mercredi 18 juillet 2007

Et j'ai vu le sang couler

Qui n’a jamais joué, étant plus jeune, aux cow boys et aux Indiens? Qui n’a jamais rêvé de ressembler à John Wayne ou Charles Bronson? Qui n’a pas pleuré devant Danse avec les loups? Qui sait vraiment ce qui c’est passé aux États Unis au XIXe siècle?

C’est une passion lointaine, une obsession infantile, un scénario joué des milliers de fois mais dont on ne se lasse pas. Il y a le cow boy: solitaire, ténébreux, courageux. Il y a le brigand: alcoolique, nerveux et un brin vicelard. À la fenêtre, la danseuse du bar étouffe ses sanglots dans un mouchoir blanc. Le shérif est dépassé par les événements. Au bout de la rue, un Indien taciturne fume la pipe un poncho sur ses épaules. L’histoire se conclut toujours par l’arrivée de la cavalerie escortant la diligence amenant la paye des mineurs.
Tous les petits garçons ont été bercés par le far west. La dernière séance pour les plus anciens, Lucky Luke pour tout le monde.

John Wayne, Yul Brynner, Clint Eastwood... Le duel fratricide rythmé par l’harmonica d’Ennio Moriconne. “ Il y a toutes ces heures passées à jouer aux cow boys et aux Indiens. En toute innocence. Sans jamais me poser de questions. Les choses étaient tellement simples et rassurantes dans les westerns hollywoodiens du mardi soir: d’un côté les gentils cow boys de l’autre les affreux indiens.” Vincent Bouët Willaumez a été bercé par la dernière séance d’Eddy Mitchel. “Ce n’est que bien plus tard, en grandissant, que j’ai découvert comment cela s’était passé, il y a à peine 150 ans en Amérique.”

Le rêve et la réalité

Sand Creek, Chivington, Washita, la Marias, Wounded Knee. À l’âge adulte, ces noms ne sont plus synonymes de rêves. “Les blancs” y ont massacré les Lakotas, les Cheyennes, les Arapahos...
On ne brise pas aussi facilement l’imaginaire des gamins. Depuis très longtemps, Vincent Bouët Willaumez, comédien et marionnettiste, souhaitait monter un western. “Trop simple” lui répond son acolyte Corinne Esparon, “il faut un thème plus recherché”. Le postulat de départ se construit doucement autour de la résistance indienne. “Il y a les Cheyennes, les Arrapahos, les Crows, les Kiowas, les Lakotas. Il y a les bisons. Il y a le feu. Il y a la terre. Il y a l’air, l’eau, la nuit, le soleil. Il y a les étoiles. Il y a le temps. Tout le temps... Mais depuis quelque temps, il y a les Visages Pâles. De plus en plus de Visages Pâles...”
Pendant un an, Vincent et Corinne se documentent. Ils s’accrochent à cette création. Ils vivent des hauts et des bas mais résistent à la facilité qui leur propose de tout arrêter.
Dans le théâtre, dans lequel il est en résidence pour la création du spectacle. Vincent Bouët Willaumez se raccroche à une diligence: celle que lui a construite son père pour son dixième anniversaire. Ce sera le point de départ de la pièce.

À la recherche de traces

En 2005, un voyage sur les terres Lakotas leur redonne du baume au cœur. “Nous avons rencontré par hasard une tribu d’Indien descendante des rescapés du génocide. ”Ils suivent le périple des sioux qui pendant une semaine courent autour de leurs anciens territoires sacrés pour honorer la mémoire de leurs ancêtres.”
Les deux acteurs reviennent en France bouleversés et surmotivés. Ils ont constaté la misère dans laquelle les Indiens sont cloîtrés. Pour que l’information traverse l’Atlantique et pour leur rendre hommage, ils finissent le spectacle. “Aux États Unis, les Indiens sont enfermés dans des réserves. Tant qu’ils habitent à l’intérieur, ils perçoivent des subventions s’ils s’exilent, ils perdent l’argent qui les fait vivre. Les réserves sont de véritables ghettos où vivent des personnes assistées à 100% rongées par l’alcool.”

Parental advisory: explicit lyrics

Sur scène, Vincent manipule ses personnages comme des jouets. Les figurines indiennes sont fabriquées grâces à des pierres ramenées des États Unis: “certaines ont la forme de visage”. Les cow boys sont représentés par des pinceaux et des balais: “ce sont des objets manufacturés avec les cheveux en brosse. Ils ont une forme très militaire. Cela évoque aussi le fait qu’ils aient balayé les occupants originels du territoire, ils ont repeint le pays en blanc.”
Les personnages sont stylisés mais le propos n’est pas épuré. “Le spectacle traite d’un génocide, il a été écrit pour un public averti.” Les plus jeunes sont priés de passer leur chemin car la violence est réelle. Les figurines sont maltraitées. Quand les Blancs attaquent les Indiens, le son métal de Rage again the machine estomaque le spectateur. L’innocence indigène est balayée par les principes arrivistes et chrétiens des colons.
Personne ne sort indemne de ce spectacle. Lorsque les lumières se rallument, Vincent Bouët Willaumez semble épuisé tant physiquement que moralement. Le spectateur reste un temps assis, le temps de se remettre de ses émotions.

Créé en novembre 2005, le spectacle ne fait que débuté sa carrière. Ses créateurs espèrent pouvoir le montrer devant des collégiens pour que la prise de conscience soit généralisée. Récemment, ils ont reçu une proposition d’un festival Ivoirien qu’ils aimeraient concrétiser. “En fin de compte le scénario fut le même en Amérique et en Afrique.”

Le rock dans tous ses états: La septième vague


“Tu captureras le son de la septième vague en pensant à moi” Légende maoris, créole ou pure affabulation, une histoire commençait par cette phrase.
Les concerts d’un festival nous surprennent tel les vagues de la Manche. On rentre peureusement avant d’y mettre la tête définitivement afin de dissiper toutes appréhensions futures

La première est celle qui surprend le plus, en l’occurrence: Didier Super. Qui n’a jamais entendu l’ignominie criarde du picard ne connait pas les profondeurs de la bêtise humaine. En ces temps moroses, le gaillard sait motiver un public. Il a crevé depuis longtemps le second degré et n’a peur ni de l’impolitiquement correct ni du mauvais goût. “Elle est fraîche tu trouves pas?"

We’re from Barcelona est une grande vague d’amour.. Sur la petite scène de la Papamobile, le groupe composé de 12 hippies suédois fait déferler un tsunami d’amour. Ils dégagent une telle impression de bonheur qu’on ne peut que se laisser emporter. Maximo Park rajoute une pointe de sexe. Le rock qu’ils interprètent est suggestif, le chanteur emprunte tout un registre de positions scénique au Mick Jagger de la grande époque. The Rakes continue sur cette lancée, une pointe d’excentricité et de féminité en plus. Tous les festivaliers ont déjà du rock jusqu’aux oreilles. Ils ont plongé la tête et certains sont partis pour une apnée de 48h. La distance ne leur fait pas peur

En fin de soirée, les moins entraînés reprennent leur souffle face à Wax Tailor. Le Dj Vernonais distille du hip hop cinématographique. La mise en scène est soignée, le son chiadé. Les 3 musiciennes de talent qui l’accompagnent renforcent cette impression de maîtrise totale du set. Charlotte Savary, chanteuse, fait planer les festivaliers. “Ce n’est pas de ma faute si je ne sais faire que la planche!Attentions aux intempéries, la déferlante !!! peut surprendre. Les surfeurs australiens se jouent des tubes, eux se jouent des machines. “Attention celle là, elle est grosse”

Les Suédois sont les spécialistes des chocs thermiques,alternant sauna étouffant et bain de mer glacial. Rien de tout ça chez le beau blond de Peter Von Poelh. Les cheveux dans les yeux, il séduit toutes les demoiselles. Pour entamer le deuxième jour, votre nouveau maître nageur vous propose de débuter par une petite brasse.

Marseille n’est pas forcément réputée pour ses vagues. Jehro et ses riddim de reggae amorcent tout de même une jolie houle.

Vers 20h, le festivalier entend le chant des sirènes. Manque de sommeil, produit s psychotropes? Non, Clap your hand say yeah! La voix nasale du chanteur envoûte le public. Tout le monde frappe dans ses mains et dit “yeah”

Quand le soleil se couche, le gros temps arrive. Le ciel ébroicien reste clément mais une déferlante force 9 à 10 se prépare: Kaiser Chief monte sur scène. Les slameurs parviennent tout juste à garder la tête hors de l’eau, les autres rendent visite à la faune et la flore marine. Se laisser tomber au fond pour pouvoir mieux rebondir. Tout le monde saute de joie.
Aaron vient conclure cette 24e édition du rock dans tous ses états. Ceux qui ne sont pas encore revenus à la surface voient apparaître des lucioles de mer. Les 8000 spectateurs allument briquets, portables et lampes de poche quand le groupe entame “Lyli”, le tube qui l’a propulsé sur toutes les radios. Le festival se termine et les sauveteurs en mer viennent récupérer les dernières âmes perdues. “Une fois qu’on est rentré dedans, on ne veut plus en sortir!”
2007 était une année de transition après le départ de Jean Christophe Applincourt, faute de SMAC. La nouvelle équipe est parvenue à perpétuer la tradition. Une scène rock indépendante en tête d’affiche, des découvertes au détour d’une bière et des groupes régionaux de très bonne qualité.
Et contrairement à ce que l’on peut croire, les festivaliers n’ont pas vu l’once d’une averse pendant les deux jours de concerts.


toutes les photos du week-end en cliquant sur le lien:
http://www.flickr.com/photos/10812590@N02/?saved=1

Ca c'est de l'opposition


Alors que le PS se délitte et qu’il est l’objet de railleries de toute part. Il est intéressant d’analyser la position de l’opposition dans différentes collectivités territoriales.Brionne: chef lieu de canton de l’Eure de 4400 habitants sur les bords de la Risle, Gérard Grimault maire communiste et opposition de droite.
Les bulletins municipaux se doivent de laisser la parole à l’opposition. Une page est donc réservée au groupe de droite au conseil municipal, “une petite page pour les représentants d’un tiers de la population” se plaint la tribune libre. Il s’agit en fait d’une disposition légale à laquelle la mairie ne peut rien changer. Ce qui est très drole c’est que la droite se plaint du manque de place mais elle n’utilise queles trois quart de la page qui lui est allouée. De plus la moitié du texte est consacrée aux plaintes pour manque de place. Pas franchement rationel. Un retour sur les banc de l’école ne serait pas inutile pour le conseiller municipal qui rédige le texte puisu’il nous soumet des phrases sans aucun sens: “Gouverner c’est prévoir: du chef de famille... Chef de l’Etat en passant par tous les responsables de communautés publiques ou privées. et donc des Maires et adjoint” (toute la typologie du texte a été retranscrite parfaitement). Celui qui comprend le sens de cette phrase est priée de me l’expliquer. Je vous évite toutes les fautes de frappe qui rendent la lecture du texte difficile voire hasardeuse. Droite jusqu’au bout, ils considèrent la délocalisation de l’usine Georgia Pacific (demak’up) comme une fatalité: “désormais la majorité des sites industrielssont déplaçables en france en Europe ou en Asie détestable” ? Choquant non? En fait la phrase se continue: “détestable mais inévitable”. C’est la loi du marché mon bon monsieur, on ne peut rien contre le libéralisme. Quand la vie économique locale est en danger, il me semble que l’on peut mettre de coté ses idées. Ce type de réfléxion risque de leur couter des électeurs. Pas sur que les employés de l’usine apprécient cette prose libérale. Ils se plaignent que la majorité mette en lumière leurs “talent”. Chocking! Les bulletins municipaux ne sont pas objectifs?

lundi 25 juin 2007

Grand jeu concours


Le ministre de la défense a annoncé ce matin que la france s'engagerait bientôt dans un programme pour la construction d'un second porte avion nucléaire. Outre le fait que ce programme soit une abération stratégique et budgetaire, le ministère de la défense dès aujourd'hui un grand concours pour trouver un nom à ce nouveau batiment.
voici quelques propositions pour accompagner le Charles de Gaulle sur les flots:
le Jacques Chirac, le Edouard Balladur, le Raymond Barre, le Nicolas Sarkozy, le Hervé Morin , Le queen Bernadette le Philippe Pétain, le Valery Giscard d'Estaing le Lady di, Le Charles Pasqua, Le Jean Tibery, le Felix Faure, le petit baigneur (cf Louis de Funès), le Paul Deschanel, le st Thérèse de Lisieux, le Alain Juppé, le Groupama, le Fleury Michon (si on privatise tout pourquoi pas l'armée), le Ville de Ploermel, le Titanic, le Bugaled Breizh, le Jean Louis Debré, le Maurice Papon

A vous de jouer, toutes les propositions seront envoyées à M. Morin



credit photo: as-tu-vu.com

Vers une université privée... de tout

A l'occasion de la réforme sur l'autonomisation des universités, je publie un entretien avec Daniel Viard le chargé des relations industrielles de l'ENSSAT, école d'ingénieur de Lannion. Entretien réalisé en janvier dernier.


Les entreprises interviennent elles au sein de l’ENSSAT ?

Daniel Viard: Les professionnels n’interviennent que dans les enseignements et pas la recherche qui fait l’objet de relations conventionnées avec un laboratoire ou une personnalité particulière. Nous mettons à disposition nos laboratoires à des organismes publics ou à des entreprises privée. Nous contrôlons toutes les recherches effectuées dans nos murs. Importance des conventions puisque des recherches ont lieu sur des sujets très sensibles comme l’armement.

Dans le conseil de perfectionnement et dans le conseil d’administration il y a des industriels et des représentants syndicaux du personnel.

Comment sont élaborées les conventions entre entreprises et école ?

Daniel Viard: Les contrats entre entreprises et école s’effectuent par un contact avec un industriel qui est validé par le laboratoire concerné. L’industriel monte un cahier des charges (moyens, temps, coût), un budget. Le matériel n’est pas en accès libre pour les industriels, ils n’y ont accés qu’après la signature du contrat. Quelques entreprises s’installent temporairement dans les locaux de l’ENSSAT, toujours sous le contrôle des chercheurs de l’école. Ces contrôles sont nécessaires à la maintenance du matériel et à la préservation des règles de confidentialité concernant certaines recherches sensibles. Nos chercheurs se déplacent dans des laboratoires privés dans le cadre de conventions avec les entreprises. L’école n’a pas vocation à mettre un plateau technique à disposition en libre-service. Le laboratoire fait un suivi contrôlé. Tout ce qui ne rentre pas dans les contrats est financé par le public pour un budget total de 2M euros.

Comment est recueillie la taxe d’apprentissage ?

Daniel Viard: Pour la taxe d’apprentissage, nous disposons d’un mailing de plus de 500 entreprises. Cela représente 80 000 euros sur les 6M de budget. Nous construisons les relation sur le long terme entre l’école et l’entreprise. On envisage d’avoir recours aux étudiants étant donné que le réseau des anciens élèves est déjà mis à contribution pour la collecte.

Quels liens entretenez vous avec l’Adit (agence de développeent industriel du Trégor) ?

Daniel Viard: Il existe de très forts liens entre l’Adit (agence de développeent industriel du Trégor) et l’ENSSAT. Nous organisons la journée de la création d’entreprise avec l’Adit ainsi que des colloques de recherche et le forum de l’école. Les rencontres sont très fréquentes et la communication est quasi permanente mais cela ne concerne quasiment pas la recherche de stage. Nous avons créé un incubateur d’entreprise. L’Adit est le point d’entrée d’un projet de création et de financement d’une entreprise en innovation. L’ENSSAT participe à ces projets en fonctions des possibilités de stages et de contrats de recherche dans les laboratoires. L’ENSSAT fait partie intégrante du pôle de compétitivité du Trégor. Les entreprises ont besoin d’entretenir des relations avec les écoles ce qui leur permet de connaître le niveau de savoir des futurs employés et stagiaires. Les stages peuvent être une passerelle vers un emploi (pré embauche).

Les entreprises qui versent la taxe d’apprentissage influencent elles la politique d’équipement de l’école ?

Daniel Viard: NON ça ne serait pas acceptable, les entreprises ne vont pas infléchir sur ces décisions. La taxe d’apprentissage ne finance pas les laboratoires seulement les équipements pédagogiques

Les chaires d’entreprises sont elles l’avenir des universités ?

Daniel Viard: Les chaires d’entreprises sont une notion moderne qui n’est pas la politique actuelle de l’école par contre elle est envisageable dans le futur. Nous demandons aux entreprises d’analyser leurs besoins puis l’école envisage un programme pédagogique et elle peut créer une nouvelle option pour faciliter l’intégration dans le marché du travail. Les entreprises ont un rôle avec un droit de regard sur les cours. Elles émettent un avis en fonction du marché de l’emploi. Il existe une sphère d’influence pour modifier le contenu d’un enseignement. Ces chaires sont de bonnes solutions qui vont influer sur la politique future de l’école.

samedi 23 juin 2007

De grosses valises


Tout le monde connait les valises diplomatiques: ces plis envoyés et suivis de près par le ministère des affaires étrangères. Quand on les ouvre, on découvrent de (belles?) surprises.
Alors que Khadafi père était en visite cette semaine en France, les diplomates français avaient fort à faire avec la Lybie puisque un de leur collègue menotté à des documents officiels fut pendant trois jours otages d'un groupe inconnu (par mes soins). Bizarrement cette prise d'otage ne fut pas médiatisé. Au même moment les tribunaux lybiens rejugeaient les infirmières bulgares et le médecin palestinien, raison sufisante? La mobilisation est tout de même parfois plus prompt quand il s'agit d'un journaliste ou d'un humanitaire... L'homme s'en est sorti c'est le principale.
Deux valises, elles, ne s'en sont pas sorties. 1.5 tonnes (contenu inconnu) s'est évaporé au Quatar tandis qu'une tonne d'arme a mistérieusement disparu à Tunis. Ca rue dans les branquarts au Quai d'Orsay!

credit photo: brocanteo

vendredi 22 juin 2007

Photos de famille

Ils sont beaux nos nouveaux ministres! Curieusement trois des félons du gouvernement n'ont pas le droit à leur bobine! De grande perches les squizzent du cliché.
Bizarement Fadela Amara, Jean Pierre Jouyet et Eric Besson sont bien cachés.
Le service communication du premier minitre n'aura pas à recadrer ses photos (cf rue89 et une visite de Fillon dans le Nord avec Lagarde et Vaneste l'homophobe)


credit photo: rue89.com