lundi 21 décembre 2009

See you later aligator


Mois de décembre muet et il faut faire ses aux revoir à l'Equateur. Un dernier coup d'oeil aux volcans et le parc de Guano, une chanson en quetchua et un verre de chicha, puis on se dirigera vers Quito, direction Paris avec étape à Caracas et Madrid. Choc brutal de la saison permanente équatorienne pour affronter le rude hiver européen. SuperS n'a pas résolu le dérèglement climatique à Copenhague? Vive le chauffage au nucléaire!
Retour en France pour un avenir en forme de point d'interrogation. De nouvelles aventures très bientôt dès que j'aurais mis mon cache colle.

jeudi 19 novembre 2009

La vie avec le VIH en Equateur [2]


Second témoignage d'une femme équatorienne porteuse du VIH et vivant à Riobamba qui a demandé qu'on l'appelle Victoria.

" Mon premier compagnon m'a transmi le virus VIH, et c'est de cette maladie qu'il est décédé. Lorsque je me suis rendu au Centre de Santé pour faire le test, ils m'ont annoncé que j'étais positive. Cela fut très dur à accepter, et j'étais préocuppé pour ma fille. Ce fut terrible, je ne savais pas où aller, si je devais quitter la maison, je ne savais pas quoi faire ni comment le dire à mon nouveau mari.
Je me suis confié à ma belle soeur en premier lieu. C'est elle qui m'a accompagné dans tout le processus médical pour confirmer le premier test. C'est aussi elle qui m'a aidé pour annoncer la nouvelle à mon époux. Lorsqu'il a appris la nouvelle, il a été déçu car je ne lui avait pas dit que j'allais faire le test mais il s'avère qu'il fut une personne merveilleuse. Je pensais qu'il allait me battre ou bien m'expulser de la maison mais bien au contraire, il est resté à mes cotés et du premier jour jusqu'à aujourd'hui, il m'aide et me soutient. Il se fache quand je ne suis pas exactement le traitement, il fait très attention à moi. Dans cette épreuve je reçois aussi le soutien inconditionnel de ma belle soeur ainsi que de toute ma belle famille. Ce n'est pas le cas de mes parents ni du reste de ma famille de la part de qui je n'ai aucun soutien.
La vie ne se termine pas avec le VIH, elle se poursuit bien au contraire. La vie est merveilleuse et tellement belle. Malgré cette épreuve douloureuse, je continue à me battre tous les jours. Pour ma fille et pour toute les personnes qui m'aident au quotidien."

mardi 17 novembre 2009

"Cette extradition équivaut pour moi à une peine de mort"


Je citais quelques extraits de la lettre que Cesare Battisti a envoyé le 13 novembre au président Lula. Voici la traduction complète de la missive, réalisée par mes soins pour aider le groupe Brasil e Desenvolvimento ainsi que tous ceux qui se mobilisent contre son extradition.

“Trente ans changent beaucoup de choses dans la vie d'un homme, et parfois font une vie entière” (L'homme révolté – Albert Camus)



Si nous regardons un peu notre passé d'un point de vue historique, combien d'entre nous peuvent sincèrement dire qu'ils n'ont jamais désiré proclamer la propre humanité, la déployer dans tous ses aspects en une grande liberté. Peu, très peu, sont les hommes et les femmes de ma génération qui n'ont pas rêver d'un monde différent, plus juste.

Cependant, fréquemment, par pure curiosité ou par les circonstances, seulement certains décidèrent de se lancer dans la lutte en sacrifiant sa propre vie.

Mon histoire personnel est suffisamment connue pour ne revenir de nouveau sur les raisons qui m'ont conduit à la lutte armée. Je sais seulement que nous étions des milliers, et que certains moururent, d'autres sont prisonniers, et beaucoup sont exilés.

Nous savions que cela pouvait se terminer ainsi. Combien furent ils les exemples de révolution qui ont échoué et que l'histoire nous avait déjà raconté? Même ainsi, nous avons recommencé, nous nous sommes trompé et même avons perdu. Pas tout! Les rêves continuent.

Nombreuses conquêtes sociales, dont profitent aujourd'hui les italiens, furent conquises grâce au sang versé par ces compagnons de l'utopie. Je suis le fruit de ces années 70, comme beaucoup d'autres ici au Brésil, notamment beaucoup de compagnons qui aujourd'hui sont responsables du destin du peuple brésilien. En vérité, je n'ai rien perdu car je n'ai pas lutté pour quelque chose que je pouvais emporter avec moi. Mais maintenant, détenu, ici au Brésil, je ne peux accepter l'humiliation d'être traité comme un criminel de droit commun.

Pour cela, face à la surprenante obstination de certains juges du Suprême Tribunal Fédéral qui ne veulent pas voir ce qu'était vraiment l'Italie des années 70; qui nient l'intention de mes actes; qui fermèrent les yeux face à l'absence totale de preuves techniques à mon encontre en référence aux 4 homicides qui me sont attribués; qui ne reconnaissent pas les failles de mon procès, la prescription, et qui savent les autres empêchements à mon extradition.

Plus que tout, il est surprenant et absurde, que l'Italie m'ait condamné pour activisme politique et au Brésil, certains n'ont pas peur de m'extrader sous prétexte d'une implication pour un crime commun. C'est absurde, principalement pour avoir reçu du gouvernement Brésilien la condition de réfugié politique, décision pour laquelle je serai à jamais reconnaissant.

Face aux énormes difficultés de gagner cette bataille contre le puissant gouvernement italien, qui utilisa tous les arguments, les outils et les armes, il ne me reste pas d'autres solutions aujourd'hui que de débuter une “GRÈVE DE LA FAIM TOTALE” pour que me soient accordés les droits attribués au statut de réfugié et prisonnier politique. J'espère par cet acte de désespoir, empêcher cette extradition qui équivaut pour moi à une peine de mort.

J'ai toujours lutté pour la vie et s'il faut mourir j'y suis prêt mais jamais dans les mains de mes tortionnaires. Ici, dans ce pays, au Brésil, je continuerai ma lutte jusqu'à la fin, et bien que fatigué, jamais je ne vais abandonner de lutter pour la vérité. La vérité que certains refusent de voir. Il est le pire des aveugles, celui qui refuse de voir.

Je termine cette lettre, en remerciant les compagnons qui depuis le début de ma lutte ne m'ont jamais abandonné, et de la même forme, je remercie ceux qui sont arrivés dernièrement, mais qui ont autant d'importance que ceux qui sont à mes cotés depuis le tout début. A vous, mes sincères remerciements. Comme ultime suggestion, je vous recommande de continuer à lutter pour vos idéaux, pour vos convictions. Cela vaut la peine!

J'espère que l'héritage de ceux qui sont tombés sur le champ de bataille ne soit pas vain. Nous pouvons perdre une bataille mais je reste convaincu que la victoire de cette guerre est réservé à ceux qui luttent pour la généreuse cause de la justice et de la liberté.

Je rend ma vie entre les mains de votre Excellence et celles du peuple brésilien.

Brasília, 13 novembre 2009

Cesare Battisti




La vie avec le VIH en Equateur [1]


La Otra Esquina travaille actuellement en collaboration avec la direction régionale de la santé du Chimborazo pour un film de prévention sur le VIH / SIDA à destination des collégiens du canton de Guano. Un témoignage d'une femme équatorienne porteuse du VIH. Elle vit à Riobamba, a choisi le pseudonyme de Pilar et revient sur les discriminations dont elle a été victime suite à son état de santé.

"Je m'appelle Pilar, je suis professeur et je suis porteuse du VIH depuis 2002. On m'a diagnostiqué le virus lors d'un test au septième mois de ma grossesse. Le médecin m'a conseillé d'avorter pour ne pas contaminer mon enfant, mais j'avais déjà fais une fausse couche dans le passé et je ne voulais surtout pas perdre mon fils une seconde fois. J'ai décidé de ne pas revenir à l'hôpital pour ne pas subir d'autres pressions de la part des médecins.
Aux premières contractions, je me suis rendu à la maternité de Riobamba où personne n'a accepté de me prendre en charge en raison de mon état de santé. Les médecins souhaitaient tous me transférer à Guayaquil ou à Quito car aucun n'étaient préparés pour un accouchement de ce type. Les douleurs étaient trop fortes pour envisager un quelconque voyage, et finalement j'ai rencontrer un personnel compétent car spécialisé qui m'ont pris en charge.
Lorsque je suis sorti de la salle d'acouchement, je fus emmené dans la salle de récupération. Je fus isolée des autres pacientes et j'ai pu remarqué qu'on lavait mon fils dans le lavabo. Les repas étaient servis dans des ustensibles jetables en plastique et on me servit la soupe dans une bouteille de Cola coupée en deux.
Suite à ces mauvais traitements, je n'ai pas voulu revenir à l'hôpital pour suivre un traitement. Ce n'est que deux ans plus tard, suite à la visite d'une assistante sociale que j'ai commencé la médication. Mon état de santé s'empirrait mais aujourd'hui, cinq ans plus tard, je me porte très bien.
Il y a peu de temps, j'ai du soigner un problème dentaire et de nouveau, j'ai du affronter la discrimination de certains médecins qui refusaient de me soigner. Il a fallu faire des pieds et des mains avec les responsables de la clinique du SIDA pour qu'enfin on puisse me soigner et se rendre compte que les odontologues ne respectaient pas le processus sanitaire basique."

lundi 16 novembre 2009

Cesare Batttisti ne retournera pas en Italie


Le Suprême Tribunal Fédéral (STF) Brésilien tergiverse et n'arrive pas à prendre une décision. Le président Toffoli récemment investi du poste refuse de prendre une décision et laisse ses collègues dans un match nul 4/4. Les juges souhaitent déléguer la décision au chef de l'Etat brésilien, Lula, et pendant ce temps Battisti attend...

La décision devait tomber le 14 novembre. Un an après avoir reçu du ministre de la justice brésilien le statut de réfugié politique, le STF devait décider de l'extradition, ou non, de Cesare Battisti. Le vote ne donna rien puisque 4 juges votèrent pour le retour entre les griffes de Berlusconi et son gouvernement fasciste et 4 optèrent pour qu'il puisse rester au Brésil. Le président du STF, Gilmar Mendés, qui possède un vote de minerve ne votera que jeudi. Le ministre, tout juste investi, Toffoli lui ne se prononcera pas. Lula reste le dernier rempart car il peut toujours empécher l'extradition.
La défausse des juges veut faire du cas Battisti un cas diplomatique quand on leur demandait de statuer en fonction de critères juridiques. C'est aujourd'hui à Lula de prendre une décision et cela représente une entrave à la séparation des pouvoirs. L'exécutif ne peut prendre une décision qui relève du pouvoir judiciaire. Le président de la république brésilien est soumis à une pression italienne des plus crapuleuse. Berlusconi promet des millions en investissement contre la tête de Battisti. En cas de désaccord, l'Italie promet un enfer diplomatique sur la scène international avec des sanctions touchant directement au porte-monnaie. Le même chantage dégueulasse exercé sur la France en 2003 et auquel avaient cédé Chirac et Sarkozy.
Et Batisti attend dans la prison de Papuda, à Brasilia. Gabriel Elias, grand ami et membre du groupe Brasil e Desenvolvimento, l'a rencontré la semaine dernière. Battisti n'avait pas encore commencé sa grève de la faim mais son état était déjà critique. Gabriel a rencontré un homme "propre et bien habillé" mais "déprimé" "qui ne réussissait pas à manger ni à dormir, il avait déjà perdu 5 kilos". Les étudiants de l'UnB, le comité du Céara Critica Radical, et son comité de soutien travaillent activement dans les alcôves du pouvoir, dans la rue et à ses cotés en lui rendant visite. Ils tentent de redonner espoir à un homme profondément "abattu" et "anxieux".
Le 14 novembre, Battisti commençait une grêve de la faim totale, ce qu'il refusait jusque là et qu'il décrit comme "un dernier acte de désespoir" et écrivait une lettre à Lula et au peuple brésilien. L'extradition représente "une peine de mort".
"J'ai toujours lutter pour la vie mais s'il faut mourrir, je suis prêt mais ça ne sera pas par les mains de mes tortionaires". Le message est clair, il ne retournera en Italie que dans un cercueil et en finira avant de poser le pied sur sa terre natale. Comme si cette lettre était un testament, il remercie les gens qui l'aident et se mobilisent en son nom, ceux du début ainsi que les derniers arrivés: "qui ont la même importance que ceux qui sont à mes cotés depuis le début". "J'espère que l'héritage de ceux qui sont tombés sur le champ de bataille ne soit pas vain. Nous pouvons perdre une bataille mais je reste convaincu que la victoire de cette guerre est réservé à ceux qui luttent pour la généreuse cause de la justice et de la liberté."

source: passa palavra et Brasil e Desenvolvimento
credit photo: café babel
Modification: 17/11/09 14h07 après les corrections de Joao Telésforo.

samedi 14 novembre 2009

Un Brésil arc en ciel


Il est des événements qu'on ne peut manquer sous aucun pretexte quand on a la chance d'être proche du lieu. Le dernier jour au Brésil, attendant un avion sur la plage de Copacabana où il pleuvait abondamment se déroulait la Gay Pride Carioca. Une grande et belle fête.

Ce premier novembre, on a vu "O pais de todos" prendre une teinte arc en ciel pour qu'enfin l'homophobie soit criminaliser comme le mérite toute sorte de discrimination, de ségrégation et de violence ayant pour pretexte la couleur de peau, l'orientation sexuelle ou bien le genre.
Cette manifestation politique et festive faisait échos aux propos honteux du gouverneur du Paraná, Roberto Requiao, qui le 28 octobre dernier, avait fait preuve d'humour relatif en accusant les Gay Pride de favoriser le cancer du sein chez les hommes. Choquant mais prévisible de la part d'un homme qui dirige l'un des états les plus conservateurs du Brésil et qui dénombre 160 homosexuels et travestis assassinés en 15 ans.
Requiao fut l'une des cibles des discours politiques qui inauguraient le défilé. Associations de gays, de lesbiennes, de travestis mais aussi Carlos Minc, ministre de l'environnement ont pris la parole a la tribune pour réafirmer l'égalité des individus quelque soit leurs préférences amoureuses.
Le mouvement LGBT a l'avantage de savoir de revendiquer ses droits en faisant la fête. La gay pride a une forte signification politique mais c'est aussi un rassemblement musical ample qui brasse toute la population pour danser sur des rythmes électroniques. Une longue techno parade qui commence en après midi et se termine bien plus tard dans la nuit.
Sous les fenètres du Copacabana palace, prison en marbre pour millionaires, se répand la joie de vivre et la "perversité" populaire. Le contraste est saisissant entre ces touristes pompeux de caviar et de cigarres qui capturent l'événement depuis les fenètres de leurs cages dans leurs appareils photo miniatures et le bas peuple de la rue, déguisé, fardé, travesti qui danse et se dandine.
Les couples s'embrassent goulument, une telle journée n'est pas digne d'une quelconque retenue sociale. Les travestis passent parmi le cortège, ces hommes au genre confus repoussent les limites du mimétisme féminin. Certains décident de la vivre tout simplement, d'autres montent leur spectacle en haut des chars embrassant la foule d'un regard polisson.
Tout le long du défilé, on ressentait une liberté incroyable comme s'il s'agissait d'une zone à part en dehors de l'oeil inquisituer du Big Brother moraliste. Une leçon de réapropriation de l'espace public qui prenait une signification bien plus politique que le laissait paraitre ses talons hauts pointure 45.

jeudi 12 novembre 2009

Retour en image sur le festival d'Ozogoche

Au mois de septembre, a eu lieu à Ozogoche, le septième festival des cultures vivantes en l'honneur des oiseaux cuvivis. La Otra Esquina avait filmé un certain nombre de chansons, de danses, de théatre et les met aujourd'hui à disposition sur Internet. Trois vidéos sont reproduitessur Réaction à Show. La première est une chanson bolivienne en l'honneur d'Evo Morales, égérie indigène andine dans la lutte contre l'hégémonie yankee. La seconde est une danse traditionelle péruvienne. La troisième vidéo est une pièce de théatre en quetchua (mais compréensible par tous) sur la colonisation et l'explotation des peuples autochtones par l'homme blanc. Ici vous pouvez retrouver une démonstration de danse colombienne.