vendredi 30 novembre 2007

La lutte doit continuer

Un directeur d'IEP agresse un étudiant à Grenoble
Vidéo envoyée par kallok

Alors que l'unef appelle à la levée des blocages dans les universités. Voila une vidéo qui prouve une nouvelle fois l'impunité de certains fonctionnaires envers les citoyens. Ce directeur doit lui aussi passer devant les assises comme "qui vous savez" le reclame pour les jeunes de Villiers le Bel.


Noubliez pas que aujourd'hui personne ne doit citer son nom

mardi 27 novembre 2007

Le jour où j'ai rencontré Jesus



Dans une université où catholiques et évangéliques s'acharnent à vous inviter à des réunions de discussions bibliques, il fallait bien que cela m'arrive aujourd'hui, j'ai rencontré Jesus.

Aujourd'hui à 12h30, INRI Christo donnait rendez vous à ses fidèles dans la salle de conférence de la faculté de comunication de l'UnB. Pendant la matinée, Parana, étudiant en journalisme, explique de quoi il en retourne: "C'est un mec originaire du Sud et qui se prend pour Jésus. Il parle avec un accent bizarre pour faire croire qu'il n'est pas brésilien, il se trimballe avec une couronne d'épine sur la tête et y'a même des gens qui croient en lui et qui le suivent comme des disciples, mais ils sont un tout petit nombre."
En effet, ils sont un tout petit nombre! La salle est pleine... d'étudiants qui viennent ici pour rigoler un bon coup face à un illuminé qui croit être la réincarnation du Christ et qui a déjà une certaine réputation. Il fait une chaleur infernale. Très vite on sue à grosses gouttes et on se dit que l'ambiance divine peut nous amener à avoir des halucinations et des transes invocatrices de "Dieu le sauveur du monde".
Dans sa première allocution, le vieille homme barbu et aux cheveux longs et grisonnants fait l'apologie de son Père (meu PPPai, avec un accent tonique très prononcé sur le P) créateur de l'univers et sauveur des âmes perdues. Un prèche somme toute classique. Habillé d'une tunique blanche et d'un pan de tissus rouge, il porte sur le tête la couronne de ronce (factice) que les romains lui ont posé sur le tête, il y a 2000 ans.
Debout sur la table, l'homme se dépense sans compter pour convaincre son auditoire de sa crédibilité (peine perdue). De vrais disciples l'entourent, l'un lui porte le micro, une lui tend à boire, une dernière lui essuie le front quand il en a besoin. Ces petits soldats de Dieu sont vétus d'une tunique bleue claire, ils ont les yeux rivés sur leur maĩtre et boivent ses paroles. Les femmes ont le droit à un petit chapeau en crochet, on dirait des infirmières tout droit sorties de la 1ère Guerre Mondiale.
Dans la salle, on se bouscule, les chaises sont rares et les places sont chères. Le public s'agite encore plus quand INRI annonce la scéance des questions du public. Les cerveaux d'universitaires bouillonnent: "les étudiants de géologie aimeraient savoir comment vous expliquez la théorie de l'évolution et les fossiles que l'on retrouve lors des fouilles?", "Où étiez vous passez entre votre mort et votre réaparition en 1965?", "Que pensez vous de la position de l'Eglise catholique sur la capote, l'avortement, et le canabis?", "Comment Dieu a t'il pu accepter que Sarkozy devienne président de la France", "Seriez vous prèts à succeder à Lula en temps que président de la République, le PT (parti des travailleurs) a besoin de vous?", "Quelle est la date exacte de votre anniversaire?" "Les homosexuels, les comunistes et les musulmans sont ils des créatures sataniques?". Les étudiants font surtout preuve d'imagination et tentent de défier leur interlocuteur sur des sujets sensibles. Dans l'assistance, on enchaine les blagues potaches.
Le précheur répond à chaque fois d'une manière on ne peut plus démagogique, taillée sur mesure pour son auditoire jeune. Il ne peut s'empécher de lacher un léger sourrire à l'une des question mais très vite il reprend son sérieux pour garder toute sa crédibilité. Les voix du Seigneur sont impénétrables, n'essayez pas de comprendre le darwinisme. Une femme ne peut être contrainte a porter un enfant qu'elle ne désire pas. La prohibition entraine le trafic et le crime, une création divine ne mérite pas un tel traitement.
Au bout d'une heure, le maître quitte la salle dégoulinant de sueur, ses disciples forment un cordon de sécurité pour le protéger de la foule qui souhaite être prise en photo à ses cotés. On lui propose une partie de billard ou bien son soutien face à la nouvelle réforme universitaire mais il fait désormais voeux de silence.
Il s'enferme dans une salle de cours à proximité pour reprendre ses esprits après avoir refusé d'accorder une interview pour ses "futurs fidèles français". Je m'en retourne donc en me consolant: au moins une fois dans ma vie je pourrai dire que j'ai vu Jesus!
Pour dire vrai, je n'ai pas réussi à dénouer le vrai du faux dans cette histoire, et je me suis laissé bercé par la folle histoire de ce type sans y porter aucune crédibilité.


Photo: Un vrai journaliste est toujours en possession d'un appareil photo, ce n'était malheureusement pas mon cas aujourd'hui, ceci est donc une image d'Internet mais c'est bien lui sur la photo. J'espère cependant récupérer des clichés du jour bientôt. En attendant, vous pouvez visitez son site http://www.inricristo.org.br/

lundi 26 novembre 2007

Tout en image (3)


Je mets d'ores et déjà en ligne sur Flickr, la première partie d'un reportage photo sur les condominios, ces résidences cossues pour personnes fortunées qui les coupent entièrement du monde extérieur. La suite arrive bientôt avec un texte ou bien sous la forme d'un diaporama.

Enjoy!
http://www.flickr.com/photos/10812590@N02/?saved=1

Le seigneur est grand et nous sommes petits


« Vous voyez cet homme là-bas, celui qui boite et qui ramasse les boites de métal : il a une vie bien dure. Je vais aller prier Dieu pour qu’il le soulage… » En attendant le bus, une femme entame un monologue à mon égard. Quelques heures plus tard, un autre bus passe devant la cathédrale métropolitaine de Brasilia, pieusement un passager se signe.

Autre culture, autres mœurs et il faut dire qu’en matière de religion le contraste entre la France et le Brésil est saisissant. Dieu est omniprésent dans ce pays qui compte 73,6% de catholiques et 15,4% de protestants (toutes confessions évangéliques comprises). A Brasilia, chaque quadra a son église évangélique : baptistes, méthodistes et autres confessions aux noms lyrique. Le lieu de culte peut bien sur prendre la forme d’un bâtiment de plein pied au milieu des immeubles. Il peut aussi se dissimuler entre une salle de musculation et un tatoueur en pleine quadra commerciale.

Le Brésil étant un état catholique, il n’est pas étonnant de retrouver la religion à tous les échelons de l’administration. Le plus marquant reste tout de même le crucifie géant qui domine l’hémicycle du Sénat. Dans la pratique quotidienne de la politique, la religion n’est pas seulement un symbole au milieu du Parlement, c’est aussi un nombre impressionnant de groupes de pression qui s’activent pour que la morale chrétienne soit respectée. Ainsi l’avortement est toujours interdit (la morale populaire n’est sûrement pas prête à accepter cet acte médical non plus). La dernière prouesse de la part d’un lobby religieux est à attribuer aux évangéliques qui sont parvenus, il y a quelques années, à fériariser un jour du calendrier du District Fédéral (état de Brasilia) en leur honneur. Mécontent du fait qu’on célébrait en permanence les fêtes catholiques, ils sont parvenus à obtenir un jour férié en leur honneur (Dia dos evangelicos). Le 30 novembre prochain est donc férié dans la capitale pour célébrer la religion d’une partie de la population.

La chrétienté est, bien sur, très importante mais ce qui est marquant c’est la foi en générale des Brésiliens. Edouardo réagit à l’athéisme de ses amis français « c’est pas possible, tu dois bien croire en quelque chose. Chrétien, musulman, juif ou autre chose… tu ne crois en rien ? Mais comment tu fais ? » Les différentes vagues d’immigrations ont réussi à créer de curieux mélanges entre les croyances « indigènes » issues des indiens et des esclaves africains, les religions monothéistes venues d’occident et les religions asiatiques (souvent polythéistes). Edouardo se retrouve donc dans une croyance issue d’un de ces croisements.

Le respect est de mise entre tous les croyants pour peu qu’il soit réciproque. Face à la pitié de certains, les attaques frontales pourraient ressembler à des attentats suicides. On peut tout de même être surpris voir choqué par l’influence des cultes dans la société. Par moments certaines positions ressemblent plus à de l’embrigadement voir de l’aliénation tellement le message est répété avec force et violence par les prêtres, pasteurs et autres guides spirituels.



Photos: Cierges déposés au pied de la cathédrale de Brasilia (crédits perso)

mercredi 21 novembre 2007

Asilo Sao José

Ils nous avaient prévenus

Après le mouvement étudiant de 2006, le gouvernement Villepin mettait en place une comission de reflexion à propos de la professionalisation des universités. Le rapport Hetzel, car c'est de lui qu'il s'agit, ouvrait d'ores et déjà les portes des facultés aux entreprises. Morceaux choisis

« Nos principales préconisations visent à améliorer, à tous les stades, l’information des étudiants et à les aider à construire progressivement leur parcours d’insertion vers le monde du travail. Nous visons l’efficacité des poursuites d’études dans l’enseignement supérieur, en terme d’insertion professionnelle, en cohérence avec les besoins des futurs employeurs comme avec les aptitudes et les aspirations des jeunes concernés. (p10)

La professionnalisation des parcours universitaires s’impose à toutes les universités. Elles doivent effectuer plus d’efforts pour adapter leur offre de formation et proposer des cursus plus directement valorisables dans le monde du travail. (p35)

Rendre obligatoire dans toutes les licences, un module projet professionnel personnalisé pour l’année universitaire ainsi que l’acquisition de compétences de base dans trois domaines : 1. la maîtrise d’une langue vivante étrangère, 2. l’informatique et les outils bureautiques, 3. la recherche d’un emploi (rédaction de CV, entretien d’embauche, etc.), la connaissance des secteurs économiques et proposer un parcours professionnalisé en troisième année de licence (L3). L’objectif est clairement de favoriser l’acquisition par les étudiants d’outils de professionnalisation. Cela permettra à chaque étudiant d’ajuster ses orientations dans la perspective des emplois qu’il vise tout en tenant compte des compétences acquises. (p36)

Au Japon et en Grande-Bretagne, des universités favorisent l’implication directe des entreprises dans la définition du contenu de certains cursus ciblés sur les besoins de l’économie. A titre d’exemple, Ford a créé, avec l’université de Loughborough en Grande-Bretagne, un Bachelor of Science en logistique des approvisionnements dans le secteur automobile. Ce partenariat a débouché sur la création d’un centre « Ford » sur le campus de l’université, les formations sont dispensées à la fois par des universitaires et des cadres de Ford.
En France depuis plus de 12 ans, le groupe Véolia Environnement développe une politique partenariale avec plusieurs universités. Aujourd’hui à travers un master et une licence professionnelle préparant aux métiers des services à l’environnement ce sont plus de 170 étudiants qui bénéficient chaque année de ces dispositifs (en contrat d’apprentissage ou en formation continue) avec un taux de réussite aux diplômes de l’ordre de 95% et un recrutement automatique en CDI pour les apprentis reçus aux diplômes. L’ingénierie des cursus et les enseignements sont assurés par les universités et les intervenants du groupe Véolia Environnement. (p38)
A titre d’exemple, actuellement au sein des académies, il existe pour le second degré scolaire, des ingénieurs pour l’école, qui sont mis à la disposition des académies par leurs entreprises dans le but de permettre une meilleure connaissance du monde professionnel et le développement actif de partenariats. Un dispositif similaire mérite d’être étudié pour l’université.

De plus, il est souhaitable de mettre au point un dispositif réglementaire permettant aux universités d’établir des contrats avec les entreprises afin que ces dernières puissent mettre à la disposition des universités, selon des modalités à convenir, des collaborateurs dont le rôle serait aussi de permettre d’intervenir dans les cursus des étudiants afin de contribuer activement à leur professionnalisation (p39)

A l’instar de ce qui se fait déjà en Italie, il serait sans doute opportun d’inciter les universitaires qui le souhaitent, à consacrer quelques années à la recherche appliquée en entreprise. Cela est notamment possible par le développement des aides à la mobilité. Certes, la loi sur l’innovation le permet déjà mais cela n’est, pour l’heure, que très insuffisamment pratiqué.

De même, implanter des entreprises à proximité immédiate des campus universitaires peut être une solution astucieuse pour créer des synergies. Lier la question de l’évolution universitaire à la thématique générale de l’aménagement du territoire et du développement économique avec l’implantation des entreprises est très souvent pratiqué aujourd’hui au Japon, au Canada et aux Etats-Unis. Le plus bel exemple de cette démarche est évidemment le site de Stanford où université et entreprises ont oeuvré en synergie pour le développement de la Silicon Valey. Il en découle une économie californienne très performante en électronique et en informatique.

Une opportunité très importante existe actuellement en France au travers de pôles de compétitivité. Ils sont une occasion unique de rapprocher durablement la recherche et les entreprises, il est important que les universités y prennent pleinement leur place. A cet égard, l’exemple de Limoges est très intéressant puisqu’un site spécifique intitulé Ester a pour vocation de réunir géographiquement des entreprises innovantes, des laboratoires de recherche et des lieux d’enseignement universitaire. (45)

On voit émerger de véritables marques universitaires mondiales. La valeur de ces marques est liée à une histoire, à la qualité de l’enseignement et des recherches, au nombre d’étudiants diplômés chaque année, à la diversité de ces étudiants et à leur taux d’insertion professionnelle. Tout le monde connaît le MIT, Harvard, Stanford, Oxford, Cambridge, Heidelberg, Louvain mais aussi de plus en plus Tokyo University, Tsinghua à Pékin ou encore Fudan à Shanghaï. De la France, à l’étranger, on connaît surtout la Sorbonne. Ce nom a un prestige immense partout dans le monde mais il s’agit désormais plus d’un bâtiment que se partagent quatre universités et le rectorat de Paris que d’une université unique et de plein exercice […] Il est essentiel que les présidents d’université, entourés d’une équipe, prennent cette problématique à bras le corps. Il est capital que nos universités communiquent davantage sur leurs points forts, publient leurs résultats en matière d’activité de recherche, d’enseignement, de suivi des étudiants. (p48)

L’embauche d’un jeune diplômé est un investissement sur l’avenir pour les entreprises et elles le reconnaissent volontiers, insistant même fortement sur le fait que leur souci est bien de les garder et non pas de les perdre. Les entreprises auraient donc largement intérêt à construire, avec les universités, des parcours d’intégration et de lutte contre la précarité pour assurer davantage de sécurité aux jeunes. Il est important que ces derniers puissent avoir confiance dans les entreprises susceptibles de les embaucher. (p50)


• S’impliquer pleinement aux côtés des universités pour la construction des diplômes professionnels du LMD mais aussi pour professionnaliser les diplômes plus généralistes

• Mobiliser leurs cadres, actifs ou retraités, pour toute une série d’activités devant les étudiants telles que des conférences, des participations à des modules de formation ou à l’aide à la construction des projets professionnels des étudiants

• S’engager dans un travail de fond sur la connaissance des réalités de l’entreprise et de l’économie de marché (sur le mode de ce que fait l’Institut de l’entreprise présidé par Michel Pébereau) mais de manière encore plus systématique

• Recourir davantage à l’Université pour satisfaire les besoins en formation continue de leurs équipes

• Contribuer à mettre en place en plus grand nombre des « semaines université /entreprise », telles qu’elles existent déjà à certains endroits

Les représentants des employeurs demandent des interlocuteurs attitrés et disponibles, des engagements institutionnels de long terme et la bonne exécution des contrats signés. Il est important de noter que les différents intervenants ont toujours pris soin de préciser le caractère essentiel de la formation générale à tous les niveaux de qualification et que leur offre de service en direction des universités se limite aux domaines des compétences et des comportements et en aucun cas à celui des connaissances qui appartient en propre à l’Université. Il n’y a donc aucune volonté de « mélanger les genres » comme le craignent certains représentants des enseignants. (p54)


La création de chaires d’entreprises au sein des universités permettrait aux entreprises de participer plus activement à l’évolution des savoirs et à la formation des étudiants en leur apportant les réalités du monde économique, la connaissance des évolutions technologiques et des compétences mises en oeuvre pour tenir sa place dans la compétition mondiale. (p56) »




mardi 20 novembre 2007

"Nos stagiaires en contrepartie du versement de la taxe d’apprentissage "

Alors que le débat sur les universités fait rage en France, je ressors une interview réalisée en début d'année lors d'un embryon d'enquète sur les relations entre les entreprises et les universités. Le premier épisode avait été publié ici même en juin dernier.
Rencontre avec M. Gibassier, chef du service industriel à l’IUT de Lannion.

L’IUT a signé des conventions de partenariat avec des entreprises à l’occasion de l’ouverture du DUT GTR en 2003 puis de la LP ISVD en 2005, en quoi consistent ces conventions ?

Ces conventions sont des contrats moraux entre l’IUT et les entreprises pour favoriser les différentes filières. On leur montre la qualité de nos enseignements et de nos stagiaires en contrepartie du versement de la taxe d’apprentissage, d’interventions de professionnels pour des cours ou des avantages particuliers comme le don d’anciens matériels ou des tarifs spécifiques chez nos principaux fournisseurs. Nous pouvons aussi faire de la formation continue pour les salariés des entreprises partenaires. Ces relations formalisées facilitent l’intervention de professionnels pour des cours, ce qui est une de nos obligations inscrites dans le programme pédagogique national, mais eux ne sont pas obligés de répondre à nos attentes. Ces intervenants dispensent 5% des cours en R&T, mais ils représentent plus de 50% des effectifs. C’est un apport important qu’il nous faut stabiliser et ces conventions nous aide en cela.

Comment se passe la collecte de la taxe d’apprentissage ?

Nous disposons d’un mailing avec une centaine d’adresse sur toute la Bretagne. Nous avons des contacts avec toutes les entreprises de notre secteur (réseau et télécoms) que nous avons récupéré au fur et à mesure des stages des étudiants et par la réputation de la formation et de la ville dans les télécoms. Aujourd’hui les entreprises donnent de moins en moins directement, elles passent par des organismes collecteurs comme de CRCI qui dépend de la Chambre de Commerce et d’Industrie (CCI) qui redistribue par la suite entre tous les établissements. Nous pourrions avoir un réseau plus important, mais nous manquons de temps pour le faire. Pour l’instant nous ne sollicitons pas les étudiants actuels et anciens. Nous n’avons pas une connaissance assez poussée des anciennes cohortes pour accomplir ce genre de sollicitation. Mais cela peut s’envisager d’ici quelques années.

Les entreprises qui versent la taxe d’apprentissage influencent elles la politique d’équipement de l’IUT ?

Non, l’utilisation de ces fonds n’a absolument aucun rapport avec la source. L’IUT est autonome dans ses décisions. Par contre la taxe d’apprentissage peut être versée par un don de matériel.

Comment les entreprises ont-elles accès au plateau technique de l’IUT ?

On a des équipements qui peuvent parfois correspondre aux services recherche et développement de certaines firmes. Elles peuvent y avoir accès en signant une convention avec l’IUT. Les contreparties ne sont pas chiffrées, mais on les sollicite ensuite en ce qui concerne la taxe d’apprentissage, la venue de professionnels. Il s’agit d’un échange de service. Les laboratoires favorisent le brassage et l’intégration des étudiants dans le territoire local.

Le site Internet de l’IUT parle de « relations plus formelles, plus ciblées, plus privilégié avec un certain nombre d’entreprises » en quoi cela consiste ?

Nous sommes principalement en relation avec les entreprises partenaires, mais le département Information Communication n’a pas de convention de partenariat par contre il entretient de bonnes relations avec les médias locaux.

On retrouve des chef d’entreprises parmi les conseils décisionnels de l’IUT. Ils sont présents au conseil d’université, au conseil d’institut et au conseil d’administration. Par exemple, le conseil d’institut est présidé par le président d’Alcatel University. On retrouve aussi des représentants des partenaires sociaux et des collectivités territoriales. Les professionnels siègent dans les jurys qui délivrent les diplômes. Ceci n’a rien d’aberrant. Je crois que vu la nature de la formation, il est important et nécessaire de développer des relations avec un grand nombre d’entreprises pour éviter de tomber dans le monopole avec une seule entreprise pourvoyeuse de financement, de collaboration, et d’emploi. Il faut garder l’autonomie de nos formations. L’aspect professionnalisant de l’IUT l’oblige à s’adapter aux besoins du secteur et à connaître ses débouchés. On ne peut pas travailler avec du matériel obsolète, c’est pour cela que nous orientons l’enseignement en fonction de l’innovation. On essaye de ne pas se trouver dépasser, mais nous ne réussissons pas toujours.

Quelles sont vos relations avec les institutions de développement économique (adit, CCI) ?

Tous ces organismes qui participent au développement économique sont en relation avec nous notamment en ce qui concerne la taxe d’apprentissage. Cependant la relation n’est pas directe, il n’existe pas d’incubateur d’entreprise, ou de rencontre étudiant – entrepreneur comme on peut avoir à l’ENSSAT. Les liens sont beaucoup moins forts.

Pourquoi avoir implanté une licence professionnelle spécialisée dans l’entretien des plates-formes pétrolières ?

Cette création vient du fait que de nombreux étudiants en Mesures Physiques trouvent un emploi dans ce secteur. Les entreprises ont besoin de compétences spécifiques et l’IUT a décidé d’enseigner ces savoirs. Il s’agit en réalité de la formalisation d’un besoin d’un secteur. Des entreprises du secteur qui nous versent déjà la taxe d’apprentissage ont exprimé leur besoin et l’IUT a construit un projet de diplôme après avoir étudié la pertinence de la demande. C’est la preuve qu’il y a des possibilités de développement en dehors des télécoms.

On commence à voir se développer en France des chaires d’entreprises, ces diplômes d’université financé par une entreprise, s’oriente t on vers un tel statut ?

Non, on ne va pas aller jusque-là. C’est en dehors de nos perspectives