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lundi 11 janvier 2010

Il est mort le poète

Hier, Mano Solo est mort du SIDA. Peu de journalistes osent prononcer ce mot mais oui, il ne s'agit pas d'une "longue maladie", ou "des suites de son hospitalisation commencée au mois de novembre", ou encore "de plusieurs anévrismes".
Mano Solo est mort du SIDA. N'oublions pas que cette pieuvre est toujours là et n'a pas tirer sa révérence. Elle a préféré enlever son chapeau à Mano qui s'est cassé de la planète terre avec un magnifique doigt d'honneur.


"En une seconde, j'ai basculé dans un autre monde, je n'étais plus le même homme. Et puis, surtout, une oppression : je crois que j'ai perdu ma liberté, ce jour-là. L'insouciance, la liberté de se tromper, de perdre du temps." C'est avec ces mots qu'il expliquait son état d'esprit le jour où il a appris sa séropositivité, malgré tout il faisait passer un sacré message d'espoir et de rébellion dans ces chansons.
En 2009, Act Up, association de lutte contre le VIH - SIDA et de soutien aux malades, a fêté son 20ème anniversaire. A cette occasion, elle s'associait avec Arte pour une soirée de courts métrage. 10 films de 3 minutes à voir absolument qui raconte le vécu de femmes avec la maladie sous le titre "Silence = Mortes" pour ne pas oublier que la discrimination et les préjugés existent toujours. Discrimination définit par la cour suprème américaine comme "un décès social qui précède le réel décès physique."

samedi 14 novembre 2009

Un Brésil arc en ciel


Il est des événements qu'on ne peut manquer sous aucun pretexte quand on a la chance d'être proche du lieu. Le dernier jour au Brésil, attendant un avion sur la plage de Copacabana où il pleuvait abondamment se déroulait la Gay Pride Carioca. Une grande et belle fête.

Ce premier novembre, on a vu "O pais de todos" prendre une teinte arc en ciel pour qu'enfin l'homophobie soit criminaliser comme le mérite toute sorte de discrimination, de ségrégation et de violence ayant pour pretexte la couleur de peau, l'orientation sexuelle ou bien le genre.
Cette manifestation politique et festive faisait échos aux propos honteux du gouverneur du Paraná, Roberto Requiao, qui le 28 octobre dernier, avait fait preuve d'humour relatif en accusant les Gay Pride de favoriser le cancer du sein chez les hommes. Choquant mais prévisible de la part d'un homme qui dirige l'un des états les plus conservateurs du Brésil et qui dénombre 160 homosexuels et travestis assassinés en 15 ans.
Requiao fut l'une des cibles des discours politiques qui inauguraient le défilé. Associations de gays, de lesbiennes, de travestis mais aussi Carlos Minc, ministre de l'environnement ont pris la parole a la tribune pour réafirmer l'égalité des individus quelque soit leurs préférences amoureuses.
Le mouvement LGBT a l'avantage de savoir de revendiquer ses droits en faisant la fête. La gay pride a une forte signification politique mais c'est aussi un rassemblement musical ample qui brasse toute la population pour danser sur des rythmes électroniques. Une longue techno parade qui commence en après midi et se termine bien plus tard dans la nuit.
Sous les fenètres du Copacabana palace, prison en marbre pour millionaires, se répand la joie de vivre et la "perversité" populaire. Le contraste est saisissant entre ces touristes pompeux de caviar et de cigarres qui capturent l'événement depuis les fenètres de leurs cages dans leurs appareils photo miniatures et le bas peuple de la rue, déguisé, fardé, travesti qui danse et se dandine.
Les couples s'embrassent goulument, une telle journée n'est pas digne d'une quelconque retenue sociale. Les travestis passent parmi le cortège, ces hommes au genre confus repoussent les limites du mimétisme féminin. Certains décident de la vivre tout simplement, d'autres montent leur spectacle en haut des chars embrassant la foule d'un regard polisson.
Tout le long du défilé, on ressentait une liberté incroyable comme s'il s'agissait d'une zone à part en dehors de l'oeil inquisituer du Big Brother moraliste. Une leçon de réapropriation de l'espace public qui prenait une signification bien plus politique que le laissait paraitre ses talons hauts pointure 45.

jeudi 12 novembre 2009

Retour en image sur le festival d'Ozogoche

Au mois de septembre, a eu lieu à Ozogoche, le septième festival des cultures vivantes en l'honneur des oiseaux cuvivis. La Otra Esquina avait filmé un certain nombre de chansons, de danses, de théatre et les met aujourd'hui à disposition sur Internet. Trois vidéos sont reproduitessur Réaction à Show. La première est une chanson bolivienne en l'honneur d'Evo Morales, égérie indigène andine dans la lutte contre l'hégémonie yankee. La seconde est une danse traditionelle péruvienne. La troisième vidéo est une pièce de théatre en quetchua (mais compréensible par tous) sur la colonisation et l'explotation des peuples autochtones par l'homme blanc. Ici vous pouvez retrouver une démonstration de danse colombienne.






samedi 25 avril 2009

Bas les masques

Pour tous les fans de musique électro et ceux de Daft Punk en particulier, c'est l'évévenement des 15 dernières années. Depuis 1996 et l'album Homework, Daft Punk, alias Thomas Bangalter et Guy-Manuel de Homem-Christo, se cachent derrière des masques de robots. A l'occasion d'une fête à Los Angeles, Thomas Bangalter se montre enfin avec son visage humain.
Les puristes connaissaient des photos publiées à leur début mais jamais une vidéo de mix n'avait circulé. On pourra polémiquer sur l'utilité de la vidéo, le mal est fait et quoi qu'il en soit le son reste le même et cela ne change rien au talent des artistes.

Enjoy!



Thomas Bangalter - "Rollin' & Scratchin'"/"Signatune" (Bangalter edit) Live at Cinespace (Part 1) from la-underground on Vimeo.

lundi 20 avril 2009

"Allons enfants de la gâterie"


Et on reparle, à travers une directive présidentielle, de l’importance de l’enseignement de « la Marseillaise » dans les écoles. Ouvrons le débat mort né de l’intérêt de l’hymne national français.

Enseigner une chanson sanguinaire qui encourage à massacrer l’ennemi qui est à nos portes à des enfants de 8 ans est assez contestable. Quand on souhaite faire passer des valeurs identitaires à travers de cet enseignement, c’est absolument malsain et cela relève plus des camps d’été des jeunesses identitaires françaises que de l’Education national.

Régulièrement, de sages crédules (auxquels je me joins aujourd’hui) proposent de nouvelles versions. La première qui me vient à l’esprit serait « le chant des partisans » (et pas parce que Druon vient de casser sa pipe). La symbolique historique serait enthousiasmante mais on ne peut critiquer le coté sanglant de la Marseillaise et la remplacer par une déclaration haineuse aux forces nazis. « La chanson de Craonne » est tout aussi forte historiquement mais la république française ne revêtira jamais un texte antipatriotique qui dénonce les agissements honteux du passé. Reste alors « la Carmagnole », texte de la Révolution et enjoué, « le temps des cerises » ou bien « la butte rouge »… Au choix de l’auditeur. D’autres idées sont aussi acceptées dans les commentaires.

Pour conclure avec le sourire, je propose deux versions de la Marseillaise.



Allons enfants de la patrie,
Le jour de gloire est arrivé,
Liberté,
liberté chérie,
Ton soleil enfin s’est levé.
Entendez vous dans les
campagnes,
Retentir ces joyeux éclats,
Ce sont les rires et les vivas de
nos fils et de nos compagnes,
Au travail citoyen,
Traçons notre
sillon,
Courage, allons, qu’un air plus pur emplisse nos poumons


L’auteur, M.Portal, habitant de Vannes, est membre de l’Association pour l’éveil et la responsabilité à l’école (AERE), groupe d’amis qui, à son apogée dans les années 80, comptait 250 membres. Lucide il reconnaît « l’économie du texte » et « le sexisme latent ».


Allons au fond de la gâterie,
Le jour de foire est arrivé,
Entre nous,
faut que je tire mamie
Y’a mon dard tremblant qu’est levé
Y’a mon dard
tremblant qu’est levé !
Faut pas des coups dans les baballes,
Je lui
gère ses faux restes et sous le drap,
L’hygiène c’est jusque dans nos bras,
Pour dégorger nos vices à la campagne,
Oh ça mais c’est très bien,
Faut remettre l’oisillon,
Lâchement, lâchement
Qu’un songue impure
J’approche de ton sillon.


L’auteur a fait de la haine un sentiment ordinaire et l’a chroniqué avec génie pendant de nombreuses années. Son nom dans les jours à venir.



credit photo: février 2006 credit perso. Acte désormais condamné par la justice (uniquement dans le cadre de manifestations officielles)

lundi 16 mars 2009

Hommage à Alain Bashung

Alain Bashung Live 2003 au Bataclan Faites monter
Vidéo envoyée par LoscarZik

Hommage à ce monsieur, musicien hors pair et bête de scène.
Je l'avais rencontré en 2005 lors du rock dans tous ses états à Evreux. Une très grosse claque pas du tout prévue.

Tournée des Grands Espaces 2003 Bataclan
"Faites Monter"
Album "L'imprudence"

samedi 28 février 2009

Coktail explosif

Le carnaval est un phénomène populaire dans toute l'Amérique Latine: Uruguay, Brésil, Pérou, Bolivie, Equateur... Avant le jeun du carème, toute une population se regroupe et défile dans les rues dans un état d'ébriété plus ou moins consommé. L'année dernière, à peu près à la même époque, je racontais le carnaval de Recife. Un an après l'occasion m'est donnée de comparer l'événement brésilien avec les traditions équatoriennes.


On ne peut faire de comparaison empirique de ce qui c'est passé à Recife (3ème carnaval brésilien pour son importance) l'an dernier et ce que j'ai pu constaté cette année à Palora, petite ville reculée de l'Amazonie Equatorienne. L'occasion de faire la fête est identique mais les pratiques diffèrent.
En Equateur, le carnaval est un défouloir pour les adolescents et tous ceux qui se sentent une âme d'enfant et de guerrier. Le jeu consiste a salir son voisin jusqu'à ce qu'il deviennent tellement repoussant que les grands mères changent de trotoir lorsqu'elles le croisent. Pour cela tout bon carnavaleiro doit se doter:
- d'une Carioca: Cette bombe d'air comprimé dégage une mousse colorée que l'on étale à souhait sur les vètements. Certaines salissent, d'autres piquent les yeux lors d'un contact direct cependant cela reste l'arme la plus pacifique. Elle est aussi la plus couteuse (2 à 3 dollars la bombe). Notons que le nom est totalement usurpé car rien de cela n'existe ni à Rio ni au Brésil
- de bombe à eau: Les robinets coulent à flots pendant les 4 jours de carnaval quite à ce que l'eau manque dans les jours qui suivent. On remplit de petits ballons de baudruche et avec un peu d'agilité le jet peut faire mouche et détremper completement le passant. La préparation est fastidieuse et certains emploient les méthodes plus barbares. A bord de leur camion, ils vont remplir de pleines bassines dans la rivière puis roulant à tombeau ouvert dans des rues envahies par la foule, ils déversent de véritables trombes d'eau sur les malheureux qui sont encore à portée de tir.
- Les oeufs et la farine: Le matériel de l'homme du carnaval est adapté à une crèpe party mais ici point de caramel au beurre salé. A 15 contre un avec si possible un adversaire de sexe féminin, les ados se livrent une bataille sans merci. C'est à celui qui aura le T-shirt qui tiendra tout seul à la fin de la soirée. On attaque par derrière et on brise des coquilles d'oeufs sur le crane avant de saupoudrer de farine pour obtenir une pâte compacte.
Dans certaines villes, où a barbarie ne connait pas de limite, certains vont jusqu'à utiliser de la peinture tandis qu'à Ambato (ville situé entre Quito et Riobamba) la municipalité a interdit l'usage de l'eau pour éviter les accidents que l'on constate tous les ans.
En marge de cette grande bataille se déroule des défilés de danses traditionnelles réalisées par les différentes écoles ou d'autres institutions. On est loin du faste de Recife ou de Rio avec des chars de cinq étages mais on y croise toutes les sensibilités culturelles de la ville. De plus en plus les organisateurs tendent vers la valorisation de la culture locale via les défilés. Les cultures indigènes sont particulièrement mises à contributions pour donner de la valeur ajouté et faire venir les touristes.


photo: credit DB, Après la bataille

jeudi 4 décembre 2008

Caravan Palace: Django beat

Bernay accueille samedi le groupe Caravan Palace. Ces jeunes parisiens ont posé Django Reinhart sur leurs platines et cela donne un résultat détonnant.

La preuve en image:


Voila pour le résultat sur scène mais je vous invite aussi à visionner le clip qui est très original et particulièrement bien fait.

jeudi 27 novembre 2008

Orka: Un grand bol d'air frais

A la veille des Transmusicales de Rennes, zoom sur une découverte musicale pour le moins originale. Orka est un groupe des Iles Féroé. Les musiciens ne s'arrêtent devant aucun obstacle. Ils construisent leurs propres instruments et nous font découvrir des sons auquels nous sommes peu habitués. A l'heure de la mondialisation uniforme, ce groupe n'hésite pas à chanter dans sa langue d'origine: le danois.

Un coup de coeur raffraichissant!



Découvrez mondomix.com le magazine des musiques en couleurs!


Orka jouera avec Yann Tiersen au centre culturel "L'air Libre" à Rennes du 3 au 7 décembre.

mercredi 29 octobre 2008

Chauffe Marcel!


Vendredi dernier, s'est ouvert à Boissy Lamberville, le 4ème festival international d'accordéon en Pays Risle Charentonne. Le concert des frères Mouton était un prélude au festival organisé par la friche culturelle de l'Eglantine. Les concerts se concentreront entre le jeudi 13 et le dimanche 16 novembre.

Jeudi 13, 19h apéro concert en ouverture au Brind'zinc à Bernay. Acorp de Rue. Duo alsacien rencontré à Narbonne qui atterri en Normandie pour proposer une musique festive à la manière des Ogres de Barback. Le groupe sera aussi en concert à 20h30 au cinéma le Rex en ouverture du film Khamsa.

Vendredi 14, 18h, salle de concert de la MJC de Bernay, rencontre entre Bogdan Nesterenko et Stefan Stalanowski pour une interprétation de pièces classiques en revisitant le répertoire baroque, romantique et russe

Samedi 15, toute la journée dans les rues et les bars de Bernay: Samuel Bavoukana et Accorps de rue. Samuel est un accordéoniste congolais qui a ouvert une école d'accordéon dans son pays d'origine. Il rejoint Acorps de rue pour une déambulation pendant le marché et dans les troqués bernayens.
A 18h à la salle des concerts de la MJC: Duo Baldo Colas. Ces deux artistes ont été récompensé dans plusieurs grands concours internationaux. A l'occasion de leur visite à Bernay, ils nterprètent Haeden, Debussy, Brouwer, Assad et Rizzo.
20h30 au théatre E.Piaf: La soucoupe cassée. Trio (accordéon, batterie, violon) composé d'un professeur de l'école de musique de Bernay. Ambiance survoltée sur fond de rock ou de disco roumaine avec des résonnances Khezmer.

Dimanche 16: à partir de 11h dans la rue Gaston Folloppe: Fanfare de la 3ème rive. Fanfare de la vallée de l'Eure composée d'une dizaine de musiciens.
16h, théâtre E.Piaf: Salvatore Panu et Dragane pour un concert italien et de musique de l'Est.
17h30 théâtre E.Piaf: les Frères Nardan pour un concert sans frontière entre Bohème, Italie et pampa...
20h30: redifusion du film Khamsa en compagnie de Salvatore Panu et Dragane.


Tarifs: 7€/ 5€. Pass 5 concert 20€
Renseignements et réservations: 06.83.09.66.50 ou 06.07.85.61.20

lundi 16 juin 2008

Maloh dans les bacs aujourd'hui

Maloh_docteur352
Vidéo envoyée par frupi

Un extrait de l'album de MALOH "7200 minutes" en version acoustique à 2 guitares. Album qui sort aujourd'hui chez tous les bons disquaires!! Ne le loupez pas, courez mes amis vous ne le regreterez pas!!!

Pour une fois achetons un album et ne le téléchargeons pas, le chanteur débute et la maison de production est indépendante.

vendredi 30 mai 2008

Pensée Personelle

Mickey 3d - Ma grand-mere
Vidéo envoyée par owimbowey

mercredi 28 mai 2008

Dans des draps de soie

Maloh : draps dessus draps dessous + amélie-les-crayons
Vidéo envoyée par frupi

Dans 15 jours c'est le grand jour.
Maloh semble ne pas quitter les endroits feutré où il fait bon se refugier quand le vent pique les levres (le mois de juin n'est pas particulièrement propice a ce genre de moment quoi que à Dinan cela peut arriver). Il commença dans une chambre d'étudiant sinistre d'une cité universitaire sans charme. Il y écrivait des vers pour sa douce réfugiée dans la capitale bretonne. L'amour donne des ailes et inspire. En attendant le week end, il comptait les secondes en abimant ses pantalons sur les bancs d'un cours de journalisme. 7200 exactement.
Aujourd'hui il a réussi a séduit d'autres personnes. Néomme lui a permit de travailler un an pour aujourd'hui chanter dans le salon d'Amélie les crayons. Cet été on le retrouvera sur les scènes de festivals avec les Franco de la Rochelle en point d'orgue les 13, 14 et 15 juillet.
Laissez vous porter et écoutez.


Album dans les bacs le 16 juin

jeudi 6 mars 2008

Public chéri mon amour


Alors que Julio Iglesias chantera le 12 mars à Brasilia, je publie un extrait de sa biographie, parue il y a plus de vingt ans. Souvenirs, souvenirs (Merci à Pierre Desproges).

Page 195, chapitre « le pan de ma chemise qui dépassait »

" Je m’habille sans me regarder dans la glace, je ne le fait qu’à la fin. Je passe d’abord ma chemise que je boutonne de haut en bas puis mon pantalon. Rien ne vaut les chaussettes blanches de tennis mais je ne peux tout de même pas les porter en scène alors je mets des chaussettes de soie noire. Je ne porte pas de ceinture je n’en ai pas besoin. J’ajuste mon pantalon avec ma chemise par-dessus. C’est ainsi que je me peigne. Je sais que je ne dois pas tout de suite rentrer ma chemise dans mon pantalon, c’est pour ça que je a laisse dépasser le temps de mettre ma cravate. Je porte des cravates toutes simples de couleur sombre uni en soie. Mon pantalon est une sorte de seconde peau que je dois enfiler. C’est là le point commun avec les toreros. J’ai comme besoin d’aide, il faut en effet que je tortille, qu’on tire sur le pantalon jusqu’à ce qu’il colle à moi comme une seconde peau. Je mets également mon gilet en le boutonnant lentement et j’ai besoin qu’il me fasse un peu mal et qu’il me serre. Toutes ces petites choses sont importantes pour moi, elles me rendent plus fort, elles me soutiennent sur scène. On dit que je dois une partie de mon succès à mes gilets, je crois que c’est tout simplement parce que j’ai porté des gilets à une époque où on le considérait comme un vêtement démodé et où les jeunes les cheveux longs et les jeans. Je m’habille ainsi depuis l’âge de vingt ans. Il n’y a pas d’affectation dans ma tenue vestimentaire. Lorsque habillé, je me regarde alors dans la glace, généralement de profil, il m’arrive parfois de pousser un grand cri de satisfaction : « Ahhhhhhhhh ».


C’est beau la littérature !


Source : France Inter, Le tribunal des flagrants délires, chronique de Pierre Desproges à propos de Jean Marc Robert.

lundi 18 février 2008

Au coeur de la folie carnavalesque




Cuando me chamou, eu vou pra Recife e festei ja. [...]E frévo! E frévo! E frévo!”

“Quand on m’appelle, je vais à Recife où j’ai déjà fais la fête. C’est le frévo ! C’est le frévo ! C’est le frévo ! »

Le carnaval de Recife est un carnaval de rue de culture populaire. Le peuple y est mis à l’honneur et l’élitisme est banni des allées où les groupes de maracatu et de frévo défilent.

Les plus grands noms de la chanson pernambucana sont présents ce qui provoque un engouement populaire incroyable. Face aux différentes scènes, le public reprend en chœur les chansons. Les bras en l’air, les spectateurs font se rencontrer leurs deux mains. On saute, on danse et on invite le voisin inconnu à rentrer dans la ronde.

Lorsque Nação Zumbie fait son apparition sur la grande scène, c’est plus de 400 000 personnes qui exultent. Le groupe de rock de Recife est fameux pour avoir réussi l’alchimie entre les guitares du rock occidental et les tambours traditionnels du maracatu dans les années 90. Le groupe est depuis devenu un mythe. Le Brésil tient son Nirvana national. Chico Science, le chanteur, a disparu, il y a 10 ans, dans un accident de voiture. Contrairement au groupe américain, Nação Zumbie a continué à jouer. Le style a évolué mais le public est resté et encore aujourd’hui la jeunesse brésilienne est unanime lorsqu’ils se produisent. Programmé sur la scène principale, l’engouement populaire se fait sentir très tôt dans la soirée. Une heure avant le début du concert, alors que Dj Dolores fait chauffer les platines, la foule est déjà compacte, la marche arrière devient impossible et la température atteint déjà les 35°. Un peu avant minuit, les musiciens entrent sur scène et l’hystérie s’empare du public qui ne cessera pas de crier pendant les 2h30 de concert.

La nuit des tambours silencieux

Le Brésil est une terre de mélange. La colonisation a imposé la culture européenne aux tribus indigènes tandis que les esclaves africains ont utilisé leurs racines comme arme de résistance. Les relations se sont depuis pacifiées et des ponts se sont construits entre chaque civilisation.

La maracatu est une résultante de ce mélange. Les tambours africains rythment un défilé colonial avec une référence aux orichas.

Dans une rue étroite du centre historique de Recife, les meilleures compagnies de maracatu de la région se retrouvent et défilent pour la nuit des tambours silencieux. L’une après l’autre, elles s’avancent vers la scène. Les percussionnistes entament un rythme afro puissant et rageur. Le spectateur est pris à la gorge et les poils de ses bras se dressent de frisson. Grosses caisses, caisses claires, claves, tambourins et maracas s’accordent pour faire résonner leur rythme dans tout Recife. Les danseurs les précèdent. Ces derniers sont parés de coutures somptueuses et dorées. Dans un style néo-colonial, ils usent d’arabesques pour ouvrir la voie au roi. Les dames de la cour tournent sur elles. Leur robe à arceaux dessine un périmètre que le spectateur est prié de respecter. La cour peut alors avancer. Le vicomte, l’ambassadeur et le prince marchent solennellement en compagnie de leur épouse. Ils sont protégés par des guerriers en arme. En fin de cortège, une ombrelle et un plumeau, tenus par des serviteurs encore enfants, annoncent le roi et la reine. Sceptre en main, il couvre le public d’un regard bien veilleur.

On est très loin de la simple parade fantaisiste. Ce défilé est emprunt de symboles culturels malheureusement difficile à comprendre pour un étranger en mal de références. Malgré la frustration, le touriste se laisse porter par la magie de la soirée. Aux alentours de minuit, les tambours deviennent silencieux et les lumières qui éclairent la rue sont éteintes pour laisser la parole au maître de cérémonie. Un orateur – prêtre qui commence une incantation à l’attention d’une orichas. Dans un dialecte afro portugais, que tous les brésiliens ne comprennent pas, il fait ses recommandations à la divinité alors que Mardi gras est entré dans ses premières minutes. La foule lève les bras au ciel pour pénétrer encore mieux le coté mystique de la soirée. Quand la prière prend fin, on rallume les lampadaires et les batteries recommencent à jouer. Plus que vingt quatre heures de carnaval.


Cent ans de frévo

Le Brésil catholique est rentré dans le carême depuis quelques heures et que le calme est revenu dans le centre ville de Recife, mais Olinda n’en a pas fini de la fête. A la porte de l’église qui arbore un retable complètement doré, un guide nous informe que les festivités continueront jusqu’au deux mars, « jour de célébration de la création de la ville ».

La population, bien que marquée physiquement par quatre jours de fête et d’alcoolisation, continue à faire la fête. Les « bloco » de frévo défilent entre les rues de cette vieille ville brésilienne jumelle de la capitale du Pernambouco.

Il en va des groupes de frévo comme des écoles de samba. Chaque quartier dispose de propre ensemble qu’il entraîne pendant un an afin de rivaliser avec la concurrence le moment venu. Le porte-drapeau et le boneco ouvrent la marche aux danseurs et à l’orchestre. Les costumes multicolores sont assortis aux petits parapluies qui sert d’accessoire à cette danse rapide qui réclame beaucoup d’agilité. Le répertoire musical est identique quelque soit le groupe mais les spectateurs s’engouffrent à chaque fois à la suite des musiciens pour chanter et danser une fois de plus. Cela fait cent ans (Recife en avait fait le thème inaugural de son carnaval) que cela dure et la ferveur du frévo n’est pas prête de s’éteindre.



Photos: credits perso, Défilés de frévo dans le centre historique de Recife (1 et 2)/ jeune danseuse de frévo à Olinda/ Boneco à Olinda.

Phrase d'introduction extraite d'une chanson de carnaval

A lire: article de rue89 à propos de l'Ours d'Or decerné à tropa de elite

jeudi 14 février 2008

Fête Attention à vous


Le carnaval est annoncé par tous (étrangers et brésiliens) comme une période de débauche complète, une semaine hors la loi où chacun fait ce qu’il lui plait. Une nouvelle fois, c’est quand les préjugés sont les plus tenaces que le Brésil est capable de nous étonner.

Le carnaval de Recife est réputé comme l’un des plus populaire du Brésil. Rio et son Sambodrome tiennent la dragée haute, les chars des écoles de samba ont une renommé internationale. Salvadore de Bahia a acquis ces dernières années une célébrité certaine du fait des millions de personnes qui descendent chaque année dans les rues pour écouter Daniela Mercury et Ivete Sangalo. Le carnaval bahianense est talonné par la fête organisée dans la capitale pernamboucana. Recife propose aussi un carnaval de rue, la foule s’amasse le long des défilés de maracatu, de frévo et face aux multiples scènes dispersés dans toute la ville. Plus de deux millions de personnes dansent et se défoulent pendant une semaine.
L’évènement attire des touristes du monde entier et quand février approche, la planète a les yeux rivés sur le Brésil. Raison de plus pour proposer un spectacle sans faute.
Sans aucune méchanceté, il faut bien avouer que jusque là le Brésil m’avait habitué à un certain laisser-aller en ce qui concerne l’organisation en général : retards récurrents, changements de dernières minutes, négligence de quelques points de détails. Dans mon esprit, le carnaval de Recife ne devait pas déroger à a règle. Quelle heureuse surprise donc de constater que l’organisation était au niveau des plus grands évènements occidentaux. Les concerts s’enchaînent avec ponctualité, les horaires indiqués sur les programmes sont respectés. Une armée de volontaire parcoure les allées du principal pôle pour faire de la prévention. Des milliers de flyers sont distribués pendant toutes les festivités. On informe les gens sur les risques qu’ils prennent en consommant de l’alcool, des drogues, en n’utilisant pas de préservatifs lors d’une relation d’un soir ou bien en se promenant avec une arme à feux.

« Pour profiter de la fête au maximum, emportez dans votre poche une photocopie de votre carte d’identité, votre numéro de téléphone, votre adresse, votre groupe sanguin et bien sur des capotes. N’abusez pas. Les excès provoquent toujours des problèmes. Si vous consommez de l’alcool ou bien des drogues, souvenez vous de boire suffisamment d’eau, de s’alimentez constamment et toute la journée et de n’utiliser que les transports publics : bus, métro ou taxis. Ne conduisez pas. Ne marchez jamais seul. Circulez à chaque fois en groupe et dans les rues animées. Laissez vos armes à la maison et ne vous disputez pas. Faites attention à vous. »


Les volontaires passent parmi la foule et distribuent des préservatifs, les autorités sont conscientes que le mois d’octobre est réputé pour voir le nombre d’accouchement augmenter en flèche. La campagne de prévention est faite avec lucidité. L’alcool, les drogues, les armes, la frénésie sexuelle sont difficilement maîtrisables, il a donc été décidé d’agir en amont.
La proportion de policier est faible. Quelques troupes sont mobilisées dans des postes d’observation en hauteur, mais ils se font plutôt discrets. L’organisation a dépêché des volontaires non armés pour que les défilés puissent avancer sans problèmes.
La zone de non droit annoncée par les médisants ne fut pas au rendez-vous. Le slogan de la mairie de Recife se réalisait même en quelques sortes : « Notre projet : prendre soin des personnes ».


Photo: Pancarte de prévention à Olinda "Zélez pendant la fête, faites pipi dans les sanitaires, Dénoncez les abus" (sic)/ Pendant le défilé / Fillettes dansant le frévo. crédit perso

mercredi 13 février 2008

Le lion est mort ce soir


L'un des plus grands ponts culturels entre la France et le Brésil vient de s'écrouler. Henri Salvador est décédé aujourd'hui. Lorsqu'il était membre de l'orchestre de Ray Ventura, il sillona toute l'Amérique Latine et notament le Brésil. Il contribua à créer la bossa nova, genre musical mythique. En 2005, il fut décoré de l'Ordem do Merito Cultural par Gilberto Gil, ministre de la culture brésilien sous les yeux du président Lula.
Très criticable sur de nombreux points, il ne reste tout de même un des grands chanteurs français du XXe siècle.

Et puisque tout le monde a, au moins, une chanson de lui en tête, je vous propose la mienne: Minnie petite souris.


Source: Wikipedia

lundi 24 septembre 2007

Amour - Armor


Je porte au fond de mon coeur la Bretagne. Même si le Mont Saint Michel, me pousse à rester Normand, mon oeil Breton c'est mis à briller quand j'ai appris la nouvelle: à l'occasion de la Breizh Touch (la Bretagne à l'honneur dans tout Paris pendant quatre jours) Jean Pierre Pichard, l'organisateur réputé pour être le directeur du festival interceltique de Lorient, a réussi à recevoir pour cette manifestation le soutien des cinq départements Bretons: Ile et Vilaine, Finistère, Cotes-d'armor, et Loire Atlantique
Il n'y en a que 4 me direz vous? Administrativement oui, mais le château d'Anne de Bretagne est à Nantes et le Loire Atlantique intégré à la région bretonne est une vieille revendication.
Sans être bretonnant, ni indépendantiste, je me réjouis d'un tel fait. Si insignifiant soit il, il laisse de l'espoir à certaines personnes et remet en cause le poids d'un état un peu trop centralisateur et globalisant d'une époque que certains aimeraient faire revivre.

Que vive la Bretagne!
Kenavo

mercredi 18 juillet 2007

Le rock dans tous ses états: La septième vague


“Tu captureras le son de la septième vague en pensant à moi” Légende maoris, créole ou pure affabulation, une histoire commençait par cette phrase.
Les concerts d’un festival nous surprennent tel les vagues de la Manche. On rentre peureusement avant d’y mettre la tête définitivement afin de dissiper toutes appréhensions futures

La première est celle qui surprend le plus, en l’occurrence: Didier Super. Qui n’a jamais entendu l’ignominie criarde du picard ne connait pas les profondeurs de la bêtise humaine. En ces temps moroses, le gaillard sait motiver un public. Il a crevé depuis longtemps le second degré et n’a peur ni de l’impolitiquement correct ni du mauvais goût. “Elle est fraîche tu trouves pas?"

We’re from Barcelona est une grande vague d’amour.. Sur la petite scène de la Papamobile, le groupe composé de 12 hippies suédois fait déferler un tsunami d’amour. Ils dégagent une telle impression de bonheur qu’on ne peut que se laisser emporter. Maximo Park rajoute une pointe de sexe. Le rock qu’ils interprètent est suggestif, le chanteur emprunte tout un registre de positions scénique au Mick Jagger de la grande époque. The Rakes continue sur cette lancée, une pointe d’excentricité et de féminité en plus. Tous les festivaliers ont déjà du rock jusqu’aux oreilles. Ils ont plongé la tête et certains sont partis pour une apnée de 48h. La distance ne leur fait pas peur

En fin de soirée, les moins entraînés reprennent leur souffle face à Wax Tailor. Le Dj Vernonais distille du hip hop cinématographique. La mise en scène est soignée, le son chiadé. Les 3 musiciennes de talent qui l’accompagnent renforcent cette impression de maîtrise totale du set. Charlotte Savary, chanteuse, fait planer les festivaliers. “Ce n’est pas de ma faute si je ne sais faire que la planche!Attentions aux intempéries, la déferlante !!! peut surprendre. Les surfeurs australiens se jouent des tubes, eux se jouent des machines. “Attention celle là, elle est grosse”

Les Suédois sont les spécialistes des chocs thermiques,alternant sauna étouffant et bain de mer glacial. Rien de tout ça chez le beau blond de Peter Von Poelh. Les cheveux dans les yeux, il séduit toutes les demoiselles. Pour entamer le deuxième jour, votre nouveau maître nageur vous propose de débuter par une petite brasse.

Marseille n’est pas forcément réputée pour ses vagues. Jehro et ses riddim de reggae amorcent tout de même une jolie houle.

Vers 20h, le festivalier entend le chant des sirènes. Manque de sommeil, produit s psychotropes? Non, Clap your hand say yeah! La voix nasale du chanteur envoûte le public. Tout le monde frappe dans ses mains et dit “yeah”

Quand le soleil se couche, le gros temps arrive. Le ciel ébroicien reste clément mais une déferlante force 9 à 10 se prépare: Kaiser Chief monte sur scène. Les slameurs parviennent tout juste à garder la tête hors de l’eau, les autres rendent visite à la faune et la flore marine. Se laisser tomber au fond pour pouvoir mieux rebondir. Tout le monde saute de joie.
Aaron vient conclure cette 24e édition du rock dans tous ses états. Ceux qui ne sont pas encore revenus à la surface voient apparaître des lucioles de mer. Les 8000 spectateurs allument briquets, portables et lampes de poche quand le groupe entame “Lyli”, le tube qui l’a propulsé sur toutes les radios. Le festival se termine et les sauveteurs en mer viennent récupérer les dernières âmes perdues. “Une fois qu’on est rentré dedans, on ne veut plus en sortir!”
2007 était une année de transition après le départ de Jean Christophe Applincourt, faute de SMAC. La nouvelle équipe est parvenue à perpétuer la tradition. Une scène rock indépendante en tête d’affiche, des découvertes au détour d’une bière et des groupes régionaux de très bonne qualité.
Et contrairement à ce que l’on peut croire, les festivaliers n’ont pas vu l’once d’une averse pendant les deux jours de concerts.


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