Affichage des articles dont le libellé est urbanisme. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est urbanisme. Afficher tous les articles

mercredi 21 avril 2010

"Les métropoles aux métropolitains" par Thierry Baudouin et Michèle Collin


Aujourd'hui 21 avril, on célèbre l'anniversaire de Brasilia. Avant de revenir un peu plus en détail sur le contexte local dans lequel se déroule les commémorations. Je partage un article rencontré sur le site de Multitudes -revue politique, artistique et philosophique- qui traite de la construction urbaine et de la place de la population dans celle-ci. Thierry Baudouin et Michèle Collin replacent le débat dans l'élaboration du "Grand Paris".

Le projet Grand Paris lancé par l’État depuis deux ans caractérise la persistance de beaucoup d’enfermements souverainistes dont la société française ne parvient pas à s’émanciper. C’est d’abord toujours le pouvoir jacobin, même relooké de présidentialisme, qui a initié et entièrement régulé cette réflexion sur l’avenir de la métropole. La création d’un secrétariat d’État chargé du « développement de la Région capitale » visait clairement à récupérer le peu de pouvoirs « décentralisés » que le pouvoir socialiste avait auparavant consenti à la Région Ile de France et à la Ville de la capitale. Il s’agissait aussi de nier l’initiative de cette dernière, Paris métropole, forum d’une centaine d’élus de tous bords travaillant depuis quelques années à initier des coopérations au-delà des frontières administratives et politiques de l’agglomération. Autre caractéristique du pouvoir régalien, l’opération a permis aussi un temps de contourner quelques fiefs de l’administration centrale puisque la sélection par le fait du prince de dix architectes ignore une fonction urbaine instituée à qui tous et chacun reprochent ses banlieues et ses dalles, pareillement coupées de la ville. Et, de fait, les dix talents européens ont eu ainsi le grand avantage de faire coopérer au sein de chaque équipe de multiples compétences de disciplines traditionnellement isolées dans les cloisonnements fonctionnels. Dernier avantage d’un pouvoir central très porté sur la médiatisation, les résultats riches et multiples de la consultation ont fait l’objet d’une grande exposition et été mis à l’entière disposition de tous les acteurs de la métropole.


Mais le pouvoir monopolise toujours entièrement les commandes : sans relation aucune avec les projets, tout juste rendus par les équipes, un ministre de la « région capitale » présente sa propre stratégie de positionnement de Paris comme « ville monde » : quelques pôles concentrant l’excellence autour de la capitale ( La Défense, Saclay, Saint Denis ou Roissy…) seront reliés par le grand huit d’un métro automatique de 130 kilomètres. La difficile transition du statut de capitale nationale à celui de métropole européenne et mondiale est ainsi réduite à la décision structurelle et hiérarchique d’un empilage de concentration d’excellences. Renforçant les dichotomies des territoires de l’agglomération, ce coup de force délaisse surtout totalement le véritable moteur de l’innovation métropolitaine, sa puissance de pollinisation qui mélange et combine d’innombrables compétences au gré de rencontres et projets souvent aléatoires. L’économie cognitive qui agit les nouvelles productions matérielles et immatérielles de la ville n’est plus du tout celle de la planification d’État qui ne saurait ni la diriger ni lui imposer ses cadres.

L’État couronne d’ailleurs son contresens par un abus de droit manifeste. Un nouvel établissement public de la Société du Grand Paris s’arroge en effet des compétences des villes en urbanisme et transport pour préempter autour des 40 gares prévues des espaces de spéculations immobilières censées financer l’opération. Le vieux rapport État/notables de la tradition souverainiste peut ainsi se poursuivre en divisant pour régner. Déjà le Ministre négocie séparément avec quelques collectivités et quelques architectes. Quel élu pourrait refuser de voir sa ville accueillir la gare d’un des pôles ? Et si les architectes ont vigoureusement souligné cet outrepassement du droit par l’État, lequel d’entre eux pourrait aussi décliner la construction d’un de ces pôles ?

En tout cas, les rivalités locales ou professionnelles face au pouvoir sont pour le moment en passe d’engloutir les projets tant des équipes d’architectes que de Paris Métropole qui visent tous à transversaliser les anciens découpages administratifs et fonctionnels régaliens.

Dépasser cette dépendance propre au welfare fordien du chacun-pour-soi-et-l’État-pour-tous impose d’innover la gouvernance du vivre ensemble dans une métropole démocratique, question totalement exclue de l’appel d’offre. Cela demande d’abord de poursuivre les prospections sur la métropole en incluant cette fois les territoires en constitution qui débordent déjà les cloisonnements des collectivités locales traditionnelles. Paris métropole, mais aussi d’autres projets comme celui de Seine métropole qui veut resituer Paris dans la globalisation en l’ouvrant vers des territoires européens et mondiaux par le fluvial et la mer. Ensuite, d’autres métropoles en Europe doivent être questionnées à propos des diverses innovations qu’elles ont, elles, déjà lancé, en matière notamment de coopérations entre citoyens et experts. Une société cognitive contextualisée doit inventer ses propres formes de débats sur la question du vivre ensemble dans la nouvelle ville productive. On connaît bien les bauforums allemands, notamment à Hambourg, ou encore les plans stratégiques des années 90 à Barcelone et dans beaucoup de métropoles s’échafaudent de nouvelles formes démocratiques pour reformuler des objectifs communs.

À Paris, il s’agit non plus d’augmenter à priori les structures de transport mais d’abord, à l’heure du Net, de réduire la mobilité domicile /travail subies, toujours en augmentation ; non pas de monter des opérations spéculatives sur le foncier urbain mais bien de réinventer un rapport durable de la ville avec la nature et l’agriculture ; non pas de conforter les dichotomies centre/périphéries, mais, tout au contraire, de comprendre que la société cognitive recompose totalement les anciennes hiérarchies spatiales. Cela implique notamment de permettre aux métropolitains de circuler dans leur métropole avec un ticket unique et, surtout, d’inclure les migrants et nomades comme des acteurs à part entière de la production de la métropole monde. De considérer donc des citoyens, et non plus des « usagers » ou des « Sans », pour faire des affects et subjectivités des métropolitains les vraies sources de la création de la métropole.



credit photo: www.zonu.com

lundi 9 novembre 2009

Le grand nettoyage


Brasilia est en pleine restructuration: Une course contre la montre a débuté et le compte à rebours placé à coté du terminal de bus ne laissent plus que 150 jours avant les festivités grandioses du 21 avril à l'occasion des 50 ans de la demoiselle.

La réforme passe, entre autre, par une modernisation du commerce. Brasilia se veut à l'image des grandes métropoles occidentales (comme quoi certains n'ont pas tout compris) et elle doit se débarrasser de tout ce qui fait d'elle une capitale d'Amérique Latine. Les commerçants sont dans la ligne de mire du gouverneur Arruda car le commerce informel donnerait une mauvaise image de la cité aux touristes qui devraient arriver en masse dans les prochaines années.
Un grand nettoyage est en route. La première étape vise à changer tous les kiosques à journaux et débitants de dépannage qui se trouvent dans les quadra résidentielles. Aujourd'hui, ce sont des baraquements en taule bleue pas toujours très récents. Le gouverneur du District Fédéral (GDF) a entrepris un partenariat avec une régie publicitaire pour rénover tous ces locaux. De nouveaux postes vont être installé grâce au financement aux deux tiers de la publicité, la partie restante revenant à la charge du commerçant.
Ils ont beau ne pas être informels et faire partie de l'identité brasiliense, les artisans et commerçants qui travaillent au pied de la tour de la Tv voient leur lieu de travail en danger. Le GDF a décidé de les déloger, ils ne rentrent pas dans le cadre des festivités du 50 ième anniversaire. Leurs tentes agencées dans des allées étroites ne conviennent pas à Arruda qui veut une ville qui scintille et qui sente l'eau de javel. Les anciens babs, les noirs et les rasta qui vendent souvenirs et breloque de la capitale n'intéressent pas le pouvoir politique qui a de grand projet pour cette place centrale de Brasilia, point de convergence des touristes et des brasilienses en fin de semaine situé entre les deux ailes du Plano Piloto, à mi distance entre le terminal de bus et le Parque da Cidade. Les travaux sont déjà en marche pour que tous soient relocalisés en contre bas, à coté de la route, éloigné de la tour mais la résistance se construit du coté des chaland et de la population. Une pétition circule et les vendeurs profitent de chaque acheteur pour lui expliquer leur sort. Habitants de la capitale, étudiants et professeurs se mobilisent en partenariat avec les artisans. Le département d'architecture et d'urbanisme de l'UnB lutte pour que le projet de Niemeyer soit respecté. Être classé au patrimoine mondial de l'Unesco ne signifie pas seulement préserver les monuments mais aussi l'esprit de la ville.
La lutte des commerçants de la tour de la Tv est un exemple de la confiscation de l'espace public comme le conçoient Arruda et cie pour faire de Brasilia une ville de diplomates et fonctionnaires bourgeois. Le nettoyage de la place annonce un projet bien plus mercantile organisé par le vice gouverneur Paulo Octavio, magnat de l'immobilier, de l'automobile, et des médias. L'esplanade, vidée de ses artisans, ne restera pas vierge de chaland pendant longtemps. Octavio a déjà de nouvelles cabanes prêtes pour installer ses propres vendeurs et ses propres bénéfices.

crédit photo: perso septembre 2007

vendredi 23 octobre 2009

Brasilia prépare frébrilement 2010

Nous ne sommes que fin octobre mais déjà les bus de Brasilia nous souhaitent un "Feliz 2010". Le consumériste prématuré de la nativité est désormais une chose commune mais cette année tout Brasilia attend 2010 avec impatience, anxiété, et beaucoup d'expectatives.

Prenons de l'avance, nous sommes le 21 avril de l'année prochaine, dans la nuit sur l'esplanade des minitères de Brasilia. Paul Mac Cartney devant plus de un million de personnes présente un show incomparable dan l'histoire de la capitale brésilienne. Le spectacle pirotechnique qui s'en suit est á la hauteur des 50 ans de Brasilia.
2010, ce sera donc les 50 ans de l'inauguration par Jucelino Kubitchek du projet de Lucio Costa et Oscar Niemeyer. Partis de rien ils ont fait surgir de terre une ville totalement planifiée.
2010, ce sera pour la capitale mais aussi pour le Brésil entier une occasion de renouveler (?) la classe dirigeante au niveau de l'État, des deux chambres législatives, et des états.

Oui mais voila, on ne fête pas un demi siècle d'exitence en laisant apparaître les fissures qui lézardent les murs de la ville. Une grande rénovation est en cours pour que Brasilia soit resplendissente lorsque viendra le moment des bougies. Du terminal national au Palais du Planalto (siége de la présidence de la République), de la tour de la TV au mémorial JK, de la nouvelle chambre législative du District Fédéral à la route de à Planaltina, toute la capitale est en oeuvre. Rénovation massive qui colmate les brèches, repeint les murs et tente de désengorgé le traffic. Le maître d'ouvrage de ce chantier gigantesque se nomme Roberto Arruda, gouverneur du DF depuis quatre ans. Affilié au répugnant partis des Démocrates (droite stupide), il est resté bien au frais depuis son élection mais une crise de claustrophobie l'a fait sortir depuis peu pour voir à quoi ressembler la ville qu'il administrait. Depuis que Brasilia est candidate pour recevoir des matchs de la coupe du monde de 2014, il enchaine les nouveaux contrats, les rénovations et les inaugurations. Plusieurs millions de reais sur le tapis et une présence publicitaire à tous les coins de rue. Le gouvernement du DF fait savoir à grand renfort de propagande dans la rue et dans les journaux (le Correio Brasiliense se soumettant totalement à la farce et cédant de nombreuses pages chaque jour pour faire l'éloge du gouverneur).
A un an des élections, la majorité pense ardemment au futur scrutin. Même face à une opposition délabrée, Arruda ne veut prendre aucun risque, il veut une réelection magistrale et pour cela il compte bien profiter de l'argent publique pour sa propre image.

credit photo: perso septembre 2007

mercredi 18 juin 2008

Les indiens et la pression immobilière


Je n'apporte pas énormément de contenu propre sur le blog en ce moment mais je ne pouvais pas ne pas reprendre de papier de Médiapart qui traite de Brasilia. J'ai eu longtemps envie de traiter ce sujet en particulier mais faute de temps cela ne fut pas possible. La plume change, l'information reste. Merci a Lamia Oualalou.


Les indiens et la pression immobilière



Le Brésil accueille cette semaine à Brasilia la réunion préliminaire latino-américaine en vue de l’organisation du sommet de Durban II contre le racisme. Si la situation des Noirs s’est arrangée depuis l’arrivée de Lula au pouvoir (l’Etat reconnaît pour la première fois que le racisme n’est pas occasionnel mais institutionnel, mais j’y reviendrai rapidement à l’occasion d’un papier), la situation des Indigènes continue de se dégrader.

On l’a déjà vu, le boom des matières premières provoque une série d’invasions de coupeurs de bois, chercheurs de minerais en tous genre, et à plus grande échelle, de patrons de l’agro-business soucieux d’étendre les cultures de soja et d’eucalyptus. Mais la croissance économique, c’est aussi le boom de l’immobilier, un peu partout autour des grandes villes.

C’est justement autour de Brasilia, dans ce qu’on appelle le district fédéral, que se joue actuellement un véritable drame. Le gouverneur Arruda, allié à Paulo Octavio, le patron d’une grande entreprise de construction locale, et par ailleurs vice-gouverneur, ont jeté leur dévolu sur une terre à proximité de la capitale, occupée par des indigènes depuis 1969.

Profitant de l’engouement pour des appartements de luxe, et de l’envolée du pouvoir d’achat des plus riches, ils veulent y créer un «condominio », ces ensembles d’appartements protégés du reste du monde par des gardes, autour de piscines et de jardins.

Le projet du gouverneur, intitulé Noroeste, du fait de sa localisation, Pensée pour contenir 500 000 habitants en l’an 2000, Brasilia atteint les 3 millions, d’où la pression immobilière. La conséquence directe de ce boom est une multiplication du nombre de voitures, alors que le transport public est, comme souvent au Brésil, est cher et inefficace.

Les piétons, tous issus des classes défavorisées (Brasilia ne se prête pas à la marche), souffrent déjà de la multiplication de maladies respiratoires. C’est dans la zone nord de la ville que la situation est le plus critique. Or, la terre « Noreste » et ses arbres constituent aujourd’hui le seul poumon d’oxygène de la région. Les Indiens, qui démontrent depuis des décennies être les garants de la non-destruction de l’environnement (regardez un plan de l’Amazonie, les zones non dévastées sont en général des réserves indigènes), tiennent à cette terre.

Elle accueille les ethnies Fulni-ô, Kariri Xocó, Tuxá, Guajajara et Korubo, mais pas seulement : la proximité de la capitale, lieu de toutes les batailles politiques où ils vont aussi plaider leurs causes au niveau national, font de ces camps un lieu de passage pour d’autres tribus. Le projet n’a pas l’approbation du gouvernement fédéral, mais pour l’arrêter – il est facile d’obtenir l’autorisation de construire, il suffit souvent de corrompre – il faudrait émouvoir l’opinion publique.

Or les habitants de la capitale ne savent rien de la situation. On le comprend : à Brasília comme dans beaucoup de villes du Brésil, le politique, les grands patrons et les médias ont des liaisons indécentes, sinon dangereuses (remarquez, on en prend le chemin en France… l’Amérique Latine a toujours été, à bien des égards, un laboratoire des sciences politiques de l’Europe).

Ainsi, Paulo Octavio est le premier constructeur de la ville, sénateur, vice-gouverneur, présentateur d’un programme de télévision, et patron d’un journal. Le gouverneur balaye les attaques en prétendant qu’il s’agit de « six indiens », qui peuvent bien être déplacés au nom du développement. Les ONG qui oeuvrent à la protection des Indiens craignent aujourd’hui que les tribus soient violemment déplacées.

Après tout, s’ils ne sont que six…Ah, petit rappel, en septembre dernier, le Brésil a signé le texte (très ambitieux) présenté par l’ONU sur les droits des indigènes. Si la situation est ainsi autour de Brasilia, on peut légitimement s’inquieter sur ce qui se passe dans le reste du pays. sur You Tube, on trouve bien sûr l’original en portugais, et une autre traduction, en espagnol.

Crédit: Mediapart
Photos: 1 et 2 Tiago Machado (secteur Nordoueste) 3 Arruda, gouverneur du district fédéral et toute la cour nauséabonde qui l'entoure, parmis eux Paulo Octavio

lundi 2 juin 2008

Marcia Xavier: "Nos actions essayent de calmer le climat dramatique tout en encourageant la solidarité au sein de la communauté."


Second épisode de la série d'interview réalisées avec les "leaders" de quelques mouvements sociaux de Planaltina, ville en périphérie de Brasilia.

Marcia Rodrigues Xavier – “União e Luta” association des habitants de Buritis IV (quartier de Planaltina) :



Comment est né le mouvement « União e Luta »?

Nous sommes un groupe d’employés d’une clinique. Nous vivions à Ceilandia jusqu’en 2001. A cette époque, nous avons construit un projet pour que 15 familles déménagent à Planaltina. Finalement nous avons obtenus 24 terrains, mais lorsque nous sommes arrivés il n’y avait ni éclairage public, ni réseau d’égout, les routes n’avaient pas de bitumes et aucun magasins n’étaient installés à proximité. Nous avons du nous organiser pour améliorer la qualité de vie. Quelques uns d’entre nous ont fait du porte à porte pour rassembler les habitants et les inviter à nos réunions. Peu de temps après notre arrivée, le mouvement « União e Luta » était né.


Quelles méthodes avez vous utilisé pour atteindre vos objectifs ?

En premier lieu, nous avons fait un inventaire de nos besoins puis nous avons défini un agenda de travail avec les priorités. S’en sont suivi des campagnes de sensibilisation ainsi de nombreuses réunions d’information et de mobilisation. Nos premières actions n’ont reçu aucun soutien des autorités. Nous avons installé l’éclairage public en sortant l’argent de notre poche. C’est à ce moment que nous sommes allés voir les pouvoirs publics pour qu’ils se chargent d’assurer la sécurité. Buritis IV a ainsi pu être inclut dans le programme du gouvernement fédéral “Illumination pour tous”. La seconde victoire de l’association remonte à l’époque où le secrétariat des transports du District Fédéral (DF) a accepté de financer la couverture en asphalte du quartier. Cela fut accompagné d’un accord avec le CAESB [compagnie des eaux du DF] pour raccorder Buritis IV au réseau d’égout. Nous avons de nouveau financé ce projet avec nos propres deniers, chaque habitant s’engageant à payer vingt quatre reais par mois pendant deux ans. Au fil de nos actions, nous avons maintenu l’information entre les membres de l’association grâce à un petit journal expliquant les combats dans lesquels nous étions engagés ainsi que les victoires que nous avions obtenus. En août 2005, les pouvoirs publics ont voulu installer un centre de rétention pour les jeunes à moins de 500 mètres des premières habitations. Cela allait attirer les gangs et une vague de violence liée au trafic de drogue dans un quartier où les enfants jouent dans la rue. Trois jours durant nous avons manifesté sous les yeux de la presse. Le projet fut finalement déplacé dans une zone rurale, en périphérie de Planaltina. Dans un endroit plus adéquate pour ce genre de bâtiment.


Quel est le rôle d’une association comme la votre dans la ville de Planaltina?

Planaltina est l’une des villes les plus anciennes du DF mais elle n’a jamais pu profiter des programmes sociaux mis en place par les gouvernements successifs. Le caractère rural de la ville a retardé son développement urbain. Les pouvoirs publics produisent des programmes assistencialistes. Ils s’arrangent pour rendre les citoyens passifs. Ils donnent sans aucune contre partie. Cela fragilise l’estime que les personnes ont d’elles même. Avec “União e Luta” nous voulons aider les autres en créant une réaction populaire pour que l’habitant se tranforme en citoyen, qu’il s’investisse dans les projets de développement de la ville. Plusieurs projets communautaires et locaux ont vu le jour et c’est une nouveauté. Nous travaillons avec les autorités pour améliorer la qualité de vie à Planaltina. Il y a le projet de développement durable local (DELIS). La SEBRAE [NDR, secrétariat d’accompagnement des PME] s’occupe d’un forum du développement local qui rassemble les associations de travailleurs et d’artisans, la coopérative des femmes et l’agence du micro crédit. “União e Luta” est en train de se mobiliser pour obtenir la signalisation routière dans Buritis IV. Nous souhaitons installer des dos d’ânes dans les rues pour ralentir la vitesse des automobiles. Nous recensons déjà deux morts et quatre accidentés depuis le début de l’année. Nous avons d’ores et déjà rencontré le DETRAN [NDR, département des transports du DF] pour mettre fin à ce fléau qu’est la violence routière.


Vos action permettent elles de diminuer la violence à Planaltina?

Nous sommes confrontés à plusieurs types de violence. Il y a la violence des gangs, la violence routière et la violence psychique. La guerre des gangs a sévit a Planaltina jusqu’en 2006. En avril 2004, quatorze jeunes sont morts. En général 70% des jeunes de Planaltina n’atteignent pas la maturité. Ils sont victimes du trafic routier, des bagarres, des balles perdues, des attaques. Les femmes rencontrent d’autres problèmes. Elles tombent enceinte précossement ou bien elles deviennent veuves. Nos actions essayent de calmer le climat dramatique tout en encourageant la solidarité au sein de la communauté.



Quelles sont les relations de “União e Luta” avec les autres mouvements sociaux de Planaltina?

Nous avons quelques partenariats avec Radio Utopia, le centre de santé ou bien la “Fundamental” des catadores. Nous utilisons réciproquement les ressources des uns ou des autres. Nous devons créer et développer des relations stables entre chacun de nous pour améliorer la qualité de vie de la communauté.



Interview réalisée dans le cadre du projet communication communautaire.

Photo: crédit com com

samedi 31 mai 2008

Batista Oliveira : "Donner la parole aux personnes et aux initiatives qui ne sont pas écoutées ni relayées par les mass médias"


Batista Oliveira – Radio Utopia (radio communautaire de Planaltina) :


Comment vous représentez vous Planaltina?

Je suis planaltinenze depuis 1988, au moment où ma fille est née. J’ai une vision différente des pionniers qui sont arrivés dans les années 50 pour la construction de Brasilia. Dans les années 80, les favelas ont été éradiquées du Plano Piloto et les populations ont déménagé vers la périphérie. Les villes rurales comme Planaltina ont reçu une partie de ces personnes pauvres sans être préparé à les accueillir. Il existe une grande diversité de personnes venues des quatre coins du Brésil. Aujourd’hui, Planaltina est toujours une ville rurale mais elle rencontre les problèmes sociaux d’une métropole.


Comment définiriez vous la violence à Planaltina?

Cela n’a rien de récent. Depuis la construction de Brasilia, ce phénomène existe. Dans les années 50, les hommes arrivaient seuls, en ayant laissé femmes et enfants dans leur Etat d’origine. Ils venaient ici pour trouver du travail et gagner de l’argent. Planaltina était une cité bucolique excentré de la proche banlieue. Elle fut utilisée comme un lieu de fêtes et de divertissement avec des bars et des prostituées. On y avait concentré toute la débauche possible sur une zone bohème. L’irrespect moral était très important. Planaltina porte encore les stigmates de cette période. Aujourd’hui on rencontre la violence à travers des gangs et du trafic de drogue qui agit en plein jour.


La violence est elle l’unique problème de Planaltina ?

Non. Avec la globalisation et la compétition mondiale créée par le libéralisme, nous rencontrons les mêmes problèmes dans toutes les banlieues du Brésil mais aussi en France. Nous sommes confrontés à la pauvreté et à la misère. Planaltina reste une petite ville qui ne peut pas subvenir à ses besoins toute seule. Les institutions sont insensibles aux problèmes que l’on rencontre. Cependant nous pouvons transcender ces difficultés en valorisant les initiatives locales issues de la communauté. Nous nous extrayons de la compétition mondiale. Il faut que nous soyons conscient que nous sommes tous dans le même bateau, cela implique que nous nous regroupions pour tirer le meilleur de chacun. L’expérience montre que ce sont les habitants qui font la différence.


Quel est le rôle de Radio Utopia dans ce regroupement des forces présentes?

Radio Utopia n’a pas pour objectif de lutter avec les mass médias. Nous ne sommes pas ici pour concurrencer Globo mais pour donner la parole aux personnes et aux initiatives qui ne sont pas écoutées ni relayées par ce type de média. Nous aidons les mouvements sociaux qui ont besoin en faisant la promotion de leurs activités. Nous travaillons pour la communauté pour que la solidarité entre les membres ne soit pas oubliée. Par exemple, nous faisons la promotion de la « Via Sagrada » qui organise un spectacle sur la passion du christ pendant la semaine sainte. C’est devenu en peu de temps l’une des plus grosses manifestations catholique du Brésil. Ils ont utilisé la paroisse comme base populaire puis ils ont transformé les faiblesses d’une ville de banlieue en rassemblant les forces présentes pour maintenir un travail extraordinaire. Les répétitions ont attiré de plus en plus de monde. En grandissant ils ont amélioré les conditions de vie de la communauté.
L’exemple de “União e Luta”, l’association des habitants de Buritis IV [quartier de Planaltina, NDR] est le même. Les gens se sont installés dans un quartier sans aucune urbanisation. Il n’y avait ni éclairage public, ni asphalte, ni égout. Leur travail leur a permit d’obtenir les bases d’une vie digne. Les politiques ont cédés face au travail et à la pression de l’association et de ses membres. Rien n’est plus concret que les rêves !
Le travail des catadores [collecteurs de déchets, NDR] avec la « Fundamental » est très important. Ils transforment un joli discours en action concrète. Les répercussions sont doubles. Ils recyclent les déchets de la ville et améliorent leurs conditions financières en les vendant à des centrales. La ville bénéficie aussi de cette action puisqu’ils enlèvent les déchets que l’on trouve en ville. Nous faisons la promotion de ces activités car elles profitent à la communauté et aucun média n’y prête attention.



Interview réalisé dans le cadre du projet Communication Communautaire

mardi 22 avril 2008

Un week-end à la campagne


Et pendant ce temps là, loin de Brasilia.

"C'est bizarre qu'il pleuve maintenant, normallement ça n'arrive que en fin d'après-midi. " Les rues sont devenues des torrents, mais notre homme reste tranquile sur sa terrasse.
Bienvenu dans la campagne Goianense, un territoire hors du temps, très loin des turpitudes urbaines et de la frénésie citadine. São Jorge, 600 habitants, aux portes du Parc National das Capadas dos Veadeiros. Quatre heures de route au nord depuis la capitale Brésilienne et on se retrouve perdu au milieu du cerado.
Contrairement à la ville, ici, les gens savent prendre leur temps. Je dirai même plus, ils prennent leur mal en patience. Alors que São Jorge fêtait ce week end ses 56 ans, la ville n'est toujours pasdoté d'asphalte. Les 20 derniers kilomètres qui mènent au village ne sont qu'une route de terre plus ou moins terrassés où les voitures slalomment entre les nids de poule. Lorsque la pluie arrive, c'est un torrent qui se déverse sur la route creusant encore un peu plus les hornières crées par les voitures qui patinent dans la boue.
São Jorge est un haut lieu touristique, le parc national est extrèmement courtisé en week end par les habitants de Brasilia ou de Goiana. Les nombreuses randonnées et toutes les chuttes d'eau sont des solutions idéales pour oublier le stress quotidien.
"Ils avaient commencé à affreter des camions pour transporter des pierres pour débuter l'accostement de la route mais on les a pas vu depuis 3 ans."L'argent a été détourné. Les élections pour les gouverneurs d'état en 2009 relance l'espoir un brin résigné. Pas de plainte. "Maintenant on a tout de même Internet." Le triphasé et l'eau courante sont arrivé à São Jorge en 1995.

crédit photo: M.M.V, place centrale de São Jorge après la pluie

mercredi 19 décembre 2007

Points communs


Le blog vous a successivement présenté deux quartiers antagonistes de Brasilia. Les condominios accueille les plus fortunés pendant que la favela est un mourroir social destiné aux plus pauvres. Retour sur ces deux quartiers et jeu des sept points communs, à défaut des différences puisque dans ce cas on écrirait un roman.

Sur les 7 points communs, j'en ai surtout relevé un. Les favelas et les condominios sont des implantations de logements illégales.
Créées par les esclaves en fuite pendant le XIXe siècle, les favelas (appelées à l'époque quilombos) étaient des villages en autogestion où les maîtres blancs n'avaient pas le droit de rentrer. Du fait de leur auto-émancipation, ils devenaient, par conséquent, hors la loi. Lorsque les paysans ont fuient la campagne brésilienne au cours du XXe siècle pour trouver un emploi dans les métropoles en expansion, ces derniers ce sont installés en périphérie dans des campements sans demander l'autorisation de personne et surtout pas celle des autorités. L'importance qu'ont pris ces quartiers au fil des années a bien obligé les gouvernement successifs à se préocuper de ce problème. On a installé l'électricité (mais pas toujours l'eau courante), les bus desservent maintenant ces quartiers et des administrations locales gèrent les affaires courantes. Lula est d'ailleurs en train de mettre en place un plan d'urbanistation pour l'une des plus grosse favela de São Paulo. Malgrés ces progrès une partie des habitations résultent d'une invasão (invasion), aucune autorisation n'étant desservi pour la construction.
Lorsque ces invasions se font en dehors des territoires tolérés par le gouvernement, on envoie les bulldozers qui ne font qu'une bouchée des todis et qui rasent en quelques minutes les efforts de plusieurs années. Des plans d'indemnisations sont parfois mis en place à la suite de telles opérations mais les aides sont minimes.

Lorsque Jucelino Kubicek et Oscar Niemeyer s'apprètent à construire Brasilia, la main d'oeuvre se presse dans la nouvelle capitale. Les ouvriers mais aussi les futurs fonctionnaires arrivent dans une ville pas tout à fait fini et qui manque cruellement de logements. La solution est, alors de construire sa propre maison. Sans se préocuper des lourdeurs administratives, ils empilent les agglos et creusent la piscine. Tout ceci bien sûr dans la plus grande illégalité. Mais ces gens là ont de l'argent et ayant accès à l'éducation (ne serait ce que publique), elle sait lire une loi et se défendre dans un tribunal. Les habitants se regroupent donc en association, ces associations prennent de l'importance au niveau national et aujourd'hui c'est un des lobby les plus importants du pays. Aucun bulldozer ne s'aventurera sur les routes bitumés des condominios, ce serait trop difficile de combler la piscine et de détruire le barbecue. Plusieurs condominios sont, aujourd'hui encore, illégaux et les habitants se battent pour être reconnus. Mais leur combat est sur la bonne voie puisque le gouvernement du District Fédéral promet de nouvelles régularisations pour l'année qui vient.
A aucun moment ce même gouvernement n'évoque la régularisation des favelas ou bien un plan de rénovation urbaine à leur encontre.
Ainsi va la vie au Brésil, des promesses et des paillettes pour les plus privilégiés, tandis que les plus pauvres végètent dans leur misère en espérant un minimum d'aide.

jeudi 6 décembre 2007

Visite au zoo


Voici donc la vidéo tant attendu. L'auteur n'a pas besoin de faire de commentaire, le diaporama semble assez explicite. Par contre les votres sont les bienvenus.

Enjoy!

mardi 4 décembre 2007

Tout en image(4)


Mise en ligne sur Flickr de la fin du reportage photo sur les condominios, en attendant la mise en forme finale d'ici la fin de la semaine. Le rendu final sera tout simplement dénué d'objectivité. On ne peut, en effet rester de marbre quand on remarque comment certains s'enferment et se voilent la face alors que nous ne sommes qu'à quelques kilomètres des favelas.
http://www.flickr.com/photos/10812590@N02/?saved=1

lundi 26 novembre 2007

Tout en image (3)


Je mets d'ores et déjà en ligne sur Flickr, la première partie d'un reportage photo sur les condominios, ces résidences cossues pour personnes fortunées qui les coupent entièrement du monde extérieur. La suite arrive bientôt avec un texte ou bien sous la forme d'un diaporama.

Enjoy!
http://www.flickr.com/photos/10812590@N02/?saved=1

vendredi 26 octobre 2007

Petite histoire pour grande ville

Troisième épisode sur la ville de Brasilia: abération à elle seule, la ville colectionne les anecdotes savoureuses.
La région de Brasilia est propice aux mythes, légendes, et autres délires aux origines suspectes. Révée par Dom Bosco, la capitale du Brésil est, de fait, un peu mystique. Tout autour, dans la campagne du Goias, on retrouve des subsistances de communautées hippies qui s'épanouient dans les chuttes d'eau et qui se retrouvent à l'occasion de la pleine lune.
Une telle capitale ne pouvait que colectionnait les petites histoires dotées d'un brin de mystères.
Construite en pleine région désertique, il fallait bien un point d'eau pour réhausser l'hygrométrie et rendre cette ville vivable. Le lac artificiel de Paranoa vit le jour grace à un barrage (situé à l'est de la ville) et au travail des pelleteuses qui ont creusé l'emplacement pour que l'eau puisse se répandre. S'étendant d'un bout à l'autre de la ville, le lac atteint une profondeur de 80m. Une vraie mine a ciel ouvert avant que celle ci ne soit submergée. C'est cette profondeur qui est interressante puisque des machines ont bien été obligé de creusé jusque là. Mais quand il a été question de remplir le lac, ces messieurs se sont rendu compte que rien avait été prévu pour faire remonter les pelleteuses... "tant pis, on les laisse où elles sont!" a t on décidé, et l'eau les a recouvert petit a petit. 50 ans plus tard, ces débris ne doivent plus être qu'un tas de rouille que l'on distingue à peine dans une eau trouble, mais il bon de se souvenir des méthodes de recyclage d'il y a quelques années en arrière.

La capitale d'un pays comme le Brésil devait se doter d'un pôle culturel conséquent. Pour cela Niemeyer avait prévu un théatre de 20 salles. Aujourd'hui le Théatre National compte 2 salles... Le paradoxe est à mettre sur le dos d'un cimetière indigène découvert lors de la construction. On pourrait dire qu'il s'est passé un phénomène Toutankhamon: quelques ouvriers sont morts mistérieusement pendant le chantier. La panique s'est emparée des survivants et tous ont refusé de revenir travailler laissant le théatre de Brasilia avec deux salles.

Les esprits rodent dans la région. Un doux réveur fortuné a même construit un aéroport pour les OVNI à deux heures d'ici (j'espere pouvoir en parler bientot). Il les attend toujours...

lundi 15 octobre 2007

Tout en image


Quelques jours de silence et je m'en excuse, pour rattraper le temps perdu je viens de mettre en ligne mes premieres photos sur Flikr (dans la colonne des liens ou en cliquant sur le mot)


Comme vous pourrez le constatez, c'est pas les Bermudes. Nous dirons donc que c'est original et représentatif d'une époque.

mardi 2 octobre 2007

Vous êtes ici


Second épisode sur la capitale Brésilienne: Brasilia. Je me lance dans un exercice de haute voltige: un Brasilenze néophite explique à d'autres néophites le fonctionnement de la capitale brésilienne.

Niemeyer dans son génie n'a pas cru bon de donner des noms de rues à Brasilia. Ici tout fonctionne en chiffre.
Les routes: La ville peut être divisé selon deux axes: l'eixo monumental et l'eixao (voir ici). L'eixo est l'unique axe vertical de la ville et il la divise du nord au sud. De parts et d'autres, on retrouve les deux ailes de l'avion: Asa Sul et Asa Norte.
Chaque aile est traversé par l'eixao. A l'ouest, on trouve les axes routiers W1, W2, W3, W4. A l'est, le système est identique (L1, L2, L3, L4). Les autres axes routiers ne portent pas de nom.
Les quartiers: Brasilia est divisé en quadra. Chacune d'elle regroupe des habitations (Super Quadra, immeubles tous identiques dont la hauteur varie de 3 à 6 étages) et des commerces qui sont regroupé dans une unique rue, Super Quadra Comercial Local. Les quartiers ont tous un numeros, de X01 à X16. Répartition croissante quand on s'approche des extrémités des ailes. Le chiffre des centaines (de 100 à 900) lui renseigne sur l'emplacement à l'ouest ou à l'est de la ville. Les chiffres paires à l'occident, les impairs à l'orient.
exemple: SQCLS 712 signifie que vous vous trouvez dans un quartier commercial au sud ouest de la ville...
Les commerces: C'est une impression très étrange qui se dégage lorsque l'on observe l'organisation commerciale de la ville. Dans le corps de l'avion on retrouve tous les centres commerciaux (Brasilia a une grande culture des centres commerciaux, un peu comme le modèle américain). On y trouve tout ce que l'on désire et un grand nombre de personne aime y passer leurs week end. Dans les quadra, c'est comme si la loi Le Chapelier (loi qui aboli les corporations de commerçants en 1791) était toujours en vigueur. Par endroit, on retrouve une concentration d'informaticiens, de restaurants ou de magasins de luxe. Pas franchement pratique quand on n'a que ses pieds pour se déplacer...
Dans le corps de l'avion sont concentrés les quelques lieux touristiques interressants, les sièges sociaux des banques, toute l'administration gouvernementale et déléguée ainsi que les hotels de Brasilia.
Les zones résidentielles sont situées de l'autre coté du lac Paranoa (lac artificiel construit en même temps que la ville et situé à l'est de la ville) dans des quartiers nommés Lago Sul et Lago Norte.
Enfin les populations les moins favorisés (désolé pour l'euphemisme) sont regroupées dans les villes satélites tout autour de la capitale. On retrouve aussi bien des favelas que de simples villes de banlieue populaire avec entre deux des condominio: ville fermée pour riches propriétaires fermés du monde (j'y reviendrais prochainement).

Photo: La tour de la télévision que les Brasilenzes aiment appeler "notre petite Tour Eiffel"

samedi 22 septembre 2007

Un terroriste nommé Niemeyer




En cette journée sans voiture, je commence une nouvelle serie sur Brasilia. Il me semble que c'est un préambule nécéssaire aux textes qui suivront sur la société brésilienne pour que le contexte et la localisation soient claires pour tout le monde.


Brasilia est un vieux rêve de Dom Bosco qui eu une apparition au XVIe siècle voit une ville florissante lui apparaitre entre le 50° et le 60° Sud. Quatre siècle plus tard, la prophetie se réalise et Juceliano Kubitschek, le président de l'époque ordonne la construction de Brasilia pour dynamiser le centre du pays. La construction principale prend moins de 1000 jours et la ville est inauguré le 21 avril 1960.
Le maître d'oeuvre se nomme Oscar Niemeyer, un urbaniste révolutionnaire que l'on rapproche de Le Corbusier. Ici c'est un héros nationale et mon article peut me valoir l'expulsion sans préavis, mais j'ai pris l'habitude de démonter les monuments. Les concepts qui étaient considérer comme "modernes" et "du XXIe siècle" il y a quarante ans ont très mal vieillis et aujourd'hui, ils sont devenus abérant.
Brasilia est une ville où la voiture est indispensable. Le piéton est en danger permanent. Il peut se retourner vers le système de bus mais c'est l'un des pires du Brésil. A l'époque où l'automobile était le signe de la modernité, la ville fut construite en imaginant que toutes les familles en aurait une... Aujourd'hui c'est une nécéssité puisqu'il est impossible de passer de l'aile sud à l'aile nord à pied ainsi que de l'ouest à l'est. On se retrouve à chaque fois face à l'un des axes majeurs ( 4x4 voies) de la ville: l'eixo monomental (N-S) ou l'Eixxao (E-O).
Aux heures de pointes, la ville est paralisée, il est très dure de trouver une place pour se garer.
Cette conception urbanistique est d'autant plus scandaleuse aujourd'hui que l'on répète à longueur de journée qu'il faut faire un geste pour la planète et la ménager un peu. Les Brasilenses n'ont pas d'autres choix que d'avoir recours au parc automobile. L'écologie ne passera pas par Brasilia.


Photos: vision satelite de la ville de brasilia et l'esplanade des trois pouvoirs avec la rencontre de tous les axes routiers de la ville. crédits wikipedia
Je suis en retard quant aux photos mais je compte rétablir la situation prochainement