bien m'expulser de la maison mais bien au contraire, il est resté à mes cotés et du premier jour jusqu'à aujourd'hui, il m'aide et me soutient. Il se fache quand je ne suis pas exactement le traitement, il fait très attention à moi. Dans cette épreuve je reçois aussi le soutien inconditionnel de ma belle soeur ainsi que de toute ma belle famille. Ce n'est pas le cas de mes parents ni du reste de ma famille de la part de qui je n'ai aucun soutien.
La vie ne se termine pas avec le VIH, elle se poursuit bien au contraire. La vie est merveilleuse et tellement belle. Malgré cette épreuve douloureuse, je continue à me battre tous les jours. Pour ma fille et pour toute les personnes qui m'aident au quotidien."

mardi 17 novembre 2009

La vie avec le VIH en Equateur [1]


La Otra Esquina travaille actuellement en collaboration avec la direction régionale de la santé du Chimborazo pour un film de prévention sur le VIH / SIDA à destination des collégiens du canton de Guano. Un témoignage d'une femme équatorienne porteuse du VIH. Elle vit à Riobamba, a choisi le pseudonyme de Pilar et revient sur les discriminations dont elle a été victime suite à son état de santé.

"Je m'appelle Pilar, je suis professeur et je suis porteuse du VIH depuis 2002. On m'a diagnostiqué le virus lors d'un test au septième mois de ma grossesse. Le médecin m'a conseillé d'avorter pour ne pas contaminer mon enfant, mais j'avais déjà fais une fausse couche dans le passé et je ne voulais surtout pas perdre mon fils une seconde fois. J'ai décidé de ne pas revenir à l'hôpital pour ne pas subir d'autres pressions de la part des médecins.
Aux premières contractions, je me suis rendu à la maternité de Riobamba où personne n'a accepté de me prendre en charge en raison de mon état de santé. Les médecins souhaitaient tous me transférer à Guayaquil ou à Quito car aucun n'étaient préparés pour un accouchement de ce type. Les douleurs étaient trop fortes pour envisager un quelconque voyage, et finalement j'ai rencontrer un personnel compétent car spécialisé qui m'ont pris en charge.
Lorsque je suis sorti de la salle d'acouchement, je fus emmené dans la salle de récupération. Je fus isolée des autres pacientes et j'ai pu remarqué qu'on lavait mon fils dans le lavabo. Les repas étaient servis dans des ustensibles jetables en plastique et on me servit la soupe dans une bouteille de Cola coupée en deux.
Suite à ces mauvais traitements, je n'ai pas voulu revenir à l'hôpital pour suivre un traitement. Ce n'est que deux ans plus tard, suite à la visite d'une assistante sociale que j'ai commencé la médication. Mon état de santé s'empirrait mais aujourd'hui, cinq ans plus tard, je me porte très bien.
Il y a peu de temps, j'ai du soigner un problème dentaire et de nouveau, j'ai du affronter la discrimination de certains médecins qui refusaient de me soigner. Il a fallu faire des pieds et des mains avec les responsables de la clinique du SIDA pour qu'enfin on puisse me soigner et se rendre compte que les odontologues ne respectaient pas le processus sanitaire basique."

lundi 28 septembre 2009

Syn-cretinisme

Ce week-end, les hauteurs bourgeoises du nord de Quito recevaient une cérémonie de San Pedro. Un culte syncretique qui reprend des élements spirituels de plusieurs religions.

Le San Pedro est un breuvage d'origine indigène préparé depuis des siècles par le shaman dans toute l'Amérique latine. C'est une distilation d'un cactus qui propose une nouvelle lecture de la vie via des hallucinations. Ses effets mais aussi la cérémonie qui l'accompagne sont similaires à la cérémonie de l'Ayahuasca.

A l'accueil se trouve Sergio, alias Taita, chilien aux cheveux blancs et aux lunettes aux verres progressifs. Il est le chef de cérémonie, celui qui administrera le san pedro aux invités, le leader d'un groupe urbain d'autodécouverte comme les nomme Karina Malpica. Peu à peu ils arrivent ces invités. Ils sont jeunes, quiteños pour la majorité au style vestimentaire post alternatif. Tous n'ont que très peu manger dans la journée comme le recommande tous les shamans.
Quand la nuit tombe se met à jouer le berimbau pour une introduction au son de la capoera brésilienne. Il est doux le son de l'instrument à une corde qui rappelle de bons souvenirs au coin du feu. Les flammes ardentes rendent incandescentes de lourdes pierres dissimulées parmi les buches.
Une introduction rapide puis on fait le tour des invités pour récupérer la "colaboration" qui s'élève à 10$. Vient ensuite le temps du Temascal. Un bain turc reconstitué dans une tente d'à peine 30m2 où vont s'entasser une cinquantaine de personnes assises épaule contre épaule le tout dans une obscurité totale. L'objectif est de pratiquer une toilette physique et spirituel pour se préparer à l'absorption du San Pedro. On se concentre, on chante en l'hommage à la Pachamama et en l'être humain et on encaisse à grosse goutte les différentes vagues de vapeur provoquées par l'eau sur les pierres qui sont restées des heures dans le brasier. Le vocabulaire est étrange, on mélange castillan et quetchua, on fait référence à l'homme, sa destiné, sa force, à la nature, à dieu. On mélange les symboles indigènes, chrétiens, ayurvediques et cheyenne. On répond aux incantation du Taita par des "Aho" sans grande signification qui ont un drôle de goût de "Amen". Difficile de trouver une cohérence culturelle dans tout ça qui plus est quand l'ambiance pesante sous la tente est alterner par quelques calembours du maître de cérémonie.
Il fait très chaud, très humide, les corps sont compactés et le noir est total. On peut craquer facilement pour peu d'avoir des penchants claustrophobes. Après la troisième partie de la cérémonie, une jeune femme sort en pleurs convulsée par les spasmes. Elle part en courant un peu plus loin pour reprendre ses esprits. Une deuxième est prise d'une crise de nerf à la fin. Malaise personnel devant des limites clairement dépassées.
On se sèche et on reprend ses esprits avant de se mettre en cercle pour la cérémonie du San Pedro. Le cercle est entouré de quatre portes, situées aux quatre coins cardinaux, gardées chacune par une personne qui prend soin de son entourage. Le San Pedro est halucinogène, il faut faire attention car on peut partir dans un mauvais rêve avec des conséquences diverses. Par chance Sergio est responsable, lui et ses assistants ce jour là ne prennent pas le breuvage pour pouvoir guider les invités. Il déclame des incantations en l'honneur de divers éléments piochés dans un pot pourri culturel hétérogène.

Tout comme l'Ayahuasca, le San Pedro a un goût horrible qui se rapproche d'une fermentation de tabac, c'est un moindre détail car ce sont les effets psychiques de la "medecina" qui sont recherchés. Chacun réagit en fonction de la résistance de son corps. Très rapidement, les premiers effets se font entendre, ils vomissent dans de petits sacs plastiques qu'on leu a fournit avant. Le San Pedro lave le corps et libère des mauvais esprits, c'est cela que l'on recrache pour pouvoir ensuite "prendre son envol et avoir une vie heureuse". Il peut aussi soigner certains mal, c'est d'ailleurs son usage originel. Parfois il faut prendre double ou tripple ration pour commencer le voyage. Parfois aussi cela ne marche pas, au contraire d'une drogue classique (canabis, extasy, cocaine...) les effets ne dépendent pas de la substance mais aussi de la disposition du sujet à se laisser porter. S'en suit un voyage personnel qui convient à chacun de raconter: hallucinations, visions, rêves...
Toute la nuit, les invités ressentent les effets du San Pedro, quelques uns passeront dans les bras de Morphée. Avant l'apparition du jour, le maître de cérémonie pratique un nouvelle toilette pour évacuer les derniers éléments malins qui seraient rester emprisonner de l'enveloppe corporelle. Le tout se termine avec le partage des "aliments" préparés par les femmes (signe de la fertilité et de la vie mais qui prend parfois l'aspect d'un simple reflexe machiste) lorsque le soleil fait son apparition derrière les volcans de la capitale équatorienne.
Lorsque le cercle est rompu par le Taita, il règne une drole d'ambiance parmi les invités, le rève est fini et chacun revient dificilement sur terre. Certains saisissent les instruments et commencent à danser. un autre danseur se joint à eux, exiter, il court dans tous les sens puis veut absolument voir le soleil depuis le centre du cercle formé par les musiciens. L'exitation le dépasse, il tombe dans les bras de Sergio avant de s'évanouir.
Epuisé par l'expérience, les invités dorment un peu partout sur le campement, une mère venu avec son nourisson marche nue entre les dormeurs et les campeurs qui rangent leur tente. On comprend que si on vient chercher un brin de spiritualité dans ces cérémonies c'est aussi un espace de liberté totale sans préjugés entre personne consentante que ces citoyens urbains revendiquent le temps d'un week-end.

lundi 21 septembre 2009

Deux verres bonjour les dégats

Ce week end, la province du Chimborazo rendait hommage aux Cuvivis, un oiseau rare qui migre des Etats Unis jusqu'au lac de Ozogoche, à la frontière entre Andes et Amazonie pour en finir avec la vie au cours du mois de septembre. Depuis 7 ans, un festival de culture traditionnelle est organisé pour célébrer ce mistère de la nature.

Ce sont des kilomètres à perte de vue avec parfois, une maison isolée au milieu des paturages marécageux qui bordent les lacs de Ozogoche. Seul rédident les quetchuas qui vivent de l'élevage des moutons et de la pêche de la truite. Les hommes se déplacent à cheval parfois sans selle et cela depuis le plus jeune âge.
Pour le festival en l'honneur du Cuvivis, toutes les communautés autour de Ozogoche s'étaient retrouvés pour un week end qui mettaient à l'honneur les cultures traditionnelles de l'Equateur et des voisins andins (Colombie, Perou, Bolivie). Les touristes, venus en grande majorité de Riobamba, avaient fait le déplacement pour assister à toute une série de spectacles en castillan et en quetchua.

Toutes le générations rient aux éclats devant la pièce de théatre réalisée par les jeunes de la communauté de Ozogoche Alto et éxécuté en quetchua, une partie du public à la peau blanche reste sceptique devant ce dialecte inconnu de leur vocabulaire. Quelques mots rapelle des souvenirs d'une antique leçon de quetchua mais l'emsemble est bien obscur pour celui qui n'est pas autochtone.
La majorité des représentations sont mises en scène par les adolescents des villages, une réapropriation de la culture indigène par les adultes de demain. Il faut dire que les adultes ont d'autres chat à fouetter. En parlant d'adulte, il faut plus particulièrement parler des hommes. Combien sont ils dès 9h du matin et ce toute la journée qui titubent, tenant à peine sur leurs jambes. Ils sillonnent parmi les visiteurs, heurtant par moment ceux qui croisent sa route. Un collègue pas plus frais leur sert de guide quand ce n'est pas les femmes de la famille qui le rapatrie dans un endroit un peu plus calme pour qu'il décuve. Ils grimpent sur leur canasson et se laissent guider selon les envie de la bête qui ne comprend pas bien ce qui lui arrive et alerne galop éfrener et rond sur lui même.
Ils ingurgietnt vin de pêche, de pomme, bière et quelques liqueurs à la saveur artificielle citronné sans discontinuer. Leurs propos sont incompréhensibles et le dimanche après midi ils sont quelques uns à ne plus supporter et à s'éffondrer sur un talus en esperant que cela passe.
La police et la croix rouge encadrent la manifestation et les représentants de la loi font preuve une nouvelle fois de leur incompétence. Un homme titube une fois de trop et tombe violemment sur la tête. Les yeux ouvert, il reste inconscient et ne réagit plus. Les passants appellent les secours et demande à la bidasse de service de le prendre en charge en attendant la civière. "Il a rien, il faut juste qu'il cuve!" S'esclaffe t-il. Son supérieur s'approche de l'homme inanimée et lui remue la tête comme un bilboquet: aucun n'a jamais reçu un seul cours de secourisme et ils agissent tous comme de simples crétins. Les infirmiers de la Croix Rouge Equatorienne viendront mettre un terme à ce massacre.

Le problème de l'alcoolisme est récurent en Equateur en général et en particulier chez les peuples indigènes. La cuite pourrait devenir un sport national si le résultat n'était pas aussi sordide jusqu'a en devenir morbide tellement l'état dans lequel se mettent ces personnes se rapproche de la mort. Une conscientisation est en marche pourtant, les spectacles présentés ce week end évoquaient pour certains les dégats physiques et sociaux de l'alcoolisme. On essaye de sensibiliser le public mais cela n'empèche personne de faire ami ami avec la bouteille. Les organisateurs s'efforcent de rendre leurs fête libre d'alcool avec des campagnes de prévention. La réussite reste mitigée.


credit photo: artenativo.org
Prochainement La Otra Esquina mettra en ligne un résumé video de ce week end.

mercredi 9 septembre 2009

La grippe est encore parmi nous ...?

Cette semaine, La Otra Esquina présente le film, « la gripe esta aun con nosotros », un clip de prévention à propos de la grippe A réalisé en partenariat avec le centre de santé de Guano. On y répète les mesures de précaution face à cette pandémie.



Dans la présentation de la situation lors d’une conférence au centre de santé de Guano, Mercedes Rea fait le lapsus de définir la grippe AH1N1 comme « la dernière maladie à la mode ». L’empressement des autorités à imposer des régimes spéciaux en cas de pandémie généralisée ne peut lui donner tort.

Les gouvernements de tous les continents dépensent des sommes astronomique pour contrer et prévenir la grippe A. Les campagnes se suivent et se poursuivrent, on est gavé d’information implorant le présentateur de la Tv de changer de sujet. L’Egypte n’a pas connu qu’une seule plaie, le monde a d’autres morts à pleurer.

Cette chanson lancinante et répétitive demandant qu’on se lave les mains aurait elle un effet ? Dans les hôpitaux, le personnel est soumis à une série de règles d’hygiène dont les fondamentaux résident dans le refrain. Le masque est désormais automatique en cas du moindre rhume et un lavage de main entre chaque chambre est minimum. Ces mesures depuis quelques temps, le risque pandémique ayant quintuplé depuis 2003 (allez savoir pourquoi… ?) connaissaient une diffusion au public à la pénétration très faible. Le masque n’avait pas encore été revisité par Chanel.

Aujourd’hui ultime élément à la mode, on en croise dans tous les bus des métropoles. Chaque de nouvelles personnes perdent le réflexe d’éternuer dans leurs mains mais préfèrent l’angle du coude. Un changement sensible de comportement semble avoir lieu. C’est peut être un pas de plus dans l’amélioration de l’hygiène publique mais cela n’empêchera pas les équatoriens de continuer à cracher par terre : habitude glaireuse difficilement surmontable.

mercredi 17 juin 2009

Ahora y Mañana (en espagnol)



En exclusivité sur le net, avant sa projection publique le jeudi 18 juin à San Gerardo en compagnie de tous les acteurs.

mercredi 3 juin 2009

Parents indignes


Les enfants maltraités et les parents indignes existent aux quatre coins du monde et on en est tous conscient. Quand on est confronté à ces situations de détresses extrèmes, on reçoit le choc en pleine face.

Les enfants dessinent en groupe. Les activités de la journée prennent fin et chacun emprunte le chemin du foyer familliale. Alex*, 6 ans, reste dans la salle, le crayon de couleur dans la main gauche, coloriant laborieusement le poisson qu'il a reproduit.
"-Qu'est ce qui t'arrive? tu rentres pas chez toi?
- Si je ne finis pas le dessin, ma maman va me taper. Des larmes s'échappent de ses yeux.
- Je vais t'aider, pourquoi tu dessines avec la main gauche, tu n'est pas droitier?
- Ma main droite me fait mal.
- Laisse moi voir qu'est ce qui t'aies arrivé?
- AIE! C'est ma maman, elle m'a frappé. Sa main droite est enflée. Le poigné a doublé de volume, il ne peut l'utiliser pour aucun mouvement.
- Et elle te tape souvent?
- Oui, il pleure de plus en plus.
- Et ton papa, il te défend pas?
- non il me tape aussi.
- Tu sais qu'ils n'ont pas le droit?
- Oui ils sont méchants je le sais.
- Tu veux qu'on aille chez le médecin maintenant, après je te racompagne chez toi.
- Non elle va se facher encore plus.
- Tu vas lui demander qu'elle t'emmène elle même chez le docteur, tu lui dira que tu es tombé en jouant avec tes copains"

Prise d'information, Rédaction d'une dénonciation, envoie aux autorités compétentes.

Maria*, 6 ans elle aussi, quitte le cours d'anglais pour aller demander à sa mère qu'elle lui achète une sucrerie. Refus de la mère. La petite fille est contrarié, tous ses camarades ont des sucettes à la bouche sauf elle. Véxée, elle ne veut pas retourner en classe. Le chantage comme solution d'extortion caramélisée. Allongée par terre, elle se crispe quand on tente de la ramener vers la salle de classe. La mère s'éloigne et s'empare d'une branche d'eucalyptus. Revenant vers sa progéniture elle lève le bras sur sa fille et s'apprète à abattre le fleau. "NON" un cri réflexe après quelques secondes d'incrédulité face à la scène. Eloigner la fillette à tout prix pendant que la directrice de l'école reste les bras croisés. Dans le tumulte de la bousculade, Maria se met à saigner du nez. Indiférence générale, seul ses camarades s'approchent et s'inquiète de sa santé. On la tranquilise, la prend dans les bras et l'emmène à l'écart près du robinet et au calme pour la soigner. Parents d'élèves et professeurs ne lèveront pas le petit doigt face à la situation trop normale à leurs yeux.



* les prénoms ont été modifiés

credit photo: CG Essonne

vendredi 27 mars 2009

Où est donc la loi d'Hypocrate?


Une nouvelle preuve que religion et santé font mauvais ménage.

Un examen gynécologique. Une jeune femme se rend à l'hôpital pour effectuer une biopsie. Alors que le médecin est en train de l'examiner, il lâche cette phrase.
C'est par l'où on pèche que l'on paye."
Autrement dit, pauvre pécheresse tu t'es perdu dans des plaisirs de chair que dieu interdit, tu récoltes la monnaie de ta pièce.


No comment

crédit photo: perso 2007 brasilia

mercredi 25 mars 2009

Semez à tout vent!


Le chef inconscient et génocidaire de l'église catholique, se répand dans les médias comme du cyanure dans de l'eau potable malheureusement certains sont tellement hypnotisés par la croix qu'il porte autour du cou, qu'ils appliquent à la lettre toutes ces recommandation débiles. La preuve sur le terrain.

Après le tollé qui suivi la connerie papale, le Vatican tente une mise au point subtile. Le Figaro (la propagande gouvernementale apporte parfois son lot d'information intéressante) reprend une information publiée dans l'Osservatore Romano à propos d'une expérience ougandaise. Et le journal de citer l'expérience soutenue par le gouvernement. La campagne dites «ABC», a été lancé pour lutter sontre le sida : "«A» comme abstinence, «B» comme fidélité (be faithful), «C» comme préservatif (condom)."
L'Ouganda n'est pas le seul à promouvoir les relations amoureuses et la lutte contre le sida de cette manière. Il y a peu l'école polytecnique de Riobamba a publiée un document d'information sur le syndrome d'imuno déficience acquise et les relations de couple. La méthode utilisée est celle prescrite par l'église. "Soyez prudes, au cas où une seule partenaire, et si votre coeur venait à chanceler et que le diable vous ouvrait ses bras alors, et ceci est l'ultime recours, vous pouvez utiliser un préservatif."
Un fascicule totalement en décalage avec la pensée de la génération 20-30 ans qui cotoient l'université. La culture machiste de l'Equateur incite à aller voir ailleurs et l'université publique, la bouche en coeur, reprend la très sainte parole... «L'abstinence annule le risque pour les cas de transmissions sexuelles. La fidélité dans les rapports sexuels réduit le risque. L'usage du préservatif réduit le risque mais ne l'élimine pas.»

Bien sûr sur la plaquette d'information, on voit des photos de jeunes des deux sexes heureux de leur vie vertueuse. Hommes et femmes se prennent dans les bras. Pas un-e seul-e homo, dieu interdit formelement ce genre de fornication diabolique, alors que c'est un phénomène de société qui concerne tout le monde et principalement cette génération. On limite strictement la relation de couple à un rapport homme/femme.
Une fois de plus, la religion démontre son influence néfaste sur le monde.

credit photo: aujourd'hui l'Inde

vendredi 13 mars 2009

Pour de nouvelles chiennes de garde


La situation des femmes en Equateur n'est pas des plus réjouissantes. Dans une société machiste, elles ont beaucoup de mal a trouvé leur place et à se faire respecter.

Jeudi, une réunion d'urgence dans les locaux d'une association de Guano, Fabian est confronté à 5 personnes pour s'être laisser emporter à quelques blagues douteuses et des gestes dépassant le cadre professionnel avec une jeune volontaire espagnole. Alors que on lui sert un serment ferme contre toute récidive sous peine de licenciement, le bonhomme garde le sourire. Il nie les faits puis les reconnait en les minimisants ou en reportant la faute sur la jeune hispanique. Le cas n'est pas unique, le machisme en Equateur est généralisé. Les femmes sont victimes tous les jours de l'attitude d'hommes ancrés dans leur canapé et dans leurs préjugés sexistes. La plupart se taisent, quand on ne les faits pas taire. La mise au point raconté si dessus est exceptionnelle et émane surement de l'état d'esprit européen.
La société équatorienne est une société profondemment marqué par l'Eglise catholique et l'emprise patriarcale. A double raison, la femme est traité comme une paria. Pourvu que le linge soit propre, le repas prèt à l'heure et les enfants disciplinés, on lui accordera le droit de se rendre a l'église seule pour qu'elle implore le tout puissant d'avoir une vie plus tranquille dans l'au delà. Les cas de jeunes filles violées passés sous silence sont légions. Pour, qu'elles gardent leur langue dans leur poche, on les envoie en confession où un éclesiastique lui fera comprendre selon la méthode Couet que tout cela est de sa faute et que le seigneur le punit pour tous les péchés de Eve. "Le christ a souffert pour nous sur la croix, nous devons accepter de souffrir comme lui pour pouvoir frapper à la porte de saint Pierre."
Entre 18 et 20 ans, les jeunes filles célibataires disparaissent de la circulation. Toutes sont mariées et rapidement, elles entament une grossesse trop souvent prématurée. Les préjugés religieux interdisent le recours à la contraception, même si celle ci est légale. L'avortement est bien entendu interdit. L'homme n'a pas toujours la descence de rester au foyer. Myriam professeur célibataire de 24 ans a déjà une fille de 7 ans.
Les familles sont encore nombreuses. Le plus souvent, elles ont entre 5 et 7 enfants. Pas toujours un bonheur, qui plus est quand être enceinte se dit "embarazada" en castillan. Paradoxe linguistique qui offre l'expression "dar la luz" (donner la lumière) pour le verbe accoucher.
Les indiens Shuars d'Amazonie ont recours à la nature pour endiguer les naissances. Pas encore contaminés par la pharmacopée occidentale, ils se soignent via les plantes de la forêt. Pour stopper le cycle menstruel, elles avalent une plante qui met fin pendant plusieurs mois aux règles. Les ovaires sont mis hors service le temps que l'effet prenne fin. Cela peut prendre plusieurs semaines avant que les hormonnes ne refonctionnent réellement.
Quelques groupes féministes militants et enragés sont aujourd'hui présent dans le pays et se battent pour une rélle égalité des sexes et contre le machisme. Mais encore aujourd'hui, c'est la loi du silence qui règne de la cuisine au commisariat en passant par la chambre et le confessionnal.


crédit photo: blabla de zinc, chimulus.

vendredi 6 mars 2009

Vivez une catastrophe écologique en direct

Réalisant un documentaire sur la pollution à Guano, je livre mes premières observations après un premier repérage. Ces conclusions pourront être complétées ou bien modifiées au fil de l’enquête.

Guano tient son nom de la rivière qui la traverse. Ce cours d’eau, qui prend sa source à deux kilomètres en amont dans une nappe phréatique, alimente toute la ville en eau. Foyers, industries, municipalité, tout le monde pompe.
Une simple adjonction de chlore et l’eau sort du robinet. Bien sûr, elle n’est pas potable. L’eau minérale est indispensable mais cela n’empêche pas les enfants de l’école de Tungahuan de boire à même le tuyau du robinet public. Il y sort un liquide opaque marron que les élèves ingurgitent sans sourciller ignorant les précautions des adultes.
Guano est une ville d’artisanat, on y trouve des tanneries et des teintureries qui fournissent les cordonniers et les tisseurs. Situées sur les berges, les manufactures se servent sans contrôle puis recrachent le tout sans filtration. Les pigments ressortent tel quel et en fonction des commandes, on voit une eau rouge, bleue, verte se mélanger au cours d’eau. Plusieurs études ont déjà été menées, des diagnostiques ont été apportés mais rien n’a été fait. Il en est de même pour les égouts de cette ville de 10 000 habitants qui ne subissent aucun traitement et que l’on rejette sans vergogne dans la rivière. Sur plusieurs kilomètres, il se dégage une odeur pestilentielle d’eau usée. Un parfum âcre qui attaque les narines et qui retourne l’estomac.

En Equateur, la machine à laver est un luxe que peu de personnes peuvent se payer, on lave les vêtements à la main. Quand on le peut, on le fait à domicile mais le réseau d’eau courante ne parvient pas à tous les foyers. Dans ce cas, les mères de famille amènent une semaine de linge sale à la rivière et frottent énergiquement le savon sur les tâches de terre et de graisse et rince le tout dans le lit. L’eau est blanchie par la lessive. Cela n’effraie pas la marmaille qui se baigne dans les bassins entre les bulles de savon.
Un peu plus loin, la ville perd de sa densité, la rivière sillonne entre les pâturages. L’eau brille des résidus huileux qui se concentrent à la surface. Le liquide penche entre le vert et le bleu. Les berges sont salies de marques de rouille. Métaux, plastiques, produits toxiques, déchets organiques on balance absolument tout dans le Guano. On remarque que la rivière est 10 centimètres en dessous du lit qu’elle a tracé dans le passé. L’usage immodéré l’assèche.
Les vaches et les ânes paîtrent tranquillement, s’empoisonnant lentement. A la fin de la chaîne alimentaire, les métaux lourds se retrouvent dans la nourriture et par conséquents dans le sang humain. L’agriculture biologique qui est ancestral ici, n’est plus possible. On a recours à des produits phytosanitaires pour préserver les cultures avec toute la dépendance aux industriels que cela implique.

Les déchets produits par la ville sont soumis à la même attention que la rivière. On les accumule dans des décharges au grand air quand les éboueurs ne vident pas directement les poubelles dans la rivière. Un projet de route extérieur au centre ville est en marche. Il va falloir combler 50 mètres de dénivelée pour la mettre à niveau. Pour cela, on accumule depuis plusieurs mois les résidus de constructions et les poubelles. Un amoncellement polluant et précaire non stabilisé sur lequel on coulera le bitume et que la pluie risque d’écrouler d’ici quelques années.
Confronté à une catastrophe écologique : l’effroi.


crédit photo: perso

vendredi 9 mai 2008

Joëlle Bordet :" Des forces dissuasives et créatives face aux réseaux clandestins"


Les 7, 8, et 9 mai l’UnB a accueilli le premier séminaire international sur Adolescence, Clinique et Culture. Organisé par le PRODEQUI (programme sur les dépendances chimiques), il a rassemblé des psychologues et des sociologues brésiliens et français pour parler de l’adolescent au sein de la diversité culturelle contemporaine et ses répercussions sur la psychologie clinique destinée à ce public.
Joëlle Bordet est psychosociologue membre du CSTB (Centre scientifique et technique du bâtiment) et du CIRFIP (Centre de recherche international de recherche et de formation interdisciplinaire en psychosociologie). Elle évoque les politiques de terrain mises en place par la France et le Brésil auprès de la jeunesse.
Comment peut on comparer les politiques institutionnelles destinées aux « jeunes » en France et au Brésil ?
Joëlle Bordet : « Sur le champ purement institutionnel, la France et le Brésil ne sont pas au même niveau de construction. La France est un pays plus vieux, moins grand et plus institutionnalisé de part sa tradition jacobine et centralisatrice. On assiste à une construction sociale plus importante avec un territoire quadrillé au niveau national et local. On rencontre beaucoup plus de professionnels sur le terrain du fait des contrats sociaux engagés en 1936 puis renouvelé en 1945. Cet Etat providence inspire le Brésil et il essaye de l’appliquer malgré les problèmes de légitimité rencontrés part l’Etat.
Aujourd’hui, nous constatons une inversion des mouvements, le Brésil renforce sa présence sur le terrain avec un travail social important pendant que la France, depuis un an particulièrement, privilégie l’affrontement violent, une approche technique dénué de social. Le pacte social se construit lentement d’un coté tandis qu’on le détruit de l’autre. »

Le psychanalyste français Philippe Gutton (présent au séminaire) avance l’idée de création d’institution par et pour les adolescents pour se structurer. Le phénomène est il identique dans les deux pays ?
« En ce qui concerne plus particulièrement les adolescents, l’institutionnalisation fait partie de la socialisation. C’est l’un des phénomènes d’entrée dans la société adulte. Le jeune adulte se constitue en contre pouvoir mais ceci ne signifie pas forcément une reconnaissance ni même une intégration. Il se regroupe loin des rapports de pouvoir et de marché.
L’adolescent et le jeune adulte avancent au sein d’un processus de créativité que l’on retrouve dans les champs culturels, sportifs ou bien politique. Dans un processus intergénérationnel qui tend à isoler celui qui refuse le modèle traditionnel, il créé sa propre densité. On peut, entre autre, étudier ce phénomène dans les quartiers sensibles en France.
Cela existe aussi au Brésil, en partie avec l’aide des ONG. Il existe ici un modèle communautaire qui unit les personnes dans des communautés de vie. La religion a un rôle structurant même si celle-ci agit alors qu’un processus de laïcisation est en route. Le groupe facilite la résistance face aux dangers que représentent la dictature (1964 -1985) et le libéralisme.
Le libéralisme individualise les comportements et déprécie l’estime du collectif. Dans ce cadre la religion peut s’avérer dangereuse car rien n’encadre la montée des extrémismes. La France est en train de tomber dans ce piège. »

L’association et les réseaux sociaux au sens large seraient ils un garde fou à la peur et à la loi du silence que l’on constate dans certains milieux ?
« Une spirale de peur et de violence se met en place lorsque l’institution de jeunes est irrecevable de la part des adultes. Par exemple, dans le cadre d’un groupe de trafiquants de drogue : la transaction est menaçante envers l’adolescent. L’idée est dégradante pour l’individu lui-même en plus d’être illégale. Il ne peut en parler à personne pour ne pas se mettre en danger. Ce silence engendre une méfiance réciproque entre les personnes. Cette même méfiance qui entraîne une fascisation des relations humaines avec de la peur, de la violence et de l’individualisation. Nous pouvons lutter contre ceci en instaurant de nouveaux liens sociaux. Grâce à des réseaux positifs (culture, sport, social, politique), nous proposons une force dissuasive et créative à ces réseaux clandestins tout en luttant contre la fragmentation de la société. Il s’agit d’établir un contre poids aux logiques individuelles et collectives présente. »

crédit photo: casadei production

jeudi 28 février 2008

Municipales: Gilles Launay en interview, tête de liste de Agir pour Bernay


Gilles Launay et la liste Agir pour Bernay ont répondu à mes questions (je les en remercie). Cette interview complète les réponses de Pierre Jalet. Cette interview s'inscrit dans le débat public que Réaction à Show a voulu recréer virtuellement depuis le début de la campagne électorale.


Comment envisagez vous la démocratie participative dans une ville comme Bernay?
La démocratie participative est au cœur de notre projet pour remettre les citoyens au cœur de la politique de la ville. Elle prendra plusieurs formes : conseils de quartiers, comité des fêtes, office du sport, office de la culture. Autant de ressources pour dynamiser les initiatives et les faire connaître au plus grand nombre.
Redonner la parole aux bernayens pour qu’ils s’expriment sur les grands projets structurants de la ville. Référendum et consultation publique seront là pour y veiller. En continuité des initiatives de référendum sur la halle Sainte-Croix et pour le maintient du commissariat.
Un conseil municipal des jeunes est il envisageable? Quelle sera son influence sur les questions municipales?
Parce qu’ils sont les mieux placés pour parler de leurs Envies d’Agir. Parce qu’ils sont porteurs de projets. Parce qu’ils s’impliquent (à la MJC notamment) ou veulent s’impliquer dans des actions comme le bénévolat, la citoyenneté. Parce qu’ils sont l’avenir de notre ville. Il faut donner une vraie place citoyenne à nos jeunes.

Comment envisagez vous la gouvernance de Bernay si au lendemain du second tour vous n'êtes pas en mesure d'obtenir une majorité avec vos seuls colistiers?
Dans une démocratie, il y a toujours une majorité et une opposition. L’une gouverne, l’autre contrôle. L’une décide, l’autre amende. Bref, ce sont deux fonctions qui pourraient apparaître contradictoires mais qui concourent à un exercice du pouvoir dans la clarté. Imaginez un pays, une région, un département, une grande ville sans opposition, cela voudrait dire que l’exécutif disposerait de tous les pouvoirs sans moyens de contrôle. Cela ne s’appelle plus alors démocratie et je ne peux pas l’envisager une seconde.

La politique bernayenne doit elle le fruit du projet de la majorité ou bien résulter d'un consensus avec l'opposition?
Une élection est certes gagnée par des femmes et des hommes mais sur la base d’un programme. Cela veut dire que si les candidats sont élus, leur programme a été validé par les électeurs. Dès lors, il est normal et naturel que la majorité exécute son programme et tienne ses engagements. L’opposition aura alors tout loisir de dire ce qu’elle pense, ce qu’elle approuve ou ce qu’elle rejette.
Etes vous favorable à la création de conseils de quartiers dirigé par les habitants eux même et qui se substituerai aux réunions de quartier?
C’est un des engagements de la liste agir pour Bernay que j’ai l’honneur de conduire. Le conseil de quartier sera le lieu où les échanges, les discussions se dérouleront pour faire naître les propositions concernant le quartier.

Les maires de la région de Clamecy ont décidé de boycotter les élections municipales en raison des menaces qui planent sur la maternité. Auriez vous été capable d'un tel geste de protestation?
Boycotter une élection municipale veut dire que la commune est placée sous tutelle préfectorale. C’est donc le représentant de l’Etat qui devient l’exécutif de la commune. Il est donc paradoxal de confier les clés d’une mairie à l’Etat alors même que les raisons qui ont présidé au boycott sont le fruit d’une décision de l’Etat. Je préfère nettement le combat ou des actions spectaculaires face à des décisions de ce type.

La visite de Xavier Bertrand en 2007, nous a prouvé que les collectivités territoriales et l'agence regionale hospitalière n'avançaient pas avec les mêmes priorités. Comment comptez vous faire contre poids face aux décisions de l'ARH?
La loi a conféré aux Agences Régionale Hospitalière (ARH) l’organisation des territoires en matière de santé. Sauf à changer la loi, ce qui relève du parlement, l’ARH et son directeur sont donc les décideurs en matière d’organisation sanitaire. Les élus ont eux une vision très particulière de l’organisation sanitaire très souvent limitées à leur territoire d’élection. Pour être crédibles, les élus doivent donc s’appuyer sur des éléments statistiques, géographiques, démographiques pour entamer la discussion. Lorsque je suis allé avec Lionel Prévost, Conseiller Général, discuter avec l’ARH pour obtenir les crédits nécessaires à la construction de la maternité nous avions ce type d’arguments. Lorsque nous sommes retournés pour demander un scanner, nous disposions d’autres arguments…Bref, l’ARH est une administration, comme l’est une préfecture, il faut donc argumenter, négocier, convaincre et disposer de la légitimité des urnes, autrement dit du peuple.

Comment envisagez vous les relations avec Pont-Audemer, seconde ville de la circonscription?
Pont-Audemer est gérée par mon ami Jean-Louis Destans. Hormis les spécificités de chaque ville qui nécessitent des décisions spécifiques, Bernay et Pont-Audemer ont vocation à développer des complémentarités à l’ouest de l’Eure. Mais Bernay reste chef lieu d’arrondissement et en tire, administrativement, bénéfice et normalement dynamisme. Souvent Bernay la bourgeoise a été opposée à Pont-Audemer l’ouvrière. Aujourd’hui, le dynamisme de Pont-Audemer est reconnu. Bernay est un peu plus à la traîne Alors changeons de municipalité, à Bernay pour rattraper le retard !

Quelle place accordez vous au Pays Risle Charentonne?
Le pays Risle-Charentonne est né des lois « Voynet » relative à l’aménagement du territoire. L’idée était de définir les problématiques à un échelon territorial plus large que le seul territoire communal. Les régions naturelles (Pays d’Ouche, Lieuvin, Pays d’Auge, plateau du Neubourg…) devenaient alors le territoire de référence. L’organisation administrative de notre pays a eu raison de cette grande idée. Les pays, maintenant, regroupent des communes et des communautés de communes qui ressemblent plus à un amalgame qu’à une réelle identité. Bref, les choses sont ainsi. Le pays Risle Charentonne existe et son équipe est dynamique. Il est devenu le portail d’entrée aux politiques territoriales de la Région et du Conseil Général. C’est donc un partenaire privilégié pour les communes du pays. Avec la définition des Schémas de Cohérence et d’Organisation Territorial (SCOT) qui sont ni plus ni moins que des « super » plans d’occupation du territoire du pays, on revient, peu à peu, à l’idée de départ voulue par Mme Voynet.

En cas de victoire postulerez vous personnellement à la présidence de la communauté de commune de Bernay et ses environs ou bien proposerez vous quelqu'un d'autre? Ces deux activités vous semblent elles compatibles au vue de la charge horaire que requiert le poste de maire?
Oui. En effet, une communauté de communes exerce des compétences par délégation des communes (via les conseils municipaux). Ainsi, la ville de Bernay ne gère-t-elle plus tout ce qui touche au ramassage et au traitement des ordures ménagères, ou bien encore la voirie (hors centre ville) relève de la communauté de communes. Par ailleurs, les contribuables bernayens sont les principaux contributeurs à la communauté de communes. Il me semble donc normal que le maire de la plus grande ville de la CC en soit le président. Il s’agit tout simplement de mettre en cohérence les politiques locales. Imaginons un instant, un conflit entre le président de la CC et le maire de Bernay. Pourrait-on imaginer que les nids de poule sur la voirie ne seraient plus rebouchés parce que seule la CC est compétente ? Je ne l’imagine pas un instant !
Les écoles de Bernay se battent tous les ans pour préserver leur nombre de classe. Comment peut on enrayer le phénomène à long terme?
Développer l’attractivité du territoire, est la condition pour enrayer le déclin de Bernay. Economiquement (dynamiser le tissu existant, promouvoir nos zones industrielles, installation d’entreprises, améliorer les liaisons ferroviaires, routières…), socialement (petite enfance, accueil péri scolaire, logement…), culturellement, sportivement sont autant d’éléments de dynamisme d’une ville. Bernay manque cruellement d’une véritable politique dynamique. La tendance à se reposer sur son passé est grande, nous, nous voulons la projeter dans l’avenir.
Comment faire que la jeunesse reste à Bernay quand aucune formation n'est proposée après le Bac?
Dynamiser le territoire sur le plan économique est un premier objectif. Développer la formation autour de formations post bac en est un autre au même titre que la création d’un CFA public du bâtiment adossé au Lycée Clément Ader et orienté autour des technologies liées au développement durable.
Quelle position adopterez vous face à la reforme de la carte scolaire prévu par le président?
Pour l’instant elle ne s’appliquerait que pour les collèges et les lycées. Pour le primaire et les maternelles, je rappelle que ce sont les maires qui inscrivent les enfants dans les écoles. De ce point de vue, les maires gardent donc la maîtrise de la carte scolaire communale.


Quelle politique de l'emploi proposez vous alors que Bernay n'est pas un pôle industriel spécialisé et que les entreprises historiques réduisent progressivement leurs effectifs avant de mettre la clef sous la porte?
Les politiques de l’emploi relèvent de l’Etat et des Régions. Les marges de manœuvre, dans ce domaine, n’existent donc pas pour les communes. Néanmoins, nous proposons de réorienter les dépenses municipales vers notre économie locale : exemple: nous accompagnerons financièrement le dispositif « chèque emploi-services » afin de réduire le coût horaire pour les employeurs et donc inciter à une augmentation des heures de travail. C’est une mesure pour soutenir et créer de l’emploi autour des services et de la personne, permettre à des familles modestes d’y recourir, donner aux personnes âgées une possibilité d’emploi à un moindre coût.
Comment équilibrer la proportion de commerce entre e centre ville et les zones commerciales en périphérie?
Le territoire commercial de Bernay est découpé en quatre zones : le centre ville, la zone du Val de la Couture, la zone du bois du cours et la zone commerciale de Menneval. Pour une zone de chalandise de 35000 habitants, le risque de déséquilibre est grand d’autant si les contraintes de stationnement du centre ville sont grandes (difficile et payant). J’ai dit au maire de Bernay actuel que la création d’une zone commerciale sur le bois du cours était une erreur, notamment, avec l’installation d’enseignes concurrentes du centre ville. Il n’a pas écouté, il faut donc aujourd’hui rendre notre centre ville attractif encore et encore au risque de le voir péricliter au profit des zones périphériques.

L'établissement d'un agenda 21 au sein de la commune ou de la CCBE est il d'actualité?
La réponse est oui pour les deux collectivités territoriales.

Certaines villes se posent la question de la reprise en main de la gestion de l'eau par les municipalités, est ce un débat que vous souhaitez soulever durant votre mandat?
Actuellement, le service des eaux de Bernay est une régie, c'est-à-dire géré en direct par la ville. Il n’est pas question de modifier cette règle et pour mieux s’en convaincre notre programme précise : « l’eau n’est pas une marchandise ».

Comment faciliter la circulation des moyens de transports non polluant (vélos, roller...) en centre ville?
Notre programme prévoit de développer les circulations douces soit en site indépendant soit en voie partagée. De plus, le développement du transport en commun et sa gratuité ont pour objectif de limiter le recours aux véhicules et par voie de conséquence, favoriser d’une certaine manière les circulations dites douces.
L'animation culturelle est principalement l'oeuvre des associations à Bernay; la municipalité doit elle encourager les initiatives extérieures ou bien reprendre ce secteur dans son giron?
Conscient des carences de la municipalité actuelle, j’ai choisi de confier ce créneau, en cas d’élection, à l’un de mes co-listiers dont le courage, la sensibilité et la volonté dans l’animation culturelle de Bernay n’ont d’égal que la force de ses convictions. Avoir sciemment fait ce choix, compte tenu de ce qui est fait par moult associations culturelles est en soi afficher clairement une rupture avec l’existant et ouvrir la culture à toutes les tranches d’âges par une programmation audacieuse, accessible et reconnue.
Comment doit être envisagé le financement d'un futur centre nautique que de nombreuses personnes appellent de leurs voeux (municipalité, CCBE, conglomérat inter comcom)?
Nous avons nous aussi inscrit cette proposition dans notre programme. Actuellement, la piscine de Bernay a vieilli et les travaux de réhabilitation à envisager sont très lourds. Par ailleurs, seuls les contribuables bernayens supportent cet équipement et sa gestion, alors qu’il est utilisé, certes, par les bernayens mais aussi par les habitants des alentours. L’idée est de mutualiser les moyens (communes, communautés de communes..) afin que cet équipement soit supporté par toutes les collectivités intéressées par le projet. Les financeurs classiques que sont la Région et le Conseil Général seraient alors plus sensibles à cet équipement structurant de Pays.
Comptez vous continuer votre activité professionnelle actuelle si vous êtes élu maire?
Oui, probablement à 1/3 de temps ne serait-ce que pour pouvoir être affilié à l’assurance maladie.

lundi 25 février 2008

Municipales: Interview de Pierre Jalet, tête de liste de Bernay Vraiment


Pierre Jalet et la liste Bernay Vraiment viennent de me communiquer leurs réponses à mon questionnaire (je les en remercie).
Philippe Raviart, ex candidat MoDem, s'est aussi prété à l'interview. Bien qu'il ne soit plus candidat, ses réponses participent au débat public.

En préambule, je reviens sur une petite phrase qui a pu choquer certaines personnes (si cela fut le cas je m'en excuse car cela n'en était pas l'intention). "En cas de silence, je me laisse libre choix de l'interprétation." Certains ont ressenti cette conclusion comme une menace.
Il s'agissait d'une précaution de ma part au vue de certaines pratiques observées depuis le début de la campagne à Bernay. N'étant pas sur le terrain, je ne peux me permettre de soliciter les candidats à de multiples reprises comme le ferait un journaliste local. Considérant ce blog comme un média à part entière et non un jouet intéractif dans les mains d'un étudiant en journalisme, il m'a fallu prouver cet état en rédigeant certaines questions plus techniques et en m'imposant un peu car la crédibilité des blogs (celui ci en particulier) n'est, à ce jour, pas acquise. J'espère, par ce blog, participer au débat public qui agite Bernay en ce moment et mon éloignement n'altère en rien mes convictions de citoyen et de journaliste. Je ne cherche à faire de l'ombre à personne mais j'essaye de trouver ma place dans le paysage médiatique et politique. Ceux qui ont déjà répondu à mes questions l'ont, semble t-il, déjà compris et j'espere que les autres prendront un peu de leur temps pour répondre aux questions (je suis conscient que la campagne se joue principalement sur le terrain et que les relations avec les médias passent après les relations avec les électeurs).

Comment envisagez vous la démocratie participative dans une ville comme
Bernay?
La démocratie participative doit produire des idées mais aussi, et surtout, des actions. Il faut un dispositif qui permette de faire entendre la voix de tous, mais qui évite de s'enliser dans des débats stériles. En conséquence, pour être efficace, car c'est cela que nous recherchons, un débat ouvert doit pouvoir s'organiser autour d'un thème précis proposé par le maire ou par un groupe
qualifié, représentatif des Bernayens (associations, syndicats, groupe citoyen...). Un ordre du jour et un document de travail, qui n'excluent pas les questions diverses, doivent être établis préalablement et transmis aux citoyens concernés. Lors des réunions à la mairie ou dans tout autre lieu pertinent, le rôle du maire sera d'animer, de fédérer et de faire la synthèse. Les fruits du débat seront ensuite traduits en proposition de délibération et discutés en Conseil municipal. C'est, je crois, le meilleur moyen de permettre au quotidien des décisions d'inspiration citoyenne. Je suis persuadé que ce qui en sortira remplacera utilement de nombreux audits, fort chers au demeurant.


Un conseil municipal des jeunes est il envisageable? Quelle sera son influence sur les questions municipales?
J'instituerai un conseil municipal des jeunes. Dans mon esprit, ce n'est pas un gadget institutionnel. Il doit se traduire par la manifestation d'une véritable force de proposition et être entendu des responsables. D'une part parce que la parole des jeunes est souvent porteuse d'imagination et d'avenir, de l'autre parce qu'un tel outil invite à la citoyenneté. Afin que les débats de ce Conseil puissent se tenir régulièrement, je propose d'ouvrir un espace organisé sur
internet pour les héberger au jour le jour. Chaque semestre, sera organisé en Mairie une séance du Conseil des jeunes qui finalisera et donnera forme institutionnelle aux propositions. Ces dernières seront systématiquement débattues en Conseil municipal. Dans le même temps, pour les décisions intéressant particulièrement la jeunesse bernayenne, le Conseil des jeunes sera
préalablement consulté.

Comment envisagez vous la gouvernance de Bernay si au lendemain du second tour vous n'êtes pas en mesure d'obtenir une majorité avec vos seuls colistiers?
C'est un cas figure très improbable ;) En tout état de cause, ce sont les électeurs qui, à l'occasion du premier tour, diront l'avenir.

La politique bernayenne doit elle le fruit du projet de la majorité ou bien résulter d'un consensus avec l'opposition?
Je ne suis pas favorable à une politique du consensus à tout prix. Une majorité doit gouverner dans le respect du programme pour lequel elle a été élue. En revanche, le débat avec l'opposition doit toujours être mené dans la transparence et sur une base contradictoire. Si une proposition venant de l'opposition s'avère pertinente, je la soutiendrai et demanderai à ma majorité de la soutenir. Cette remarque vaut pour les objections ou les critiques constructives. Quand on déclare que l'intelligence et le sens du bien commun sont le monopole d'une majorité, c'est, bien souvent, qu'on en manque.

Etes vous favorable à la création de conseils de quartiers dirigé par les habitants eux même et qui se substituerai aux réunions de quartier?
Très clairement, non. Cela créerait inévitablement un écran entre le maire et les habitants. Je crois au contact direct. Par ailleurs, j'ai développé plus haut ma vision de la démocratie participative. Ne compliquons pas inutilement les choses, surtout quant elles sont importantes.

Les maires de la région de Clamecy ont décidé de boycotter les élections municipales en raison des menaces qui planent sur la maternité. Auriez vous été capable d'un tel geste de protestation?
Je suis prêt à toutes les actions sous deux conditions : qu'elles s'inscrivent dans un processus légal et démocratique et qu'elles soient efficaces. En l'occurrence, je ne suis pas convaincu qu'un boycott des élections municipales soit très productif au bout du compte. Sur cette affaire,
c'est la préfecture qui prend les choses en main. L'absence d'interlocuteur municipal risque de se traduire par un affaiblissement pur et simple de la voix locale.

La visite de Xavier Bertrand en 2007, nous a prouvé que les collectivités territoriales et l'agence regionale hospitalière n'avançaient pas avec les mêmes priorités. Comment comptez vous faire contre poids face aux décisions de l'ARH?
Il va de soi que, sur ce chapitre, les forces ne sont pas égales. C'est la raison pour laquelle le maire doit entretenir une relation de qualité avec les instances du Conseil régional et du Conseil général afin de pouvoir peser de tout son poids en cas de nécessité.
Comment envisagez vous les relations avec Pont-Audemer, seconde ville de la circonscription?
Bernay s'inscrit dans un contexte dont elle n'est qu'un des acteurs. Pour être efficace, une action économique et sociale doit privilégier la synergie entre ces deux villes, non la rivalité. Je ne crois pas beaucoup à l'esprit de clocher. J'aime trop ma ville pour la réduire à un terrier.

Quelle place accordez vous au Pays Risle Charentonne?
Une place très importante, évidemment. Avec mes colistiers, nous avons élaboré une stratégie de développement qui déborde largement les limites de Bernay intra-muros. Nous aurions pu oublier notre environnement, comme cela a souvent été le cas dans le passé. Le problème, c'est que notre environnement, lui, ne nous oublie pas. Nous resserrerons les liens avec les communes environnantes et nous leur demanderons de s'impliquer dans une politique de développement
économique dont elles ne manqueront pas, à leur tour, de récolter les fruits.

En cas de victoire postulerez vous personnellement à la présidence de la communauté de communes de Bernay et ses environs ou bien proposerez vous quelqu'un d'autre? ces deux activités vous semblent elles compatibles au vue de la charge horaire que requiert le poste de maire?
Aujourd'hui, notre projet à cet égard n'est pas définitif. Cependant, ce dont je suis sûr, c'est que Bernay doit jouer un rôle moteur et dynamique au sein de la Communauté de communes. Nous ne pouvons mener à bien notre développement économique et social sans alliés. C'est pourquoi, je penche plutôt vers une corrélation forte entre les deux responsabilités.

Les écoles de Bernay se battent tous les ans pour préserver leur nombre de classes. Comment peut on enrayer le phénomène à long terme?
C'est très simple, nous devons lutter pied à pied contre la régression démographique de notre ville. Cela suppose de porter l'effort sur le renouveau économique, culturel et social de Bernay. Ces fermetures, quand elles surviennent, sont dramatiques. Aux racines de ce symptôme il y a un mal qui doit faire l'objet d'une thérapie globale.

Comment faire que la jeunesse reste à Bernay quand aucune formation n'est proposée après le Bac?
Il est évident que nous ne pouvons pas, à Bernay, nous substituer aux universités et autres grandes écoles. Pour autant, cela ne nous empêche pas d'apporter une réponse à la question de la formation. A cet égard, nous avons un projet concret, dont la faisabilité est à l'étude: la création d'un centre de formation spécialisé dans le domaine de l'environnement, de la construction HQE
et les technologies nouvelles. Il s'agit d'un secteur en plein essor où les besoins de compétences et de savoir-faire se développent. Bernay et sa région, tant en raison de leur situation géographique que par leurs productions traditionnelles peuvent prétendre jouer un rôle déterminant dans ce secteur économique. Parallèlement, nous développerons les dispositifs de formation par alternance en relation avec les besoins réels des entreprises existantes et à venir. Enfin, nous ferons en sorte qu'un jeune cherchant ailleurs une formation "puisse revenir plein d'usage et raison vivre entre ses parents le reste de son âge".

Quelle position adopterez vous face à la reforme de la carte scolaire prévu par le président ?
Que la carte scolaire puisse être assouplie, je veux bien qu'on en discute. Mais, la réforme envisagée me semble sacrifier tout esprit de justice sociale. Car, soit on affirme, dans le même temps, que l'école est une institution au service de l'égalité des chances et que l'égalité des chances à l'école doit être renforcée, soit on s'affranchit de ce double impératif. En l'occurrence, je
pense que la réforme de la carte scolaire telle qu'elle se présente introduit une rupture supplémentaire d'égalité. Cela revient à affaiblir un fondement de notre République. Il aurait mieux fallu chercher à redorer le blason de certaines filières et à homogénéiser les pôles d'excellence à l'échelle du territoire.

Quelle politique de l'emploi proposez vous alors que Bernay n'est pas un pôle industriel spécialisé et que les entreprises historiques réduisent progressivement leurs effectifs avant de mettre la clef sous la porte?
Cette question précise fait l'objet d'une réponse dans la presse locale de la semaine prochaine. Désolé, mais nous lui réservons la primeur ;) En échange des détails, je vais vous dire un secret: à Bernay, nous avons notre pétrole à nous.

Comment équilibrer la proportion de commerce entre e centre ville et les zones commerciales en périphérie?
La question est complexe. C'est bien avant nous qu'elle aurait dû être traitée, dans le cadre d'une politique cohérente de pays. Cela étant, la vraie question est celle du pouvoir d'achat. En allant dans les grandes surfaces, il va sans dire que, financièrement, les consommateurs d'ici et des environs y trouve leur compte. On ne peut donc redresser la balance qu'en contribuant à l'augmentation du pouvoir d'achat. Il existe une relation mécanique entre cette augmentation
et la consommation en centre-ville.

L'établissement d'un agenda 21 au sein de la commune ou de la CCBE est il d'actualité?
J'y suis favorable à 100%.

Certaines villes se posent la question de la reprise en main de la gestion de l'eau par les municipalités, est ce un débat que vous souhaitez soulever durant votre mandat?
C'est une question prioritaire que notre programme a déjà tranché. Nous défendons le principe d'une régie municipale de l'eau.

Comment faciliter la circulation des moyens de transports non polluant (vélos, roller...) en centre ville?
Je suis attaché à un meilleur équilibre dans l'utilisation de la voirie entre les différents modes de transport, notamment au profit des circulations douces. Pour commencer dans la pédagogie, je propose de mettre en place une signalétique spécialement adaptée.

L'animation culturelle est principalement l'oeuvre des associations à Bernay; la municipalité doit elle encourager les initiatives extérieures ou bien reprendre ce secteur dans son giron?
La question ne se pose pas en ces termes. Le rôle d'une ville est d'assurer deux fonctions: soutien et promotion constante des initiatives associatives et mise en oeuvre d'une programmation cohérente de qualité qui doit contribuer, non seulement, à l'appétit culturel des habitants mais également lui conférer une identité régionalement, voir nationalement reconnue. Ce n'est pas parce que l'on est petit que l'on ne peut pas faire grand.

Comment doit être envisagé le financement d'un futur centre nautique que de nombreuses personnes appellent de leurs voeux (municipalité, CCBE, conglomérat inter comcom)?
Les bénéficiaires d'une telle structure sportive doivent tous contribuer à sa réalisation. Aussi, le projet doit-il être mené en concertation avec tous les acteurs que vous évoquez et financé de même. Tout le monde dans le même bain!

Comptez vous continuer votre activité professionnelle actuelle si vous êtes élu maire?
Oui, mais sous une autre forme: élu maire, je serai l'avocat à part entière de mes concitoyens.

Gilles Launay, propose la création de jardins familliaux (appelés aussi jardins ouvrier) en faveur des plus défavorisés, que pensez vous de cette mesure?
Excellente proposition puisqu'il me l'a empruntée, à une différence près: pourquoi seulement aux plus défavorisés? L'intérêt de ses jardins, n'est pas simplement économique, il est aussi social et convivial. Je suis pour la mixité. Un choux-fleur vaut bien une rose...

Photo: D.R www.bernayvraiment.fr

vendredi 22 février 2008

Cantonnales: Interview d'Hervé Couraye du Parc


Le candidat de la majorité départementale pour les élections cantonnales à Thiberville, Hervé Couraye du Parc, a déjà répondu à mes questions (je l'en remercie). Voici donc l'interview.


Comment réagissez vous à la proposition de la commission Attali de supprimer l’échelon départemental afin d’enrayer la multiplication des collectivités territoriales ?

Aujourd’hui les Départements ont pour mission principales l’action sociale, et notamment en direction des personnes âgées, et des personnes en situation de handicap, sans oublier la petite enfance, et les enfants en difficulté, mais aussi les routes, les collèges, tout ce qui touche à la vie quotidienne. Ce n’est pas un échelon nouveau, il date de la Révolution française, et a notamment dans les zones rurales une grande importance. Le conseil général gère également aujourd’hui les SDIS (les pompiers) pour la sécurité quotidienne, et dispose généralement d’un office HLM (dans l’Eure Habitat 27) pour le logement social. Il parait, vu de Paris (la capitale !), qu’il faut supprimer ce qu’ils appellent un échelon de trop, mais dans des zones comme les nôtres, le Département est le premier financeur des projets communaux (églises, centre-villes, bâtiments municipaux, installations sportives), souvent aussi des associations (clubs de personnes âgées, associations sportives, culturelles…), est-ce cela que l’on veut supprimer ? S’agit-il de détruire encore plus le service public ? Après la disparition des postes, des recettes du trésor, des DDE, parfois les fermetures d’école, voudrait-on désertifier des zones entières de notre territoire ?

Ce que je reproche à cette proposition c’est sa précipitation. Concrètement supprimer les départements ça veut dire quoi ? Supprimer les actions des départements ? Supprimer les compétences dont ils s’occupent ? Pour le remplacer par quoi ? par qui ?

La proposition de la Commission Attali (comme sur d’autres sujets) est hâtive, en plus contrairement à ce que l’on croit elle ne ferait pas baisser les dépenses, il y a des services qu’on ne peut supprimer sans remettre en cause des équilibres fondamentaux. Je prends un exemple, lorsque les départements favorisent l’aide à domicile des personnes âgées, ils retardent la prise en charge par des établissements spécialisés plus coûteux (parce que personnel médical permanent), ils favorisent le maintien d’un tissu social. Les dépenses engagées dans le maintien à domicile c’est autant de moins de dépenses qui ne sont pas supportées par la sécurité sociale dont on connait le déficit. Je suis donc opposé à cette proposition qui a tout de la « fausse bonne idée », parce qu’elle n’a pas été discutée, ni préparée. Imaginez que d’un trait de plume tout ce que font les départements soit supprimé du jour au lendemain, je pense que l’on irait tout droit vers un beau « pataquès ».

Comment jugez vous le bilan de Jean Louis Destans et de sa majorité depuis que la gauche dirige le département ?

Me réclamant de la Majorité Départementale, je trouve évidemment que le bilan est très positif. Pour moi le mérite principal du Président Jean-Louis Destans est d’avoir mis en œuvre de nouvelles politiques départementales innovantes, et qui permettent à notre département d’être dynamique, dans le respect des communes, des associations, des professionnels de tous les secteurs.

Une coopération avec le département du Calvados est elle imaginable à l’image de ce qui se fait avec le projet 276 ?

Les présidents des deux régions Basse et Haute-Normandie, Mrs Alain Le Vern et Duron se sont déjà engagés sur de nombreux sujets dans une démarche partenariale. Concernant le canton de Thiberville, limitrophe du Calvados, et ayant l’appellation « pays d’Auge » sur une partie de son territoire cela me semble indispensable. En tant que Conseiller général j’établirai des liens avec mes collègues du Calvados, pour que les dossiers communs de part et d’autre des frontières départementales soient traités collectivement. C’est du bon sens, et c’est indispensable.

La jeunesse euroise est obligé de quitter le département pour continuer ses études. Un pôle universitaire eurois complet et de qualité est il envisageable ?

Complet ? C'est-à-dire ? S’il s’agit d’offrir toutes les filières de formation possibles et imaginables, cela me paraît difficile. D’abord l’université relève de la compétence de l’état. La Région cependant est fortement impliquée dans le développement des pôles universitaires régionaux dont celui d’Evreux qui n’auraient pas vu le jour sans son soutien. Le département a accompagné la démarche. Je crois qu’on peut agir dans deux directions : 1) renforcer la filière universitaire ébroïcienne sur son domaine d’excellence, 2) permettre à nos étudiants de pouvoir faire de bonnes études dans l’université qui correspond à leur choix professionnel. Nous sommes proches de Caen, de Rouen, du Havre, et même de Paris. Mais avant l’université, il faudrait que nous rattrapions notre retard dans la formation initiale qui permet ensuite la réussite dans des études poussées. Ce n’est pas le département qui supprime des postes d’enseignant, alors que nous en avons besoin ! Et le rôle premier du département c’est assurer que nous ayons des collèges de qualité, permettant le meilleur enseignement possible.

La population est bien moins informée de l’action du département que celle de la région. Appuierez vous la renaissance d’un journal départemental ? Comment comptez vous informer vos administrés des actions du CG27 ?

Il existe un journal départemental « C’est l’Eure », peut-être est-il moins lu que celui de la Région, moi je lis les deux. Ceci dit, il faut veiller à ce que cet outil d’information soit utile et efficace, je suis preneur de toutes les suggestions pour améliorer cet outil d’information, et sa distribution.

En tant que conseiller général je rendrais compte de mon action, d’abord par des réunions publiques régulières qui me permettront de faire connaître mon action, ensuite probablement par une « Lettre du conseiller général » qui me permettra de faire savoir à toutes et tous les habitants du canton mon action en tant que représentant de ce canton.

Le canton de Thiberville est un canton vieillissant. Comment adapter l’aide sociale qui convient à la population ? Comment attirer une population plus jeune ?

La population va continuer à vieillir, on sait que c’est l’un des principaux défis de demain. L’APA permet déjà aux personnes perdant leur autonomie de disposer de services. De ce côté il faut « professionnaliser » l’offre, ce qui permet la naissance de nouveaux emplois non délocalisables. Il faut aussi se préoccuper des maladies handicapantes, comme Alzheimer, et prévoir à terme des résidences médicalisées permettant aux personnes touchées par cette pathologie de vivre dignement. Enfin des EHPAD ( Etablissements d’hébergement des personnes âgées dépendantes) devront voir le jour pour accueillir celles et ceux qui ne sont plus en capacité d’être autonomes du fait de leur grand âge. Mais la première des priorités est le maintien à domicile le plus longtemps possible, d’abord pour des raisons humaines, c’est toujours mieux de vivre chez soi, près de ses proches, ensuite pour les raisons que j’ai évoquées plus haut, et le coût pour la sécurité sociale des solutions d’assistance médicalisées.

Pour attirer une population plus jeune il faut à mon sens agir dans deux directions : 1) l’emploi, en favorisant le développement d’activités nouvelles. Ces activités peuvent être des activités de service, comme justement le service aux personnes âgées où en situation de handicap, mais aussi des activités de service touristiques, il existe là un vrai potentiel dans notre région que l’on doit accompagner et soutenir, 2) le logement, parce que si l’on veut rester dans le canton il faut pouvoir bien se loger. Or l’achat où la construction d’une maison est devenu très cher, les emprunts immobiliers ne sont pas toujours accessibles aux jeunes ménages, où aux jeunes célibataires. On doit donc pouvoir sur le canton disposer d’une offre en logements (en maisons individuelles, en petits immeubles de bonne qualité), permettant aux enfants devenus adultes de rester travailler au pays. J’ajouterais une troisième condition, le transport. Si l’on facilite et développe des moyens de transport permettant de rejoindre facilement Bernay, Lisieux par exemple, on permet le maintien dans notre canton d’une population jeune qui peut habiter ici, travailler ici, et se déplacer facilement.

Le canton de Thiberville est à mi-distance entre les pôles urbains de Bernay et Lisieux. Vers quelle ville, le canton doit il se rapprocher ?

Je crois que cela dépend du besoin. Et aussi des goûts ou envies personnelles. Certains vont travailler à Lisieux, d’autres à Bernay. Certains sont plus proches de Lisieux, d’autres de Bernay, et je rajouterai d’Orbec pour d’autres. Dans ce domaine on ne peut obliger les gens à aller dans une direction plutôt que dans une autre. Ce qu’il faut assurer c’est la présence de services publics sur le canton et non leur disparition. C’est la vitalité du commerce et non son asphyxie. C’est des activités culturelles, sportives enrichissantes. C’est une question d’équilibre, et de bien-vivre. Je crois qu’aujourd’hui les gens se déplacent plus facilement, mais l’essence est plus chère par exemple, il faut aussi tenir compte de l’augmentation des services fournis par internet, et la présence de l’autoroute a rapproché Rouen du canton. Dans les prochaines années il va y avoir un barreau en direction de Caen, et les transports par voie ferrée sont appelés à s’améliorer (les deux régions font de gros efforts dans ce sens). Finalement en fonction de ses besoins, de ses goûts, de ce que cela lui coûte, l’habitant choisira ce qui lui est le plus pratique, le plus agréable et le plus économique. L’essentiel c’est d’assurer dans notre canton une vraie qualité de vie.

Les médecins thibervillais sont proches de la retraite, le CG27 est il en mesure de mettre en place un programme pour attirer de nouveaux professionnels de santé dans les zones rurales ?

En tout cas c’est ce qu’il a décidé de faire. Il y a plusieurs pistes : 1) comment attirer de nouveaux médecins dans des zones comme les nôtres ? J’ai entendu que Mme Bachelot (ministre de la santé) avait comme intention de favoriser l’implantation en zone rurale des jeunes médecins, le département réfléchit à un dispositif permettant d’inciter l’installation de jeunes médecins, 2) les attirer c’est bien, il faut aussi qu’ils aient des locaux, là aussi le département met en place un dispositif permettant la création de maisons « médicales » facilitant l’installation de nouveaux médecins dans les zones en difficulté de ce point de vue. Il va falloir effectivement prévoir des solutions attirantes si l’on veut faciliter la vie des gens vivant sur place, c’est ce qui est prévu, peut-être faudra-t-il aller plus loin, en tout cas j’ai bien l’intention d’être attentif et actif sur ce point-là, parce qu’un pays sans médecin, comme un pays sans école, est un pays qui meurt.


Photo: Hervé Couraye du Parc en compagnie de Jean Louis Destans. DR http://hervecourayeduparc.hautetfort.com/