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mercredi 17 juin 2009

Ahora y Mañana (en espagnol)



En exclusivité sur le net, avant sa projection publique le jeudi 18 juin à San Gerardo en compagnie de tous les acteurs.

mercredi 10 septembre 2008

C'est à n'y rien comprendre


Tout le monde s'est ému du caca nerveux du maire d'Epaignes à propos d'EDVIGE. Les médias ont fait semblant de ne rien comprendre à cette manœuvre politicienne (à moins qu'ils soient définitivement perdus).

Règle n°1 du sarkozisme: le chef a toujours raison. La critique est inutile puisque le chef dit la vérité. Même quand le chef signe des décrets qui lui permettent de passer au niveau dictateur I, le chef a raison. Celui qui oserait contre dire le chef se retrouve entre les mains de la police politique après avoir subit le discours pontifiant de Guéant et Gaino. Les plus tenaces finissent entre les seins de Nadine Morano. Les obstinés sont emmené dans le bureau de Bachelot et on ne les revoit jamais.

Le week end dernier, la presse qui ment s'est émue de la réaction humaniste du ministre de la guerre. Cet homme est un héros qui est devenu le dernier rempart face à la barbarie sarkoziste!!!
Cet homme est surtout un petit soldat discipliné qui a reçu un bon de sortie de la part de son petit chef. En ce week-end de "campus", il lui fallait bien un os à ronger pour passer le temps pendant que ses copains prenaient une averse à Royan. Et à 50 km de son université d'été, il y avait son ex frère, Bayrou qui était aussi de sortie. Les deux hommes défendant le même programme, Morin s'est permit un peu de racolage actif pour attirer les derniers déçu du sieur de Gascogne. Ce dernier s'est fait remarquer par sa langue bien pendue et sa critique facile. L'élève Morin a voulu faire comme son ancien chef. Il s'en ai donc pris à EDVIGE.

Et voila qu'on parle de rébellion. Mais non messieurs les analystes de droites bien inspirés, il s'agit de mimétisme.

Si cela a permit aux collectifs qui luttent depuis 3 mois de se faire écouter, on s'en plaindra pas.



photo: edvige, racoleuse de grande envergure (syndicalistes, politiques, religieux, homo, séropo, délinquants, drogués, mineurs...). Faites gaffe à elle, elle est aussi plombé que le charles de gaulle!

samedi 26 juillet 2008

Fils à papa


On ne répètera jamais assez que Hervé Maurey est un opportuniste qui trace sa carrière dans l'aspiration des autres. La preuve en est encore avec sa candidature aux élections sénatoriales. S'il se présente ce n'est point pour son talent politique mais parce que Jean Luc Miraux a gentiment été mis à la porte. L'ancien maire de Vernon n'est plus en honneur de sainteté auprès de ses concitoyens ni auprès des instances de l'UMP. En quelques mois, il a perdu son poste de maire, il n'a pas été élu au SIEGE et l'UMP l'a délicatement éconduit du scrutin sénatorial. Jean Luc Miraux a envoyé une lettre à tous les maires du département pour se congédier de la vie politique. Dans ce texte, il apporte tout son soutien à Joël Bourdin et Ladislas Poniatowski... et Hervé Maurey, vilain petit canard passe inaperçu. Avec sa carrure haricots vert, on ne s'était pas rendu compte qu'il était présent. Il faut dire qu'il a en face de lui Jean Louis Destans, président du conseil général de l'Eure. Carrure, stature, charisme, compétence et bilan à l'opposé du maire de Bernay.

La candidature de Hervé Maurey est trusté par les ministères parisiens. Le bras droit du ministre de la guerre s'est allié au frère du secrétaire d'état aux affaires européennes. Le maire de Bernay est suppléé par Michel Jouyet, maire-conseiller général d'Ecos et frère de Jean Pierre Jouyet. Un goût bien élyséen pour un candidat Nouveau Centre, parti qui proclame son indépendance vis à vis de l'UMP.

Ultime question: pour qui votera Philippe Nguyen Thanh aux sénatoriales? Outre le fait que le maire de Vernon soit socialiste, il réserve un chien de sa chienne au couple Morin - Maurey, à la tête de la réforme militaire assassine qui vient d'être dévoilée. Morin, bidasse en chef, est accompagné de Maurey spécialiste en affaires locales. Il faut dire que les affaires locales aux environs d'Epaignes ont été gérées d'une main de maître. Parlez en aux salariés de la LRBA de Vernon, à ceux du centre de santé des armées de Mondeville, aux 18 ème RT de Bretteville sur Odon? Plus de 1450 emplois qui sautent en Normandie. A chaque emploi qui disparait, comptez une famille de trois personne en moyenne: 4350 personnes qui vont devoir partir. On fera le bilan en 2012. L'Eure n'est pas prêt de devenir un département prospère, quant au Calvados, tout juste remis du drame Moulinex en 2001, on lui inflige de nouveau une saignée de 10000 emplois. Le premier sinistre a bien affirmé que "l'armée n'est pas là pour faire de l'aménagement du territoire", à regarder la carte de la réforme on ne savait pas non plus que le ministère de la guerre avait des ordres pour tirer sur son propre peuple.


La blague du jour consiste a croire en l'élection de Maurey au Palais Bourbon. Il faudrait donc qu'il démissionne de l'un des deux mandats locaux. En cas de démission du poste de maire (vraiment improbable mais pensons y pour rire), la première sur la liste pour prendre la place serait... Sophie Delanys (je vous avais dit que c'était drole!!). La rumeur gronde à Bernay, tout le monde retient son souffle avant le mois de septembre qui sera décisif.

mardi 10 juin 2008

Nina Laranjeira: "Le gouvernement local ne se préocupe pas de l'environnement"


Troisième épisode de la série d'interview réalisées à Planaltina, ville satellite de banlieue de Brasilia.

Nina Paula Laranjeira – Professeur à l’université de Planaltina et membre de la Fundamental ( association de catadores de Planaltina):



Comment a débuté le partenariat entre l’université de Planaltina et la Fundamental?

La Fundamental est une coopérative de catadores [personnes qui vivent du recyclage artisanal des ordures et qui convoient leurs chargement sur des remorques tirés par des chevaux, NDR] de Planaltina qui se trouve dans la communauté de la Horta [quartier de Planaltina, NDR]. Ils travaillaient déjà avec l’UnB et le ministère de l’environnement. Je suis arrivée à Planaltina en 2006 avec l’ouverture de la FUP [université de Planaltina, pôle décentralisé de l’UnB, NDR]. Je suis coordinatrice du département de gestion agraire. Nous avons commencé à travailler ensemble à partir du second semestre de 2007 avec la création d’un cours d’extension. Deux membres de l’association se sont joint à un groupe d’étudiant pour un programme d’éducation environnementale.


Quelles méthodes utilisz vous dans ce programme d’éducation environnementale?

Tout d’abord, nous travaillons avec les catadores pour que la sélection et le tri des déchets soient bien faits. Nous repérons les problèmes qu’ils rencontrent dans leur travail puis nous cherchons des solutions ensemble. Il existe une forte réciprocité dans les relations entre l’université et la communauté. Chacun profite de cet échange. La seconde phase de notre travail consiste à entrer dans les écoles pour sensibiliser les enfants grâce à un processus éducatif pour une meilleure gestion individuelle des déchets. Nous nous ciblons sur la jeunesse car elle représente la future génération. Nous incitons les élèves à collecter et à trier les détritus. C’est de l’éducation à la citoyenneté. Nous ouvrons de nouvelles perspectives à la jeunesse de Planaltina qui en possède peu. Nous sommes dans une ville rurale de 20 000 habitants. On ne retrouve pas le profil urbain des autres villes de banlieue de Brasilia, il n’y a pas d’emploi pour les jeunes. La cité a perdu son identité avec la croissance urbaine. Nous pouvons participer à la résolution de ce problème avec ce type d’action.


Êtes vous aidé par les autorités politiques?

Actuellement, la Fundamental se trouve dans la communauté de la Horta, un quartier écologique en périphérie de Planaltina, mais les conditions de travail sont précaires. Il n’y a pas de bitume sur la route, les cinq travailleurs circulent en charrettes tirées par des chevaux. La collecte s’en trouve particulièrement affectée. La météo provoque d’importants préjudices puisque quand il pleut, des déchets sont emportés par la pluie. Le gouvernement fédéral a accepté donner les ordures produites sur l’Esplanade des Ministères au CentCoop-DF (Centrale des Coopératives des Catadores de Matériaux Recyclables du District Fédéral) auquel nous sommes liés mais nous manquons de moyens de transport alors c’est assez difficile d’encourager les personnes à faire plus de 50 km. Nous avons obtenu un nouveau terrain à Vila Roriz [quartier de Planaltina] mais la bureaucratie administrative nous empêche de déménager car il manque toujours une énième signature. Le gouvernement local de José Roberto Arruda [Democratas, droite] n’a aucun intérêt envers l’environnement, il ne accorde donc pas l’ultime signature


Comment la communauté et les autres mouvements sociaux perçoivent ils l’action des catadores ?

Chaque association travaille dans son coin. Il est difficile de structurer des campagnes et d’organiser un mouvement commun. Certaines associations ont, pourtant, une conscience écologique. Les personnes sont disponibles pour promouvoir notre action. Nous travaillons pour inciter le collectif. Sans cette aide extérieure, la Fundamental ne pourrait pas survivre.

crédit photo: unb.br

Projet réalisé dans le cadre du Projet Comminication communautaire

lundi 2 juin 2008

Marcia Xavier: "Nos actions essayent de calmer le climat dramatique tout en encourageant la solidarité au sein de la communauté."


Second épisode de la série d'interview réalisées avec les "leaders" de quelques mouvements sociaux de Planaltina, ville en périphérie de Brasilia.

Marcia Rodrigues Xavier – “União e Luta” association des habitants de Buritis IV (quartier de Planaltina) :



Comment est né le mouvement « União e Luta »?

Nous sommes un groupe d’employés d’une clinique. Nous vivions à Ceilandia jusqu’en 2001. A cette époque, nous avons construit un projet pour que 15 familles déménagent à Planaltina. Finalement nous avons obtenus 24 terrains, mais lorsque nous sommes arrivés il n’y avait ni éclairage public, ni réseau d’égout, les routes n’avaient pas de bitumes et aucun magasins n’étaient installés à proximité. Nous avons du nous organiser pour améliorer la qualité de vie. Quelques uns d’entre nous ont fait du porte à porte pour rassembler les habitants et les inviter à nos réunions. Peu de temps après notre arrivée, le mouvement « União e Luta » était né.


Quelles méthodes avez vous utilisé pour atteindre vos objectifs ?

En premier lieu, nous avons fait un inventaire de nos besoins puis nous avons défini un agenda de travail avec les priorités. S’en sont suivi des campagnes de sensibilisation ainsi de nombreuses réunions d’information et de mobilisation. Nos premières actions n’ont reçu aucun soutien des autorités. Nous avons installé l’éclairage public en sortant l’argent de notre poche. C’est à ce moment que nous sommes allés voir les pouvoirs publics pour qu’ils se chargent d’assurer la sécurité. Buritis IV a ainsi pu être inclut dans le programme du gouvernement fédéral “Illumination pour tous”. La seconde victoire de l’association remonte à l’époque où le secrétariat des transports du District Fédéral (DF) a accepté de financer la couverture en asphalte du quartier. Cela fut accompagné d’un accord avec le CAESB [compagnie des eaux du DF] pour raccorder Buritis IV au réseau d’égout. Nous avons de nouveau financé ce projet avec nos propres deniers, chaque habitant s’engageant à payer vingt quatre reais par mois pendant deux ans. Au fil de nos actions, nous avons maintenu l’information entre les membres de l’association grâce à un petit journal expliquant les combats dans lesquels nous étions engagés ainsi que les victoires que nous avions obtenus. En août 2005, les pouvoirs publics ont voulu installer un centre de rétention pour les jeunes à moins de 500 mètres des premières habitations. Cela allait attirer les gangs et une vague de violence liée au trafic de drogue dans un quartier où les enfants jouent dans la rue. Trois jours durant nous avons manifesté sous les yeux de la presse. Le projet fut finalement déplacé dans une zone rurale, en périphérie de Planaltina. Dans un endroit plus adéquate pour ce genre de bâtiment.


Quel est le rôle d’une association comme la votre dans la ville de Planaltina?

Planaltina est l’une des villes les plus anciennes du DF mais elle n’a jamais pu profiter des programmes sociaux mis en place par les gouvernements successifs. Le caractère rural de la ville a retardé son développement urbain. Les pouvoirs publics produisent des programmes assistencialistes. Ils s’arrangent pour rendre les citoyens passifs. Ils donnent sans aucune contre partie. Cela fragilise l’estime que les personnes ont d’elles même. Avec “União e Luta” nous voulons aider les autres en créant une réaction populaire pour que l’habitant se tranforme en citoyen, qu’il s’investisse dans les projets de développement de la ville. Plusieurs projets communautaires et locaux ont vu le jour et c’est une nouveauté. Nous travaillons avec les autorités pour améliorer la qualité de vie à Planaltina. Il y a le projet de développement durable local (DELIS). La SEBRAE [NDR, secrétariat d’accompagnement des PME] s’occupe d’un forum du développement local qui rassemble les associations de travailleurs et d’artisans, la coopérative des femmes et l’agence du micro crédit. “União e Luta” est en train de se mobiliser pour obtenir la signalisation routière dans Buritis IV. Nous souhaitons installer des dos d’ânes dans les rues pour ralentir la vitesse des automobiles. Nous recensons déjà deux morts et quatre accidentés depuis le début de l’année. Nous avons d’ores et déjà rencontré le DETRAN [NDR, département des transports du DF] pour mettre fin à ce fléau qu’est la violence routière.


Vos action permettent elles de diminuer la violence à Planaltina?

Nous sommes confrontés à plusieurs types de violence. Il y a la violence des gangs, la violence routière et la violence psychique. La guerre des gangs a sévit a Planaltina jusqu’en 2006. En avril 2004, quatorze jeunes sont morts. En général 70% des jeunes de Planaltina n’atteignent pas la maturité. Ils sont victimes du trafic routier, des bagarres, des balles perdues, des attaques. Les femmes rencontrent d’autres problèmes. Elles tombent enceinte précossement ou bien elles deviennent veuves. Nos actions essayent de calmer le climat dramatique tout en encourageant la solidarité au sein de la communauté.



Quelles sont les relations de “União e Luta” avec les autres mouvements sociaux de Planaltina?

Nous avons quelques partenariats avec Radio Utopia, le centre de santé ou bien la “Fundamental” des catadores. Nous utilisons réciproquement les ressources des uns ou des autres. Nous devons créer et développer des relations stables entre chacun de nous pour améliorer la qualité de vie de la communauté.



Interview réalisée dans le cadre du projet communication communautaire.

Photo: crédit com com

lundi 10 mars 2008

Mauvais endroit, Mauvais moment


Vendredi 7 mars, sur le chemin qui conduit de l’université à mon appartement. Le nez au vent et le mp3 sur les oreilles. Deux garçons que je croise me barrent la route.

- Ton mp3, vite !

- Quoi qu’est ce que tu veux ?

- Tu nous donnes ton mp3 et tu te dépêches.

J’essaye de faire un pas de coté avant de réaliser que je suis en train de me faire braquer.

- Non, non, s’il vous plait.

- Ah ouai tu veux pas le donner. Il lève la main et montre les dents, puis il s’adresse à son copain : Montre lui le flingue, montre lui le flingue.

- Bon écoutez les mecs, j’ai de l’argent, je vous le donne volontiers mais moi je garde mon mp3.

- Bon ok, passe ton fric.

-Attendez, que ce soit bien clair, je vous donne l’argent mais c’est tout ce que vous prenez, je garde le mp3.

- Oui oui, dépêche toi, vite, vite

Leurs yeux sont alertes depuis le début. Ils ne me regardent quasi pas et font le guet en permanence pour savoir s’il faut fuir dans les plus brefs délais.

Ils prennent les 12 reais que contient mon portefeuille, puis ils repartent en courant.

-Dieu te bénisse !


Merci je lui dirai !

Les deux gamins de moins de 18 ans sont repartit comme ils étaient venus. Ils iront sans doute s’acheter des bonbons puis ils iront raconter leur exploit à leurs copains.

Avec ce genre d’évènement on peut comprendre la fatalité de certains brésiliens. On ne pouvait rien faire pour l’éviter. Le destin a voulu que je croise ces deux larsens sur le chemin du retour.

Mauvais endroit, mauvais moment.

jeudi 28 février 2008

Municipales: Gilles Launay en interview, tête de liste de Agir pour Bernay


Gilles Launay et la liste Agir pour Bernay ont répondu à mes questions (je les en remercie). Cette interview complète les réponses de Pierre Jalet. Cette interview s'inscrit dans le débat public que Réaction à Show a voulu recréer virtuellement depuis le début de la campagne électorale.


Comment envisagez vous la démocratie participative dans une ville comme Bernay?
La démocratie participative est au cœur de notre projet pour remettre les citoyens au cœur de la politique de la ville. Elle prendra plusieurs formes : conseils de quartiers, comité des fêtes, office du sport, office de la culture. Autant de ressources pour dynamiser les initiatives et les faire connaître au plus grand nombre.
Redonner la parole aux bernayens pour qu’ils s’expriment sur les grands projets structurants de la ville. Référendum et consultation publique seront là pour y veiller. En continuité des initiatives de référendum sur la halle Sainte-Croix et pour le maintient du commissariat.
Un conseil municipal des jeunes est il envisageable? Quelle sera son influence sur les questions municipales?
Parce qu’ils sont les mieux placés pour parler de leurs Envies d’Agir. Parce qu’ils sont porteurs de projets. Parce qu’ils s’impliquent (à la MJC notamment) ou veulent s’impliquer dans des actions comme le bénévolat, la citoyenneté. Parce qu’ils sont l’avenir de notre ville. Il faut donner une vraie place citoyenne à nos jeunes.

Comment envisagez vous la gouvernance de Bernay si au lendemain du second tour vous n'êtes pas en mesure d'obtenir une majorité avec vos seuls colistiers?
Dans une démocratie, il y a toujours une majorité et une opposition. L’une gouverne, l’autre contrôle. L’une décide, l’autre amende. Bref, ce sont deux fonctions qui pourraient apparaître contradictoires mais qui concourent à un exercice du pouvoir dans la clarté. Imaginez un pays, une région, un département, une grande ville sans opposition, cela voudrait dire que l’exécutif disposerait de tous les pouvoirs sans moyens de contrôle. Cela ne s’appelle plus alors démocratie et je ne peux pas l’envisager une seconde.

La politique bernayenne doit elle le fruit du projet de la majorité ou bien résulter d'un consensus avec l'opposition?
Une élection est certes gagnée par des femmes et des hommes mais sur la base d’un programme. Cela veut dire que si les candidats sont élus, leur programme a été validé par les électeurs. Dès lors, il est normal et naturel que la majorité exécute son programme et tienne ses engagements. L’opposition aura alors tout loisir de dire ce qu’elle pense, ce qu’elle approuve ou ce qu’elle rejette.
Etes vous favorable à la création de conseils de quartiers dirigé par les habitants eux même et qui se substituerai aux réunions de quartier?
C’est un des engagements de la liste agir pour Bernay que j’ai l’honneur de conduire. Le conseil de quartier sera le lieu où les échanges, les discussions se dérouleront pour faire naître les propositions concernant le quartier.

Les maires de la région de Clamecy ont décidé de boycotter les élections municipales en raison des menaces qui planent sur la maternité. Auriez vous été capable d'un tel geste de protestation?
Boycotter une élection municipale veut dire que la commune est placée sous tutelle préfectorale. C’est donc le représentant de l’Etat qui devient l’exécutif de la commune. Il est donc paradoxal de confier les clés d’une mairie à l’Etat alors même que les raisons qui ont présidé au boycott sont le fruit d’une décision de l’Etat. Je préfère nettement le combat ou des actions spectaculaires face à des décisions de ce type.

La visite de Xavier Bertrand en 2007, nous a prouvé que les collectivités territoriales et l'agence regionale hospitalière n'avançaient pas avec les mêmes priorités. Comment comptez vous faire contre poids face aux décisions de l'ARH?
La loi a conféré aux Agences Régionale Hospitalière (ARH) l’organisation des territoires en matière de santé. Sauf à changer la loi, ce qui relève du parlement, l’ARH et son directeur sont donc les décideurs en matière d’organisation sanitaire. Les élus ont eux une vision très particulière de l’organisation sanitaire très souvent limitées à leur territoire d’élection. Pour être crédibles, les élus doivent donc s’appuyer sur des éléments statistiques, géographiques, démographiques pour entamer la discussion. Lorsque je suis allé avec Lionel Prévost, Conseiller Général, discuter avec l’ARH pour obtenir les crédits nécessaires à la construction de la maternité nous avions ce type d’arguments. Lorsque nous sommes retournés pour demander un scanner, nous disposions d’autres arguments…Bref, l’ARH est une administration, comme l’est une préfecture, il faut donc argumenter, négocier, convaincre et disposer de la légitimité des urnes, autrement dit du peuple.

Comment envisagez vous les relations avec Pont-Audemer, seconde ville de la circonscription?
Pont-Audemer est gérée par mon ami Jean-Louis Destans. Hormis les spécificités de chaque ville qui nécessitent des décisions spécifiques, Bernay et Pont-Audemer ont vocation à développer des complémentarités à l’ouest de l’Eure. Mais Bernay reste chef lieu d’arrondissement et en tire, administrativement, bénéfice et normalement dynamisme. Souvent Bernay la bourgeoise a été opposée à Pont-Audemer l’ouvrière. Aujourd’hui, le dynamisme de Pont-Audemer est reconnu. Bernay est un peu plus à la traîne Alors changeons de municipalité, à Bernay pour rattraper le retard !

Quelle place accordez vous au Pays Risle Charentonne?
Le pays Risle-Charentonne est né des lois « Voynet » relative à l’aménagement du territoire. L’idée était de définir les problématiques à un échelon territorial plus large que le seul territoire communal. Les régions naturelles (Pays d’Ouche, Lieuvin, Pays d’Auge, plateau du Neubourg…) devenaient alors le territoire de référence. L’organisation administrative de notre pays a eu raison de cette grande idée. Les pays, maintenant, regroupent des communes et des communautés de communes qui ressemblent plus à un amalgame qu’à une réelle identité. Bref, les choses sont ainsi. Le pays Risle Charentonne existe et son équipe est dynamique. Il est devenu le portail d’entrée aux politiques territoriales de la Région et du Conseil Général. C’est donc un partenaire privilégié pour les communes du pays. Avec la définition des Schémas de Cohérence et d’Organisation Territorial (SCOT) qui sont ni plus ni moins que des « super » plans d’occupation du territoire du pays, on revient, peu à peu, à l’idée de départ voulue par Mme Voynet.

En cas de victoire postulerez vous personnellement à la présidence de la communauté de commune de Bernay et ses environs ou bien proposerez vous quelqu'un d'autre? Ces deux activités vous semblent elles compatibles au vue de la charge horaire que requiert le poste de maire?
Oui. En effet, une communauté de communes exerce des compétences par délégation des communes (via les conseils municipaux). Ainsi, la ville de Bernay ne gère-t-elle plus tout ce qui touche au ramassage et au traitement des ordures ménagères, ou bien encore la voirie (hors centre ville) relève de la communauté de communes. Par ailleurs, les contribuables bernayens sont les principaux contributeurs à la communauté de communes. Il me semble donc normal que le maire de la plus grande ville de la CC en soit le président. Il s’agit tout simplement de mettre en cohérence les politiques locales. Imaginons un instant, un conflit entre le président de la CC et le maire de Bernay. Pourrait-on imaginer que les nids de poule sur la voirie ne seraient plus rebouchés parce que seule la CC est compétente ? Je ne l’imagine pas un instant !
Les écoles de Bernay se battent tous les ans pour préserver leur nombre de classe. Comment peut on enrayer le phénomène à long terme?
Développer l’attractivité du territoire, est la condition pour enrayer le déclin de Bernay. Economiquement (dynamiser le tissu existant, promouvoir nos zones industrielles, installation d’entreprises, améliorer les liaisons ferroviaires, routières…), socialement (petite enfance, accueil péri scolaire, logement…), culturellement, sportivement sont autant d’éléments de dynamisme d’une ville. Bernay manque cruellement d’une véritable politique dynamique. La tendance à se reposer sur son passé est grande, nous, nous voulons la projeter dans l’avenir.
Comment faire que la jeunesse reste à Bernay quand aucune formation n'est proposée après le Bac?
Dynamiser le territoire sur le plan économique est un premier objectif. Développer la formation autour de formations post bac en est un autre au même titre que la création d’un CFA public du bâtiment adossé au Lycée Clément Ader et orienté autour des technologies liées au développement durable.
Quelle position adopterez vous face à la reforme de la carte scolaire prévu par le président?
Pour l’instant elle ne s’appliquerait que pour les collèges et les lycées. Pour le primaire et les maternelles, je rappelle que ce sont les maires qui inscrivent les enfants dans les écoles. De ce point de vue, les maires gardent donc la maîtrise de la carte scolaire communale.


Quelle politique de l'emploi proposez vous alors que Bernay n'est pas un pôle industriel spécialisé et que les entreprises historiques réduisent progressivement leurs effectifs avant de mettre la clef sous la porte?
Les politiques de l’emploi relèvent de l’Etat et des Régions. Les marges de manœuvre, dans ce domaine, n’existent donc pas pour les communes. Néanmoins, nous proposons de réorienter les dépenses municipales vers notre économie locale : exemple: nous accompagnerons financièrement le dispositif « chèque emploi-services » afin de réduire le coût horaire pour les employeurs et donc inciter à une augmentation des heures de travail. C’est une mesure pour soutenir et créer de l’emploi autour des services et de la personne, permettre à des familles modestes d’y recourir, donner aux personnes âgées une possibilité d’emploi à un moindre coût.
Comment équilibrer la proportion de commerce entre e centre ville et les zones commerciales en périphérie?
Le territoire commercial de Bernay est découpé en quatre zones : le centre ville, la zone du Val de la Couture, la zone du bois du cours et la zone commerciale de Menneval. Pour une zone de chalandise de 35000 habitants, le risque de déséquilibre est grand d’autant si les contraintes de stationnement du centre ville sont grandes (difficile et payant). J’ai dit au maire de Bernay actuel que la création d’une zone commerciale sur le bois du cours était une erreur, notamment, avec l’installation d’enseignes concurrentes du centre ville. Il n’a pas écouté, il faut donc aujourd’hui rendre notre centre ville attractif encore et encore au risque de le voir péricliter au profit des zones périphériques.

L'établissement d'un agenda 21 au sein de la commune ou de la CCBE est il d'actualité?
La réponse est oui pour les deux collectivités territoriales.

Certaines villes se posent la question de la reprise en main de la gestion de l'eau par les municipalités, est ce un débat que vous souhaitez soulever durant votre mandat?
Actuellement, le service des eaux de Bernay est une régie, c'est-à-dire géré en direct par la ville. Il n’est pas question de modifier cette règle et pour mieux s’en convaincre notre programme précise : « l’eau n’est pas une marchandise ».

Comment faciliter la circulation des moyens de transports non polluant (vélos, roller...) en centre ville?
Notre programme prévoit de développer les circulations douces soit en site indépendant soit en voie partagée. De plus, le développement du transport en commun et sa gratuité ont pour objectif de limiter le recours aux véhicules et par voie de conséquence, favoriser d’une certaine manière les circulations dites douces.
L'animation culturelle est principalement l'oeuvre des associations à Bernay; la municipalité doit elle encourager les initiatives extérieures ou bien reprendre ce secteur dans son giron?
Conscient des carences de la municipalité actuelle, j’ai choisi de confier ce créneau, en cas d’élection, à l’un de mes co-listiers dont le courage, la sensibilité et la volonté dans l’animation culturelle de Bernay n’ont d’égal que la force de ses convictions. Avoir sciemment fait ce choix, compte tenu de ce qui est fait par moult associations culturelles est en soi afficher clairement une rupture avec l’existant et ouvrir la culture à toutes les tranches d’âges par une programmation audacieuse, accessible et reconnue.
Comment doit être envisagé le financement d'un futur centre nautique que de nombreuses personnes appellent de leurs voeux (municipalité, CCBE, conglomérat inter comcom)?
Nous avons nous aussi inscrit cette proposition dans notre programme. Actuellement, la piscine de Bernay a vieilli et les travaux de réhabilitation à envisager sont très lourds. Par ailleurs, seuls les contribuables bernayens supportent cet équipement et sa gestion, alors qu’il est utilisé, certes, par les bernayens mais aussi par les habitants des alentours. L’idée est de mutualiser les moyens (communes, communautés de communes..) afin que cet équipement soit supporté par toutes les collectivités intéressées par le projet. Les financeurs classiques que sont la Région et le Conseil Général seraient alors plus sensibles à cet équipement structurant de Pays.
Comptez vous continuer votre activité professionnelle actuelle si vous êtes élu maire?
Oui, probablement à 1/3 de temps ne serait-ce que pour pouvoir être affilié à l’assurance maladie.

lundi 25 février 2008

Municipales: Interview de Pierre Jalet, tête de liste de Bernay Vraiment


Pierre Jalet et la liste Bernay Vraiment viennent de me communiquer leurs réponses à mon questionnaire (je les en remercie).
Philippe Raviart, ex candidat MoDem, s'est aussi prété à l'interview. Bien qu'il ne soit plus candidat, ses réponses participent au débat public.

En préambule, je reviens sur une petite phrase qui a pu choquer certaines personnes (si cela fut le cas je m'en excuse car cela n'en était pas l'intention). "En cas de silence, je me laisse libre choix de l'interprétation." Certains ont ressenti cette conclusion comme une menace.
Il s'agissait d'une précaution de ma part au vue de certaines pratiques observées depuis le début de la campagne à Bernay. N'étant pas sur le terrain, je ne peux me permettre de soliciter les candidats à de multiples reprises comme le ferait un journaliste local. Considérant ce blog comme un média à part entière et non un jouet intéractif dans les mains d'un étudiant en journalisme, il m'a fallu prouver cet état en rédigeant certaines questions plus techniques et en m'imposant un peu car la crédibilité des blogs (celui ci en particulier) n'est, à ce jour, pas acquise. J'espère, par ce blog, participer au débat public qui agite Bernay en ce moment et mon éloignement n'altère en rien mes convictions de citoyen et de journaliste. Je ne cherche à faire de l'ombre à personne mais j'essaye de trouver ma place dans le paysage médiatique et politique. Ceux qui ont déjà répondu à mes questions l'ont, semble t-il, déjà compris et j'espere que les autres prendront un peu de leur temps pour répondre aux questions (je suis conscient que la campagne se joue principalement sur le terrain et que les relations avec les médias passent après les relations avec les électeurs).

Comment envisagez vous la démocratie participative dans une ville comme
Bernay?
La démocratie participative doit produire des idées mais aussi, et surtout, des actions. Il faut un dispositif qui permette de faire entendre la voix de tous, mais qui évite de s'enliser dans des débats stériles. En conséquence, pour être efficace, car c'est cela que nous recherchons, un débat ouvert doit pouvoir s'organiser autour d'un thème précis proposé par le maire ou par un groupe
qualifié, représentatif des Bernayens (associations, syndicats, groupe citoyen...). Un ordre du jour et un document de travail, qui n'excluent pas les questions diverses, doivent être établis préalablement et transmis aux citoyens concernés. Lors des réunions à la mairie ou dans tout autre lieu pertinent, le rôle du maire sera d'animer, de fédérer et de faire la synthèse. Les fruits du débat seront ensuite traduits en proposition de délibération et discutés en Conseil municipal. C'est, je crois, le meilleur moyen de permettre au quotidien des décisions d'inspiration citoyenne. Je suis persuadé que ce qui en sortira remplacera utilement de nombreux audits, fort chers au demeurant.


Un conseil municipal des jeunes est il envisageable? Quelle sera son influence sur les questions municipales?
J'instituerai un conseil municipal des jeunes. Dans mon esprit, ce n'est pas un gadget institutionnel. Il doit se traduire par la manifestation d'une véritable force de proposition et être entendu des responsables. D'une part parce que la parole des jeunes est souvent porteuse d'imagination et d'avenir, de l'autre parce qu'un tel outil invite à la citoyenneté. Afin que les débats de ce Conseil puissent se tenir régulièrement, je propose d'ouvrir un espace organisé sur
internet pour les héberger au jour le jour. Chaque semestre, sera organisé en Mairie une séance du Conseil des jeunes qui finalisera et donnera forme institutionnelle aux propositions. Ces dernières seront systématiquement débattues en Conseil municipal. Dans le même temps, pour les décisions intéressant particulièrement la jeunesse bernayenne, le Conseil des jeunes sera
préalablement consulté.

Comment envisagez vous la gouvernance de Bernay si au lendemain du second tour vous n'êtes pas en mesure d'obtenir une majorité avec vos seuls colistiers?
C'est un cas figure très improbable ;) En tout état de cause, ce sont les électeurs qui, à l'occasion du premier tour, diront l'avenir.

La politique bernayenne doit elle le fruit du projet de la majorité ou bien résulter d'un consensus avec l'opposition?
Je ne suis pas favorable à une politique du consensus à tout prix. Une majorité doit gouverner dans le respect du programme pour lequel elle a été élue. En revanche, le débat avec l'opposition doit toujours être mené dans la transparence et sur une base contradictoire. Si une proposition venant de l'opposition s'avère pertinente, je la soutiendrai et demanderai à ma majorité de la soutenir. Cette remarque vaut pour les objections ou les critiques constructives. Quand on déclare que l'intelligence et le sens du bien commun sont le monopole d'une majorité, c'est, bien souvent, qu'on en manque.

Etes vous favorable à la création de conseils de quartiers dirigé par les habitants eux même et qui se substituerai aux réunions de quartier?
Très clairement, non. Cela créerait inévitablement un écran entre le maire et les habitants. Je crois au contact direct. Par ailleurs, j'ai développé plus haut ma vision de la démocratie participative. Ne compliquons pas inutilement les choses, surtout quant elles sont importantes.

Les maires de la région de Clamecy ont décidé de boycotter les élections municipales en raison des menaces qui planent sur la maternité. Auriez vous été capable d'un tel geste de protestation?
Je suis prêt à toutes les actions sous deux conditions : qu'elles s'inscrivent dans un processus légal et démocratique et qu'elles soient efficaces. En l'occurrence, je ne suis pas convaincu qu'un boycott des élections municipales soit très productif au bout du compte. Sur cette affaire,
c'est la préfecture qui prend les choses en main. L'absence d'interlocuteur municipal risque de se traduire par un affaiblissement pur et simple de la voix locale.

La visite de Xavier Bertrand en 2007, nous a prouvé que les collectivités territoriales et l'agence regionale hospitalière n'avançaient pas avec les mêmes priorités. Comment comptez vous faire contre poids face aux décisions de l'ARH?
Il va de soi que, sur ce chapitre, les forces ne sont pas égales. C'est la raison pour laquelle le maire doit entretenir une relation de qualité avec les instances du Conseil régional et du Conseil général afin de pouvoir peser de tout son poids en cas de nécessité.
Comment envisagez vous les relations avec Pont-Audemer, seconde ville de la circonscription?
Bernay s'inscrit dans un contexte dont elle n'est qu'un des acteurs. Pour être efficace, une action économique et sociale doit privilégier la synergie entre ces deux villes, non la rivalité. Je ne crois pas beaucoup à l'esprit de clocher. J'aime trop ma ville pour la réduire à un terrier.

Quelle place accordez vous au Pays Risle Charentonne?
Une place très importante, évidemment. Avec mes colistiers, nous avons élaboré une stratégie de développement qui déborde largement les limites de Bernay intra-muros. Nous aurions pu oublier notre environnement, comme cela a souvent été le cas dans le passé. Le problème, c'est que notre environnement, lui, ne nous oublie pas. Nous resserrerons les liens avec les communes environnantes et nous leur demanderons de s'impliquer dans une politique de développement
économique dont elles ne manqueront pas, à leur tour, de récolter les fruits.

En cas de victoire postulerez vous personnellement à la présidence de la communauté de communes de Bernay et ses environs ou bien proposerez vous quelqu'un d'autre? ces deux activités vous semblent elles compatibles au vue de la charge horaire que requiert le poste de maire?
Aujourd'hui, notre projet à cet égard n'est pas définitif. Cependant, ce dont je suis sûr, c'est que Bernay doit jouer un rôle moteur et dynamique au sein de la Communauté de communes. Nous ne pouvons mener à bien notre développement économique et social sans alliés. C'est pourquoi, je penche plutôt vers une corrélation forte entre les deux responsabilités.

Les écoles de Bernay se battent tous les ans pour préserver leur nombre de classes. Comment peut on enrayer le phénomène à long terme?
C'est très simple, nous devons lutter pied à pied contre la régression démographique de notre ville. Cela suppose de porter l'effort sur le renouveau économique, culturel et social de Bernay. Ces fermetures, quand elles surviennent, sont dramatiques. Aux racines de ce symptôme il y a un mal qui doit faire l'objet d'une thérapie globale.

Comment faire que la jeunesse reste à Bernay quand aucune formation n'est proposée après le Bac?
Il est évident que nous ne pouvons pas, à Bernay, nous substituer aux universités et autres grandes écoles. Pour autant, cela ne nous empêche pas d'apporter une réponse à la question de la formation. A cet égard, nous avons un projet concret, dont la faisabilité est à l'étude: la création d'un centre de formation spécialisé dans le domaine de l'environnement, de la construction HQE
et les technologies nouvelles. Il s'agit d'un secteur en plein essor où les besoins de compétences et de savoir-faire se développent. Bernay et sa région, tant en raison de leur situation géographique que par leurs productions traditionnelles peuvent prétendre jouer un rôle déterminant dans ce secteur économique. Parallèlement, nous développerons les dispositifs de formation par alternance en relation avec les besoins réels des entreprises existantes et à venir. Enfin, nous ferons en sorte qu'un jeune cherchant ailleurs une formation "puisse revenir plein d'usage et raison vivre entre ses parents le reste de son âge".

Quelle position adopterez vous face à la reforme de la carte scolaire prévu par le président ?
Que la carte scolaire puisse être assouplie, je veux bien qu'on en discute. Mais, la réforme envisagée me semble sacrifier tout esprit de justice sociale. Car, soit on affirme, dans le même temps, que l'école est une institution au service de l'égalité des chances et que l'égalité des chances à l'école doit être renforcée, soit on s'affranchit de ce double impératif. En l'occurrence, je
pense que la réforme de la carte scolaire telle qu'elle se présente introduit une rupture supplémentaire d'égalité. Cela revient à affaiblir un fondement de notre République. Il aurait mieux fallu chercher à redorer le blason de certaines filières et à homogénéiser les pôles d'excellence à l'échelle du territoire.

Quelle politique de l'emploi proposez vous alors que Bernay n'est pas un pôle industriel spécialisé et que les entreprises historiques réduisent progressivement leurs effectifs avant de mettre la clef sous la porte?
Cette question précise fait l'objet d'une réponse dans la presse locale de la semaine prochaine. Désolé, mais nous lui réservons la primeur ;) En échange des détails, je vais vous dire un secret: à Bernay, nous avons notre pétrole à nous.

Comment équilibrer la proportion de commerce entre e centre ville et les zones commerciales en périphérie?
La question est complexe. C'est bien avant nous qu'elle aurait dû être traitée, dans le cadre d'une politique cohérente de pays. Cela étant, la vraie question est celle du pouvoir d'achat. En allant dans les grandes surfaces, il va sans dire que, financièrement, les consommateurs d'ici et des environs y trouve leur compte. On ne peut donc redresser la balance qu'en contribuant à l'augmentation du pouvoir d'achat. Il existe une relation mécanique entre cette augmentation
et la consommation en centre-ville.

L'établissement d'un agenda 21 au sein de la commune ou de la CCBE est il d'actualité?
J'y suis favorable à 100%.

Certaines villes se posent la question de la reprise en main de la gestion de l'eau par les municipalités, est ce un débat que vous souhaitez soulever durant votre mandat?
C'est une question prioritaire que notre programme a déjà tranché. Nous défendons le principe d'une régie municipale de l'eau.

Comment faciliter la circulation des moyens de transports non polluant (vélos, roller...) en centre ville?
Je suis attaché à un meilleur équilibre dans l'utilisation de la voirie entre les différents modes de transport, notamment au profit des circulations douces. Pour commencer dans la pédagogie, je propose de mettre en place une signalétique spécialement adaptée.

L'animation culturelle est principalement l'oeuvre des associations à Bernay; la municipalité doit elle encourager les initiatives extérieures ou bien reprendre ce secteur dans son giron?
La question ne se pose pas en ces termes. Le rôle d'une ville est d'assurer deux fonctions: soutien et promotion constante des initiatives associatives et mise en oeuvre d'une programmation cohérente de qualité qui doit contribuer, non seulement, à l'appétit culturel des habitants mais également lui conférer une identité régionalement, voir nationalement reconnue. Ce n'est pas parce que l'on est petit que l'on ne peut pas faire grand.

Comment doit être envisagé le financement d'un futur centre nautique que de nombreuses personnes appellent de leurs voeux (municipalité, CCBE, conglomérat inter comcom)?
Les bénéficiaires d'une telle structure sportive doivent tous contribuer à sa réalisation. Aussi, le projet doit-il être mené en concertation avec tous les acteurs que vous évoquez et financé de même. Tout le monde dans le même bain!

Comptez vous continuer votre activité professionnelle actuelle si vous êtes élu maire?
Oui, mais sous une autre forme: élu maire, je serai l'avocat à part entière de mes concitoyens.

Gilles Launay, propose la création de jardins familliaux (appelés aussi jardins ouvrier) en faveur des plus défavorisés, que pensez vous de cette mesure?
Excellente proposition puisqu'il me l'a empruntée, à une différence près: pourquoi seulement aux plus défavorisés? L'intérêt de ses jardins, n'est pas simplement économique, il est aussi social et convivial. Je suis pour la mixité. Un choux-fleur vaut bien une rose...

Photo: D.R www.bernayvraiment.fr

mardi 19 février 2008

Bons baisers de Russie


La gueule de bois est un mal universel. Il arrive même que ce mal soit collectif...

Mercredi 6 février, les catholiques "sont poussières et redeviendront poussières" et les brésiliens soignent un mal de tête national. Après 4 jours (officiels) de fête et de beuverie intense, le Brésil dort et récupère des efforts fournis dans les jours précédents. Le centre historique de Recife accueillait depuis le samedi, la "folia", des millions de personnes s'y sont entassés et agglutiné, la foule dansait, la musique ne s'arretait jamais.
Au milieux d'une avenue déserte, pas encore réouverte à la circulation, cinq français pas encore épuisés cherchent un endroit pour boire un verre. Un chien traverse la rue à la recherche d'une poubelle apétissante. Ses pattes frappent le sol légèrement mais le bruit trouve un échos entre deux rangées d'immeubles clos. Les rues sont absolument vides. Sur la place qui accueillait la grande scène, quelques hommes en veste orange remuent des barrière de sécurité. Deux taxis sont arrêtés sur la chaussée à proximité du seul kiosque ouvert ce soir là. Leur chauffeurs jouent aux dominos sur le capot d'une des deux voitures. Ils examinent le jeu très sérieusement, les billets sur la table attestent de la mise qui attend le vainqueur. La femme seule qui tient le comptoir apporte des canettes de bières.
Recife a une réputation violente et on a beau relativiser quand on vit au Brésil depuis 6 mois, on reste sur ses gardes. Peu de personnes sont habitué à voir une ville de 3 millions d'habitant où les rues sont absolument désertes à 21h.
Un seul bar est ouvert ce jour là. Face aux docks, au premier étage d'un immeuble du début du siècle, une sono résonne. Le juke box diffuse des slows mielleux. Le touriste assoifé vient s'y réfugier.
Les spots roses qui éclairent la salle donnent à voir des drapeaux accrochés aux murs. Grèce, USA, Viet Nam, on fait le tour du monde en un regard grace aux boués de certains navires mystérieusement échouée ici.
Quelques hommes s'entourent de nombreuses jeunes filles, un vieux russe est rejoint à sa table par une brésilienne. D'autres femmes déambulent et lancent à la table des français(es) des regards suspicieux.
Effectivement ce bar abrite des prostitués. La discrétion est tout de même de mise. Pas de tenue désabillées, pas d'amazones langoureuses et gourmandes, pas non plus de billets dans les décolletés.
Les cinq touristes débarqués par hasard ne s'atardent pas. L'ambiance est vraiment trop malsaine pour supporter ça toute la soirée.

jeudi 14 février 2008

Fête Attention à vous


Le carnaval est annoncé par tous (étrangers et brésiliens) comme une période de débauche complète, une semaine hors la loi où chacun fait ce qu’il lui plait. Une nouvelle fois, c’est quand les préjugés sont les plus tenaces que le Brésil est capable de nous étonner.

Le carnaval de Recife est réputé comme l’un des plus populaire du Brésil. Rio et son Sambodrome tiennent la dragée haute, les chars des écoles de samba ont une renommé internationale. Salvadore de Bahia a acquis ces dernières années une célébrité certaine du fait des millions de personnes qui descendent chaque année dans les rues pour écouter Daniela Mercury et Ivete Sangalo. Le carnaval bahianense est talonné par la fête organisée dans la capitale pernamboucana. Recife propose aussi un carnaval de rue, la foule s’amasse le long des défilés de maracatu, de frévo et face aux multiples scènes dispersés dans toute la ville. Plus de deux millions de personnes dansent et se défoulent pendant une semaine.
L’évènement attire des touristes du monde entier et quand février approche, la planète a les yeux rivés sur le Brésil. Raison de plus pour proposer un spectacle sans faute.
Sans aucune méchanceté, il faut bien avouer que jusque là le Brésil m’avait habitué à un certain laisser-aller en ce qui concerne l’organisation en général : retards récurrents, changements de dernières minutes, négligence de quelques points de détails. Dans mon esprit, le carnaval de Recife ne devait pas déroger à a règle. Quelle heureuse surprise donc de constater que l’organisation était au niveau des plus grands évènements occidentaux. Les concerts s’enchaînent avec ponctualité, les horaires indiqués sur les programmes sont respectés. Une armée de volontaire parcoure les allées du principal pôle pour faire de la prévention. Des milliers de flyers sont distribués pendant toutes les festivités. On informe les gens sur les risques qu’ils prennent en consommant de l’alcool, des drogues, en n’utilisant pas de préservatifs lors d’une relation d’un soir ou bien en se promenant avec une arme à feux.

« Pour profiter de la fête au maximum, emportez dans votre poche une photocopie de votre carte d’identité, votre numéro de téléphone, votre adresse, votre groupe sanguin et bien sur des capotes. N’abusez pas. Les excès provoquent toujours des problèmes. Si vous consommez de l’alcool ou bien des drogues, souvenez vous de boire suffisamment d’eau, de s’alimentez constamment et toute la journée et de n’utiliser que les transports publics : bus, métro ou taxis. Ne conduisez pas. Ne marchez jamais seul. Circulez à chaque fois en groupe et dans les rues animées. Laissez vos armes à la maison et ne vous disputez pas. Faites attention à vous. »


Les volontaires passent parmi la foule et distribuent des préservatifs, les autorités sont conscientes que le mois d’octobre est réputé pour voir le nombre d’accouchement augmenter en flèche. La campagne de prévention est faite avec lucidité. L’alcool, les drogues, les armes, la frénésie sexuelle sont difficilement maîtrisables, il a donc été décidé d’agir en amont.
La proportion de policier est faible. Quelques troupes sont mobilisées dans des postes d’observation en hauteur, mais ils se font plutôt discrets. L’organisation a dépêché des volontaires non armés pour que les défilés puissent avancer sans problèmes.
La zone de non droit annoncée par les médisants ne fut pas au rendez-vous. Le slogan de la mairie de Recife se réalisait même en quelques sortes : « Notre projet : prendre soin des personnes ».


Photo: Pancarte de prévention à Olinda "Zélez pendant la fête, faites pipi dans les sanitaires, Dénoncez les abus" (sic)/ Pendant le défilé / Fillettes dansant le frévo. crédit perso

lundi 26 novembre 2007

Tout en image (3)


Je mets d'ores et déjà en ligne sur Flickr, la première partie d'un reportage photo sur les condominios, ces résidences cossues pour personnes fortunées qui les coupent entièrement du monde extérieur. La suite arrive bientôt avec un texte ou bien sous la forme d'un diaporama.

Enjoy!
http://www.flickr.com/photos/10812590@N02/?saved=1

lundi 19 novembre 2007

Les berceuses assassines


Déambulations nocturnes au cœur de la capitale brésilienne. Quand la semaine prend fin et que la nuit tombe, chacun regagne ses pénates. Beaucoup de fonctionnaires ne sont là que pour le travail et les plus fortunés retrouvent leur état d’origine le vendredi soir. Brasilia se vide de ses habitants et un fantôme urbanistique prend vie pendant les quelques heures d’obscurité.

Une faune bien particulière se met en action laissant apparaître le coté obscur de la société. Deux agents de nettoyage vêtus d’une tunique orange fluo balayent le bas coté de la rue. Balais en main, ils avancent lentement et déblayent les feuilles mortes et les détritus que les brasilenses n’ont pas daignés jeter à la poubelle. Alors que la ville s’endort, bercée par Globo, ils travaillent jusqu’au petit matin. Extraterrestres que la société de consommation oblige à vivre à contre temps.

Des amas de détritus sont cependant laissés sur place. Sous une bâche plastique, des objets en fin de vie s’entassent. Ce n’est pas une déchetterie à ciel ouverte, c’est la tente d’un sans abris qui espère un jour échanger ce qu’il a amasser contre quelques reais.

A coté de la gare routière, en bas des hôtels de luxe, se trouve le Conic. Lorsque l’ordre moral évangélique s’accorde un peu de repos, les marginaux de la société se retrouve dans ce quartier, représentant d’un monde schizophrène. Les prostituées sont présentes en nombre. Talons hauts, très hauts ; shorty court, très court ; visage fardé et fragrance bon marché, elles arpentent les trottoirs à la recherche d’un client en manque d’amour. Près d’un arbre, elles discutent pour passé le temps. Un taxi passe, une nouvelle collègue en descend et la seconde d’après tout ce petit monde s’éparpille pour rejoindre le territoire restreint dans lequel elles déambulent en attendant de satisfaire les bas instincts d’un pervers fortuné. Elles alpaguent parfois le potentiel client. La voix, seul élément qui permet de distinguer le travesti de la femme. La chirurgie plastique et les traitements hormonaux font des merveilles.

Au loin, on distingue une silhouette humaine assise par terre. Les rats, amateurs d’ordures, s’approchent d’elle. L’individu n’a même plus la force de les faire fuir. Camé à la merlã (dérivé bon marché et destructeur du crack), il ne réagit plus aux éléments qui l’entourent. Il voyage dans des univers connus par lui seul.

Ce rassemblement de « marginaux » est sous la bonne garde de la police militaire. Les véhicules tournent dans le quartier et veillent à ce que tout se passe comme elle l’entend. Ce soir, il n’y aura pas de rafle. Une partie des effectifs est restée au poste : un petit bâtiment au milieu de la place à quelque pas de la première fille de joie. La police aussi a besoin d’amour, elle se contente en regardant un film porno à la télévision.

Face à toute cette débauche, Dieu a du souci à se faire. C’est sans doute pour canaliser cette vague de péché qu’il a installé une église baptiste sur cette même place. Les fenêtres ouvertes permettent d’entendre le sermon d’un pasteur en très grande forme. Il réclame le salut pour toutes les âmes perdues ainsi qu'un traitement rapide pour les malades de l'artrite.

Ainsi va le Brésil, pays de contraste. Il se proclame « un pays de tous » ( "Brasil, Um Pais de todos") et laisse un grande partie de la société en marge. La morale religieuse impose sa loi jusque dans l’hémicycle du Sénat mais accepte que certains vivent selon « les règles du diable »



Photo: Cette photo n'a pas été pris au Brésil, c'est une illustration prise en France, il y a deux ans

mercredi 14 novembre 2007

No comment


Forces de l'ordre à l'université de Nanterre
Vidéo envoyée par rue89
A Nanterre, bloqueurs et antibloqueurs se sont affrontés verbalement avant l'intervention des forces de l'ordre.

mercredi 19 septembre 2007

Présumé coupable


La scène se passse lors de la remise des diplômes à la fin de la graduation de la fac de comunication de l'université de Brasilia ( que l'on peut représenter par notre bac+4), le représentant du syndicat des journalistes se lève pour féliciter les nouveaux diplomés et glisser un mot sur la profession: "N'oubliez jamais qu'il faut en toute occasion respecter la presomption d'inocence et qu'aucun élément extérieur ne doit la mettre en péril"
Au fond de moi même je rigole doucement: un journaliste qui pratique depuis plusieurs années au Brésil se permet de donner des leçons à de jeunes diplomés.
Il faut bien avouer que la situation est (là aussi) catastrophique. Le fait divers étant l'aliment principal des medias bresiliens, il faut bien donner de la chair fraiche à la population qui en redemande. Le plus simple est de livrer en pature, le dealer qui a fournit une gamine de 16 ans ou la mère au foyer qui vivait grace à ses escroqueries.
Les personnes interpelées sont filmé de pied avec les menottes aux poignets. Il arrive parfois que l'on assiste à leur arrestation, le cameraman accompagnant les forces d'intervention. Une fois derriere les barreaux on continue a les filmer et s'ils acceptent on les interview !
La personne arretées est trainé dans la boue du début à la fin du reportage, les commentaires se succèdent pour prouver sa culpabilité. A ce propos, il faut remarquer que les temoignages anonymes sont monnaie courante: en contre jours, la voix déformée, par téléphone ou en ne filmant que les pieds, tout est possible pour encourager à la délation publique. Chose rare aussi la TV parvient à acceder aux écoutes téléphoniques. On peut donc entendre les conversations de deux politiques véreux noyés jusqu'au cou dans des affaires de corruptions.
Du sang, de la chaire et de la bonne humeur
Revoila la pub: la police fédéral vous informe: "si vous êtes témoins d'un délit de quelque types téléphonez au ..." Pendant le message, on assiste à une succession de courses poursuites et d'arrestation spectaculaire.

Dormez brave gens la police fait son travail et les médias vous hypnotisent...





la photo est extraite d'un spectacle et non d'une rélle arrestation
Source: www.morlanwelz.be