mardi 6 avril 2010
Pon la basura en su lugar !
La dernière vidéo de La Otra Esquina, réalisée en intégralité par les élèves de l'école de Santa Fe de Galan lors de l'atelier de communication communautaire à propos du tri des déchets et du recyclage.
vendredi 15 janvier 2010
Le retour du placard et des abérrations
Ces interrogations ne trouvent pas de réponses évidentes. Après un an en Equateur, je considérais la société française comme libérale à ce sujet: on pouvait en parler, en débattre se confier, informer et d'informer.
Pour rappel, parmi les personnes découvrant leur séropositivité en 2008 en France, 60% ont été contaminées par rapports hétérosexuels, 37% par rapports homosexuels et 2% par usage de drogues injectables. Dans le monde en 2007, on recensait 2,7 millions de nouvelles contaminations, 33 millions de séropositifs, 2 millions de morts du sida. Le combat ne peut s'arreter.
L'anecdote qui suit a pu se passer en France il y a 20 ans. Elle s'est déroulé il y a un mois en Equateur. Lors d'une conférence au collège de Santa Fé de Galan, La Otra Esquina présentait son film de prévention "Protegete" à une vingtaine d'étudiants âgés de 12 à 14 ans en compagnie d'une infirmière du centre de Santé de Guano.
Dans sa présentation de la maladie, l'infirmière explique: "L'Afrique est un pays beaucoup plus pauvre que nous et là bas tout le monde est contaminé. On a même du enterré vivante certaines personnes pour circonscrire l'épidémie."
Elle indique aussi que le préservatif est sûr à 80%... Elle ne fait que répéter ce que tous les médecins affirment avec aplomb et bétise face à la population. De la sorte, ce sont des criminels en puissance aveuglés par la connerie religieuse qui ne se rendent pas compte que 90% des personnes infectées par le SIDA ne le savent pas car elles n'ont pas réalisé de test et sur les 10% connus des services de santé, tous ne suivent pas de traitement car l'opprobre populaire est tellement forte que personne ne souhaite se confronter à la réalité. Pourtant en Equateur comme en France, le traitement est gratuit et l'attention médiacle est individiualisée et discrète.
Le retour aux sombres année 80 pleines de mensonges et de préjugés nous guète et personne ne s'en rend compte. La B.A de la semaine, voir et revoir Philadelphia de Johnatan Demme avec Tom Hanks.
mercredi 23 septembre 2009
Pérégrination andine (3)
La population de Santa Fé de Galan, un petit village de 400 habitants au pied du volcan se soucient peu des gesticulations politiciennes. Leur problème est un peu plus matériel. Ces agriculteurs avaient l'habitude de pratiquer une agr¡culture diversifée mais la "mama Tungurahua" est plus toxique qu'on ne le pense.
Dans ces jours de colère, le volcan crache un nuage de fumée qui retombe lentement sur le sol. Les poumons et les yeux des habitants du secteur (jusqu'au centre ville de Guano) souffrent. La respiration est coupée et on peine à ouvrir les yeux face aux irritations que cela provoque.
La cendre volcanique n'est pas une simple poussière qui se dépose par kilos (une dizaine en un mois lors de l'erruption de 2006) sur les toits, elle s'infiltre partout et devient un ennemi de l'agriculteur. La pomme de terre d'autrefois ne résiste pas à l'acidité des cendres qui forment aujourd'hui la couche supérieur du sous sol. La solution pour continuer à tirer un subside de la terre vient de la monoculture. Cette pratique anti ecologique et dangeureuse economiquement s'est imposée aux cultivateurs locaux, en l'occurence avec le poireaux, qu'on utilise ici comme oignon.
Parfois, la mère nature sait encore se faire respecter, l'agrochimie ne peut pas tout.
credit photo: perso, le Tungurahua vu de Guano
mercredi 9 septembre 2009
La grippe est encore parmi nous ...?
Dans la présentation de la situation lors d’une conférence au centre de santé de Guano, Mercedes Rea fait le lapsus de définir la grippe AH1N1 comme « la dernière maladie à la mode ». L’empressement des autorités à imposer des régimes spéciaux en cas de pandémie généralisée ne peut lui donner tort.
Les gouvernements de tous les continents dépensent des sommes astronomique pour contrer et prévenir la grippe A. Les campagnes se suivent et se poursuivrent, on est gavé d’information implorant le présentateur de la Tv de changer de sujet. L’Egypte n’a pas connu qu’une seule plaie, le monde a d’autres morts à pleurer.
Cette chanson lancinante et répétitive demandant qu’on se lave les mains aurait elle un effet ? Dans les hôpitaux, le personnel est soumis à une série de règles d’hygiène dont les fondamentaux résident dans le refrain. Le masque est désormais automatique en cas du moindre rhume et un lavage de main entre chaque chambre est minimum. Ces mesures depuis quelques temps, le risque pandémique ayant quintuplé depuis 2003 (allez savoir pourquoi… ?) connaissaient une diffusion au public à la pénétration très faible. Le masque n’avait pas encore été revisité par Chanel.
Aujourd’hui ultime élément à la mode, on en croise dans tous les bus des métropoles. Chaque de nouvelles personnes perdent le réflexe d’éternuer dans leurs mains mais préfèrent l’angle du coude. Un changement sensible de comportement semble avoir lieu. C’est peut être un pas de plus dans l’amélioration de l’hygiène publique mais cela n’empêchera pas les équatoriens de continuer à cracher par terre : habitude glaireuse difficilement surmontable.
mardi 28 juillet 2009
La face de l'hypocrisie
Le regard fixe, droit comme un pic, dans ses mains la plaque commémorative que l’on vient de lui remettre, Marco Cadena ne bronche pas. La caméra de la télévision et les objectifs des photographes sont braqués sur lui, il ne peut perdre la face. Pris en flagrant délit d’hypocrisie, le principal du collège de San Gerardo ne réagit pas.
Il était un peu plus fier, quelques jours auparavant en compagnie de ses collègues. Face aux volontaires qui avaient accompagné la réalisation de la fresque qui orne le mur principal de son institution, ils ne manquaient pas de qualificatifs dépréciatifs : « c’est moche », « c’est horrible », « cela ne correspond pas avec les valeurs de notre institution », « à la limite ça a sa place dans la cours d’une crèche ». Une professeur se proposera d’offrir un galon de peinture pour recouvrir le tout en blanc. En comparaison, ils ne sont pas avares de félicitations pour les élèves, âgés de 17-18 ans qui ont ornés les murs de bondieuseries dans la cadre du cours d’anglais (rappelons que le collège est public).
Les deux européens repartirent vexés et décidés à lui faire manger son chapeau. Rien de grave si ces critiques n’avaient pas été faites aussi aux adolescents (12-15 ans) face à leurs camarades peu avares en ricanement. Six mois de travail à propos de l’autonomie, l’estime personnelle, la motivation mis à mal par une bande de professeurs ignorants sans la moindre once de pédagogie qui considèrent leur sens artistique comme le nombril du monde. La peinture qui invite au respect de l’environnement est assez figurative. On reconnaît le paysage alentours et le Tungurahua imposant dans le massif andin. La faune et la flore ont été représentées en utilisant la technique de la sérigraphie. Le thème, les traits et les couleurs sortent tout droit de la caboche des peintres. Les deux volontaires ont accompagné le projet sans trop intervenir. Le projet initial, quelques conseils et une longue paire de bras assez pratique pour peindre le ciel situé à 3 mètres du sol comme uniques guides tout au long du processus.
Le jeudi 18 juin, face aux autorités locales et aux médias, Marco Cadena ne réitérera pas ses propos. Passif, il assiste à la célébration du travail de ses étudiants. Devant le micro, il en vient même à féliciter les apprentis peintres. Chacune des parties prenantes en va de son discours. Tous fustigent les critiques qui ne prennent pas en compte le travail collaboratif et communautaire des adolescents et qui oublient que cette œuvre de rue était une première pour tous les participants. Le principal reste de marbre et ses collègues font profil bas. Docilement, ils promettent à la presse de conserver la fresque qu’il leur faisait horreur quelques jours auparavant. Sur le mur du collège qui fait face au village, tous les habitants peuvent désormais admirer la fresque réalisée par leurs enfants. Une explosion de couleurs sur le bâtiment blanc, une épine dans le pied du principal.
mercredi 17 juin 2009
Ahora y Mañana (en espagnol)
En exclusivité sur le net, avant sa projection publique le jeudi 18 juin à San Gerardo en compagnie de tous les acteurs.
Faire part de naissance

Il ne lui a pas fallut neuf mois de gestation mais elle vient tout juste de voir le jour. Elle se prénomme La otra esquina, agence de presse et de communication communautaire. Localisée dans le canton de Guano, elle se présente comme une alternative aux mass medias et un relais aux seins des communautés qui l'entourent.
Le nom est une référence au livre de l'auteur péruvien Mario Vargas Llosa, Le paradis - un peu plus loin, ce qui en espagnol se traduit par El Paraiso en la otra esquina. "Un peu plus loin", voir au delà des reflexes quotidiens et professionels des journalistes pour favoriser une réapropriation populaire des médias et de la communication. L'objectif est de créer des moyens de communication (presse, Tv, radio) de tout type et pour tout public, de former la population à ces moyens tout en les rendant critiques face aux pratiques généralisées.
Pour le moment, on peut la retrouver sur son blog (en espagnol). De nouveaux outils numériques et pratiques verront le jour prochainement.
credit photo: flickr
vendredi 12 juin 2009
Dimanche de vote
Les électeurs de zone rurale se rendront aux urnes pour élire leurs représentants dans les "juntas paroquiales", division administrative similaires à nos communes et aux compétences limitées.
L'ensemble des électeurs voteront pour le Parlement andin, parlement de cohésion internationale entre la Colombie, l'Equateur, le Pérou et la Bolivie. Les objectifs n'ont que peu d'effets sur le terrain et personne ne sait vraiment à quoi il sert ni où il est situé. Le site nous apprend qu'il vise entre autre à harmoniser les législations nationales. Quatre parlementaires représentent l'Equateur à Lima.
La vérité sort de la bouche des enfants:
Discussion informelle entre deux heures de classe avec des enfants de six ans.
"- Qui est ce qui t'as donné cette boite d'alumettes (référence à une boite d'allumette avec le visage de l'une des candidate pour la junta paroquial).
- C'est Claudia Fuentes, celle de la liste 12 (Izquierda démocratica, parti du maire nouvellement élu de Guano), elle a aussi donné un drapeau pour qu'on le mette devant notre maison.
- A nous aussi elle nous a donné un drapeau, répond sa camarade, elle nous a aussi dit qu'elle nous donnerait des lapins, des poules et des cuyes (gros cochon d'inde d'élevage, viande typique d'Equateur)"
Sur d'autres terres, on appelle ça de la corruption...
credit photo: lenouveaumag
mardi 9 juin 2009
Auto stop sur les planches
Depuis 2002, Carlos Gallegos alias Cacho, sillonne la planète en présentant ses spectacles de clown. En 7 mois il a fait le tour du monde posant le pied sur 5 continents et provoquant des éclats de rire dans 15 pays.
Plush, son alter ego sur scène, une moustache en guise de nez rouge, est aussi un artiste voyageur. Muet, il part sur les routes à la recherche du succès et de l’âme sœur.
Mais la fortune de Plush est un peu plus précaire que celle de Cacho. Si Carlos Gallegos est aujourd’hui installé à Cuenca, Plush vit dans une tente plantée dans la boue au milieu des cochons. C’est là qu’il fomente ses rêves de voyages et « d’îles paradisiaques où tout est possible à l’exception de la solitude. »
Décidé à en finir avec les cochons, il lace ses chaussures et part sur les routes en directions des palmiers. La lettre d’une amante le guide dans son périple. C’est sur là bas, son spectacle rencontrera un public compréhensif et l’argent (nerf de la guerre pour tous) s’accumulera. Plush tend donc le pouce, tout comme Cacho il y a quelques années, lorsqu’il partit de Paris vers l’Espagne en stop. Sur l’autoroute du soleil, les automobilistes sont des brutes, ils roulent comme des dingues et ignorent Plush, ce piéton parasite au milieu de la quatre voies. Les mêmes péripéties que Cacho entre Bilbao et Valence. Ne sachant pas que le stop est formellement interdit en Espagne, son pouce fut pris de crampes à de nombreuses reprises en attendant en vain un chauffeur. « Le clown échoue dans tout ce qu'il entreprend, c'est ça qui le rend drôle » explique Cacho. Et il revient sur ce jour sur les routes ibériques où sa compagne continue à faire du stop pendant qu'il s'accordent quelques mètres en retrait pour se soulager. Un routier charmé s'arrête mais lorsqu'il s'aperçoit que la jeune femme n'est pas seule, il lance « Pas assez de place! » et reprend la route laissant les auto stoppeurs en plan.
Le voila arrivé. Il tombe la tente qu’il porte sur le dos et enfile la veste de clown. Que le spectacle commence et en avant la musique ! Les espoirs d’exils ne se concrétisent pas toujours. Malgré les prières répétées, Plush ne récoltent que pas les billets nécessaires que sa Juliette lui demandait en guise de dot. Encore et toujours l'échec pour décrisper les zygomatiques. Il revient sur ce jour dans un service pédiatrique d'un hôpital.
"J'arrive en retard et pendant que je me prépare en vitesse on me donne deux consignes: « Premièrement tu ne te roules pas sur le sol pour ne pas transporter de bactéries d'une chambre à une autre. Deuxièmement tu ne parles pas de la maladie ni de la mort, les enfants ont besoin de penser à autre chose. » « Je rentre dans la première chambre et là un enfant m'attend avec les mains en forme de pistolet: « Pan!Pan t'es mort le clown! » De manière instinctive je m'écroule raide mort sur le sol... »
L'échec économique entraînant l'échec sentimental, Plush s'effondre épuisé et désespéré et Morphée vient le bercer. Le voilà parti dans une croisière de songes. Un nouveau voyage qu'il entreprend en compagnie des esprits nocturnes qui le console. Cacho mène tout de même une vie un peu plus tranquile que son alter ego scénique puisque depuis deux ans il est installé à Cuenca où il vit avec sa compagne française en attendant que la famille s'agrandisse.
mercredi 3 juin 2009
Parents indignes
Les enfants dessinent en groupe. Les activités de la journée prennent fin et chacun emprunte le chemin du foyer familliale. Alex*, 6 ans, reste dans la salle, le crayon de couleur dans la main gauche, coloriant laborieusement le poisson qu'il a reproduit.
"-Qu'est ce qui t'arrive? tu rentres pas chez toi?
- Si je ne finis pas le dessin, ma maman va me taper. Des larmes s'échappent de ses yeux.
- Je vais t'aider, pourquoi tu dessines avec la main gauche, tu n'est pas droitier?
- Ma main droite me fait mal.
- Laisse moi voir qu'est ce qui t'aies arrivé?
- AIE! C'est ma maman, elle m'a frappé. Sa main droite est enflée. Le poigné a doublé de volume, il ne peut l'utiliser pour aucun mouvement.
- Et elle te tape souvent?
- Oui, il pleure de plus en plus.
- Et ton papa, il te défend pas?
- non il me tape aussi.
- Tu sais qu'ils n'ont pas le droit?
- Oui ils sont méchants je le sais.
- Tu veux qu'on aille chez le médecin maintenant, après je te racompagne chez toi.
- Non elle va se facher encore plus.
- Tu vas lui demander qu'elle t'emmène elle même chez le docteur, tu lui dira que tu es tombé en jouant avec tes copains"
Prise d'information, Rédaction d'une dénonciation, envoie aux autorités compétentes.
Maria*, 6 ans elle aussi, quitte le cours d'anglais pour aller demander à sa mère qu'elle lui achète une sucrerie. Refus de la mère. La petite fille est contrarié, tous ses camarades ont des sucettes à la bouche sauf elle. Véxée, elle ne veut pas retourner en classe. Le chantage comme solution d'extortion caramélisée. Allongée par terre, elle se crispe quand on tente de la ramener vers la salle de classe. La mère s'éloigne et s'empare d'une branche d'eucalyptus. Revenant vers sa progéniture elle lève le bras sur sa fille et s'apprète à abattre le fleau. "NON" un cri réflexe après quelques secondes d'incrédulité face à la scène. Eloigner la fillette à tout prix pendant que la directrice de l'école reste les bras croisés. Dans le tumulte de la bousculade, Maria se met à saigner du nez. Indiférence générale, seul ses camarades s'approchent et s'inquiète de sa santé. On la tranquilise, la prend dans les bras et l'emmène à l'écart près du robinet et au calme pour la soigner. Parents d'élèves et professeurs ne lèveront pas le petit doigt face à la situation trop normale à leurs yeux.
* les prénoms ont été modifiés
credit photo: CG Essonne
mercredi 27 mai 2009
Le loup dans la bergerie
Pour bien comprendre ce qui va suivre, il faut se souvenir que l'Equateur fut en guerre jusqu'en 1995 contre le Pérou. Des véléhités territoriales avec pour décor de supposées nappes de pétroles ont mis en rut des esprits belliqueux en habit militaire et ont encouragé au patriotisme sur tout le territoire. L'épisode anti Farc de l'armée colombienne et l'invasion du territoire équatorien par les petits soldats d'Uribe a remis de l'huile sur le feu. La souveraineté de l'Equateur doit être défendu au prix du sang du peuple et le message doit être inculqué dès la maternelle.
Le 27 février, c'est le jour du civisme et de l'unité nationale. A cette occasion les étudiants de dernière année de primaire et du collège doivent se conformé au jurement au drapeau. Ils clament haut et fort leur amour et leur fidélité à la patrie et au drapeau, puis ils embrassent l'étendart un genou à terre. Les enfants ont 12 et 18 ans. Au garde à vous, ils beuglent tous les hymnes patriotiques qu'on leur a inculqué depuis qu'ils ont 6 ans. Des militaires passent dans les rangs pour vérifier l'ajustement du col des garçons et se frotter aux postérieurs des filles. Au micro, un proviseur aux lunettes de soleil de Pinochet insulte les élèves incapables de se soumettre à la mascarade.
Le patriotisme est une pandémie nationale à l'Equateur qu'aucun médicament ne soigne pour l'heure actuelle. Chaque lundi matin, les élèves se mettent au garde à vous pour chanter l'hymne nationale. Dès l'entrée dans l'Education Nationale à 6 ans, les enfants se soumettent à cette cacophonie. On célèbre Bolivar, Sucre d'autres héros de l'indépendance. On se prétend béni de dieu et la prochaine on la gagnera...
L'école c'est l'armée, tout du moins on s'y approche quand tous les collèges du pays se livrent une compétition à travers des groupes de défilés. Il s'agit d'élèves qui s'entrainent toute l'année pour défiler lorsque l'occasion se présente. Orchestre, majorettes et zouave défilent au pas dans des uniformes étrangement similaires en coupes et en couleurs à ceux de l'armée. Les visages sont fermés, les sourcils froncés et le regard perce l'horizon. De la rigueur et de la discipline, le tout sous l'oeil ambulant d'un administrateur transpirant qui surveille si aucun faux pli n'est apparant. Le public applaudit ravi.
De fil en aiguille, le patriotisme se déplace légèrement vers le nationalisme et un beau jour lors d'une porte ouverte d'un collège évangélique on entend un enfant vous expliquer le rôle de la police. Le gamin sait son texte par coeur: " le groupe d'élite de la police protège notre pays des terroristes, des gens mauvais, des colombiens et des gens de l'étranger".
CQFD
cxrédit photo: nottsantimilitarism. wordpress.com
dimanche 24 mai 2009
Pérégrinations andines
L'arrivée au pied du Chimborazo c'est faite en stop. Pas forcémment plus économique puisque la tradition veut que l'on rémunère le chauffeur, il permet de faire des rencontres innatendues.
Dans la fourgonette d'un livreur de lait. La cinquantaine et la moustache, l'homme parcourt la campagne et visite les paysans pour collecter le lait des trois vaches qu'ils ont. N'imaginez pas de camions frigorifique ou une quelconque chaine du froid. Les paysans aux rides canoniques ne parlent pas, ni avec nous, ni avec le collecteur, ni entre eux. Des cris pour simple expression sortent d'une bouche édentée. Ni castillan, ni quetchua. Le collecteur vide les jerican dans ses bidons, il compte les litres et communique avec les paysans avec les doigts. Quatorze litres au total, pas de reçu, ni de billet fiduciaire. On n'en saura pas plus sur comment ils sont payés ni ce que vivent ces indiens au quotidien. Nos chemins divergent quelques kilomètres plus tard.
Le Chimborazo, volcan éteint mais dont la terre sent encore la lave éteinte. Un minerais à l'odeur des mines du Doubs. Pas étonnant qu'à la base du volcan on retrouve des eaux thermales. Un site perdu entre les montagnes indiqué par aucun panneaux, connus par les seuls locaux. Quelques hollandais initiés qui viennent travailler dans le cadre d'une mission humanitaire font relache dans les eaux à 30, 40 et 50º après la montée du Chimborazo. Les gringos à la peau blanche contrastent avec les quelques indigènes. On remarque alors l'usage différent des thermes en ce samedi après midi. Les hollandais font trempette tandis que les quetchua viennent prendre une douche chaude hebdomadaire. La société du loisir n'a pas sa place dans les traditions andines.
Et puis il y a cet homme dont on ne connaitra pas le nom. Equatorien, il a migré en Espagne, il y a 7 ans. Direction Valence. Ils sont des millions dans le même cas. Il travaillait jusque là dans la construction. Mais ma brave dame, c'est la crise! Alors on dégraisse et l'homme se retrouve au chomage. Immigré régulier, il a cotisé à l'assurance chomage et aujourd'hui il touche des indemnité pour un an. Avec femme mais sans enfants sur sa terre d'adoption, on l'a rencontré à Cebadas, village sur les rives du lac Atillo où il passait un mois de vacances chez sa belle soeur.
mercredi 20 mai 2009
Le prix de l'écologie
Il pourrait être considérer comme le dernier des Mohicans, un être isolé dans un monde hostile qui défend contre vent et marée. N'en faisons pas trop sur César Puente, patron de l'Alce, tannerie guaneña, certe il mène dans son usine un combat où il se retrouve bien seul mais l'homme a aussi ses sombres facettes.
Guano, "capitale artisanale de l'Equateur" dit le prospectus, nombreux sont les ateliers de cuirs où des familles entières travaillent le cuir. Il en est de même pour la laine et les tapis réputés dans le monde entier (présents du Vatican à la Maison Blanche, raconte l'histoire). La publicité date de plusieurs année et aujourd'hui la réalité est bien différente. L'économie du canton a du plomb dans l'aile.
Dans les années 90, elles étaient trois dans le canton et quelaues autres dans la province du Chimborazo. Les tanneries participaient activement à l'économie regionale. Aujourd'hui, el Alce est l'unique bastion de cette ancienne industrie florissante. La fabrique de Cesar Puente est la seule qui, grâce à sa taille, a résisté aux différentes crises économiques et à la dollarisation.
Ingénieur ambiental et avec la rivière en bas de sa fabrique, César Puente a été obligé d'arreter ses pensées sur ce cours d'eau asséché et jonché de détritut. En collaboration avec le fond de solidarité de Québec et la coopérative agricole Agrovida, une enquète de pollution a été guidé et s'est étallé pendant trois années. Il en est ressortie que la fabrique dégagaient dans la rivière des résiduts de chrome et de sulfure bien supérieur aux normes environnmental avec des proportions dangeureuses pour la santé des riverains.
Avec un tiers de capitaux étrangers, El Alce s'est doté d'un système de récupération des eaux pour filtrer les produits toxiques résultant de la teinte du cuir. Un investissement à la hauteur de 100 000 dollars qui impacte peu les ventes "1.50$ par veste et 50 cents sur un porte feuille".
Sur le plan environnemental, le filtrage permet de récupérer une dizaine de Kg de chrome par mois. Une quantité que le professeur à l'université Polytechnique du Chimborazo (ESPOCH) essaye de récupérer et de recycler.
César Puente a beau être l'unique entrepreneur guaneño qui se soit préocupé dans la pollution du Rio Guano, il n'en reste pas moins un buisness man. Liberal et conservateur, partisan d'Alvaro Noboa, l'environnement n'est rien s'il n'est pas lucratif et ses méthodes sociales sont parfois assez douteuses. Toute la main d'oeuvre de la confection a été externalisée dans des ateliers indépendants du canton. Ainsi il se dédouane de ce qui se passe lors de la couture des sacs, des chaussures et des vestes. "Dans ses ateliers, les ouvriers sont plus libres. Ils s'organisent comme ils veulent entre le travail et la vie du foyer Toute la famille participe à la confection, les enfants aident et améliore le salaire de la famille." Le travail infantil est conféssé sans honte, alors même qu'il est interdit par la nouvelle constitution.
César Puente souhaite aujourd'hui améliorer le processus qualité de sa production. Il souhaite officialiser les mesures qui sont pour le moment réalisé par des étudiants de l'ESPOCH. Pour cela il aurait besoin d'instrument de mesure dont un Phomètre. Ces instruments sont moins couteux en Europe. Les volontaires européens se proposent de trouver un moyen pour qu'une association puisse lui faire don du matériel; en contre partie de quoi Cesar Puente s'engagerait dans un processus éthique pour érradiquer le travail infantil dans les ateliers avec lesquels il travaille. Une démarche de commerce équitable est aussi envisageable.
Les lecteurs qui auraient une idée pour mettre à bien ce processus peuvent divulguer leurs idées dans les commentaires.
credit photo: R.B et perso. Cesar Puente et une vue du système de filtration
mercredi 13 mai 2009
Tout en image (9)
Diaporama Flickr qui comprend tous les clichés publiés depuis le début de cette expérience équatorienne.
mercredi 29 avril 2009
Enquête sur la face noire de Petroecuador
Enquête sur la face noire de Petroecuador (MEDIAPART)
Vidéo envoyée par earthwithoutoil
Alors que la planète commence à réfléchir à l'après-pétrole, les pays qui possèdent des réserves d'or noir continuent de les exploiter à n'importe quel prix. L'Equateur, dont le président Rafael Correa vante par ailleurs son credo écologique, persiste à forer dans la forêt amazonienne, au mépris de l'environnement et des populations locales. Une vidéo de Mediapart.
L'exploitation du pétrole en Equateur reste l'un des sujet clefs que le president de la République doit gérer. La question est de savoir s'il faut ou non utiliser les ressources de matières premières du pays au détriment de l'environnement et de la santé de la population. A l'heure actuelle, le gouvernement est largement en faveur d'une exploitation nationalisé mais les associations se mobilisent pour empécher une utilisation qui a déjà fait ses preuves en terme de conséquences néfastes (un procès contre la Texaco n'a toujours pas pris fin).
Cette vidéo accompagne l'enquète qui se réalise en ce moment même à Guano sur le pollution de la rivière.
lundi 27 avril 2009
Election Equateur 2009: Rafael Correa réélu président de la république
17h42: Les bureaux de vote ont fermé à 17h. L'heure est au dépouillement à Guano et en Equateur. Les résultats seront communiqués officiellement entre 22h et 23h.
La télévision annonce une première enquète d'opinion qui donnerait Rafael Correa vainqueur au premier tour avec 55% des voix. Les sondages sont à prendre avec beaucoup de précaution.
17h50: Après une campagne rythmé mais indigente intellectuellement, deux "jours de réflexion" (dénomination officielle) ont été instaurés. Cela consiste à laisser les indécis à réflechir en paix. Plus de campagne et c'est comme si ce qui venait de se passer depuis un mois n'avait pas existé. Respect total, les voitures ne roulent même plus avec leur drapeaux. Et pour que rien ne détourne l'attention des citoyens, on instaure une lois sèche qui interdit à tous les bars de vendre de l'alcool. Riobamba n'est plus que le fantôme d'elle même pendant la soirée. Pas un chat dans les rues.
A Guano, le décès d'un candidat de la liste 40, Mouvement juste et solidaire, a assombrie les dernières heures de la campagne électorale. L'enterrement a eu lieu ce dimanche.
17h57: Le journal El Comercio annonce sur son site que Correa gagnerait avec 56% tandis que Lucio Gutierez serait deuxième avec 29%, Alvaro Noboa troisième avec 9% et Martha Roldos (liste 29, RED) 4%. Les autres candidats n'auraient pas plus de 3% réunis.
18h05: Le journal quiteño annonce aussi l'élection que Augusto Barrera (liste 35, MI PAIS, parti de Correa) à la mairie de Quito et la rélélection du conservateur Jaime Nebot à la mairie de Guayaquil.
18h31: Quelques photos de la journée dans un bureau de vote de Guano
18h45: Telesur publie la vidéo de la conférence de presse donné par Rafael Correa qui remercie ses électeurs et se félicite qu'enfin l'equateur élise un président au premier tour quand on sait que les sept derniers n'ont pas fini leur mandat. "Aujourd'hui est un jour de joie et de remerciement". Il promet de poursuivre la révolution citoyenne et les ouvrages pour le développement de l'Equateur et promet toute son attention aussi à ceux (plus ou moins 54%) qui n'ont pas voté pour lui. Il termine son discour par une citation du Che "Hasta la victoria siempre".
19h10: L'AFP via Romandie.com nous apprend que Lucio Gutierez ne reconnait pas sa défaite tant que tous les buletin ne seront pas dépouillés. Il dénonce des fraude et "une guerre de l'information".
Reuters publie la dépèche où Correa revendique sa victoire.
19h22: Selon certaines informations, Mi PAIS, parti de Rafael Correa, remporterait la mairie de Riobamba. Le candidat, Juan Salazar l'emporterait sur Fernando Guererro, candidat à la réélection de la liste 65-66, du parti Amauta Yuyay.
19h40: Estimation du journal El Comercio en vue de la future assemblée (120 sièges à pourvoir). En gras la probable future majorité.
MI PAIS: 61 députés et majorité absolue
Sociedad Patriotica, liste 3, 21 sièges
PSC, Liste 6: 6 sièges
PRIAN, liste 7: 4 sièges
Movimiento Patria y democracia, liste 15: 7 sièges
Municipalista, liste 24: 4sièges
Autres: 13 sièges
Reste à déterminé 3
19h45: Le parti du président de la République remporte la région Azuay, où se situe Cuenca, troisième ville du pays.
19h56: Une vidéo trouvée sur YouTube qui explique le fonctionnement électoral équatorien (en espagnol sous titré en anglais). Issue d'une webtv de Vilcabamba créée par une journaliste française: Nathalie Duffau
21h30: C'est un triomphe pour Correa et son parti. MI PAIS remporte 9 des 24 provinces de l'Equateur. Quatre reviennent à des alliés politiques, soit un total de 13 pour la majorité présidentielle.
21h44: Il reste de nombreuses urnes à dépouiller et les résultats officiels ne seront connus que tard dans la soirée. Compte rendu complet demain.
28/04: Vidéo de Rafael Correa, datant de dimanche soir, revendicant sa victoire.
D'autres vidéos sur la chaine YouTube de TeleSur
vendredi 24 avril 2009
Election Equateur 2009: Fin de campagne
Les candidats ne peuvent plus désormais faire leur propagande et leur sort est entre les mains des électeurs. Le journal "El Comercio" titrait sa Une hier "une campagne électorale sans idées se termine". En effet il a plus été question de rivalité personelles que de débat de fond.
Le dernier événement de taille dans la province du Chimborazo fut une marche gigantesque (estimation personnelle entre 50 000 et 70 000 personnes) de soutien à Rafael Correa et son parti (Mi País, liste 35) ainsi qu'à son allié le parti indigène Patchakutik (liste 18). Des militants, principalement natifs, sont venus de tous les cantons alentours pour soutenir le président en poste, son poulain, Juan Salazar, candidat à la mairie de Riobamba et Mario Curicama, candidat à la présidence de la région.
Rendez-vous est donné dimanche aux électeurs équatoriens. Réaction à Show suivra aussi les élections et fera partager les résultats au fur et à mesure des annonces.
jeudi 23 avril 2009
Election Equateur 2009: La caravane passe
La campagne avait été des plus tranquiles. Des mégaphones qui hurlent toute la journée mais des candidats invisibles. Les réunions se faisaient entre simpatisants et pas de publicité n'entourait leur organisation.
A Guano, les hostilités ont réellement commencé samedi dernier avec la tenue d'un meeting par le candidat de la liste 3, représentant de l'ancien président Lucio Gutierez. Sur la place centrale de la commune s'est montée une estrade et la nuit venue le candidat s'est présenté aux sympatisans venus. On a évoqué la forme et non le fond, on n'oublie pas la démagogie électorale en de telles occasion et on promet encore et toujours une éducation plus forte, des infrastructures de qualités, et une revalorisation économique du canton.
Depuis les autres candidats ne font relache. On recrute dans toutes les communautés du canton et d'en dehors. Des cortèges de voitures s'organisent et les militants parcourent le canton dans son intégralité pour prouver aux indécis et aux adversaires leur force numérique. Les routes sont envahis par des caravanes de 30 à 50 voitures tous drapeux sortis et la sono au maximum. On klaxonne à volonté quelaue soit l'heure. Hier soir, 21h passée, Edgar Alarcon et ses supporters de la "Izquierda Democratica", liste 12, ont débuté un défilé pour se rendre dans une commune proche de Guano. Ce mercredi soir, le candidat d'Alvaro Noboa, liste 7, organise un meeting avec orchestre sur la place principale de Guano.
Les 24 heures qui viennent risquent d'être pénibles pour les habitants des environs qui vont devoir supporter la même musique que depuis un mois à des volumes encore jamais atteint. Le discours n'évoluera par contre pas: "Nous travaillerons pour Guano jours et nuits, Nous sommes tous guaneño. Guano, ma commune adorée."
credit photo: perso, l'un des véhicules de la caravane de la liste 7
dimanche 19 avril 2009
C'est pas sorcier
Petit essai de science pour curieux et pas seulement pour les matheux.
"La force de Coriolis est une force inertielle agissant perpendiculairement à la direction du mouvement d'un corps en déplacement dans un milieu (un référentiel) lui-même en rotation uniforme, tel que vu par un observateur partageant le même référentiel. "
Le premier paragraphe concernant la force de Coriolis sur Wikipedia reste particulièrement flou. Pour être plus pragmatique au risque d'être simpliste, on observe la force de Coriolis chaque fois que l'on vide un évier. Les lecteurs de l'hémisphère nord voit l'eau tracer une spirale dans le sens inverse des aiguilles d'une montre. Les habitants de Guano (dans l'hémisphère sud) constatent que l'évier se vide dans le sens des aiguilles d'une montre. L'Equateur étant à cheval sur la ligne imaginaire du même nom. On peut observer le phénomène dans son intégralité.
C'est aussi l'occasion de vérifier ce qui se passe sur la ligne même.
A 20 kilomètres de Quito se trouve la ligne de l'Equateur. Un piège à gringo qui n'a d'intéret que de lever quelques doutes scientifiques. L'expérience du robinet est effectué à trois endroits: dans l'hémisphère nord, dans l'hémisphère sud et à cheval sur la ligne.
Le guide débouche le siphon et l'hypothèse développé plus haut se vérifie. Il met quelaues feuille d'arbuste dans l'eau pour bien suivre le sillonement de l'eau. Lorsque on effectue l'expérience sur la ligne magnétique, les feuilles tombent à pic. L'eau ne tourne plus mais tombe tout simplement.
CQFD...
une explication un peu plus sérieuse ici.
credit photo: wikipedia
mardi 24 mars 2009
Election Equateur 2009: Election: piège ...
Depuis le mardi 11 et jusqu'au 26 avril, l'Equateur est en campagne électorale. Présidentielle, provinciales et municipales sont à l'ordre du jour et les candidats se démènent comme des loups pour convaincre au delà de leur gueule d'ange. Deux heures du matin, un jour de semaine à Guano, ceux qui ne l'ont pas encore fait se glissent dans les bras de Morphée. Une voiture traverse la ville, la musique à fond: "Votez pour Alarcon, Alarcon, Alarcon. Guano mérite le changement." Le candidat de la izquierda democratica n'épargne rien à ses possibles futurs électeurs. On se croirait revenu en 74 avec les chansons délicieuses de Giscard, Barre et cie. De même pour le candidat du Prian (parti nauséabond de l'homme le plus riche du pays Alvaro Noboa), qui depuis sa maison en plein centre de la ville passe en boucle depuis plus d'une semaine une chanson de 45 secondes de 8h du matin à 22h. L'ancien président et colonel Lucio Gutierrez ( responsable de la dollarisation et de la crise qui s'en est suivi) n'est pas en reste puisque un bus à son éffigie et à son poulain pour la mairie de Guano est stationé exactement là où les bus de Riobamba font étape. Sa petite musique joue des coudes avec celles des autres candidats (6 au total pour Guano) pour se faire entendre.
La clef du succès réside dans la présence. Ici on ne parle pas politique, ni débat, encore moins d'idées. Il faut se faire voir et être vu. La nuit tombée, les militants se mettent en action. Peinture, fresques, drapeaux, pancartes démesurées, la ville, le matin venu, est redécorée à l'effigie du candidat qui aura fourni le plus d'effort.

Certains citoyens prêtent leurs murs pour les pancartes car ici pas d'affichage officielle. Chaque candidat comme conseiller municipal a le droit à 8000 dollars pour en mettre plein la vue au citoyen. On aide l'ami de l'ami de l'ami pour qu'il accède au pouvoir. Légalement et officiellement, ces actions sont purement généreuse et on ne traite jamais d'argent entre gens éduqués mais cet homme qui a Guano à déposer les pancartes pour cinq partis différents sur un coin de sa maison doit avoir beaucoup d'amis ou bien des idées politiques des plus contradictoires.
On organise quand même quelques meetings, c'est une preuve que le candidat peut mobilisé autour de lui. Un bon test pour soi même et une démonstration pour les adversaires. On balance trois promesses dont personne ne se fait l'illusion qu'elles seront tenues puis on déclare et on répète son amour pour la ville, la province et son pays. On dit aux gens qu'ils sont beaux, qu'ils méritent autre chose que l'incompétent qui est actuellement en place (quand même sa femme le dit, c'est que ça doit être vrai). Quelques applaudissements, une paire de slogans et l'affaire est dans le sac.
Lorsque Oswaldo Estrada, l'incompétent au pouvoir, organise des réunions dans le canton, il invite la présidente du village, la présidente des parents d'élève, une représentante de la jeunesse. Chacune lui apporte son soutien et il sourit mais lorsque ces dernières demande l'installation d'un centre de santé, il a déjà tourné la tête, discute avec son voisin ou bien regarde sa montre. Tout se finit dans la joie et la bonne humeur, en chanson et un verre de liqueur à la main ( qui à la fin de la soirée se termine en ivresse généralisée).
Le 26 avril, les équatoriens devront choisir entre des incompétents au pouvoir et au bilan vierge et des démagogues souriant qui n'en feront pas plus. Et le principe du vote obligatoire ne leur donne même pas le choix de nier cette mascarade. Il faut opiner du chef bien gentiment et laisser la démocratie agir pour son bien.
photo: vérités graphique de mai 68