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lundi 9 novembre 2009

Le grand nettoyage


Brasilia est en pleine restructuration: Une course contre la montre a débuté et le compte à rebours placé à coté du terminal de bus ne laissent plus que 150 jours avant les festivités grandioses du 21 avril à l'occasion des 50 ans de la demoiselle.

La réforme passe, entre autre, par une modernisation du commerce. Brasilia se veut à l'image des grandes métropoles occidentales (comme quoi certains n'ont pas tout compris) et elle doit se débarrasser de tout ce qui fait d'elle une capitale d'Amérique Latine. Les commerçants sont dans la ligne de mire du gouverneur Arruda car le commerce informel donnerait une mauvaise image de la cité aux touristes qui devraient arriver en masse dans les prochaines années.
Un grand nettoyage est en route. La première étape vise à changer tous les kiosques à journaux et débitants de dépannage qui se trouvent dans les quadra résidentielles. Aujourd'hui, ce sont des baraquements en taule bleue pas toujours très récents. Le gouverneur du District Fédéral (GDF) a entrepris un partenariat avec une régie publicitaire pour rénover tous ces locaux. De nouveaux postes vont être installé grâce au financement aux deux tiers de la publicité, la partie restante revenant à la charge du commerçant.
Ils ont beau ne pas être informels et faire partie de l'identité brasiliense, les artisans et commerçants qui travaillent au pied de la tour de la Tv voient leur lieu de travail en danger. Le GDF a décidé de les déloger, ils ne rentrent pas dans le cadre des festivités du 50 ième anniversaire. Leurs tentes agencées dans des allées étroites ne conviennent pas à Arruda qui veut une ville qui scintille et qui sente l'eau de javel. Les anciens babs, les noirs et les rasta qui vendent souvenirs et breloque de la capitale n'intéressent pas le pouvoir politique qui a de grand projet pour cette place centrale de Brasilia, point de convergence des touristes et des brasilienses en fin de semaine situé entre les deux ailes du Plano Piloto, à mi distance entre le terminal de bus et le Parque da Cidade. Les travaux sont déjà en marche pour que tous soient relocalisés en contre bas, à coté de la route, éloigné de la tour mais la résistance se construit du coté des chaland et de la population. Une pétition circule et les vendeurs profitent de chaque acheteur pour lui expliquer leur sort. Habitants de la capitale, étudiants et professeurs se mobilisent en partenariat avec les artisans. Le département d'architecture et d'urbanisme de l'UnB lutte pour que le projet de Niemeyer soit respecté. Être classé au patrimoine mondial de l'Unesco ne signifie pas seulement préserver les monuments mais aussi l'esprit de la ville.
La lutte des commerçants de la tour de la Tv est un exemple de la confiscation de l'espace public comme le conçoient Arruda et cie pour faire de Brasilia une ville de diplomates et fonctionnaires bourgeois. Le nettoyage de la place annonce un projet bien plus mercantile organisé par le vice gouverneur Paulo Octavio, magnat de l'immobilier, de l'automobile, et des médias. L'esplanade, vidée de ses artisans, ne restera pas vierge de chaland pendant longtemps. Octavio a déjà de nouvelles cabanes prêtes pour installer ses propres vendeurs et ses propres bénéfices.

crédit photo: perso septembre 2007

lundi 10 août 2009

Quand l’Inca s’habille en Quetchua

Qui n’a jamais rêvé de fouler l’herbe du Machu Pichu, ou bien d’observer le vol du condor dans la Cordillères des Andes ? Le rêve collectif encourage beaucoup de voyageurs à passer des photographies de Géo au billet d’avion pour Lima puis Cuzco. Justificar
Les premiers bus arrivent à Chivay vers 7h du matin. Le village est une étape avant le Canyon de Colca d’où on peut observer les condors, espèce en voie d’extinction. L’endroit en extrêmement prisé au point que les agences de voyage sont légion à Arequipa et occupent des rues entières. A force de proposition, le touriste cède à la tentation et pars en excursion. La température ne dépasse pas les 8°, un groupe d’enfant danse autour de la fontaine au son d’une sono crépitante. On nous explique que c’est une danse traditionnelle réalisée tous les matins pour célébrer l’amour… La présence touristique n’aurait rien à voir avec ce folklore. Les portes de l’église en restauration sont déjà ouvertes. Le visiteur est invité à prendre part financièrement aux travaux.
Le soleil monte lentement dans le ciel. Il ne faut pas perdre de temps car le condor profite des premières heures du jours, lorsque la température grimpe et les courants d’airs variables, pour prendre de l’altitude et se laisser planer au dessus du précipice. Les minibus font des micro étapes dans les virages, le temps de prendre trois photos du paysage et écouter les arguments commerciaux des femmes qui vendent de l’artisanat. Les enfants ont revêtu les habits traditionnels et traînent derrière eux un lama. La bouche en cœur, ils se proposent de prendre la pause contre une petite monnaie. Par moment, le guide prend la parole. Il éclaircit quelques lanternes en espagnol, anglais et français. La légèreté de certains commentaires laisse dubitatif par moment. Très souvent, la civilisation Inca est limitée à un peuple sanguinaire pratiquant le sacrifice humain avec sa dose de sexe histoire d’émoustiller l’imagination des touristes. La collection été 2009 Quetchua est représentée dans son intégralité. Polaires, pantalons, chaussures de randonnée ainsi que sacs à dos ergonomiques sont présents dans toutes les tailles et tous les coloris. La multinationale Décathlon a un succès fou auprès des touristes européens (les nord américains préfèrent North Face).
On arrive à la croix du condor et les premiers volatiles passent devant les touristes agglutinés sur des terrasses construites à cet effet. Les objectifs crépitent, les caméras tournent en continue. Les merveilles de la nature par l’intermédiaire du 35mm.

Les lucioles du Machu Pichu

L’histoire se répète au pied du Machu Pichu. En utilisant un itinéraire B dans les bus péruviens (en opposition aux bus touristiques), on imaginait échapper à l’agglutinement touristique. De même quand on décide de faire les 200 derniers mètres d’ascension à pied à 4 heures du matin pour profiter du lever de soleil en haut.
C’est un cortège religieux et polyglotte qui avance silencieux. A bout de souffle, ils marchent à petit pas, le chemin éclairé par la frontale. Une course non déclaré se met en place. Les portes du site ouvrent à 6 heures, il ne faut pas perdre de temps. Tous jeunes et plein de vie, ils ont entendu dire que les 400 premiers entrants obtiennent le sésame pour grimper le Wayna Pichu, montagne qui domine les ruines (pour préserver ce site en péril, on a limité le nombre d’entrée). A peine, le billet contrôlé par la sécurité, ils démarrent un sprint jusqu’à la barrière de la montagne. Sur les terrasses Inca se forme une bousculade pour savoir qui arrivera le premier. Pendant quelques minutes on se croit dans la file d’attente de Space Mountain. La rencontre d’une civilisation ancestrale avec la population moderne est explosive et enlève les illusions de quelques uns qui avaient lu Neruda et Guevara pour se préparer à la visite.

Le Pérou est une mine de merveilles culturelles et naturelles qui en font rêver plus d’un. Le tourisme a un succès fou et on ne peut reprocher aux péruviens d’en profiter quand les occidentaux exploitent les autres richesses (minerai et agriculture) du pays sans soucis de redistribution. Le consumérisme dont est victime le tourisme laisse tout de même un goût amer. En est il d’une autre manière sur le champs de Mars au pied de la Tour Eiffel ?

photos: credits perso

mercredi 20 mai 2009

Le prix de l'écologie

A l'occasion de l'enquète sur la pollution du Rio Guano, nous avons pu rencontrer quelques initiatives positives pour la protection de l'environnement. César Puente dirige El Alce, tannerie de cuir à Guano. Il a fait installé un système de filtre à sa fabrique pour récupérer les eux noires constituées de chrome et de sulfure.

Il pourrait être considérer comme le dernier des Mohicans, un être isolé dans un monde hostile qui défend contre vent et marée. N'en faisons pas trop sur César Puente, patron de l'Alce, tannerie guaneña, certe il mène dans son usine un combat où il se retrouve bien seul mais l'homme a aussi ses sombres facettes.
Guano, "capitale artisanale de l'Equateur" dit le prospectus, nombreux sont les ateliers de cuirs où des familles entières travaillent le cuir. Il en est de même pour la laine et les tapis réputés dans le monde entier (présents du Vatican à la Maison Blanche, raconte l'histoire). La publicité date de plusieurs année et aujourd'hui la réalité est bien différente. L'économie du canton a du plomb dans l'aile.
Dans les années 90, elles étaient trois dans le canton et quelaues autres dans la province du Chimborazo. Les tanneries participaient activement à l'économie regionale. Aujourd'hui, el Alce est l'unique bastion de cette ancienne industrie florissante. La fabrique de Cesar Puente est la seule qui, grâce à sa taille, a résisté aux différentes crises économiques et à la dollarisation.

Ingénieur ambiental et avec la rivière en bas de sa fabrique, César Puente a été obligé d'arreter ses pensées sur ce cours d'eau asséché et jonché de détritut. En collaboration avec le fond de solidarité de Québec et la coopérative agricole Agrovida, une enquète de pollution a été guidé et s'est étallé pendant trois années. Il en est ressortie que la fabrique dégagaient dans la rivière des résiduts de chrome et de sulfure bien supérieur aux normes environnmental avec des proportions dangeureuses pour la santé des riverains.
Avec un tiers de capitaux étrangers, El Alce s'est doté d'un système de récupération des eaux pour filtrer les produits toxiques résultant de la teinte du cuir. Un investissement à la hauteur de 100 000 dollars qui impacte peu les ventes "1.50$ par veste et 50 cents sur un porte feuille".
Sur le plan environnemental, le filtrage permet de récupérer une dizaine de Kg de chrome par mois. Une quantité que le professeur à l'université Polytechnique du Chimborazo (ESPOCH) essaye de récupérer et de recycler.
César Puente a beau être l'unique entrepreneur guaneño qui se soit préocupé dans la pollution du Rio Guano, il n'en reste pas moins un buisness man. Liberal et conservateur, partisan d'Alvaro Noboa, l'environnement n'est rien s'il n'est pas lucratif et ses méthodes sociales sont parfois assez douteuses. Toute la main d'oeuvre de la confection a été externalisée dans des ateliers indépendants du canton. Ainsi il se dédouane de ce qui se passe lors de la couture des sacs, des chaussures et des vestes. "Dans ses ateliers, les ouvriers sont plus libres. Ils s'organisent comme ils veulent entre le travail et la vie du foyer Toute la famille participe à la confection, les enfants aident et améliore le salaire de la famille." Le travail infantil est conféssé sans honte, alors même qu'il est interdit par la nouvelle constitution.

César Puente souhaite aujourd'hui améliorer le processus qualité de sa production. Il souhaite officialiser les mesures qui sont pour le moment réalisé par des étudiants de l'ESPOCH. Pour cela il aurait besoin d'instrument de mesure dont un Phomètre. Ces instruments sont moins couteux en Europe. Les volontaires européens se proposent de trouver un moyen pour qu'une association puisse lui faire don du matériel; en contre partie de quoi Cesar Puente s'engagerait dans un processus éthique pour érradiquer le travail infantil dans les ateliers avec lesquels il travaille. Une démarche de commerce équitable est aussi envisageable.
Les lecteurs qui auraient une idée pour mettre à bien ce processus peuvent divulguer leurs idées dans les commentaires.



credit photo: R.B et perso. Cesar Puente et une vue du système de filtration

samedi 8 novembre 2008

Une crise parmi d'autres

Le capitalisme actuel vit principalement deux crises: la crise financière qui touche les bourses et les marchés de cotations, et la crise de surproduction appelée aussi récession. Vendredi 7, Attac Risles Charentonne invitait Nicolas Béniès, économiste, pour évoquer cette situation. Le texte ci dessous reprend une partie de ses explications.


Les grands penseurs libéraux vous diront que la crise est naturelle, qu'elle fait partie intégrante du système. Le libéralisme est ponctué de vagues avec ses hauts et ses bas, des périodes d'essor économique et d'autres de surproduction.
Le premier choc pétrolier de 1974 vit l'apparition d'une nouvelle conception de l'économie. Jusque là, les périodes de crise se résolvaient grâce à des politiques de relance étatiques inspirées par John Maynard Keynes et le New Deal américain des années 30. L'Etat injectait d'importantes sommes sur le marché pour augmenter les salaires et relancer la consommation. L'augmentation du prix du pétroles permit à de nouveaux théoriciens de s'exprimer. Ces "experts" préconisèrent une hausse des profits des entreprises pour respecter le théorème de Schmidt: "Les profits d'aujourd'hui sont les investissements de demain et les emploi d'après demain". L'Etat devait se désengager des politiques économiques pour laisser faire le marché. Ce dernier s'auto régulant automatiquement. On passait d'une étude macro économique (au niveau d'un pays) à une étude micro économique (au niveau de l'entreprise).
En 1976, la France fut l'une des premières à appliquer cette théorie lorsque le premier ministre de l'époque mis en place le premier Plan Barre. Face à la baisse de la croissance, on privilégie la baisse de la masse salariale des entreprises. Cela peut se faire de manière directe (licenciements) mais aussi de manière indirecte via la baisse des charges sociales. L'Etat se délaisse d'une partie de ses recettes pour "soutenir" les entreprises. Des recettes en moins, c'est aussi des financements en moins pour les chantiers publics. En attendant que la crise passe, on mise sur l'endettement. Cela, malheureusement, ne fait que différer un phénomène incontournable tout en l'aggravant.

Le libéralisme étant un système vertueux, il est censé récompenser les esprits entreprenant qui osent se confronter au risque. Les décideurs en ont décidé autrement afin de préserver leurs deniers. Plutôt que d'assumer les conséquences d'une décision scabreuse, ils ont décider de "responsabiliser les salariés". Ces derniers, en contre partie d'une faible implication dans les décisions de l'entreprise, doivent assumer les choix et les conséquences de leurs dirigeants. Ils se flexibilisent au grès du cours de la bourse. On leur impose des objectifs irréalisables afin d'individualiser la main d'oeuvre. On déstructure la cohésion sociale ( affaiblissement des syndicats). On désigne dans le même temps des boucs émissaires (immigrés) pour que chacun trouve un coupable aux problème qu'il rencontre. Un mal être (maladies liées au travail, suicide...) se créé au niveau de l'entreprise.
On arrive aujourd'hui à une crise de confiance et du pouvoir d'achat obstacle à la consommation. Consommation: le sésame du libéral quand il s'agit de relancer la croissance.


photo: geolibertaire.org

mardi 22 janvier 2008

Le pharmacien de garde


Je reviens à la réalité brésilienne et fait un lien avec l'actualité française. La commision Attali remet son rapport demain et ce brave monsieur va sauver la France de la crise économique.

Je reprend un commentaire lu sur Backchich:
"La libre concurrence des professions dites protégées consistera par exemple pour les pharmaciens à permettre à des structures financières qui se seraient enrichies dans la soupe, le parfum, l’immobilier, le commerce hard-discount, etc.. voire dans les trafics divers… de vendre du médicament, moyennant l’embauche à vil coût de pharmaciens, salariés. Leur force de frappe en périphérie des grandes villes sera très importante. Le pharmacien, au moins c’était son métier, le plus souvent il s’endettait 10 à 15 ans pour acheter une pharmacie ou en créer une, à la différence des libraires, il devait faire l’ avance sur le fond, il participait aux tours de garde de son quartier, il était indispensable à la campagne. Pour le remercier de ses bons et loyaux services, de sa participation à la mise en place des cartes vitales, des génériques, on va lui coller en face un "drugstore" avec un type aux 35 heures, des sous-fifres sans formation mais qui vendra des soupes, des parfums, du vin, de l’essence, des biscuits pour chien, chat et mémé, des préservatifs chinois, des revues pornos pour mieux les vendre, tout cela dans un indescriptible bazar…"

Je remercie phil2fer pour cet exposé de la situation brésilienne, cette proposition est un pur copié collé de ce qui se passe ici. Les pharmacies sont très rares par contre les droguerie sont plétores. On les trouve à tous les coins de rue, ouvertes 24h sur 24 et elles vendent aussi shampoing, savon, la cosmétique de base et quelques remèdes miracles.
Pas encore de biscuit pour chiens, de soupe en poudre ni de revue porno. Le cauchemard décrit ici ressemble plus à une autre réalité brésiliennes. Elles s'apellent Lojas americanas et on y trouve absolument tout et n'importe quoi. Des DVD à vendre ou à louer, des strings à coté des petits pots pour bébé, des chips en face des déodorants.
N.S doit revoir ses concepts colonialistes de politique internationale: le tiers monde est à un stade plus avancé du libéralisme.
En espérant que ce rapport écrit par un escroc rejoindra la haute pile de rapport inutilisé


crédit photo: téléramaradio: Qui a dit que le libéralisme ne pouvait pas avoir un visage humain? :)