mardi 6 avril 2010
Pon la basura en su lugar !
La dernière vidéo de La Otra Esquina, réalisée en intégralité par les élèves de l'école de Santa Fe de Galan lors de l'atelier de communication communautaire à propos du tri des déchets et du recyclage.
mardi 3 novembre 2009
La guerre pour l'eau, bien commun
À la fin de septembre s’est produit un soulèvement indigène en Équateur, cette fois pour la défense de l’eau, menacée par l’exploitation minière à ciel ouvert. Les organisations amérindiennes font face maintenant à un gouvernement qui se proclame antinéolibéral, partisan du “socialisme du XXIe siècle” et conduisant une“révolution citoyenne”
« Ce qui s’est passé à Cochabamba avec la guerre de l’eau, sera une miniature par rapport à ce qui va arriver en Equateur, car ce qui arrive c’est un soulèvement » déclare sur un ton persuadé Carlos Perez Guartambel, président de l’Union des Systèmes Communautaires de l’Eau d’Azuay [1]. Son point de référence est la Guerre de l’Eau à Cochabamba, en Bolivie, une insurrection sociale qui a obtenu d’inverser la privatisation et a marqué le début, en avril 2000, au cycle de protestations qui amenèrent Evo Morales au gouvernement.
« Mes parents m’ont appris que l’eau et le feu se partagent et ne se vendent pas », dit-il presque indigné pendant qu’il se rend à une assemblée communautaire à la Victoria del Portete, dans une vallée vaste et riche située à une quinzaine de kilomètres de Cuenca (capitale de la province méridionale d’Azuay), jolie ville coloniale pleine de touristes. Lorsqu’il tourne sur la route Panaméricaine vers la droite, il nous montre la maison de ses parents, où il est né il y a un peu plus de 40 ans.
« Enfant, j’allais à la fontaine pour chercher de l’eau avec un pichet d’argile. On le recouvrait avec le pocón, la feuille de maïs qui est biodégradable. Jamais je n’avais imaginé qu’un jour j’irai acheter une bouteille d’eau, jamais. Chaque litre vaut un dollar et 30 cents c’est-à-dire que le litre d’eau coûte plus cher qu’un litre de lait et un litre d’essence. La lutte pour l’eau va être la lutte pour la vie ». La différenciation sociale provoquée par les envois de fonds des émigrés peuvent se voir à l’oeil nu : à côté des modestes maisons aux toits de tôle, se dressent des grandes bâtisses de trois étages à vocation d’habitation, même si leurs propriétaires sont encore des agriculteurs. Carlos Perez est quechua et avocat spécialisé en droit communautaire avec des diplômes obtenus sur les questions environnementales, avec un livre remarquable sur la justice communautaire. Ces dernières années, il a consacré tous ses efforts pour résister à l’installation d’entreprises minières avec des noms éloquents comme IAM Gold, sur les hauteurs de Quimsacocha, où naissent les sources qui irriguent la vallée dans laquelle des milliers de paysans pratiquent l’élevage du bétail. Il appartient à une nouvelle génération de dirigeants indiens, formés dans les universités, qui parlent plusieurs langues, participent à des forums internationaux, maîtrisent les nouvelles technologies mais restent attachés à leurs communautés et continuent de parler leur langue maternelle.
Quand nous arrivons à Victoria del Portete, il est garé au bord de la route où plusieurs centaines de villageois sont entassés sur une vaste esplanade entre le conseil paroissial et l’église. Il monte au balcon de la mairie et déclare ouverte l’assemblée du système local de distribution de l’eau qui devra prendre des décisions importantes. « Si les gouvernements précédents nous menaçaient avec la privatisation de nos réseaux d’approvisionnement en eau, ce fantôme est maintenant parti. Mais nous avons un autre, l’exploitation minière qui est la plus grande menace », dit-il avant l’ouverture de la réunion.
Dans cette région fonctionne le Projet Nero depuis 24 ans, peut-être le plus grand système communautaire de distribution de l’eau car il approvisionne six mille familles, soit quelques trente mille personnes de 45 communautés. « Au départ, les familles s’installaient près de la rivière ou de la source, jamais près de la route parce qu’elles préféraient être près de l’eau. Ensuite, les rivières ont été polluées et les sources sont restées petites et cela a fait que dans les années 60 et 70 sont apparues des organisations comme Caritas qui installèrent des pompes manuelles dans les centres paroissiaux où les gens faisaient la queue pour obtenir de l’eau. Mais d’autres ont commencé à envisager d’installer eux-mêmes tout le réseau, lors de Mingas communautaires [*], et là il n’y avait plus besoin de transporter l’eau à dos d’homme mais pour la première fois avoir le robinet à la maison », dit Perez en rapportant l’histoire de sa communauté.
Au fil des années, les systèmes d’eau communautaires se sont répandus dans tout le pays. Dans la province d’Azuay il existe 450 systèmes, qui fournissent 30% de la population, surtout dans les zones rurales et les périphéries urbaines. Dans tout l’Équateur il y aurait environ 3.500 systèmes d’eau, construits, entretenus et gérés par les communautés elles-mêmes.
Un soulèvement différent
Le 27 septembre, la CONAIE (Confédération des nationalités indigènes d’Equateur) a lancé une nouvellle mobilisation contre la Loi sur l’Eau à laquelle elle n’a pas participé. Le projet de loi du gouvernement est arrivé au Parlement à la mi-août, mais déjà en 2008 le CONAIE avait développé son propre projet qui n’a pas été pris en compte par l’exécutif. La critique portée par les mouvements est que la Loi sur les ressources hydriques permet le développement de projets miniers dans les zones de naissance des cours d’eau, assure la fourniture en eau des exploitations minières, mais pas pour les communautés autochtones et paysannes, et n’aborde pas la question urgente de la pollution des cours. En outre, cette loi vise à englober les systèmes d’eau communautaire dans une autorité centralisée de l’État, de sorte que les communautés perdront le contrôle sur la ressource. Ricardo Buitrón de Acción Ecológista a mené une étude détaillée de la loi et estime qu’elle « contient des éléments de privatisation, comme le transfert de l’usage de l’eau avec celui de la propriété foncière et l’utilisation de l’eau dans l’industrie ou dans les affaires à d’autres endroits. Egalement que les infrastructures hydrauliques deviennent propriété de particuliers, que les eaux de surfaces retenues – dans les zones humides – fassent partie intégrante des prés, de la terre »[2]. De cette manière, les eaux pourront être acquises par ceux qui achètent la terre et en donneront l’usage selon leur convenance.
Il critique également cette loi car elle ne dispose d’aucun élément permettant la déprivatisation, en vue d’inverser la situation où les eaux sont maintenant dans des mains privées. Et que les milliers de conseils locaux des systèmes d’eau potable n’aient pas de participation réelle car leurs membres deviennent des usagers ordinaires assujetties à une Autorité Unique étatique qui contrôlera tout le réseau hydraulique. Humberto Cholango leader de Ecuarunari, l’organisation quechua de la Sierra, a recueilli des données éloquentes lors de la conférence de presse du 24 septembre [3] : 45% de l’eau est légalement cédée (par des concessions), mais 55% est utilisé illégalement, 1% des utilisateurs consomment 64% de l’eau distribuée et 86% des Equatoriens n’accèdent qu’à 13% de ce volume global. « La loi est muette sur ces points, et le Plan National de Développement favorise l’exploitation minière et la floriculture ».
La loi n’envisage pas de sanctions pour la pollution ni le contrôle de la qualité de l’eau. « Le droit humain à l’eau est restreint à l’accès à l’eau potable et à son usage domestique, sans prendre en compte le droit lié à la santé, à la souveraineté alimentaire et à la culture », ajoute Buitrón.
Cholango, quant à lui, a souligné le rôle des communautés amérindiennes dans la construction des réseaux de distribution de l’eau : « Nous avons construit des canaux d’irrigation, des réseaux d’eau potable, et maintenant avec la présente loi du gouvernement, ils veulent nous transformer en simples usagers et que nous ne soyons plus des acteurs. Dans l’article 97, ils en viennent à établir le contrôle et l’administration exclusive des systèmes communautaires à l’Autorité Unique. Il s’agit d’une attaque à nos conseils de l’eau » [4]. Le résultat, à son avis, est que la loi donne la priorité de l’usage de l’eau pour l’exploitation minière.
Quand les protestations ont commencé, avec barrages de routes et manifestations pour forcer le gouvernement à dialoguer et écouter sa propre Loi sur l’Eau, inspirée par le Sumak Kawsay, le Bien Vivre [**] que garantit la Constitution, la réponse du président Rafael Correa a été très dure. « Que croient-ils ces dirigeants ? » dit-il. Il les a accusé d’être des « extrémistes », de « faire le jeu de la droite » et de putchistes, en comparant la situation équatorienne avec le Honduras [5].
Le 30 septembre, la police a tiré sur des amérindiens Shuar dans la province amazonienne de Morona Santiago. Selon un communiqué d’Acción Ecológista, Bosco Wizuma, enseignant bilingue, est mort d’une balle alors qu’il faisait partie d’un groupe de 500 personnes qui avaient bloqué le pont sur la rivière Upano. Apparemment, c’était un "piège" parce que au même moment les dirigeants étaient appelés à un dialogue « pour détourner l’attention de la direction et les médias locaux » [6].
Il y a eu aussi des dizaines de blessés, dont plusieurs policiers. Le Président Correa a vite changé son discours et a appelé au dialogue : « Bienvenue frères. Ce gouvernement est le vôtre, celui des peuples autochtones, le Palais de Carondelet est à vous » [7]. Peut-être que c’était la seule façon de désamorcer un conflit qui menaçait la stabilité de son gouvernement. Même si le soulèvement n’a pas commencé avec la puissance des mobilisations indiennes antérieures, les enseignants et les autres secteurs sociaux s’y sont joints dès le départ. Mais quand il y a un mort, tout est possible.
Dialogue et tension
La direction de la CONAIE a décidé de suspendre les actions pendant la période de négociation que le gouvernement a ouvert. Cependant, dans la plupart du pays, les bases, c’est-à-dire les communautés ont continué de couper les routes et de fermer les marchés. Une division est née entre les organisations membres de la CONAIE, en particulier entre la sierra (Ecuarunari) et la forêt (Confeniae).
Le climat de méfiance n’a pas reculé. Le lundi 6 octobre, un dialogue direct télévisé a débuté au siège du gouvernement, au Palais de Carondelet. Des milliers d’Indiens se sont rassemblés à l’extérieur pendant des jours dans l’attente des résultats. Cent trente dirigeants entrèrent dans le palais et se sont entretenus avec Correa, dans un climat tendu. Le premier jour, six accords ont été conclus et, parmi les plus importants, on peut noter : l’institutionnalisation d’un dialogue permanent entre les deux parties, que le gouvernement examinera le projet de Loi sur l’Eau de la CONAIE et qu’il recevra une proposition de la part du mouvement indigène à propos de la Loi sur l’Exploitation Minière.
Un bon exemple du climat qui a prévalu dans les négociations est le dialogue suivant. « Marlon Santi, président de la CONAIE, a demandé le respect envers les autochtones. Ses paroles étaient liées à des déclarations dans lesquelles ils ont été décrits comme des ‘ fous’ qui n’avaient pas de représentativité. L’exigence était directe. Correa s’est interrompu et a demandé les noms des fonctionnaires pour ‘les virer immédiatement du gouvernement. Quel est cet imbécile ?’ a demandé Correa deux fois. ‘Vous, Président’ a répondu le dirigeant indien » [8].
Les organisations autochtones ont réussi à institutionnaliser le dialogue comme elles le voulaient. Le 14 octobre l’exécutif a promulgué le décret n° 96 qui établit la formation d’une Commission mixte composée de la CONAIE et ses trois filiales (la Côte, la Sierra et l’Amazonie) et pour le gouvernement, le ministère de la Justice, le secrétariat les Peuples, des Mouvements sociaux et de la Participation citoyenne et diverses institutions. La commission va examiner les deux lois sur l’eau (celle de l’Etat et celle des amérindiens) ainsi que des propositions de réforme de la loi minière en vigueur.
Mais l’échange d’accusations s’est poursuivi. Après la retransmission des samedis de Correa [***] la dirigeante amazonienne et ex-députée Monica Chuji a accusé le président d’être raciste : « Je réaffirme que les mots, les gestes et les actions du Président le caractérisent comme un raciste. Traiter les leaders indigènes de ‘culottés’, ‘réacs’ et de ‘ponchos dorés’ sont des expressions racistes. Utiliser le kichwa pour des intentions démagogiques et ensuite nier son officialisation est une attitude raciste. Minimiser la population indigène équatorienne en la réduisant à un vote dans les urnes est une attitude raciste » [9]
Bien qu’il soit important que le conflit ait été désactivé, d’autant que le précédent du massacre de Baguá [10], au Pérou, avait fait craindre le pire, les différences sont encore importantes. Pepe Acacho, président de la Fédération Shuar (de l’Amazonie) n’est pas d’accord avec les résolutions : « Nous avons lutté huit jours et il n’est pas juste que nous n’ayons pas obtenu que Morona Santiago soit déclarée province écologique, libre de toute exploitation minière et pétrolière » [11].
Le modèle de pays comme problème
La nouvelle Constitution équatorienne est l’une des plus avancées au monde en matière d’environnement, au point qu’elle définit la nature comme sujet de droit. La Constitution a été adoptée le 28 septembre 2008 par 64% des Équatoriens lord d’un référendum populaire. « La nature ou Pacha Mama, où la vie se reproduit et se réalise, a le droit que soit respecté pleinement son existence et le maintien et la régénération de ses cycles vitaux, de la structure, des fonctions et des processus d’évolution », dit l’article 71 consacré aux "Droits de la Nature".
Le problème est l’exploitation minière à ciel ouvert sur laquelle le gouvernement Correa a fortement misé. Alberto Acosta, fondateur du mouvement Alianza País qui ont conduit Correa à la présidence, et ancien président de l’Assemblée constituante, brandit un discours très proche des mouvements indiens : « La loi minière adoptée après la Constitution, menace la Carta Magna [****]. C’est le problème de fond. A quoi le devons-nous ? Sans aucun doute aux incohérences d’un gouvernement qui mène encore des politiques manifestement inspirées par la gestion néo-libérale, qui représente encore les intérêts économiques des groupes les plus traditionnels » [12].
Acosta affirme que les gouvernements progressistes d’Amerique du Sud « n’ont pas discuté ou remis en question le modèle "extractiviste" » même « les plus avancés » comme le Venezuela, la Bolivie et l’Équateur. À son avis, la croyance solide que « grâce à l’extraction des ressources naturelles nous allons trouver le chemin du développement » a empêché jusqu’à présent de dépasser ce modèle et, par conséquent, de rechercher « une nouvelle forme d’intégration dans le marché international ».
Un second problème est Correa lui-même. Acosta indique qu’il est entré recemment dans la vie politique en 2005, quand en Equateur se succèdent les révoltes indiennes depuis 1990. Il a tendance à penser en termes personnels : « Il assume le rôle de porteur de la volonté politique collective, et ne se rend pas compte qu’une grande partie du processus historique antérieur est ce qui explique les résultats positifs de Correa et Alianza País ». L’absence de structure, mouvement ou parti, conduit Correa, selon Acosta, à ne pas comprendre « qu’il est là, à la présidence, grâce à tous les efforts déployés par la société équatorienne. » [13]
L’économiste Pablo Davalos coïncide avec cette approche mais il croit également que le gouvernement de Correa continue d’être néo-libéral. Le capital est aujourd’hui devant la nécessité de « relier les territoires avec le tourbillon de la spéculation financière » comme un moyen de surmonter la crise [14]. Les mouvements ont déclaré les régions amazoniennes et méridionales de Zamora et de Morona comme des territoires libre de toute exploitation minière. La collision avec les compagnies minières multinationales semble inévitable.
Dans le gouvernement Correa, et c’est un point essentiel, il y a des membres éminents de la droite ainsi que dans le parti qui le soutient, Alianza Pais. En conséquence conclut Davalos, au-delà des déclarations sur le socialisme et la révolution, le mouvement de Correa fait partie de la « dérive du post-néolibéralisme, c’est à dire comme une continuation du néolibéralisme, mais sous les modalités de la dépossession territoriale et des ressources et de la déterritorialisation de l’Etat. »
L’alternative la plus sérieuse semble être le projet ITT, visant à laisser le pétrole dans le sol et à chercher un autre modèle de développement [15]. ITT est un sigle formé par le nom de trois puits d’exploration forés dans la zone du parc Yasuni en Amazonie (Ishpingo, Tambococha et Tiputini). Au milieu de l’année 2009, le gouvernement de Correa a repris à son compte le projet élaboré par Acosta quand celui-ci était ministre de l’Énergie et des Mines. La proposition est de ne pas exploiter le pétrole comme contribution de l’Équateur à la lutte contre le réchauffement climatique.
Les réserves ITT représentent 20% des réserves totales de pétrole du pays. L’économie équatorienne est basée sur le pétrole : 22% du PIB, 63% des exportations et 47% du budget de l’Etat dépendent du pétrole. Mais ici réside également la force de la proposition : elle permettrait d’éviter l’émission de 410 millions de tonnes de CO2 freinerait la déforestation et la pollution, et serait une grande contribution au développement d’une économie post-pétrolière.
En contrepartie, le gouvernement de l’Équateur a demandé à la communauté internationale une compensation équivalente à 50% des revenus qui pourraient être obtenus si ce pétrole était exploité. Le parlement et le gouvernement allemand ont répondu favorablement en fournissant 50 millions par an au cours des treize années de dureraient les bénéfices tirés de ces puits. La Norvège et la Communauté de Madrid ont donné des signaux positifs.
Alors que beaucoup sont impliqués dans ce projet qui représente une révolution écologique, Acosta fait valoir qu’il « a vu le jour à partir des luttes de résistance des peuples autochtones, en particulier dans le sud-centre de l’Amazonie qui visaient à empêcher que l’activité pétrolière s’étende jusqu’à leurs territoires ainsi que les groupes de colons métis dans le nord de l’Amazonie et les peuples autochtones touchés par l’activité de la compagnie Chevron. »[16]
2 Ricardo Buitrón, El Telégrafo, op. cit.
3 Voir la conférence de presse sur en www.youtube.com/watch?v=tN3x3vE1jfE.
4 Communiqué de Ecuarunari dans Ecuachaski du 17 septembre 2009.
5 Agence AFP, Quito, 25 septembre 2009.
6 "Noticias del Levantamiento en Defensa del Agua-1" à : www.accioecologica.org.
7 El Comercio, Quito, 3 octobre 2009.
8 El Comercio, 6 octobre 2009.
9 Déclarations du 11 octobre sur : http://ukhamawa.blogspot.com.
10 Voir "Masacre en la Amazonia : la guerra por los bienes comunes" sur http:// www.ircamericas.org/esp/6181.
11 El Comercio, 6 octobre 2009.
12 Entretien avec Alberto Acosta, 6 septembre 2009.
13 Idem.
14 Pablo Dávalos, op. cit.
15 Matthieu Le Quang, entretiens avec Alberto Correa ; Alberto Acosta, Eduardo Gudynas, Esperanza Martínez et Joseph H. Vogel, "Dejar el petróleo en tierra para el Buen Vivir : Elementos para una propuesta política, económica y ecológica para la iniciativa de no explotación petrolera en la Amazonia de Ecuador," Programa de las Américas Informe de la política (Washington, DC : Center for International Policy, 7 de julio de 2009) : http://www.ircamericas.org/esp/6238.
16 Idem
NdT[*] La Minga communautaire est le terme indigène pour travail collectif, communautaire, bénévole. Depuis ces dernières années, Minga signifie aussi moment de résistance, de mobilisation collective pour la défense des communautés.
[**] Le préambule de la nouvelle constitution de l’Équateur invoque la Pachamama, Dieu, Simón Bolívar et le général Eloy Alfaro et s’engage à « construire une nouvelle forme de coexistence citoyenne, dans la diversité et en harmonie avec la nature, pour atteindre le bien vivre, le sumak kawsay ». Les droits au « Sumak Kawsay », un concept issu de la culture quechua, sont déclinés dans le chapitre 2 de la constitution : droit à l’eau comme bien commun inaliénable, droit à la souveraineté alimentaire et énergétique, préservation des écosystèmes et de la biodiversité…
[***] Le “Informe semanal de los sabados“ est une émission de télévision hebdomadaire, relayée sur des chaînes de radio, d’une durée de 2h30 environ, dans laquelle Correa fait son “rapport hebdomadaire” aux téléspectateurs sur ce qu’il a fait dans la semaine écoulée.
[***] Carta Magna = Constitution
Raúl Zibechi est analyste international pour l’hebdomadaire Brecha de Montevideo, professeur et chercheur sur les mouvements sociaux à la Multiversidad Franciscana de América Latina et conseiller auprès de plusieurs groupes sociaux. Il écrit le « Rapport mensuel de Zibechi » pour le programme de las Américas (www.ircamericas.org).
photos: crédit perso 2009
vendredi 11 septembre 2009
Interview de Delfin Tenesaca: "Nous luttons contre l'emprise paternaliste"
L’Equateur est un pays particulièrement touché par les dommages irréparables causés par l’industrie minière et l’exploitation sans concertation des richesses naturelles (mines, forêt, eau…), comment les indigènes se positionnent ils face à cette situation et comment envisagent ils leur relation avec la Pachamama (mère terre) ?
Nous sommes principalement concernés par la pollution due à l’exploitation minière. Elle contamine l’eau et met fin à l’agriculture à cause de la contamination des terres. L’Homme ne peut plus vivre dans un tel environnement pollué.
Nous devons aussi voir à qui profite l’exploitation minière. Dans la majorité des cas, les entreprises multinationales qui extraient ne répartissent pas leurs bénéfices aux peuples dont ils occupent les terres. La nouvelle loi minière ne nous assure ce bénéfice qu’ils puisent du sol. Nous exigeons une réforme qui reconnaît l’occupation ancestrale des terres par les indigènes et qui nous garantisse une redistribution de leurs bénéfices. En Amazonie, les Shuars ont déclarer certains territoires comme leur. Le gouvernement en a profité pour mettre la main sur toutes les terres non déclarées.
Comment votre mouvement est il perçu par la jeunesse ? Existe-t-il une implication de leur part pour la cause indigène ?
Il existe une âme indigène parmi la jeunesse. Elle est consciente d’où elle vient même si elle ne participe pas toujours aux débats. Ils veulent défendre leur identité à l’image de 2006 où ils sont partis en tête de la lutte contre le traité de marché libre que voulaient nous imposer les Etats-Unis. Ils ont manifesté avec le drapeau de Pachakutik, revendiquant leur identité.
Le défi réside, pour les anciens, à transmettre cette identité et notre culture aux générations futures. Beaucoup de gens, en majorité des jeunes, quittent le pays pour aller travailler. Il leur est compliqué de conserver cette identité.
Nous assistons aussi à une réappropriation des vieilles coutumes par la jeunesse. Pendant le carnaval, les jeunes s’impliquent dans les danses, les chants et les défilés et ils valorisent la culture indigène au lieu de s’asperger d’eau et de farine dans la rue. Ils inventent de nouvelles traditions comme le futsala, un sport très populaire dans nos communautés. Des compétitions sont organisées mais on ne gagne pas une coupe. Le vainqueur remporte des animaux ou tout autre chose avec une vraie utilité.
Comment renforcer cette identité indigène ?
L’identité indigène souffre d’un grand nombre de discrimination. Pour certains nous sommes des voleurs, des analphabètes, sales car ils sont pauvres -qui nous a marginalisé et nous a volé nos richesses ?-, habillé de manière traditionnelle avec le poncho et le chapeau, et parlant une autre langue que le castillan. Les autorités politiques et policières usent de méthodes paternalistes à notre encontre. Nous luttons contre cette situation et réaffirmant notre identité et en refusant les attitudes supérieures.
Il nous manque une victoire importante. Il n’existe pas encore un recensement des peuples indigènes. Nous ne savons pas exactement combien nous sommes car le gouvernement n’interroge pas l’identité des personnes qu’il recense. Il nous questionne sur notre manière de vivre, notre famille, notre profession mais il ne veut pas savoir quelle est notre culture.
Comment les différentes nations indigènes vivent elles entre elles? Existe-t-il un dialogue entre les différentes cultures pour organiser vos objectifs politiques ?
Pachakutik est le parti de tous et aussi des métisses. Nous avons des débats et des disputes pour réussir l’union nationale et que la voix indigène soit écouter et prise en compte. Les communautés sont organisées au niveau local puis régional. Nous coordonnons nos actions selon les trois territoires de l’Equateur : la côte, les Andes, l’Amazonie, car chaque a ses spécificités. Ensuite, les trois délégations se réunissent pour prendre des décisions nationales. Nous proposons une lutte commune et solidaire. Cela signifie que les communautés de la côte aident de diverses manières les communautés des Andes qui rencontrerait un conflit avec quelque autorité et réciproquement.
credit photo: ukhamawa
mercredi 2 septembre 2009
Perenco, Main basse sur le sous sol équatorien
Hier soir, à Riobamba, a été projeté le documentaire équatorien "Al cielo abierto". Le festival de film documantaires "Cinema y Patrimonio" avait fait venir ce film qui traite de la lutte populaire contre l'instalation de mines à ciel ouvert à proximité de leurs communautés dans l'est équatorien.
La vidéo de Mediapart, elle revient sur l'exploitation pétrolière: un autre conflit entre multinationales minières et militants écologistes.
vendredi 31 juillet 2009
Au milieu du désert
En traversant le Pérou du Nord au Sud, on rencontre le désert. En bord de mer, les vagues viennent s’échouer sur une côte infertile. Puis venu de nulle part, un oasis apparaît, miracle de l’eau douce qui serpente dans cette étendue hostile. Lima est la deuxième plus grande ville au monde construite dans le désert après le Caire, mais avant d’arriver à la capitale péruvienne, il faut parcourir plus de 20 heures de bus depuis la frontière équatorienne en plein milieu d’un sable infertile.
Le sable et des arbustes rachitiques à perte de vue tandis que le bus avale les kilomètres. La route suit le même chemin que les lignes à haute tension, seule preuve d’une présence humaine dans ce désert à perte de vue et cordon ombilicale avec la « civilisation ».
Il y eu des habitations dans le passé. Des murs subsistent aux attaques météorologiques et aux pillages. La propagande politique s’est aussi appropriée ces ruines et en a fait l’apologie de candidats passés ou futurs. L’homme n’est pas un animal discret, là où il passe, il laisse sa trace et ses ordures jonchent le bord de la route. Des sacs éventrés dispersent les résidus d’une consommation imparfaite. Les voyageurs des nombreux bus qui traversent ce territoire laissent aussi leur empreinte puisque tout ce qui ne se mange pas passe par la fenêtre. Le plastique ne se dilue pas dans le sable.

A l’approche d’un virage, le sort, ou peut être l’alcool, plante une sépulture en mémoire d’une vie perdue au volant d’une automobile.
Le bus poursuit sa route, Lima n’est qu’une étape pour personnes en manque de l’oncle Sam. L’itinéraire indique Aréquipa. En rejoignant la « cité blanche », dans la « valle de los Majes », on traverse une oasis. Sans prévenir, le sable laisse pousser quelques brins d’herbes, puis des arbres aux feuilles vertes. Le village n’est plus très loin. La ferme est entourée de sa parcelle de terre. Ce n’est qu’ensuite que l’on découvre cette rivière qui irrigue toute la vallée et rend la terre si productive. Les canaux ancestraux des indiens Nasca servent encore et toujours pour l’agriculture. On cultive le maïs.
Un canal plus moderne longe la route panaméricaine. Il garde les stigmates revendicatives d’un mouvement social qui en 2003 à pousser les ouvriers à se mettre en grève illimitée pour une revalorisation des salaires.
Les grévistes travaillent dans une autre oasis qui apparaît quelques kilomètres plus loin. Aucun cours d’eau pour l’irriguer mais un réseau de tuyaux arroseurs qui dispersent l’eau dans les airs lorsque le soleil monte dans le ciel. Système automatisé mis en place par une multi nationale agro industrielle. Les limites de la propriété privée sont bien gardées par force de barbelé et de haies. On invite l’inconnu à rebrousser chemin sous peine de tir. Les ouvriers cultivent tomates, oignons, paprika, maïs. Le patron fait beaucoup d’argent mais ne connaît pas la répartition des profits.
credit photo: J.S.N
mardi 28 juillet 2009
La face de l'hypocrisie
Le regard fixe, droit comme un pic, dans ses mains la plaque commémorative que l’on vient de lui remettre, Marco Cadena ne bronche pas. La caméra de la télévision et les objectifs des photographes sont braqués sur lui, il ne peut perdre la face. Pris en flagrant délit d’hypocrisie, le principal du collège de San Gerardo ne réagit pas.
Il était un peu plus fier, quelques jours auparavant en compagnie de ses collègues. Face aux volontaires qui avaient accompagné la réalisation de la fresque qui orne le mur principal de son institution, ils ne manquaient pas de qualificatifs dépréciatifs : « c’est moche », « c’est horrible », « cela ne correspond pas avec les valeurs de notre institution », « à la limite ça a sa place dans la cours d’une crèche ». Une professeur se proposera d’offrir un galon de peinture pour recouvrir le tout en blanc. En comparaison, ils ne sont pas avares de félicitations pour les élèves, âgés de 17-18 ans qui ont ornés les murs de bondieuseries dans la cadre du cours d’anglais (rappelons que le collège est public).
Les deux européens repartirent vexés et décidés à lui faire manger son chapeau. Rien de grave si ces critiques n’avaient pas été faites aussi aux adolescents (12-15 ans) face à leurs camarades peu avares en ricanement. Six mois de travail à propos de l’autonomie, l’estime personnelle, la motivation mis à mal par une bande de professeurs ignorants sans la moindre once de pédagogie qui considèrent leur sens artistique comme le nombril du monde. La peinture qui invite au respect de l’environnement est assez figurative. On reconnaît le paysage alentours et le Tungurahua imposant dans le massif andin. La faune et la flore ont été représentées en utilisant la technique de la sérigraphie. Le thème, les traits et les couleurs sortent tout droit de la caboche des peintres. Les deux volontaires ont accompagné le projet sans trop intervenir. Le projet initial, quelques conseils et une longue paire de bras assez pratique pour peindre le ciel situé à 3 mètres du sol comme uniques guides tout au long du processus.
Le jeudi 18 juin, face aux autorités locales et aux médias, Marco Cadena ne réitérera pas ses propos. Passif, il assiste à la célébration du travail de ses étudiants. Devant le micro, il en vient même à féliciter les apprentis peintres. Chacune des parties prenantes en va de son discours. Tous fustigent les critiques qui ne prennent pas en compte le travail collaboratif et communautaire des adolescents et qui oublient que cette œuvre de rue était une première pour tous les participants. Le principal reste de marbre et ses collègues font profil bas. Docilement, ils promettent à la presse de conserver la fresque qu’il leur faisait horreur quelques jours auparavant. Sur le mur du collège qui fait face au village, tous les habitants peuvent désormais admirer la fresque réalisée par leurs enfants. Une explosion de couleurs sur le bâtiment blanc, une épine dans le pied du principal.
vendredi 19 juin 2009
Pérégrinations andines [2]
Le bus passe par Penipe, le canton le plus proche du Tungurahua, le volcan, encore en activité, a éruptioné pour la dernière fois en 2006. La ville en porte encore les cicatrices. Alors que le marché hebdomadaire, événement provincial, bat son plein à Riobamba (15km), Penipe est une ville morte, trois passant et un vendeur de glace qui fait aussi office de taxi pour les touristes avec son mini bus. Toutes les échoppes ont le rideau baissé.
En 2006, l’éruption détruisit une partie de Penipe, la lave et la cendre ont mis à mal un grand nombre de maisons et l’Etat a dû reconstruire. Un tiers de la ville ressemble désormais à une cité ouvrière du Sussex les murs de couleurs en plus. Rien de ressemblant avec la ville équatorienne en permanente construction briques et agglos apparents.
La proximité de la forêt signifie aussi l'augmentation du taux d'humidité. Les dernières montagnes font obstacle au passage vers l'est de la masse nuageuse. L'horizon est bouché. Il est très compliqué de voir l'autre coté de la vallée et parfois on distingue à peine le chemin à 50m. En ce jour de juin, il faut se rendre à l'évidence, les Altares resteront dissimulés par les nuages. On apercevera à peine une partie du glacier pendant quelques secondes.
credit photo: perso mars2009
jeudi 28 mai 2009
Or noir contre or vert
Une nouvelle contribution extérieure, rencontré sur le site du collectif RISAL (réseau d'information et de solidarité avec l'Amérique Latine), écrit par Daniel Denvir. L'auteur revient sur le conflit qui oppose Rafael Correa et les indigènes à propos de l'exploitation minière et pétrolière en Equateur. L'article d'origine se trouve là et a été publié le 3 mai. En janvier, le pays a été secoué par des manifestations de masse contre l’exploitation minière à grande échelle.
En Équateur, il y a longtemps que les peuples indigènes et les campesinos (les paysans) demandent la nationalisation des ressources naturelles. Ces derniers temps, nombre d’entre eux exigent qu’elles ne soient plus exploitées du tout et bloquent les routes pour se faire entendre.
En réponse, le président Rafael Correa a traité les manifestants de « moins que rien » et d’« extrémistes ». Le gouvernement a fait arrêter certains des meneurs de ces protestations, qu’il accuse de terrorisme. En Amazonie, un leader a même disparu brièvement et est réapparu dans un hôpital de Macas, une ville amazonienne, blessé à la tête par une arme à feu. Des policiers ont également été blessés en tentant de démanteler les barrages.
En septembre, les électeurs équatoriens ont approuvé une nouvelle constitution soutenue par Alianza País, le parti politique de M. Correa. Le texte accorde notamment des droits à la nature et considère l’accès à l’eau comme un droit humain.
Mais Correa fait désormais pression en faveur de l’exploitation minière de métaux à grande échelle et, en janvier, il a obtenu du Congrès l’approbation d’une loi qui permettrait à des entreprises canadiennes, notamment les sociétés Kinross, Iamgold Inc. et Corriente Resources Inc, d’exploiter les ressources minières du pays.
Conjointement avec la Confédération des nationalités indigènes de l’Équateur (CONAIE), les mouvements paysans locaux et régionaux invoquent la nouvelle constitution pour déclarer illégale la loi sur l’exploitation minière. La CONAIE, qui représente en Équateur les peuples indigènes de l’Amazonie, des hauts plateaux et de la côte, est l’un des mouvements sociaux les plus puissants d’Amérique latine.
Dans une interview accordée avant la promulgation de la nouvelle loi, Marlon Santi, le président de la CONAIE, a accusé Rafael Correa d’être sous l’emprise des compagnies minières étrangères. « Nous nous demandons quels sont les intérêts en jeu ici, puisqu’il y a bien d’autres lois importantes sur lesquelles travailler. Nous nous opposons à la loi actuelle sur l’exploitation minière », a déclaré M. Santi.
Du boom pétrolier de la fin des années 1960 aux actuelles propositions d’extraction du cuivre, de l’or et de l’argent, l’exploitation des ressources naturelles est depuis longtemps source de conflits en Équateur.
Dans la province amazonienne de Zamora Chinchipe, au sud de l’Équateur, la compagnie minière EcuaCorriente, une filiale de Corriente Resources Inc., est soupçonnée d’avoir mis sur pied un groupe de pression favorable à l’exploitation minière composé d’indiens Shuar. La société Corriente n’a pas commenté les allégations que le journal canadien Dominion a été le premier à publier.
Le Front de défense de l’Amazonie [Yasuni depende de ti, NDB], qui représente les indigènes et les paysans, a intenté une poursuite de plusieurs milliards de dollars contre Texaco, accusant ce géant de l’industrie pétrolière d’avoir adopté des pratiques qui ont causé d’énormes dommages à l’environnement et rendu malades les résidents vivant à proximité des lieux d’extraction. Dans un rapport rédigé en 2008, un expert nommé par le tribunal a affirmé que les déversements de pétrole brut et l’abandon en grande quantité de liquides toxiques dans des centaines de puits non bouchés ont causé un grand nombre de cancers parmi la population et entraîné la disparition de tout un peuple indigène : les Tetete.
La pollution et les maladies qui découlent de l’extraction pétrolière sont à l’origine de l’opposition actuelle à l’exploitation minière industrielle. De plus, les expériences vécues par les opposants à l’exploitation minière dans d’autres pays latino-américains, comme au Pérou et au Guatemala, ont incité davantage les Équatoriens à résister.
Gonzalo Esp’n, un leader indigène ayant participé aux blocages des routes du mois de janvier dans la province andine centrale de Cotopaxi, affirme que le gouvernement devrait réguler l’exploitation minière à petite échelle et investir dans l’agriculture paysanne et durable.
Selon lui, « l’exploitation minière à grande échelle consiste simplement à permettre que nos ressources naturelles soient exportées vers d’autres pays qui nous les renverront sous forme de produits manufacturés. »
Les Intag, une communauté andine du nord, et les Sarayaku, une communauté amazonienne, ont montré comment résister. Depuis le début des années 1990, ces deux communautés empêchent les compagnies minières et pétrolières de s’implanter sur leurs territoires respectifs. Elles ont noué des alliances avec des groupes de défenseurs de l’environnement urbains et des groupes de soutien en Europe et en Amérique du Nord pour faire pression sur les entreprises étrangères et le gouvernement équatorien.
Le 24 janvier, dans son discours hebdomadaire radiodiffusé, quelques jours après les manifestations les plus importantes, Rafael Correa s’est engagé à poursuivre l’exploitation minière à grande échelle. « Il est absurde que certains veuillent nous forcer à rester comme des mendiants assis sur un trésor », a-t-il déclaré.
Les leaders indigènes et paysans sont en train d’envisager la possibilité de former une coalition en vue de rivaliser avec Rafael Correa aux élections du mois d’avril. Bien que la réélection du président soit pratiquement assurée [réélection le 26 avril, NDB], les militants espèrent gagner un certain nombre de sièges à l’Assemblée nationale de façon à accroître la visibilité du mouvement.
« La CONAIE continuera de lutter pour les droits territoriaux et contre la pollution de l’environnement », a déclaré récemment la confédération indigène. « Nous allons surveiller de près les concessions minières et dénoncer les cas pour lesquels il n’y aura pas eu de consentement préalable libre et éclairé, par tous les moyens disponibles, y compris les mécanismes internationaux. »
En Équateur, et dans les pays du Sud, ce sont souvent les peuples les plus opprimés qui résistent à l’exploitation minière et expriment une nouvelle manière de concevoir le développement durable.
Pour Susan, une militante Kichwa adolescente, les peuples indigènes de l’Équateur sont en train de s’unir pour continuer d’avoir accès à l’eau propre dont dépend leur survie.
« Nous sommes en train de prouver que nous ne sommes pas des moins que rien », dit-elle. « Nous sommes un peuple entier qui se bat. »
mercredi 20 mai 2009
Le prix de l'écologie
Il pourrait être considérer comme le dernier des Mohicans, un être isolé dans un monde hostile qui défend contre vent et marée. N'en faisons pas trop sur César Puente, patron de l'Alce, tannerie guaneña, certe il mène dans son usine un combat où il se retrouve bien seul mais l'homme a aussi ses sombres facettes.
Guano, "capitale artisanale de l'Equateur" dit le prospectus, nombreux sont les ateliers de cuirs où des familles entières travaillent le cuir. Il en est de même pour la laine et les tapis réputés dans le monde entier (présents du Vatican à la Maison Blanche, raconte l'histoire). La publicité date de plusieurs année et aujourd'hui la réalité est bien différente. L'économie du canton a du plomb dans l'aile.
Dans les années 90, elles étaient trois dans le canton et quelaues autres dans la province du Chimborazo. Les tanneries participaient activement à l'économie regionale. Aujourd'hui, el Alce est l'unique bastion de cette ancienne industrie florissante. La fabrique de Cesar Puente est la seule qui, grâce à sa taille, a résisté aux différentes crises économiques et à la dollarisation.
Ingénieur ambiental et avec la rivière en bas de sa fabrique, César Puente a été obligé d'arreter ses pensées sur ce cours d'eau asséché et jonché de détritut. En collaboration avec le fond de solidarité de Québec et la coopérative agricole Agrovida, une enquète de pollution a été guidé et s'est étallé pendant trois années. Il en est ressortie que la fabrique dégagaient dans la rivière des résiduts de chrome et de sulfure bien supérieur aux normes environnmental avec des proportions dangeureuses pour la santé des riverains.
Avec un tiers de capitaux étrangers, El Alce s'est doté d'un système de récupération des eaux pour filtrer les produits toxiques résultant de la teinte du cuir. Un investissement à la hauteur de 100 000 dollars qui impacte peu les ventes "1.50$ par veste et 50 cents sur un porte feuille".
Sur le plan environnemental, le filtrage permet de récupérer une dizaine de Kg de chrome par mois. Une quantité que le professeur à l'université Polytechnique du Chimborazo (ESPOCH) essaye de récupérer et de recycler.
César Puente a beau être l'unique entrepreneur guaneño qui se soit préocupé dans la pollution du Rio Guano, il n'en reste pas moins un buisness man. Liberal et conservateur, partisan d'Alvaro Noboa, l'environnement n'est rien s'il n'est pas lucratif et ses méthodes sociales sont parfois assez douteuses. Toute la main d'oeuvre de la confection a été externalisée dans des ateliers indépendants du canton. Ainsi il se dédouane de ce qui se passe lors de la couture des sacs, des chaussures et des vestes. "Dans ses ateliers, les ouvriers sont plus libres. Ils s'organisent comme ils veulent entre le travail et la vie du foyer Toute la famille participe à la confection, les enfants aident et améliore le salaire de la famille." Le travail infantil est conféssé sans honte, alors même qu'il est interdit par la nouvelle constitution.
César Puente souhaite aujourd'hui améliorer le processus qualité de sa production. Il souhaite officialiser les mesures qui sont pour le moment réalisé par des étudiants de l'ESPOCH. Pour cela il aurait besoin d'instrument de mesure dont un Phomètre. Ces instruments sont moins couteux en Europe. Les volontaires européens se proposent de trouver un moyen pour qu'une association puisse lui faire don du matériel; en contre partie de quoi Cesar Puente s'engagerait dans un processus éthique pour érradiquer le travail infantil dans les ateliers avec lesquels il travaille. Une démarche de commerce équitable est aussi envisageable.
Les lecteurs qui auraient une idée pour mettre à bien ce processus peuvent divulguer leurs idées dans les commentaires.
credit photo: R.B et perso. Cesar Puente et une vue du système de filtration
mercredi 13 mai 2009
Tout en image (9)
Diaporama Flickr qui comprend tous les clichés publiés depuis le début de cette expérience équatorienne.
mercredi 29 avril 2009
Enquête sur la face noire de Petroecuador
Enquête sur la face noire de Petroecuador (MEDIAPART)
Vidéo envoyée par earthwithoutoil
Alors que la planète commence à réfléchir à l'après-pétrole, les pays qui possèdent des réserves d'or noir continuent de les exploiter à n'importe quel prix. L'Equateur, dont le président Rafael Correa vante par ailleurs son credo écologique, persiste à forer dans la forêt amazonienne, au mépris de l'environnement et des populations locales. Une vidéo de Mediapart.
L'exploitation du pétrole en Equateur reste l'un des sujet clefs que le president de la République doit gérer. La question est de savoir s'il faut ou non utiliser les ressources de matières premières du pays au détriment de l'environnement et de la santé de la population. A l'heure actuelle, le gouvernement est largement en faveur d'une exploitation nationalisé mais les associations se mobilisent pour empécher une utilisation qui a déjà fait ses preuves en terme de conséquences néfastes (un procès contre la Texaco n'a toujours pas pris fin).
Cette vidéo accompagne l'enquète qui se réalise en ce moment même à Guano sur le pollution de la rivière.
mardi 17 mars 2009
Le passé et le présent en vidéo
Dans les jours qui viennent une série de vidéos réalisés à Palora, dans la forêt amazonienne équatorienne vont être mis en ligne. L'une d'elle est déja disponible. Il s'agit d'un guide shuar qui explique (en espagnol) certains éléments de la faune et de la flore silvestre.
Modification 17/03: Après ajout, on peut voir trois nouvelles vidéos filmées en Amazonie. La première grave la traversée du Rio Pastaza, frontière naturelle entre la province du Pastaza et celle de Morona Santiago. La seconde est un extrait du discours de bienvenue (en Shuar) du patriarche de la communauté indigène de Chinimpi. La troisième est un petit bout de chemin dans la forêt.
Bon visionage
vendredi 6 mars 2009
Vivez une catastrophe écologique en direct
Une simple adjonction de chlore et l’eau sort du robinet. Bien sûr, elle n’est pas potable. L’eau minérale est indispensable mais cela n’empêche pas les enfants de l’école de Tungahuan de boire à même le tuyau du robinet public. Il y sort un liquide opaque marron que les élèves ingurgitent sans sourciller ignorant les précautions des adultes.
Guano est une ville d’artisanat, on y trouve des tanneries et des teintureries qui fournissent les cordonniers et les tisseurs. Situées sur les berges, les manufactures se servent sans contrôle puis recrachent le tout sans filtration. Les pigments ressortent tel quel et en fonction des commandes, on voit une eau rouge, bleue, verte se mélanger au cours d’eau. Plusieurs études ont déjà été menées, des diagnostiques ont été apportés mais rien n’a été fait. Il en est de même pour les égouts de cette ville de 10 000 habitants qui ne subissent aucun traitement et que l’on rejette sans vergogne dans la rivière. Sur plusieurs kilomètres, il se dégage une odeur pestilentielle d’eau usée. Un parfum âcre qui attaque les narines et qui retourne l’estomac.
En Equateur, la machine à laver est un luxe que peu de personnes peuvent se payer, on lave les vêtements à la main. Quand on le peut, on le fait à domicile mais le réseau d’eau courante ne parvient pas à tous les foyers. Dans ce cas, les mères de famille amènent une semaine de linge sale à la rivière et frottent énergiquement le savon sur les tâches de terre et de graisse et rince le tout dans le lit. L’eau est blanchie par la lessive. Cela n’effraie pas la marmaille qui se baigne dans les bassins entre les bulles de savon.
Les vaches et les ânes paîtrent tranquillement, s’empoisonnant lentement. A la fin de la chaîne alimentaire, les métaux lourds se retrouvent dans la nourriture et par conséquents dans le sang humain. L’agriculture biologique qui est ancestral ici, n’est plus possible. On a recours à des produits phytosanitaires pour préserver les cultures avec toute la dépendance aux industriels que cela implique.
Les déchets produits par la ville sont soumis à la même attention
Confronté à une catastrophe écologique : l’effroi.
crédit photo: perso
mercredi 25 février 2009
L'Agrion de Bernay trainé en justice
L'association ecologique bernayenne l'Agrion rencontre des problème avec la justice et un homonyme parisien. Je me permet de reprendre et de couper certaines parties d'un article de Denis Szalkowski. J'apporte tout mon soutien a Marie Noelle Vallet et aux autres membres de l'association. L’association Agrion au travers de sa Présidente Marie-Noëlle Vallet, est en proie à une assignation en justice devant le TGI de Bernay de la part d’une autre association… Agrion
. Le secrétaire général de cette association est Pierre Reboul
, créateur de EBG
qui éditait feu le magazine Elenbi
.
Confusion d’objet ?
Qu’est-il reproché à l’association de Bernay par son homonyme parisien ? Une confusion d’objet assortie d’une confusion de nom de domaine. Le moins qu’on puisse dire est que l’objet de ces deux associations est en tout point différent. Celle de Bernay connue pour son implication locale en matière d’environnement durable s’occupe de co-voiturage et traite des questions relatives aux déchets. J’ai d’ailleurs été en relation avec Gilles Vaslin pour voir comment nous pourrions traiter la question des déchets électroniques sur le secteur de Bernay.
Au vu et au su des activités de l’autre association, il s’agirait d’activités qui traitaient les 19 et 20 novembre 2008 de l’industrie chinoise ou le 6 février 2008 du rôle et de l’importance de la prise en compte de l’environnement dans la motivation de l’acte d’achat. Est-ce que quelqu’un de normalement constitué peut me dire quel est le rapport entre les deux associations ? L’objet de l’association parisienne est, je cite :
“AGRION est une communauté d’entreprises qui partagent les mêmes préoccupations concrètes dans les domaines de l’énergie, des matières premières et du développement durable et qui se regroupent, non pas pour discourir, mais pour définir des solutions concrètes répondant à des problèmes précis.”
Confusion de nom de domaine ?
Créée le 20 janvier 2006, Agrion.org revendique la paternité du nom de domaine agrion.fr en possession de l’association de Bernay. Très curieusement, la marque Agrion a été enregistrée le même jour où les statuts de l’association Agrion (de Bernay) étaient publiés au Jo, soit le 16 mai 2008. Évidemment, une question me taraude l’esprit : qu’est-ce qui a bien pu empêcher l’Agrion de Paris de devenir propriétaire du domaine agrion.fr ? Simple : le fait qu’il ne s’agisse pas d’une marque. Pourquoi avoir tant attendu ? Pourquoi tant de “négligence”
? L’octroi du nom de domaine agrion.fr sous le contrôle de l’Afnic n’a fait l’objet d’aucune contestation.
Dans la mesure où l’Agrion parisienne s’inscrit dans une logique internationale, l’extension .org est parfaitement adaptée à la nature de ses activités. Voici d’ailleurs les branches internationales de ce site :
Au jour d’aujourd’hui, après requête auprès de Gandi, j’ai pu m’apercevoir que les domaines suivants étaient toujours disponibles :
- agrion.biz
- agrion.me
- agrion.pro
- agrion.mobi
- agrion.asia
- agrion.es
- agrion.tv
- agrion.it
- agrion.lu
- agrion.pl
- agrion.nu
Très étonnant de voir agrion.pro, agrion.biz, agrion.es et agrion.tv laissés en déshérence de la part d’une marque si soucieuse de contrôler son nom sur Internet !!! J’ose croire que les heureux propriétaires des noms de domaines agrion.com, agrion.eu, agrion.net, agrion.info
, agrion.ch
, agrion.be
, agrion.co.uk ne soient pas inquiétés de la même façon que l’association bernayenne Agrion.
La solution pour Agrion.org : le référencement !
Selon l’association parisienne Agrion.org, les moteurs de recherche mettraient en avant le site Agrion.fr. C’est faux et vous pouvez le vérifier aujourd’hui sur Google. Le nombre de backlinks est très nettement en faveur de l’association parisienne (280
) dont le pagerank est à 2, alors que, pour l’association bernayenne, il est de 0 !!! Ce pagerank de 0 est un autre élément qui montre que l’association bernayenne n’a jamais procédé à une démarche de référencement actif. Elle serait d’ailleurs dans son droit le plus légitime à le faire. Je recommande donc à Pierre Reboul de payer un professionnel du référencement et d’abandonner la procédure qu’il a entamée à l’endroit de Marie-Noëlle Vallet. La mise en demeure qu’il vient d’adresser est en tout point caduque.
Adhérez à Agrion.fr
D’ores et déjà, je vous demande de bien vouloir soutenir l’association bernayenne Agrion en y adhérant. L’adhésion ne coûte que 2 euros.
vendredi 30 janvier 2009
La Normandie, reine du nucléaire
Dans notre optique du développement interplanétaire de la fission nucléique, Zébulon, son ministre des bombes au phosphore et Alain Le Vern, président de région sont heureux de vous annoncer que la Drome n'est qu'un département de looser et que la Seine Maritime va accueillir prochainement la deuxième réacteur nucléaire EPR français. YOUPI!!! C'est nous qu'on les aura les radiations et les foetus à trois pieds!!!!
Ce cadeaux offert à EDF (mais auquel GDF-Suez va être associé) sera installé à Penly. Il rejoint le premier réacteur EPR prévu à Flamanville dans la Manche. Etant donné que les Manchots n'arrivent toujours pas à couler la dalle de béton et que les retards deviennent pharaoniques, on peut espérer que la nouvelle centrale de Penly ne verra pas le jour avant une quinzaine d'année.
Le budget est estimé à 4 milliards d'euros: une broutille!
2009 - 2020 - ou même 2050, le résultat est le même. Arretons avec le suicide nucléaire!
Une vidéo en bonus: le générique de "The Hills with eyes", film d'horreur au ras des paquerettes mais qui se distingue des autres par un générique d'excélente qualité (âmes sensibles s'abstenir).
crédit photo: saint-martin-en-campagne.org