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mardi 17 novembre 2009

"Cette extradition équivaut pour moi à une peine de mort"


Je citais quelques extraits de la lettre que Cesare Battisti a envoyé le 13 novembre au président Lula. Voici la traduction complète de la missive, réalisée par mes soins pour aider le groupe Brasil e Desenvolvimento ainsi que tous ceux qui se mobilisent contre son extradition.

“Trente ans changent beaucoup de choses dans la vie d'un homme, et parfois font une vie entière” (L'homme révolté – Albert Camus)



Si nous regardons un peu notre passé d'un point de vue historique, combien d'entre nous peuvent sincèrement dire qu'ils n'ont jamais désiré proclamer la propre humanité, la déployer dans tous ses aspects en une grande liberté. Peu, très peu, sont les hommes et les femmes de ma génération qui n'ont pas rêver d'un monde différent, plus juste.

Cependant, fréquemment, par pure curiosité ou par les circonstances, seulement certains décidèrent de se lancer dans la lutte en sacrifiant sa propre vie.

Mon histoire personnel est suffisamment connue pour ne revenir de nouveau sur les raisons qui m'ont conduit à la lutte armée. Je sais seulement que nous étions des milliers, et que certains moururent, d'autres sont prisonniers, et beaucoup sont exilés.

Nous savions que cela pouvait se terminer ainsi. Combien furent ils les exemples de révolution qui ont échoué et que l'histoire nous avait déjà raconté? Même ainsi, nous avons recommencé, nous nous sommes trompé et même avons perdu. Pas tout! Les rêves continuent.

Nombreuses conquêtes sociales, dont profitent aujourd'hui les italiens, furent conquises grâce au sang versé par ces compagnons de l'utopie. Je suis le fruit de ces années 70, comme beaucoup d'autres ici au Brésil, notamment beaucoup de compagnons qui aujourd'hui sont responsables du destin du peuple brésilien. En vérité, je n'ai rien perdu car je n'ai pas lutté pour quelque chose que je pouvais emporter avec moi. Mais maintenant, détenu, ici au Brésil, je ne peux accepter l'humiliation d'être traité comme un criminel de droit commun.

Pour cela, face à la surprenante obstination de certains juges du Suprême Tribunal Fédéral qui ne veulent pas voir ce qu'était vraiment l'Italie des années 70; qui nient l'intention de mes actes; qui fermèrent les yeux face à l'absence totale de preuves techniques à mon encontre en référence aux 4 homicides qui me sont attribués; qui ne reconnaissent pas les failles de mon procès, la prescription, et qui savent les autres empêchements à mon extradition.

Plus que tout, il est surprenant et absurde, que l'Italie m'ait condamné pour activisme politique et au Brésil, certains n'ont pas peur de m'extrader sous prétexte d'une implication pour un crime commun. C'est absurde, principalement pour avoir reçu du gouvernement Brésilien la condition de réfugié politique, décision pour laquelle je serai à jamais reconnaissant.

Face aux énormes difficultés de gagner cette bataille contre le puissant gouvernement italien, qui utilisa tous les arguments, les outils et les armes, il ne me reste pas d'autres solutions aujourd'hui que de débuter une “GRÈVE DE LA FAIM TOTALE” pour que me soient accordés les droits attribués au statut de réfugié et prisonnier politique. J'espère par cet acte de désespoir, empêcher cette extradition qui équivaut pour moi à une peine de mort.

J'ai toujours lutté pour la vie et s'il faut mourir j'y suis prêt mais jamais dans les mains de mes tortionnaires. Ici, dans ce pays, au Brésil, je continuerai ma lutte jusqu'à la fin, et bien que fatigué, jamais je ne vais abandonner de lutter pour la vérité. La vérité que certains refusent de voir. Il est le pire des aveugles, celui qui refuse de voir.

Je termine cette lettre, en remerciant les compagnons qui depuis le début de ma lutte ne m'ont jamais abandonné, et de la même forme, je remercie ceux qui sont arrivés dernièrement, mais qui ont autant d'importance que ceux qui sont à mes cotés depuis le tout début. A vous, mes sincères remerciements. Comme ultime suggestion, je vous recommande de continuer à lutter pour vos idéaux, pour vos convictions. Cela vaut la peine!

J'espère que l'héritage de ceux qui sont tombés sur le champ de bataille ne soit pas vain. Nous pouvons perdre une bataille mais je reste convaincu que la victoire de cette guerre est réservé à ceux qui luttent pour la généreuse cause de la justice et de la liberté.

Je rend ma vie entre les mains de votre Excellence et celles du peuple brésilien.

Brasília, 13 novembre 2009

Cesare Battisti




lundi 16 novembre 2009

Cesare Batttisti ne retournera pas en Italie


Le Suprême Tribunal Fédéral (STF) Brésilien tergiverse et n'arrive pas à prendre une décision. Le président Toffoli récemment investi du poste refuse de prendre une décision et laisse ses collègues dans un match nul 4/4. Les juges souhaitent déléguer la décision au chef de l'Etat brésilien, Lula, et pendant ce temps Battisti attend...

La décision devait tomber le 14 novembre. Un an après avoir reçu du ministre de la justice brésilien le statut de réfugié politique, le STF devait décider de l'extradition, ou non, de Cesare Battisti. Le vote ne donna rien puisque 4 juges votèrent pour le retour entre les griffes de Berlusconi et son gouvernement fasciste et 4 optèrent pour qu'il puisse rester au Brésil. Le président du STF, Gilmar Mendés, qui possède un vote de minerve ne votera que jeudi. Le ministre, tout juste investi, Toffoli lui ne se prononcera pas. Lula reste le dernier rempart car il peut toujours empécher l'extradition.
La défausse des juges veut faire du cas Battisti un cas diplomatique quand on leur demandait de statuer en fonction de critères juridiques. C'est aujourd'hui à Lula de prendre une décision et cela représente une entrave à la séparation des pouvoirs. L'exécutif ne peut prendre une décision qui relève du pouvoir judiciaire. Le président de la république brésilien est soumis à une pression italienne des plus crapuleuse. Berlusconi promet des millions en investissement contre la tête de Battisti. En cas de désaccord, l'Italie promet un enfer diplomatique sur la scène international avec des sanctions touchant directement au porte-monnaie. Le même chantage dégueulasse exercé sur la France en 2003 et auquel avaient cédé Chirac et Sarkozy.
Et Batisti attend dans la prison de Papuda, à Brasilia. Gabriel Elias, grand ami et membre du groupe Brasil e Desenvolvimento, l'a rencontré la semaine dernière. Battisti n'avait pas encore commencé sa grève de la faim mais son état était déjà critique. Gabriel a rencontré un homme "propre et bien habillé" mais "déprimé" "qui ne réussissait pas à manger ni à dormir, il avait déjà perdu 5 kilos". Les étudiants de l'UnB, le comité du Céara Critica Radical, et son comité de soutien travaillent activement dans les alcôves du pouvoir, dans la rue et à ses cotés en lui rendant visite. Ils tentent de redonner espoir à un homme profondément "abattu" et "anxieux".
Le 14 novembre, Battisti commençait une grêve de la faim totale, ce qu'il refusait jusque là et qu'il décrit comme "un dernier acte de désespoir" et écrivait une lettre à Lula et au peuple brésilien. L'extradition représente "une peine de mort".
"J'ai toujours lutter pour la vie mais s'il faut mourrir, je suis prêt mais ça ne sera pas par les mains de mes tortionaires". Le message est clair, il ne retournera en Italie que dans un cercueil et en finira avant de poser le pied sur sa terre natale. Comme si cette lettre était un testament, il remercie les gens qui l'aident et se mobilisent en son nom, ceux du début ainsi que les derniers arrivés: "qui ont la même importance que ceux qui sont à mes cotés depuis le début". "J'espère que l'héritage de ceux qui sont tombés sur le champ de bataille ne soit pas vain. Nous pouvons perdre une bataille mais je reste convaincu que la victoire de cette guerre est réservé à ceux qui luttent pour la généreuse cause de la justice et de la liberté."

source: passa palavra et Brasil e Desenvolvimento
credit photo: café babel
Modification: 17/11/09 14h07 après les corrections de Joao Telésforo.

samedi 15 août 2009

Mise à nue


L'exposition "Our Body à corps ouvert" a provoqué un large débat et une forte émotion en France. Des corps écorchés et coupés en tranches que l'on avait conservé avec une nouvelle technologies étaient exposés au public. Finalement elle avait été interdite par la justice au mois d'avril, faute de preuves sur l'origine des corps. A Lima lors de mon passage dans la capitale péruvienne, j'y ai mis un oeil...


En France, et plus particulièrement à Paris (puisqu'elle a été montrée à Lyon et Marseille), l'exposition "Our Body, à corps ouvert" a été interdite par une décision de justice. "Atteinte à la dignité humaine" ont dit les juges après que les promoteurs n'aient pu prouver l'origine des corps ainsi que leur consentement de leur vivant à donner leur corps à la science. Ensemble contre la peine de mort et Solidarité Chine s'étaient alors portés partie civile. Ils argumentaient, que faute de preuve contraire, les corps venaient probablement des couloirs de la mort chinois et l'on sait que la dictature chinoise ne rend jamais les corps des tués (sauf grosse contre partie monétaire de la part de la famille).


Visite de l'exposition Ourbody A corps ouverts
envoyé par rue89


En France l'affaire est close mais l'exposition (les expositions car plusieurs parcourent le monde) poursuit sa tournée mondiale. Rendez-vous donc à Lima.
On ne rentre pas innocemment dans cette exposition, on en a entendu parler et en tant que français, on sait les décisions prises sur sa terre. C'est d'ailleurs sur la pointe des pieds que l'on pénètre dans le sous sol culturel d'un centre commercial liménien pour observés ces corps ouverts.
On voit donc ces corps asiatiques disséqués, étirrés, mis en action sur un vélo. Chaque organe est dissocié du corps, un poumon par ci, un foie par là et entre les deux une vesicule biliaire. Soyons honnètes, le principe scientique est impressionant, voir le réseau sanguin dissocié du reste du corps et exposé face aux seul réseau nerveux, reste une prouesse scientifique qui nous fait comprendre beaucoup en général. On est confronté à des reins tricolores qui nous replongent dans les cours de sciences naturelles du collège. On plonge dans ses propres entrailles en oubliant parfois le parcours de celui qui est en face de nous. Les coupes horizontales et verticales d'un homme sont particulièrement instructives mais on manque cruellement d'explications approfondies. Les panneaux sont laconiques et les étudiants de médecine qui décrivent certains tableaux s'en tiennent à la description sans expliquer comment la machine humaine fonctionne.
D'ailleurs on parle d'hommes, pas de femmes si ce n'est lorsque l'on évoque l'apparail reproducteur.
Mais elle est là la réalité. On ne sait pas d'où viennent ces corps et les doutes sont puissants. A chaque pas c'est le corps d'un homme victime de la peine de mort que les autorités refusent de rendre à sa famille pour être inhumé dans la dignité. Les corps sont étrippés de toutes les manières possible pour rendre l'anatomie plus lisible et on est confrontés à des ouvertures incongrues dans le crane, ou la cage thoracique. Le regard fixe, ils croisent le notre, étrange sensation on se sent au musée Barnum. Voyeurs "pseudo scientifique" face à un "traffic humain" comme l'avait dénoncés les parties civiles françaises. Le malaise est encore plus présent face à un alignement de foetus à différentes étapes de la gestation.

En fin de visite, la petite phrase: " tous les corps vus au cours de cette exposition ont été traité avec dignité" sonne avec ironie. Le visiteur est entré en connaissance de cause mais la peine de mort n'est pas digne!


source et crédit photo: rue89

samedi 14 mars 2009

Nous sommes des millions, ils font de nous des pirates


Alors que le gouvernement français tente de faire passer la loi sur les libertés numériques dite loi HADOPI issue du rapport Olivennes, ancien directeur de la Fnac. Je relais l'appel du réseau des pirates "Ils font de nous des pirates".

L'interet de cette loi ne se trouve pas seulement dans le fait que l'éxecutif souhaite interdire et supprimer le téléchargement de fichiers protégés par des copyrights mais dans la manière dont ils ont organisé le repérage des "pirates". Des sociétés privés vont être employées pour détecter les adresses IP qui téléchargent illégalement. Action pour le moment dans les prérogatives de la police. Ces entreprises envoieront ces données aux fournisseurs d'accès en contournant l'institution judiciaire qui couperont la connexion internet et provoqueront une mort sociale de l'internaute. L'Etat transmet l'exécution pratique de pouvoirs de police ou de caractère judiciaire à des acteurs privés. Contre la création de milices répréssives et d'organisation punitive privées, Réaction à Show soutient le réseau des pirates.


Nous sommes des millions, ils font de nous des pirates.

Je prends le parti des pirates.
Ils sont, nous sommes, des millions, en France, chaque jour à échanger des oeuvres: des tubes, des films à la mode, mais aussi des films et des disques rares, introuvables, des œuvres oubliées ou «tombées» dans le domaine public.

Ces pratiques sont là pour durer. Elles sont inscrites dans la révolution numérique.
Les tentatives d'interdire les échanges sur Internet - par l'intimidation ou par le filtrage - sont vaines.
Leur coût en termes de libertés publiques est inacceptable.
Cantonnées dans la clandestinité, ces pratiques de partage ne donnent pas, il est vrai, le meilleur d'elles-mêmes.
C'est au grand jour qu'elles révéleront toutes leurs potentialités.

Il est grand temps de reconnaître ces pratiques. De cesser cette guerre contre le public et la jeunesse.
En attendant ce jour, je prends le parti des pirates.

Je déclare que je suis l’un d’entre-eux.
Je déclare avoir consommé, remixé ou diffusé des œuvres culturelles.
Alors, pour eux je suis un pirate.




credit photo: pc world.fr

mercredi 25 février 2009

L'Agrion de Bernay trainé en justice

L'association ecologique bernayenne l'Agrion rencontre des problème avec la justice et un homonyme parisien. Je me permet de reprendre et de couper certaines parties d'un article de Denis Szalkowski. J'apporte tout mon soutien a Marie Noelle Vallet et aux autres membres de l'association.

L’association Agrion au travers de sa Présidente Marie-Noëlle Vallet, est en proie à une assignation en justice devant le TGI de Bernay de la part d’une autre association… Agrion. Le secrétaire général de cette association est Pierre Reboul, créateur de EBG qui éditait feu le magazine Elenbi.

Confusion d’objet ?

Qu’est-il reproché à l’association de Bernay par son homonyme parisien ? Une confusion d’objet assortie d’une confusion de nom de domaine. Le moins qu’on puisse dire est que l’objet de ces deux associations est en tout point différent. Celle de Bernay connue pour son implication locale en matière d’environnement durable s’occupe de co-voiturage et traite des questions relatives aux déchets. J’ai d’ailleurs été en relation avec Gilles Vaslin pour voir comment nous pourrions traiter la question des déchets électroniques sur le secteur de Bernay.

Au vu et au su des activités de l’autre association, il s’agirait d’activités qui traitaient les 19 et 20 novembre 2008 de l’industrie chinoise ou le 6 février 2008 du rôle et de l’importance de la prise en compte de l’environnement dans la motivation de l’acte d’achat. Est-ce que quelqu’un de normalement constitué peut me dire quel est le rapport entre les deux associations ? L’objet de l’association parisienne est, je cite :

“AGRION est une communauté d’entreprises qui partagent les mêmes préoccupations concrètes dans les domaines de l’énergie, des matières premières et du développement durable et qui se regroupent, non pas pour discourir, mais pour définir des solutions concrètes répondant à des problèmes précis.”

Confusion de nom de domaine ?

Créée le 20 janvier 2006, Agrion.org revendique la paternité du nom de domaine agrion.fr en possession de l’association de Bernay. Très curieusement, la marque Agrion a été enregistrée le même jour où les statuts de l’association Agrion (de Bernay) étaient publiés au Jo, soit le 16 mai 2008. Évidemment, une question me taraude l’esprit : qu’est-ce qui a bien pu empêcher l’Agrion de Paris de devenir propriétaire du domaine agrion.fr ? Simple : le fait qu’il ne s’agisse pas d’une marque. Pourquoi avoir tant attendu ? Pourquoi tant de “négligence” ? L’octroi du nom de domaine agrion.fr sous le contrôle de l’Afnic n’a fait l’objet d’aucune contestation.

Dans la mesure où l’Agrion parisienne s’inscrit dans une logique internationale, l’extension .org est parfaitement adaptée à la nature de ses activités. Voici d’ailleurs les branches internationales de ce site :

Au jour d’aujourd’hui, après requête auprès de Gandi, j’ai pu m’apercevoir que les domaines suivants étaient toujours disponibles :

  • agrion.biz
  • agrion.me
  • agrion.pro
  • agrion.mobi
  • agrion.asia
  • agrion.es
  • agrion.tv
  • agrion.it
  • agrion.lu
  • agrion.pl
  • agrion.nu

Très étonnant de voir agrion.pro, agrion.biz, agrion.es et agrion.tv laissés en déshérence de la part d’une marque si soucieuse de contrôler son nom sur Internet !!! J’ose croire que les heureux propriétaires des noms de domaines agrion.com, agrion.eu, agrion.net, agrion.info, agrion.ch, agrion.be, agrion.co.uk ne soient pas inquiétés de la même façon que l’association bernayenne Agrion.

La solution pour Agrion.org : le référencement !

Selon l’association parisienne Agrion.org, les moteurs de recherche mettraient en avant le site Agrion.fr. C’est faux et vous pouvez le vérifier aujourd’hui sur Google. Le nombre de backlinks est très nettement en faveur de l’association parisienne (280) dont le pagerank est à 2, alors que, pour l’association bernayenne, il est de 0 !!! Ce pagerank de 0 est un autre élément qui montre que l’association bernayenne n’a jamais procédé à une démarche de référencement actif. Elle serait d’ailleurs dans son droit le plus légitime à le faire. Je recommande donc à Pierre Reboul de payer un professionnel du référencement et d’abandonner la procédure qu’il a entamée à l’endroit de Marie-Noëlle Vallet. La mise en demeure qu’il vient d’adresser est en tout point caduque.

Adhérez à Agrion.fr

D’ores et déjà, je vous demande de bien vouloir soutenir l’association bernayenne Agrion en y adhérant. L’adhésion ne coûte que 2 euros.


mercredi 14 janvier 2009

Liberté pour Cesare Battisti

Rue 89 et La presse Canadienne nous l'annonce ce matin. Le ministre de la justice brésilienne Tarso Genro a demandé que soit accordé l'asile politique à Cesare Battisti. S'opposant de cette manière à la première décision de la commission nationale pour les réfugiés. L'ultime décision reviendra à la Cour Suprème.
Cesare Battisti est poursuivi en Italie pour quatre assassinats auxquels il aurait participé pendant les années de plomb. Il fut condamné à la prison à perpétuité. La justice italienne ainsi que le premier ministre refuse de lui accorder un nouveau procès. En 1981, il s'était évadé pour rejoindre la France. Il avait alors abandonné toute activité criminelle pour devenir romancier de polars. Zébulon avait fait fit de cette règle de protection non écrite pour entammer une procédure d'extradition. En 2004, Cesare Battisti s'enfui vers le Brésil. Il sera arreté le 18 mai 2007. Depuis il est emprisonné à Brasilia.

crédit photo: mauramix

mercredi 7 janvier 2009

Procès Thierry Martin: le réquisitoire

Environ 70 personnes se sont déplacées ce midi pour soutenir Thierry Martin. Un mot de remerciement au mégaphone puis tout le monde s'engouffre dans la salle d'audience du TGI.
Au terme de l'audience qui a démontré l'absence de preuve à son encontre, le procureur a requis 750 euros d'amende tandis que la partie civile demandait la relaxe.
Le délibéré sera rendu le 4 février.

dimanche 4 janvier 2009

Anihiler tout espoir de rebélion


L'année 2009 à peine arrivée que la lutte reprend. La machine de destruction d'alternatives idéologiques ne prend pas part à la trêve des confiseurs et elle abat ses chiens sur tous les "déviants". Mercredi, elle a rendez-vous à Bernay. Reprise de l'appel à la mobilisation et au soutien du collectif pour l'abandon des poursuites contre Thierry Martin, parent d'élève inculpé à la suite du mouvement dit "anti CPE" de 2006.



Thierry Martin, parent d’élève, est convoqué devant le tribunal correctionnel le 7 janvier prochain pour son soutien à la mobilisation des lycéens sur Bernay contre le Contrat Première Embauche (CPE) au printemps 2006.
Plus de deux ans et demi après les faits, ces poursuites constituent une nouvelle tentative de criminaliser le mouvement social et une volonté d’intimider et bâillonner tous ceux qui participent ou manifestent leur solidarité aux mobilisations sociales.
Les poursuites à l’encontre de Thierry Martin ne sont en effet qu’un exemple de plus d’une répression et d’une dérive sécuritaire qui s’accentuent dans l’espoir de décourager toute tentative de nouvelle mobilisation.
Cette même dérive a conduit à la condamnation récente des associations de défense des mal-logés (le DAL et les Enfants de Don Quichotte), les poursuites contre les militants du Réseau Education Sans Frontières qui défendent les élèves sans-papiers, contre ceux qui soutiennent les migrants, contre les militants anti-OGM, ceux du réseau Sortir du Nucléaire et plus largement les militants du mouvement syndical et ouvrier.
Nous demandons l’arrêt des poursuites contre Thierry Martin et continuerons à apporter notre soutien à toutes celles et ceux qui se mobilisent contre des lois ou des mesures qui nous semblent inacceptables et injustes.


Rassemblement le Mercredi 7 janvier à 12h30 devant le palais de justice de Bernay (place Gustave Héon)

L'occasion aussi de rappeler que Julien Coupat et Yldune Levy sont toujours incarcérés à la suite des arrestation du 11 novembre concernant des sabotages contre des lignes SNCF. Aucune preuve n'a jusque là été trouvé contre eux et ils n'ont toujours pas été entendu par le moindre juge. Ce dénie de justice et ces accusations abusives contre des personnes dont le seul tort est de penser différemment est totalement contraire à tous les principes de la démocratie. Ne les oublions pas.

photo: credit perso, manifestation étudiante à l'université de Brasilia en avril dernier.

mercredi 3 décembre 2008

Démocratie en réseaux: Internet, le porte voix des sans papiers

Le lundi 17 novembre, la région Ile de France organisait, à la cité des sciences et de l'industrie de la Villette, un colloque portant sur le thème Démocratie en réseaux (comptes rendus et contributions sur le site Internet grâce au wiki).
L'une des conférences portait sur l'usage d'Internet au service des libertés fondamentales. Espace de mobilisation, Internet est aussi une source d'information contradictoire. Elle réunissait des membres d'associations d'aide aux immigrés et des syndicalistes.


Les travailleurs sociaux étant asphyxiés par les demandes et l'information subissant la déformation médiatique, il a fallu trouver de nouvelles solutions pour les associations. Pour beaucoup Internet s'est avéré rapidement incontournable.
Lucille Prado du DIEM vient en aide aux sans papiers. Dans son temps de parole, elle insiste sur l'anonymat que l'outil permet. Pour des personnes en grande précarité, le site permet d'obtenir une première série d'information sans se faire connaitre. Le web brise les frontières géographique, le site peu être consulté depuis l'étranger ou bien des personnes résidant en province peuvent faire appel aux services du DIEM, petite association francilienne. Les permanents de l'association sont aussi moins consulté. Malgré tout un site reste un outil très chronophage et une personne se consacre à plein temps à la maintenance web (site, newsletter, mails...).
Marc Fromentin (GISTI) et Bastien Sibille (Disparitions) insisteront par la suite sur la qualité de l'information diffusée. S'ils jugent que l'information institutionnelle sur le net (Legifrance...) est plutôt de bonne qualité, ils déplorent son accessibilité. Ils sont particulièrement compliqué à l'usage. Le GISTI souhaite proposer une expertise explicite compréhensible par tous d'où un effort de vulgarisation et d'explication demandé à tous les rédacteurs du site. L'objectif de la Cimade en créant le site Disparition était que "constatant un manque de mémoire sur la disparition des personnes sans papiers, l’association a voulu se doter d’un outil permettant de retrouver une trace de l’arrestation de ces derniers, ainsi que leur histoire personnelle dans l’espace public numérique." Les rédacteurs pointent toutes les arrestations de sans papiers sur Google Map en écrivant quelques lignes sur la vie de la personne arrété. Le site "a pour objectif une prise de conscience collective de ce qui se passe dans le voisinage de tout un chacun."
L'information que ces sites proposent est en décalage avec celle proposée par les mass médias, du fait que sur un sujet sensible (les immigrés clandestins), ils ne relayent pas la vision étatique

jeudi 25 septembre 2008

Maurey invalidé et innéligible


L'information est tombé aux alentours de 10 heures ce matin. Elle s'est répandue dans la ville comme une trainée de poudre.
Le tribunal administratif de Rouen a suivi les réquisitions du commissaire au gouvernement. L'élection de municipale de Bernay a été annulé et Hervé Maurey est condamné à un an de d'inéligibilité. Le juge sanctionne l'utilisation de ressources municipales au service d'un candidat.
Le principal intéressé a tout de suite fait appel de cette décision, la jugeant "incroyable" et "excessive".


Photo: crédit perso. Les conseillères municipales doivent faire une mine bien plus grise ce soir. (ici Mmes Delanys et Baret, M. Bénéa est aussi présent)

samedi 6 septembre 2008

Retour d'éxil


Deux mois de torpeur estivale. On a vu la Chine, on a vu la Géorgie, on a vu le Tricastin, on a vu l'Afghanistan. On nous en a mis plein les yeux et les oreilles, on a fait croire que c'était la vérité puis on nous a dit de retourner dormir sur le sable. Le mois de septembre et sa rentrée marronnier sont arrivés. Moins de profs, moins d'argent pour les hôpitaux, plus de contrôles contre les jeunes délinquants fumeur de "je sais pas quoi", moins de militaires (seulement 10 de moins mais c'est un bon début), 40 médailles en plus (c'est bon pour l'orgueil national) ... OUI mais surtout une info à mettre au conditionnel mais qui peut redonner d'espoir.

C'est tombé jeudi à Rouen, on espérait chacun dans notre coin, on se disait que c'était peu probable mais on faisait confiance à la justice encore un petit peu indépendante.
Le dossier de l'accusation notait un certain nombre de fautes: une seule a été retenue: l'utilisation de photos sans paiement conséquent ou déviation de moyens municipaux à des fins électorales. Ce n'est qu'un réquisitoire du commissaire au gouvernement donc le coupable est encore présumé. On peut quand même affirmer que Maurey a mis la main dans la confiture sans aucune discrétion et qu'il s'est prendre.
Hervé Maurey a utilisé pendant sa campagne électorale des photos du service de communication municipal. La mairie, bien généreuse, les a facturées 1€ l'unité pour frais de reproduction. Le tribunal administratif s'en est ému et a pointé un irrespect des droits d'auteur. Il a estimé la prestation à 4000€. Pan sur le bec!
Pour la peine, remboursement des frais non payés, annulation des élections, et inéligibilité du bras droit du ministre de la guerre pour un an.
Au dossier mais non retenu: des frais dérisoires et suspects d'impression de la plaquette électorale, la note de frais du grand bazar pour la remise de la légion d'honneur (tout à fait légal mais pas très éthique), l'utilisation des services municipaux pour servir le candidat Maurey.

On pleure dans les chaumières à droite et le jeudi soir une réunion confidentielle entre les fidèles amis était organisée. Le jeudi après midi, la cour d'appel de Rouen devait étudié le recours de Gilles Launay dans une histoire de diffamation. Mouché dans son orgueil et dépité, Maurey a demandé son report. Deux échecs dans la même journée c'est beaucoup.

Vendredi soir, Superman arrive. Il descend de son Transall, transport de cadavre, et il vient réconforter son jeune poulain. "Le maire de Bernay n'est pas prêt de démissionner", Hervé Morin se veut souverain sur son territoire et c'est pas un petit juge éffronté qui va lui faire peur. Au cas où il ira voir Rachida, l'interventionisme dans une justice décadente cela ne fait pas de mal si c'est pour aider les amis.

Une nouvelle de plus qui met à mal la campagne de Maurey pour les sénatoriales. Résultat des sénatoriales le 21, résultats du délibéré le 25 septembre.



photo: crédit bernay passion, Le 25 septembre Maurey va pouvoir s'occuper durablement de sa petite famille.

jeudi 14 février 2008

Nous sommes plus fort que lui


Tandis que "qui vous savez" fait de l'intimidation, sa principale arme de bataille en acculant les journaux devant les tribunaux (chose qu'il ne peut constitutionellement pas faire du fait de son imunité royale), il me semble juste de lui rappeler ce bon adage "Ce n'est pas le peuple qui doit avoir peuple des gouvernements, ce sont les gouvernements qui devraient avoir peur du peuple".

En soutien à Romain Dunand et à tous ces révolutionnaires de la vie quotidienne, Réaction à Show publie le texte qui a lui à couté une condamnation à 800 euros d'amende et à un euro
de dommages et intérêts à verser à "qui vous savez".

"Objet: Bas les pattes sur Florimond Guimard!
De: "cnt-jura"
Date: Mar, décembre 19, 2006 13:26
A: sec.gueant@interieur.gouv.fr

Au ministère de l'Intérieur

Monsieur le ministre,

Nous venons d'apprendre que notre camarade Florimond Guimard, instituteur à Marseille, convoqué au commissariat, a été placé en garde suite aux manifestations anti-expulsions à l'aéroport.

Voilà donc Vichy qui revient: Pétain avait donc oublié ses chiens!

Résolues à défendre les dernières libertés qui nous restent -à commencer par la liberté d'exprimer notre solidarité active avec les victimes de votre politique qu'il faut bien qualifier de raciste-, nous exigeons la libération immédiate de Florimond Guimard, et l'abandon de toute poursuite à son encontre.

Dans l'attente, en vous rappelant l'exigence de la fermeture des centres de rétention et celle de la régularisation de touTEs les sans papiers, recevez nos salutations antifascistes,

M. Romain Dunand, Cnt-Jura / Resf-Jura."


La lutte continue



Merci à rue89

lundi 22 octobre 2007

Dans le panneau!

J'ai beau m'essayer à quelques expériences de mise en page, la vie continue.

Ah il faisait le fier au mois de juillet notre Morin national: "je serai surpris qu'on le perde". Sa place en haut de l'état devait lui permettre à lui et à Maurey, son fidèle toutou, de sauver le TGI de Bernay. Il se promettait de produire un lobbying payant: un intention louable car nécéssaire. Le 10 octobre dernier Maurey réafirmait de nouveau dans l'Eveil: "[La proposition du procureur général de la cour d'appel] maintient le TGI".
Sarko est droit dans ses bottes et s'il a dit que la carte judiciaire allait être réformer elle le sera sans que l'on se soucie des préocupations d'un ministre et de son conseillers qui ont encore un peu de boue sur leurs semelles.
Aujourd'hui Rachida Dati a parlé et la pillule est dure à avaler: Avranche et Bernay sont supprimés et 13 Tribunaux d'instances ferment aussi leurs portes en Normandie. Pont Audemer voit son tribunal d'instance et son tribunal de commerce s'installer à Bernay. Les prud'hommes sont quant à eux en suspend jusqu'à novembre.
Avant de se préocuper de l'aspect politicien (le moin important mais le plus drôle) il faut souligner que cette décision est très grave pour la ville de Bernay ainsi que pour tous les justiciables de l'Ouest de l'Eure. Les professions de justice risquent elles aussi de subir les conséquences d'un tel choix.
Les deux protagonistes locaux ne s'en font pas. Hilares, ils se satisfont des coups de batons que leur assaine le nabot président et sa maitresse tout de cuir vétue: "Je l'ai défendu avec acharnement, ce qui nous permet de sauver l'essentiel : le tribunal de commerce, le conseil des prud'hommes et les affaires familiales restent à Bernay. C'est mieux qu'une fermeture pure et simple. " se félicite le ministre de la guerre. Son conseillers en affaires boueuses est tout aussi content: " Je ne suis pas mécontent de ce qui a été décidé. Le tribunal ne va pas fermer, le tribunal d'instance est élargi et nous gardons les affaires familiales. Nous avons ainsi une justice de proximité qui en sort renforcée. " Ils ont basé leur campagne électorale en partie sur cet argument "Plus haut, on peut mieux controler". Aujourd'hui c'est un vrai camouflé. Cette suppression risque en tout cas de couter très cher à Maurey en vue des municipales. On lui reprochait en partie de ne pas être assez présent dans sa ville, aujourd'hui on a des exemples à lui soumettre pour lui prouver son incompétence.
Vivement 2008, les municipales et les législatives anticipés car je mets une pièce sur l'éviction de Morin dans les prochains mois...


Source: José Alcala: vernon27journal.typepad.com et paris normandie
photo: crédit perso février 2007