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jeudi 24 janvier 2008

Dans les kiosques


Les pouvoirs capitalistes et présidentiels qui dirigent la presse n'ont pas encore mis la main sur JoJoCo, et le journal trégoroix sort son numéro deux. Comme dans le numéro un, il met son nez là où il ne faut pas et refuse le consensus médiatique global.
Créé et écrit par certains étudiants de l'IUT de Lannion, Jojoco est une "parenthèse au bruit de la communication omniprésente, un lapsus de la parole unique des medias de masse, une bavure du parti unique du pouvoir."
C'est aussi un journal qui ne demande que votre soutien. Alors si vous êtes à la recherche d'une alternative aux mass médias qui ne pronent que la voix du libéralisme, précipitez vous sur ce canard.
MAIL: jojoco.cr@gmail.com
ou l'adresse: Jojoco, I. de Beaulieu, cité universitaire, rue Edouard Branly, 22 300 Lannion

Le blog de JoJoCo propose toute sorte de "joujoux" utilisables en fond d'écran, en affiches, en flyers. Jetez y un coup d'oeil, ils valent la peine.

D'autres journaux indépendants existent, tous les liens sur votre droite.

mardi 20 novembre 2007

"Nos stagiaires en contrepartie du versement de la taxe d’apprentissage "

Alors que le débat sur les universités fait rage en France, je ressors une interview réalisée en début d'année lors d'un embryon d'enquète sur les relations entre les entreprises et les universités. Le premier épisode avait été publié ici même en juin dernier.
Rencontre avec M. Gibassier, chef du service industriel à l’IUT de Lannion.

L’IUT a signé des conventions de partenariat avec des entreprises à l’occasion de l’ouverture du DUT GTR en 2003 puis de la LP ISVD en 2005, en quoi consistent ces conventions ?

Ces conventions sont des contrats moraux entre l’IUT et les entreprises pour favoriser les différentes filières. On leur montre la qualité de nos enseignements et de nos stagiaires en contrepartie du versement de la taxe d’apprentissage, d’interventions de professionnels pour des cours ou des avantages particuliers comme le don d’anciens matériels ou des tarifs spécifiques chez nos principaux fournisseurs. Nous pouvons aussi faire de la formation continue pour les salariés des entreprises partenaires. Ces relations formalisées facilitent l’intervention de professionnels pour des cours, ce qui est une de nos obligations inscrites dans le programme pédagogique national, mais eux ne sont pas obligés de répondre à nos attentes. Ces intervenants dispensent 5% des cours en R&T, mais ils représentent plus de 50% des effectifs. C’est un apport important qu’il nous faut stabiliser et ces conventions nous aide en cela.

Comment se passe la collecte de la taxe d’apprentissage ?

Nous disposons d’un mailing avec une centaine d’adresse sur toute la Bretagne. Nous avons des contacts avec toutes les entreprises de notre secteur (réseau et télécoms) que nous avons récupéré au fur et à mesure des stages des étudiants et par la réputation de la formation et de la ville dans les télécoms. Aujourd’hui les entreprises donnent de moins en moins directement, elles passent par des organismes collecteurs comme de CRCI qui dépend de la Chambre de Commerce et d’Industrie (CCI) qui redistribue par la suite entre tous les établissements. Nous pourrions avoir un réseau plus important, mais nous manquons de temps pour le faire. Pour l’instant nous ne sollicitons pas les étudiants actuels et anciens. Nous n’avons pas une connaissance assez poussée des anciennes cohortes pour accomplir ce genre de sollicitation. Mais cela peut s’envisager d’ici quelques années.

Les entreprises qui versent la taxe d’apprentissage influencent elles la politique d’équipement de l’IUT ?

Non, l’utilisation de ces fonds n’a absolument aucun rapport avec la source. L’IUT est autonome dans ses décisions. Par contre la taxe d’apprentissage peut être versée par un don de matériel.

Comment les entreprises ont-elles accès au plateau technique de l’IUT ?

On a des équipements qui peuvent parfois correspondre aux services recherche et développement de certaines firmes. Elles peuvent y avoir accès en signant une convention avec l’IUT. Les contreparties ne sont pas chiffrées, mais on les sollicite ensuite en ce qui concerne la taxe d’apprentissage, la venue de professionnels. Il s’agit d’un échange de service. Les laboratoires favorisent le brassage et l’intégration des étudiants dans le territoire local.

Le site Internet de l’IUT parle de « relations plus formelles, plus ciblées, plus privilégié avec un certain nombre d’entreprises » en quoi cela consiste ?

Nous sommes principalement en relation avec les entreprises partenaires, mais le département Information Communication n’a pas de convention de partenariat par contre il entretient de bonnes relations avec les médias locaux.

On retrouve des chef d’entreprises parmi les conseils décisionnels de l’IUT. Ils sont présents au conseil d’université, au conseil d’institut et au conseil d’administration. Par exemple, le conseil d’institut est présidé par le président d’Alcatel University. On retrouve aussi des représentants des partenaires sociaux et des collectivités territoriales. Les professionnels siègent dans les jurys qui délivrent les diplômes. Ceci n’a rien d’aberrant. Je crois que vu la nature de la formation, il est important et nécessaire de développer des relations avec un grand nombre d’entreprises pour éviter de tomber dans le monopole avec une seule entreprise pourvoyeuse de financement, de collaboration, et d’emploi. Il faut garder l’autonomie de nos formations. L’aspect professionnalisant de l’IUT l’oblige à s’adapter aux besoins du secteur et à connaître ses débouchés. On ne peut pas travailler avec du matériel obsolète, c’est pour cela que nous orientons l’enseignement en fonction de l’innovation. On essaye de ne pas se trouver dépasser, mais nous ne réussissons pas toujours.

Quelles sont vos relations avec les institutions de développement économique (adit, CCI) ?

Tous ces organismes qui participent au développement économique sont en relation avec nous notamment en ce qui concerne la taxe d’apprentissage. Cependant la relation n’est pas directe, il n’existe pas d’incubateur d’entreprise, ou de rencontre étudiant – entrepreneur comme on peut avoir à l’ENSSAT. Les liens sont beaucoup moins forts.

Pourquoi avoir implanté une licence professionnelle spécialisée dans l’entretien des plates-formes pétrolières ?

Cette création vient du fait que de nombreux étudiants en Mesures Physiques trouvent un emploi dans ce secteur. Les entreprises ont besoin de compétences spécifiques et l’IUT a décidé d’enseigner ces savoirs. Il s’agit en réalité de la formalisation d’un besoin d’un secteur. Des entreprises du secteur qui nous versent déjà la taxe d’apprentissage ont exprimé leur besoin et l’IUT a construit un projet de diplôme après avoir étudié la pertinence de la demande. C’est la preuve qu’il y a des possibilités de développement en dehors des télécoms.

On commence à voir se développer en France des chaires d’entreprises, ces diplômes d’université financé par une entreprise, s’oriente t on vers un tel statut ?

Non, on ne va pas aller jusque-là. C’est en dehors de nos perspectives

samedi 10 novembre 2007

Pour une presse indépendante et libre


Alors que la torpeur médiatique française glorifie l'homme qui fait figure de président, et que le PPA (partie de la presse et de l'argent cf le Plan B) est hégémonique, certains se battent pour une information dédouanée des pouvoirs financiers.
Lundi dernier, Jojoco a vu le jour. Premier numéro d'un projet vieux de 18 mois. Les créateurs n'avaient pu le mettre en place faute de temps, leurs successeurs n'ont pas failli dans leur mission. Bravo et Merci à eux.
Créé et écrit par certains étudiants de l'IUT de Lannion, Jojoco est une "parenthèse au bruit de la communication omniprésente, un lapsus de la parole unique des medias de masse, une bavure du parti unique du pouvoir."
C'est aussi un journal qui ne demande que votre soutien. Alors si vous êtes à la recherche d'une alternative aux mass médias qui ne pronent que la voix du libéralisme, précipitez vous sur ce canard.
MAIL: jojoco.cr@gmail.com
ou l'adresse: Jojoco, IUT de Lannion département Info-Com, rue Edouard Branly, 22 300 Lannion

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lundi 25 juin 2007

Vers une université privée... de tout

A l'occasion de la réforme sur l'autonomisation des universités, je publie un entretien avec Daniel Viard le chargé des relations industrielles de l'ENSSAT, école d'ingénieur de Lannion. Entretien réalisé en janvier dernier.


Les entreprises interviennent elles au sein de l’ENSSAT ?

Daniel Viard: Les professionnels n’interviennent que dans les enseignements et pas la recherche qui fait l’objet de relations conventionnées avec un laboratoire ou une personnalité particulière. Nous mettons à disposition nos laboratoires à des organismes publics ou à des entreprises privée. Nous contrôlons toutes les recherches effectuées dans nos murs. Importance des conventions puisque des recherches ont lieu sur des sujets très sensibles comme l’armement.

Dans le conseil de perfectionnement et dans le conseil d’administration il y a des industriels et des représentants syndicaux du personnel.

Comment sont élaborées les conventions entre entreprises et école ?

Daniel Viard: Les contrats entre entreprises et école s’effectuent par un contact avec un industriel qui est validé par le laboratoire concerné. L’industriel monte un cahier des charges (moyens, temps, coût), un budget. Le matériel n’est pas en accès libre pour les industriels, ils n’y ont accés qu’après la signature du contrat. Quelques entreprises s’installent temporairement dans les locaux de l’ENSSAT, toujours sous le contrôle des chercheurs de l’école. Ces contrôles sont nécessaires à la maintenance du matériel et à la préservation des règles de confidentialité concernant certaines recherches sensibles. Nos chercheurs se déplacent dans des laboratoires privés dans le cadre de conventions avec les entreprises. L’école n’a pas vocation à mettre un plateau technique à disposition en libre-service. Le laboratoire fait un suivi contrôlé. Tout ce qui ne rentre pas dans les contrats est financé par le public pour un budget total de 2M euros.

Comment est recueillie la taxe d’apprentissage ?

Daniel Viard: Pour la taxe d’apprentissage, nous disposons d’un mailing de plus de 500 entreprises. Cela représente 80 000 euros sur les 6M de budget. Nous construisons les relation sur le long terme entre l’école et l’entreprise. On envisage d’avoir recours aux étudiants étant donné que le réseau des anciens élèves est déjà mis à contribution pour la collecte.

Quels liens entretenez vous avec l’Adit (agence de développeent industriel du Trégor) ?

Daniel Viard: Il existe de très forts liens entre l’Adit (agence de développeent industriel du Trégor) et l’ENSSAT. Nous organisons la journée de la création d’entreprise avec l’Adit ainsi que des colloques de recherche et le forum de l’école. Les rencontres sont très fréquentes et la communication est quasi permanente mais cela ne concerne quasiment pas la recherche de stage. Nous avons créé un incubateur d’entreprise. L’Adit est le point d’entrée d’un projet de création et de financement d’une entreprise en innovation. L’ENSSAT participe à ces projets en fonctions des possibilités de stages et de contrats de recherche dans les laboratoires. L’ENSSAT fait partie intégrante du pôle de compétitivité du Trégor. Les entreprises ont besoin d’entretenir des relations avec les écoles ce qui leur permet de connaître le niveau de savoir des futurs employés et stagiaires. Les stages peuvent être une passerelle vers un emploi (pré embauche).

Les entreprises qui versent la taxe d’apprentissage influencent elles la politique d’équipement de l’école ?

Daniel Viard: NON ça ne serait pas acceptable, les entreprises ne vont pas infléchir sur ces décisions. La taxe d’apprentissage ne finance pas les laboratoires seulement les équipements pédagogiques

Les chaires d’entreprises sont elles l’avenir des universités ?

Daniel Viard: Les chaires d’entreprises sont une notion moderne qui n’est pas la politique actuelle de l’école par contre elle est envisageable dans le futur. Nous demandons aux entreprises d’analyser leurs besoins puis l’école envisage un programme pédagogique et elle peut créer une nouvelle option pour faciliter l’intégration dans le marché du travail. Les entreprises ont un rôle avec un droit de regard sur les cours. Elles émettent un avis en fonction du marché de l’emploi. Il existe une sphère d’influence pour modifier le contenu d’un enseignement. Ces chaires sont de bonnes solutions qui vont influer sur la politique future de l’école.