mardi 12 juin 2007

Paroles, Paroles, Paroles... ?


L’élection législative est terminée dans la 3ème circonscription de l’Eure. Je me permets de publier le compte rendu de la réunion publique qu’a tenu Nathalie Zanon, le 7 juin 2007 à Bernay.

Cette retranscription ne prend pas la forme d’une interview car le débat fut, en fait, une discussion à l’image des débats participatifs instaurés par Royal au PS. D’ailleurs Nathalie Zanon emprunte beaucoup de méthodes à Royal puisqu’elle préfère prendre du temps pour écouter les acteurs avant de décider quoi que se soit. Elle admet que cette technique d’audit est complexe à faire comprendre aux français quand Sarko promet d’agir avant la rentrée. Elle n’est pas indifférente au projet de 6ème République de Montebourg. Le débat portera pas mal sur la réforme des institutions n’abordant que très peu les problèmes tel que l’écologie, les universités, la santé ou le chômage.

Mme Zanon souhaite dédramatiser la situation complexe dans laquelle elle se trouve. Elle explique son parachutage et évite la polémique : les appels à candidatures au PS ont débuté en mars 2006. La troisième circonscription est réservée « femme » dans le cadre de la loi sur la parité. En juillet, Zanon, originaire de Boulogne Billancourt, soumet sa candidature aux instances dirigeantes en précisant qu’elle se retirerait si un candidat local (homme ou femme) se présentait. Elle rencontre alors progressivement les dirigeants locaux.

Le 12 mai 2007, clôture des candidatures au PS. Personne ne s’est présenté face à elle. Elle est donc investit pour mener le parti socialiste dans la circo. Ce n’est qu’après que Courel (poussé par la fédération départementale) se présentera en dissidence. Elle se désole du fait « qu’on ait pas réussi à faire émerger un candidat local en un an. »

On retrouve une sombre affaire de lutte intestine entre la fédération de l’Eure avec Destans à sa tête qui soutiennent Fabius et Zanon plus proche de Royal. On remarquera que ni la fédération PS de l'Eure, ni le MJS27, ni les sections locales ne donnent de liens vers le site internet de la candidate. Tous indiquent que Francis Courel est le candidat socialiste dans la troisième circo de l'Eure...

Nathalie Zanon déplore la division à gauche, « personnellement, je souhaite une reconstruction de la gauche. J’observe d’un bon œil ce qui c’est passé avec les tentatives de collectifs unitaires. Cette atomisation est dommage quand on sait que le rassemblement est possible. » On constate qu'elle fait partie de l'aile gauche du parti. En tout cas son engagement associatif permet d'en savoir un peu plus sur elle. Membre de Sortir du Nucléaire et d'Attac (elle fut candidate au poste de membre actif au CA national), elle défend les idées d'éducation populaire et d'un monde respectueux de l'Homme.

Nathalie Zanon se distingue par une éthique politique particulière. Bien que parachutée, elle souhaite (si elle est élue) s’intégrer dans sa circonscription en restant proche de la population, en ne cumulant aucun autre mandat, et en délaissant sa profession de maître de conférence le temps de son mandat. Une carrière politique n’est pas de son goût. Elle souhaite proposer « une nouvelle façon de faire de la politique ». Elle exprime son désir d’accomplir son travail de député et ne pas seulement servir « d’assistante sociale » auprès de ses administrés. Cette vision est clairement opposée à l’idée de Morin qui ne rend compte de son action qu’à travers des visites aux repas des anciens et la résolution de cas de surendettement. Elle s’oppose à la dernière directive Debré qui permet aux anciens députés de touché les Assedic à 90% pendant 18 mois et promet de travailler à son abrogation (elle seule ne peut abroger une loi).

Interrogée sur la position défaitiste du PS, elle s’oppose à cette attitude : « A titre personnel, je suis convaincu de ma possibilité de victoire. Au cas où ce ne serait pas le cas. On ira dans la rue pour défendre et gagner nos acquis. On a vu l’an dernier avec le CPE que la rue pouvait influencer la politique gouvernementale. Si le lien gouvernement-population est rompu, il y a des chances pour que ça flambe. » Miracle ! Une socialiste qui reconnaît le pouvoir de la rue et qui n’en a pas peur. Cependant des progrès restent à faire : « Je ne souhaite pas aller jusque là car entre temps beaucoup de gens auront été malheureux. »

La France est elle encore un pays de droit ? « Reconnaissons que nous sommes en train de perdre beaucoup de droits. Il va falloir rester très vigilant pour que la démocratie continue à fonctionner. »

Elle reconnaît qu’elle est trop « naïve » par moment et n’est pas franchement offensive laissant à chacun le soin de faire ses preuves. Face au chien fou de Morin, elle fait difficilement le poids alors qu’elle ne propose pas que de mauvaises choses.

La réalité ne nous permettra pas de savoir si ses propos ne sont que des paroles en l’air. Par contre, le PS pourrait prendre exemple sur des gens comme elle pour se réformer.





credits photos: flikr

2 commentaires:

Marie-Noelle a dit…

Je vous remercie de votre réponse sur l'autre blogue. En effet je ne me reconnais pas moi-meme. Elle n'a pas cherché le dialogue du tout.A ma décharge je vous demande de lire tout ce que j'ai mis sur le blogue et vous verrez que je n'ai pas cherché l'affrontement alors qu'elle ne ménageait pas ses propos déplacés. C'est sans doute les positions bloquées qui me hérissent.
En tout cas,votre compte rendu de sa réunion m'a fait plaisir à lire comme celui de la réunion de Thiberville. Je suis plutôt contente que vous m'interpelliez car votre position sur votre blogue me montre que vous le faites sur de bonnes bases et cela me fait réfléchir. Je n'ai pas eu pour cette campagne de soutien d'aucun appareil, local et national, mais je continue de croire qu'on peut défendre des valeurs sans obéir à des consignes et je vais essayer de garder mon indépendance ...et mon snag-froid. Je n'avais pas remarqué le boycott de son blogue sur les liens, je l'ai mis dans ma réponse , sans doute tard. J'ajoute qu'à la réunion du lendemain, un de ses amis est venu poser des questions, et écouter des réponses,notamment sur le cumul, et j'ai été fâchée qu'elle ait refusé d'entendre des propos qu'elle n'aurait pu qu'appouver. Mauvaise foi ?
Moi aussi j'ai parlé de moutons sur le blogue, heureuse de voir que vous n'en faites pas partie.

Marie-Noelle a dit…

En relisant votre article et votre interpellation sur ma 'hargne' je me pose quelques questions: avez vous essayé et réussi à laisser un commentaire sur le blogue de Madame Zanon?
Avez vous retranscrit la réunion du 8 à Bernay ? Pourquoi ce silence ? Il s'y est dit des choses interessantes, sur le cumul, mais aussi sur les enjeux de l'écologie et de l'emploi, sur les raisons qui ont fait que j'ai voté oui au référendum sur l'europe, sur les raisons pour F Courel de voter non,et aussi sur le combat à mener pour qu'on ne continue pas à pousser les français à vivre dans la peur ( une double entrée annoncée au tribunal de Bernay, à l'heure où il a des chances de fermer!). Certaines idées de désobéissnce civile ont été abordées.
Vous ditez admirer les engagements associatifs de Mme Zanon, et ne mentionnez pas les miennes depuis trente ans, ainsi que mes engagements, qui ne sont pas nouveaux,à gauche. Quant au travail de F Courel sur le terrain, vous ne le mentionnez pas non plus. Est ce bien objectif ? Heureusement que c'était après le premier tour parce qu'on pourrait croire qu'il n'y avait qu'un candidat pour le PS. Or, il est constitutionnellemnt prévu qu'on puisse défendre les couloeurs du parti de son choix, tout comme on peut manifester derrière une bandereolle sans être encarté.
Bon séjour au Brésil (avec sciences po ? )