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mercredi 3 février 2010

Rendez-vous en terre inconnue

Ceci est une lettre.

Chère Salima,
Je ne te connais pas. Ou si peu. C’est la radio qui m’a parlé de toi, pour la première fois, il y a une semaine. Les AMG de Mermet m’ont raconté ton histoire.
Fille d’une liaison hors mariage entre deux marocains, tu as vu le jour avec ta jumelle. Puis tu as grandi en France, à Clermont-Ferrant, avec ta grand-mère puis ta tante, ta seule famille car tes parents tu ne les connais pas. Tu as étudié et tu es rentré en CAP cuisine.
Ta jeunesse était ton bouclier contre la main de fer des fachos en chef. On peut garder son âme de jeune mais un jour, on obtient sa majorité. 18 ans et la force répressive s’abat sur toi car les lois ne te protègent plus. Et ils t’ont raflé. Sans titre de séjour, ils te considèrent illégale donc indésirable. Te voila au centre de rétention administrative (CRA) de Clermont depuis une semaine.
J’ai entendu ta sœur sur cette même radio. Elle se terre on ne sait où. Dans la même situation que toi, elle a rencontré un Juste qui l’a dérobée à la renacle. Elle appelait au secours pour libérer sa jumelle. Dépourvue de toute liberté de circulation, elle lâchait son désespoir sur les ondes.
Les associations connaissaient ton cas et elles se sont mobilisées. Le CRA et la préfecture sont assiégées sans résultat. L’ordre d’expulsion tombe. Les roussins t’ont indiqué la procédure. Tu fais tes valises et montera dans le fourgon à 7h demain matin pour ensuite être traînée dans l’avion à 9h pétante.
Résignée, je t’ai entendu cette après-midi. Tu racontais le processus, impuissante. Derrière ces barreaux, tu ne peux que compter les minutes qu’il te reste. Une journaliste te demandait ce qui allait se passer une fois sur place. RIEN, personne ne t’attend. Tu as tout juste de quoi trouver un hôtel puis acheter quelques provisions. Les économies de ton dernier job. Le Maroc est une terre inconnue pour toi comme pour moi. Une langue, une culture, des visages que tu ne connais pas plus que moi. Et moi on ne m’expulse pas car l’état civil est dans la capacité de reconstituer mon arbre généalogique sur trois générations sur cette terre fétide. Toi, ton arbre généalogique tu ne connais même pas l’étage au dessus de ta tête mais tes racines sont ici. Tu as grandi à mes cotés et toute ta vie est ici. Qu’importe le passeport, tu es française. Sûrement plus que moi qui renie ma nationalité à l’étranger dès que c’est possible.
Je sui entre mes quatre murs ce soir mais j’aimerai tant être à Clermont. Faire le pied de grue devant la préfecture, bloquer la porte du CRA, badigeonner la tête du préfet, faire la nique aux cognes pour que tu restes là.
Des gens dans ta situation à Vincennes en 2008, ont mis le feu à leur matelas. Suis cet exemple s’il peut d’apporter le sursis.
Ce soir je suis avec toi et avec tes potes, tes profs et ceux qui se mobilisent. Courage
Mort à Vauban.

jeudi 19 novembre 2009

La vie avec le VIH en Equateur [2]


Second témoignage d'une femme équatorienne porteuse du VIH et vivant à Riobamba qui a demandé qu'on l'appelle Victoria.

" Mon premier compagnon m'a transmi le virus VIH, et c'est de cette maladie qu'il est décédé. Lorsque je me suis rendu au Centre de Santé pour faire le test, ils m'ont annoncé que j'étais positive. Cela fut très dur à accepter, et j'étais préocuppé pour ma fille. Ce fut terrible, je ne savais pas où aller, si je devais quitter la maison, je ne savais pas quoi faire ni comment le dire à mon nouveau mari.
Je me suis confié à ma belle soeur en premier lieu. C'est elle qui m'a accompagné dans tout le processus médical pour confirmer le premier test. C'est aussi elle qui m'a aidé pour annoncer la nouvelle à mon époux. Lorsqu'il a appris la nouvelle, il a été déçu car je ne lui avait pas dit que j'allais faire le test mais il s'avère qu'il fut une personne merveilleuse. Je pensais qu'il allait me battre ou bien m'expulser de la maison mais bien au contraire, il est resté à mes cotés et du premier jour jusqu'à aujourd'hui, il m'aide et me soutient. Il se fache quand je ne suis pas exactement le traitement, il fait très attention à moi. Dans cette épreuve je reçois aussi le soutien inconditionnel de ma belle soeur ainsi que de toute ma belle famille. Ce n'est pas le cas de mes parents ni du reste de ma famille de la part de qui je n'ai aucun soutien.
La vie ne se termine pas avec le VIH, elle se poursuit bien au contraire. La vie est merveilleuse et tellement belle. Malgré cette épreuve douloureuse, je continue à me battre tous les jours. Pour ma fille et pour toute les personnes qui m'aident au quotidien."

mardi 17 novembre 2009

"Cette extradition équivaut pour moi à une peine de mort"


Je citais quelques extraits de la lettre que Cesare Battisti a envoyé le 13 novembre au président Lula. Voici la traduction complète de la missive, réalisée par mes soins pour aider le groupe Brasil e Desenvolvimento ainsi que tous ceux qui se mobilisent contre son extradition.

“Trente ans changent beaucoup de choses dans la vie d'un homme, et parfois font une vie entière” (L'homme révolté – Albert Camus)



Si nous regardons un peu notre passé d'un point de vue historique, combien d'entre nous peuvent sincèrement dire qu'ils n'ont jamais désiré proclamer la propre humanité, la déployer dans tous ses aspects en une grande liberté. Peu, très peu, sont les hommes et les femmes de ma génération qui n'ont pas rêver d'un monde différent, plus juste.

Cependant, fréquemment, par pure curiosité ou par les circonstances, seulement certains décidèrent de se lancer dans la lutte en sacrifiant sa propre vie.

Mon histoire personnel est suffisamment connue pour ne revenir de nouveau sur les raisons qui m'ont conduit à la lutte armée. Je sais seulement que nous étions des milliers, et que certains moururent, d'autres sont prisonniers, et beaucoup sont exilés.

Nous savions que cela pouvait se terminer ainsi. Combien furent ils les exemples de révolution qui ont échoué et que l'histoire nous avait déjà raconté? Même ainsi, nous avons recommencé, nous nous sommes trompé et même avons perdu. Pas tout! Les rêves continuent.

Nombreuses conquêtes sociales, dont profitent aujourd'hui les italiens, furent conquises grâce au sang versé par ces compagnons de l'utopie. Je suis le fruit de ces années 70, comme beaucoup d'autres ici au Brésil, notamment beaucoup de compagnons qui aujourd'hui sont responsables du destin du peuple brésilien. En vérité, je n'ai rien perdu car je n'ai pas lutté pour quelque chose que je pouvais emporter avec moi. Mais maintenant, détenu, ici au Brésil, je ne peux accepter l'humiliation d'être traité comme un criminel de droit commun.

Pour cela, face à la surprenante obstination de certains juges du Suprême Tribunal Fédéral qui ne veulent pas voir ce qu'était vraiment l'Italie des années 70; qui nient l'intention de mes actes; qui fermèrent les yeux face à l'absence totale de preuves techniques à mon encontre en référence aux 4 homicides qui me sont attribués; qui ne reconnaissent pas les failles de mon procès, la prescription, et qui savent les autres empêchements à mon extradition.

Plus que tout, il est surprenant et absurde, que l'Italie m'ait condamné pour activisme politique et au Brésil, certains n'ont pas peur de m'extrader sous prétexte d'une implication pour un crime commun. C'est absurde, principalement pour avoir reçu du gouvernement Brésilien la condition de réfugié politique, décision pour laquelle je serai à jamais reconnaissant.

Face aux énormes difficultés de gagner cette bataille contre le puissant gouvernement italien, qui utilisa tous les arguments, les outils et les armes, il ne me reste pas d'autres solutions aujourd'hui que de débuter une “GRÈVE DE LA FAIM TOTALE” pour que me soient accordés les droits attribués au statut de réfugié et prisonnier politique. J'espère par cet acte de désespoir, empêcher cette extradition qui équivaut pour moi à une peine de mort.

J'ai toujours lutté pour la vie et s'il faut mourir j'y suis prêt mais jamais dans les mains de mes tortionnaires. Ici, dans ce pays, au Brésil, je continuerai ma lutte jusqu'à la fin, et bien que fatigué, jamais je ne vais abandonner de lutter pour la vérité. La vérité que certains refusent de voir. Il est le pire des aveugles, celui qui refuse de voir.

Je termine cette lettre, en remerciant les compagnons qui depuis le début de ma lutte ne m'ont jamais abandonné, et de la même forme, je remercie ceux qui sont arrivés dernièrement, mais qui ont autant d'importance que ceux qui sont à mes cotés depuis le tout début. A vous, mes sincères remerciements. Comme ultime suggestion, je vous recommande de continuer à lutter pour vos idéaux, pour vos convictions. Cela vaut la peine!

J'espère que l'héritage de ceux qui sont tombés sur le champ de bataille ne soit pas vain. Nous pouvons perdre une bataille mais je reste convaincu que la victoire de cette guerre est réservé à ceux qui luttent pour la généreuse cause de la justice et de la liberté.

Je rend ma vie entre les mains de votre Excellence et celles du peuple brésilien.

Brasília, 13 novembre 2009

Cesare Battisti




lundi 16 novembre 2009

Cesare Batttisti ne retournera pas en Italie


Le Suprême Tribunal Fédéral (STF) Brésilien tergiverse et n'arrive pas à prendre une décision. Le président Toffoli récemment investi du poste refuse de prendre une décision et laisse ses collègues dans un match nul 4/4. Les juges souhaitent déléguer la décision au chef de l'Etat brésilien, Lula, et pendant ce temps Battisti attend...

La décision devait tomber le 14 novembre. Un an après avoir reçu du ministre de la justice brésilien le statut de réfugié politique, le STF devait décider de l'extradition, ou non, de Cesare Battisti. Le vote ne donna rien puisque 4 juges votèrent pour le retour entre les griffes de Berlusconi et son gouvernement fasciste et 4 optèrent pour qu'il puisse rester au Brésil. Le président du STF, Gilmar Mendés, qui possède un vote de minerve ne votera que jeudi. Le ministre, tout juste investi, Toffoli lui ne se prononcera pas. Lula reste le dernier rempart car il peut toujours empécher l'extradition.
La défausse des juges veut faire du cas Battisti un cas diplomatique quand on leur demandait de statuer en fonction de critères juridiques. C'est aujourd'hui à Lula de prendre une décision et cela représente une entrave à la séparation des pouvoirs. L'exécutif ne peut prendre une décision qui relève du pouvoir judiciaire. Le président de la république brésilien est soumis à une pression italienne des plus crapuleuse. Berlusconi promet des millions en investissement contre la tête de Battisti. En cas de désaccord, l'Italie promet un enfer diplomatique sur la scène international avec des sanctions touchant directement au porte-monnaie. Le même chantage dégueulasse exercé sur la France en 2003 et auquel avaient cédé Chirac et Sarkozy.
Et Batisti attend dans la prison de Papuda, à Brasilia. Gabriel Elias, grand ami et membre du groupe Brasil e Desenvolvimento, l'a rencontré la semaine dernière. Battisti n'avait pas encore commencé sa grève de la faim mais son état était déjà critique. Gabriel a rencontré un homme "propre et bien habillé" mais "déprimé" "qui ne réussissait pas à manger ni à dormir, il avait déjà perdu 5 kilos". Les étudiants de l'UnB, le comité du Céara Critica Radical, et son comité de soutien travaillent activement dans les alcôves du pouvoir, dans la rue et à ses cotés en lui rendant visite. Ils tentent de redonner espoir à un homme profondément "abattu" et "anxieux".
Le 14 novembre, Battisti commençait une grêve de la faim totale, ce qu'il refusait jusque là et qu'il décrit comme "un dernier acte de désespoir" et écrivait une lettre à Lula et au peuple brésilien. L'extradition représente "une peine de mort".
"J'ai toujours lutter pour la vie mais s'il faut mourrir, je suis prêt mais ça ne sera pas par les mains de mes tortionaires". Le message est clair, il ne retournera en Italie que dans un cercueil et en finira avant de poser le pied sur sa terre natale. Comme si cette lettre était un testament, il remercie les gens qui l'aident et se mobilisent en son nom, ceux du début ainsi que les derniers arrivés: "qui ont la même importance que ceux qui sont à mes cotés depuis le début". "J'espère que l'héritage de ceux qui sont tombés sur le champ de bataille ne soit pas vain. Nous pouvons perdre une bataille mais je reste convaincu que la victoire de cette guerre est réservé à ceux qui luttent pour la généreuse cause de la justice et de la liberté."

source: passa palavra et Brasil e Desenvolvimento
credit photo: café babel
Modification: 17/11/09 14h07 après les corrections de Joao Telésforo.

mardi 28 juillet 2009

La ville des ombres

Le récit péruvien débute par un texte emprunté à Jérémie Wach-Chastel et trouvé sur le site du Grand Soir. L'auteur reviens sur sa visite à Pisco, ville au sud de Lima. J'ai rencontré certains des volontaires dont il parle et confirme leur ignorance totale de la langue.

Avril 2009, Pérou, quatrième mois de voyage.

Après 15h de trajet en direction de Pisco, le car me dépose au bord d’une grande route. Le soleil tape, la poussière flotte dans l’air, bienvenue dans la Costa péruvienne, sorte de grand désert traversé par dess courts d’eau. Ici, pas de terminal de bus, seulement un bar, une boutique internet, un petit marché et quelques bâtiment à quoi s’ajoute la multitude de taxi, mototaxi et vieu vans Volkswagen.

J’apprendrai plus tard que je suis sur la Panaméricaine et que le centre de Pisco, ou ce qui l’en reste, est à 5km. Pas de route pour y accéder, seulement un chemin de terre où les voitures défilent et se croisent sans interruption. Aux abords, on peut voir une sorte de camp de réfugiés, des baraquements et des petites cabanes de bois accolées à perte de vue. Bien organisées par bloc, ces habitations sommaires, une pièce de 15m² pour une famille, semblent être ici pour durer.

Des enfants courent au milieu de la poussière soulevée par les véhicules et le vent. Un vieillard tire, à la force de son corps, une petite charrette contenant des bouteilles en plastique. Il se rend à deux kilomètres de là pour les échanger, 1kg pour 0,30 sol soit 0,08€.

Le petit bus volkswagen, bondé, continue son trajet. La chaleur, lourde, est difficilement supportable, et les fenêtres à peine entrouvertes permettent d’éviter que la poussière ne s’immisce/s’invite à l’intérieur.

Pisco. Des bâtiments commencent à apparaître dans mon champ de vision. Ou plutôt des ruines de bâtiment. Les murs sont effondrés, les toits absents, les gravats au sol se mélangent aux poubelles. Mais la rue est animée, il y a de la vie. Les taxis klaxonnent, les piétons circulent, les étales des magasins sont dans la rue, comme sur un marché. Ça crie, ça vend, ça court.

Je descends au niveau de la place centrale. Quelqu’un m’alpague. Information ? English ? Español ? Après m’avoir demandé d’où je venais, le vendeur me propose un tour guidé qui part le lendemain matin à 7h. Le car vous dépose loin, les agences touristiques vous emmènent hors de la ville. Tout semble fait pour que l’on ne reste pas à Pisco.

Pourtant les différents guides touristiques, édition 2009, vous parle de la ville comme d’un lieu où il faut s’arrêter, avec sa cathédrale, son musée et sa plage splendide. Mais où sont ils aller chercher ses informations ?

Lors de l’édition des guides, qui sont bouclés deux ans avant, toutes les informations étaient justes. Mais, en août 2007, le 17, à 18h41, le sol a tremblé. Une première secousse, pas trop importante, puis quelques instants plus tard, cela revient et de manière amplifiée. Et pendant trois minutes, un tremblement de terre, niveau 7,9 sur l’échelle de Richter, va dévaster la ville. L’hôtel de ville, l’église, la prison, les magasins. Au total, environ 80% de la ville sera détruite. La secousse est ressentie en Bolivie, au Chili, en Equateur et en Colombie.

Le lendemain, des médecins de Cuba et du Venezuela débarquent. Dans les jours suivant, ce sont les ONG, associations et autres organisations qui arrivent. La réponse est internationale. Beaucoup de pays envoient de l’argent. Des dizaines de milliers d’euros seront récoltés.

J’arrive, presque deux ans plus tard, sur recommandation d’amis péruviens qui m’ont dit que rien n’avait changé, que l’argent était parti dans les poches des personnes corrompues. Alors, j’ai pris mon billet de bus, et avant d’aller à Lima, je suis venu ici pour voir et savoir, pour voir comment la situation évolue, si la population a pu s’organiser, pour rencontrer l’une des seules associations survivantes. Mon premier contact avec la ville est bien pire que ce que je ne m’étais imaginé. Dans le centre ville, on se croirait à Beyrouth après un bombardement et dans le quartier le plus touché – où se trouve MAD voluntarios, association que j’ai contacté – c’est encore pire. Ancien quartier résidentiel, il est aujourd’hui déconseillé de s’y promener seul, car la précarité a entrainé l’insécurité.

L’aide internationale a permis de déblayer les débris ici, de construire un mur d’enceinte par là, ou bien une dalle de béton sur ce terrain. Le problème est que rien n’est terminé. Les murs d’enceinte ont été élevés pour éviter que des voleurs n’entre dans les jardins mais les habitants n’ont pas d’argent pour reconstruire la maison. Heureusement, d’autres organisations ont construit des des abris de 15m² où séjourne toute la famille (photo). Mais comme il y en avait beaucoup à construire, le mur n’est qu’une fine planche de bois, sans isolation, ce qui entraîne une chaleur insupportable à l’intérieur lorsque le soleil tape, c’est à dire tout le temps.

Depuis, le problème a été reconnu et les constructions sont maintenant en PVC avec isolation, pour un coût un peu supérieur. Qu’importe, de toute façon, il n’y a plus d’argent pour aider, et la plupart des organisations sont parties, d’autres parties du monde ayant eu aussi leurs lots de désastres.

Aujourd’hui, il ne reste plus que deux petites associations, et UNICEF qui est repassé pour installer quelques trois cent toilettes individuels pour la population. De mon côté, j’ai rencontré MAD Volutarios, que l’on pourrait décrirecomme une bande de gringos plein de bonnes intentions. Ils aident grandement la population en allant sur les chantiers comme main d’oeuvre, en proposant aux riverains d’acheter eux-mêmes les matériaux nécessaire pour la construction d’une maison en PVC (photo) soit 250 soles (65€) et eux viennent avec leur bétonneuse, pelles... pour couler une dalle en dur sur laquelle ils monteront la maison. Et lorsque la famille est sans ressource, comme c’est le cas de nombreuses mères élevant seules leurs enfants, l’association paye une partie des matériaux. Le problème est que pour le moment ils sont en attente de subvention.

Après tant de louanges, on peut se demander pourquoi j’emploie le terme péjoratif de gringos. La raison est très simple, au sein de l’association tous parlent anglais ou plutôt aucun ne parle l’espagnol... Certains le baragouinent, ou arrivent à échanger avec les habitants grâce aux gestes et autres idées que l’on trouve toujours dans le besoin mais rien de plus. Comment faire un travail de terrain efficace et adapté si l’on ne peut communiquer avec les gens ? Car reconstruire, c’est bien, mais c’est encore mieux lorsque l’on arrive à former la population pour qu’elle le fasse elle même, car viendra un moment où les bénévoles partiront, et alors que restera-t-il ?

Autre point étrange, lorsque nous faisions un tour de la ville avec Dominic, l’un des anciens de l’association, il me montre le fruit de leur travail : un toboggan et des balançoires – très bonne idées – et me dit qu’ils voudraient continuer. Oui, ils envisagent de construire un skate parc s’ils arrivent à avoir une aide. Étonnement de ma part, les rues ne sont pas bitumées, je n’ai vu aucun gamin en skate ou roller dans les rues. Il y a certes quelques vélos mais rien de plus. Les gens n’ont pas d’argent pour construire un toit pour leurs toilettes, vont-ils acheter des rollers ? C’est ici que l’on voit une certaine naïveté ou un manque d’analyse de leur part, peut être un peu rêveurs sur les bords. Quant à l’autre association, il m’a été dit sur Lima, Pisco et Aréquipa que l’argent était très mal géré et que le dirigeant profitait du travail des bénévoles pour améliorer son CV...

Alors que faire ? Laisser les gens dans le besoin sous prétexte que certains volent et profitent des failles du système ? Sûrement pas. Par contre, je pense qu’il est erroné de venir en pensant que l’on va sauver ces pauvres gens, leur montrer comment faire, leur apprendre à vivre. Ceci ressemble à la vision de l’occident sur le tiers-monde, une vision colonialiste diraient certains.

Le mode d’organisation qui fonctionne dans les autres lieux où je suis passé est le travail en relation avec la population. Celui qui vient, arrive avec l’argent, le temps et la motivation pour aider. À partir de là, il faut rencontrer la population et définir les problèmes qui existent et ceux sur lesquels va se pencher l’organisation, ainsi que la manière dont elle va les aborder. Il semble que travailler avec la population entraine bien plus souvent la pérennisation du projet mais aussi l’échange et l’entreaide. Par exemple, si un certain nombre de maison doivent être reconstruites, si ce sont uniquement les bénévoles qui le font, le travail ira peut être plus vite, eux ayant tout leur temps pour le faire, mais une fois parti, il n’y aura plus personne pour aider les autres habitants. Tandis que si le travail se fait avec l’aide du voisinage, en plus de renforcer les liens dans le quartier, cela permet à la population d’apprendre et de pouvoir continuer seule. Ceci permet dans le même temps de proposer des formations à la population, sur ses droits par exemple, ou des ateliers pour les enfants, une nouvelle fois dans le but de tisser des liens et d’échanger.

Je repars donc de Pisco et mon bilan est mitigé. C’était la première fois, et probablement la dernière, que je rencontrais une association sans qu’une personne, un bénévole ne soit du pays, ce qui est un signe avant coureur des possibles défauts/des difficultés rencontrées. Surtout cela ne m’enlève pas de la bouche que la ville semble, aujourd’hui, oubliée du pays, les travaux comme la reconstruction de la route, la Panaméricaine, et de la ville n’avançant pas. Alors, je me permets d’écrire cet article, de partager mon expérience, pour transmettre l’appel à l’aide des habitants, plus démunis que jamais. Donc si vous avez des idées, des moyens ou du temps, que vous puissiez envisager Pisco dans vos plans...



source: Jérémie Wach-Chastel

mercredi 20 mai 2009

Le prix de l'écologie

A l'occasion de l'enquète sur la pollution du Rio Guano, nous avons pu rencontrer quelques initiatives positives pour la protection de l'environnement. César Puente dirige El Alce, tannerie de cuir à Guano. Il a fait installé un système de filtre à sa fabrique pour récupérer les eux noires constituées de chrome et de sulfure.

Il pourrait être considérer comme le dernier des Mohicans, un être isolé dans un monde hostile qui défend contre vent et marée. N'en faisons pas trop sur César Puente, patron de l'Alce, tannerie guaneña, certe il mène dans son usine un combat où il se retrouve bien seul mais l'homme a aussi ses sombres facettes.
Guano, "capitale artisanale de l'Equateur" dit le prospectus, nombreux sont les ateliers de cuirs où des familles entières travaillent le cuir. Il en est de même pour la laine et les tapis réputés dans le monde entier (présents du Vatican à la Maison Blanche, raconte l'histoire). La publicité date de plusieurs année et aujourd'hui la réalité est bien différente. L'économie du canton a du plomb dans l'aile.
Dans les années 90, elles étaient trois dans le canton et quelaues autres dans la province du Chimborazo. Les tanneries participaient activement à l'économie regionale. Aujourd'hui, el Alce est l'unique bastion de cette ancienne industrie florissante. La fabrique de Cesar Puente est la seule qui, grâce à sa taille, a résisté aux différentes crises économiques et à la dollarisation.

Ingénieur ambiental et avec la rivière en bas de sa fabrique, César Puente a été obligé d'arreter ses pensées sur ce cours d'eau asséché et jonché de détritut. En collaboration avec le fond de solidarité de Québec et la coopérative agricole Agrovida, une enquète de pollution a été guidé et s'est étallé pendant trois années. Il en est ressortie que la fabrique dégagaient dans la rivière des résiduts de chrome et de sulfure bien supérieur aux normes environnmental avec des proportions dangeureuses pour la santé des riverains.
Avec un tiers de capitaux étrangers, El Alce s'est doté d'un système de récupération des eaux pour filtrer les produits toxiques résultant de la teinte du cuir. Un investissement à la hauteur de 100 000 dollars qui impacte peu les ventes "1.50$ par veste et 50 cents sur un porte feuille".
Sur le plan environnemental, le filtrage permet de récupérer une dizaine de Kg de chrome par mois. Une quantité que le professeur à l'université Polytechnique du Chimborazo (ESPOCH) essaye de récupérer et de recycler.
César Puente a beau être l'unique entrepreneur guaneño qui se soit préocupé dans la pollution du Rio Guano, il n'en reste pas moins un buisness man. Liberal et conservateur, partisan d'Alvaro Noboa, l'environnement n'est rien s'il n'est pas lucratif et ses méthodes sociales sont parfois assez douteuses. Toute la main d'oeuvre de la confection a été externalisée dans des ateliers indépendants du canton. Ainsi il se dédouane de ce qui se passe lors de la couture des sacs, des chaussures et des vestes. "Dans ses ateliers, les ouvriers sont plus libres. Ils s'organisent comme ils veulent entre le travail et la vie du foyer Toute la famille participe à la confection, les enfants aident et améliore le salaire de la famille." Le travail infantil est conféssé sans honte, alors même qu'il est interdit par la nouvelle constitution.

César Puente souhaite aujourd'hui améliorer le processus qualité de sa production. Il souhaite officialiser les mesures qui sont pour le moment réalisé par des étudiants de l'ESPOCH. Pour cela il aurait besoin d'instrument de mesure dont un Phomètre. Ces instruments sont moins couteux en Europe. Les volontaires européens se proposent de trouver un moyen pour qu'une association puisse lui faire don du matériel; en contre partie de quoi Cesar Puente s'engagerait dans un processus éthique pour érradiquer le travail infantil dans les ateliers avec lesquels il travaille. Une démarche de commerce équitable est aussi envisageable.
Les lecteurs qui auraient une idée pour mettre à bien ce processus peuvent divulguer leurs idées dans les commentaires.



credit photo: R.B et perso. Cesar Puente et une vue du système de filtration

vendredi 20 mars 2009

Z: dans votre boite au lettre contre la désinformation

Ça fait plaisir de le voir sortir, depuis le temps que la rumeur circulait. Z est sorti, un nouvel acte de résistance contre les autoroutes mensongères de l'information. Un autre regard, une alternative ou bien seulement un bout de papier à feuilleter et lire pour se coucher un peu moins bête que la veille. Je reprend le texte de présentation.

Z roule

Nous croyons que s’immerger dans le cours des événements permet de mieux les raconter.
Pour chaque numéro, nous quittons le bureau de Montreuil pendant quelques semaines. Certains d’entre nous partent à bord de Gigi, ce camion-tiroir, qui se fait doubler par les mobylettes. Il est notre rédaction mobile.
Pour ce premier numéro, nous nous sommes installés dans le Tarn, chez des paysans.

Z lutte

Z n’est l’organe d’aucun parti, ni le reflet d’un engagement monolithique. Refusant les étiquettes, nous assumons nos prises de position qui, au-delà de ce journal, peuvent nous impliquer dans divers combats.
Tâchant au mieux d’expliquer nos contradictions, nous ne croyons pas à la neutralité affichée par la plupart des médias.

Z relie

En lançant ce nouveau journal, nous tentons de montrer les pistes empruntées ici et là pour ceux qui se demandent comment agir chez eux. Il pourrait servir d’outil de liaison et de réflexion à des expériences qui se nourriraient les unes des autres.
Dans notre camion, nous transportons un infokiosque (une bibliothèque de revues et de textes théoriques et pratiques). Il est mis à la disposition de tous ceux qui le croisent au cours de notre itinérance.
Avec les personnes qui nous accueillent, nous organisons des réunions publiques, participons à des luttes et des chantiers locaux.

Z tourne

Il n’y a pas de hiérarchie ni de spécialisation au sein de la rédaction et chacun s’efforce de transmettre ce qu’il sait déjà faire.
Les décisions, relectures et engueulades sont collectives. La plupart des contributions est réflechie en commun. Par conséquent, l’ours est notre signature.

Z prend le temps

En bon canard-tortue, ce journal ne se presse pas. La lenteur est une idée qui nous plaît bien, un coin c’est tout.
Peu attirés par les excitations médiatiques habituelles, nous prenons le temps d’échapper à l’actualité, à 50 km/h sur les routes départementales, loin des autoroutes de l’information.
Z est donc un journal à géométrie variable  : selon les rencontres, les moyens, les soutiens, il aura un nombre de pages différent à chaque numéro.

Z galère

Z est un journal pour l’instant trisannuel et sans la moindre ambition lucrative.
Une quinzaine de personnes non rémunérées ont collaboré à ce premier numéro depuis Montreuil, Nantes ou Troyes.
Si nous arrivons à récupérer suffisamment d’argent de la vente du premier numéro pour mettre de l’essence dans le camion, ce sera déjà bien.

Z invite

L’ensemble des lecteurs peut contribuer à le rendre plus varié, plus beau, plus lisible, plus créateur.
N’hésitez pas à nous proposer vos articles, remarques, photos, illustrations, polices de caractère, croquis, etc.

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samedi 14 mars 2009

Nous sommes des millions, ils font de nous des pirates


Alors que le gouvernement français tente de faire passer la loi sur les libertés numériques dite loi HADOPI issue du rapport Olivennes, ancien directeur de la Fnac. Je relais l'appel du réseau des pirates "Ils font de nous des pirates".

L'interet de cette loi ne se trouve pas seulement dans le fait que l'éxecutif souhaite interdire et supprimer le téléchargement de fichiers protégés par des copyrights mais dans la manière dont ils ont organisé le repérage des "pirates". Des sociétés privés vont être employées pour détecter les adresses IP qui téléchargent illégalement. Action pour le moment dans les prérogatives de la police. Ces entreprises envoieront ces données aux fournisseurs d'accès en contournant l'institution judiciaire qui couperont la connexion internet et provoqueront une mort sociale de l'internaute. L'Etat transmet l'exécution pratique de pouvoirs de police ou de caractère judiciaire à des acteurs privés. Contre la création de milices répréssives et d'organisation punitive privées, Réaction à Show soutient le réseau des pirates.


Nous sommes des millions, ils font de nous des pirates.

Je prends le parti des pirates.
Ils sont, nous sommes, des millions, en France, chaque jour à échanger des oeuvres: des tubes, des films à la mode, mais aussi des films et des disques rares, introuvables, des œuvres oubliées ou «tombées» dans le domaine public.

Ces pratiques sont là pour durer. Elles sont inscrites dans la révolution numérique.
Les tentatives d'interdire les échanges sur Internet - par l'intimidation ou par le filtrage - sont vaines.
Leur coût en termes de libertés publiques est inacceptable.
Cantonnées dans la clandestinité, ces pratiques de partage ne donnent pas, il est vrai, le meilleur d'elles-mêmes.
C'est au grand jour qu'elles révéleront toutes leurs potentialités.

Il est grand temps de reconnaître ces pratiques. De cesser cette guerre contre le public et la jeunesse.
En attendant ce jour, je prends le parti des pirates.

Je déclare que je suis l’un d’entre-eux.
Je déclare avoir consommé, remixé ou diffusé des œuvres culturelles.
Alors, pour eux je suis un pirate.




credit photo: pc world.fr

mercredi 25 février 2009

L'Agrion de Bernay trainé en justice

L'association ecologique bernayenne l'Agrion rencontre des problème avec la justice et un homonyme parisien. Je me permet de reprendre et de couper certaines parties d'un article de Denis Szalkowski. J'apporte tout mon soutien a Marie Noelle Vallet et aux autres membres de l'association.

L’association Agrion au travers de sa Présidente Marie-Noëlle Vallet, est en proie à une assignation en justice devant le TGI de Bernay de la part d’une autre association… Agrion. Le secrétaire général de cette association est Pierre Reboul, créateur de EBG qui éditait feu le magazine Elenbi.

Confusion d’objet ?

Qu’est-il reproché à l’association de Bernay par son homonyme parisien ? Une confusion d’objet assortie d’une confusion de nom de domaine. Le moins qu’on puisse dire est que l’objet de ces deux associations est en tout point différent. Celle de Bernay connue pour son implication locale en matière d’environnement durable s’occupe de co-voiturage et traite des questions relatives aux déchets. J’ai d’ailleurs été en relation avec Gilles Vaslin pour voir comment nous pourrions traiter la question des déchets électroniques sur le secteur de Bernay.

Au vu et au su des activités de l’autre association, il s’agirait d’activités qui traitaient les 19 et 20 novembre 2008 de l’industrie chinoise ou le 6 février 2008 du rôle et de l’importance de la prise en compte de l’environnement dans la motivation de l’acte d’achat. Est-ce que quelqu’un de normalement constitué peut me dire quel est le rapport entre les deux associations ? L’objet de l’association parisienne est, je cite :

“AGRION est une communauté d’entreprises qui partagent les mêmes préoccupations concrètes dans les domaines de l’énergie, des matières premières et du développement durable et qui se regroupent, non pas pour discourir, mais pour définir des solutions concrètes répondant à des problèmes précis.”

Confusion de nom de domaine ?

Créée le 20 janvier 2006, Agrion.org revendique la paternité du nom de domaine agrion.fr en possession de l’association de Bernay. Très curieusement, la marque Agrion a été enregistrée le même jour où les statuts de l’association Agrion (de Bernay) étaient publiés au Jo, soit le 16 mai 2008. Évidemment, une question me taraude l’esprit : qu’est-ce qui a bien pu empêcher l’Agrion de Paris de devenir propriétaire du domaine agrion.fr ? Simple : le fait qu’il ne s’agisse pas d’une marque. Pourquoi avoir tant attendu ? Pourquoi tant de “négligence” ? L’octroi du nom de domaine agrion.fr sous le contrôle de l’Afnic n’a fait l’objet d’aucune contestation.

Dans la mesure où l’Agrion parisienne s’inscrit dans une logique internationale, l’extension .org est parfaitement adaptée à la nature de ses activités. Voici d’ailleurs les branches internationales de ce site :

Au jour d’aujourd’hui, après requête auprès de Gandi, j’ai pu m’apercevoir que les domaines suivants étaient toujours disponibles :

  • agrion.biz
  • agrion.me
  • agrion.pro
  • agrion.mobi
  • agrion.asia
  • agrion.es
  • agrion.tv
  • agrion.it
  • agrion.lu
  • agrion.pl
  • agrion.nu

Très étonnant de voir agrion.pro, agrion.biz, agrion.es et agrion.tv laissés en déshérence de la part d’une marque si soucieuse de contrôler son nom sur Internet !!! J’ose croire que les heureux propriétaires des noms de domaines agrion.com, agrion.eu, agrion.net, agrion.info, agrion.ch, agrion.be, agrion.co.uk ne soient pas inquiétés de la même façon que l’association bernayenne Agrion.

La solution pour Agrion.org : le référencement !

Selon l’association parisienne Agrion.org, les moteurs de recherche mettraient en avant le site Agrion.fr. C’est faux et vous pouvez le vérifier aujourd’hui sur Google. Le nombre de backlinks est très nettement en faveur de l’association parisienne (280) dont le pagerank est à 2, alors que, pour l’association bernayenne, il est de 0 !!! Ce pagerank de 0 est un autre élément qui montre que l’association bernayenne n’a jamais procédé à une démarche de référencement actif. Elle serait d’ailleurs dans son droit le plus légitime à le faire. Je recommande donc à Pierre Reboul de payer un professionnel du référencement et d’abandonner la procédure qu’il a entamée à l’endroit de Marie-Noëlle Vallet. La mise en demeure qu’il vient d’adresser est en tout point caduque.

Adhérez à Agrion.fr

D’ores et déjà, je vous demande de bien vouloir soutenir l’association bernayenne Agrion en y adhérant. L’adhésion ne coûte que 2 euros.


mercredi 7 janvier 2009

Procès Thierry Martin: le réquisitoire

Environ 70 personnes se sont déplacées ce midi pour soutenir Thierry Martin. Un mot de remerciement au mégaphone puis tout le monde s'engouffre dans la salle d'audience du TGI.
Au terme de l'audience qui a démontré l'absence de preuve à son encontre, le procureur a requis 750 euros d'amende tandis que la partie civile demandait la relaxe.
Le délibéré sera rendu le 4 février.

dimanche 4 janvier 2009

Anihiler tout espoir de rebélion


L'année 2009 à peine arrivée que la lutte reprend. La machine de destruction d'alternatives idéologiques ne prend pas part à la trêve des confiseurs et elle abat ses chiens sur tous les "déviants". Mercredi, elle a rendez-vous à Bernay. Reprise de l'appel à la mobilisation et au soutien du collectif pour l'abandon des poursuites contre Thierry Martin, parent d'élève inculpé à la suite du mouvement dit "anti CPE" de 2006.



Thierry Martin, parent d’élève, est convoqué devant le tribunal correctionnel le 7 janvier prochain pour son soutien à la mobilisation des lycéens sur Bernay contre le Contrat Première Embauche (CPE) au printemps 2006.
Plus de deux ans et demi après les faits, ces poursuites constituent une nouvelle tentative de criminaliser le mouvement social et une volonté d’intimider et bâillonner tous ceux qui participent ou manifestent leur solidarité aux mobilisations sociales.
Les poursuites à l’encontre de Thierry Martin ne sont en effet qu’un exemple de plus d’une répression et d’une dérive sécuritaire qui s’accentuent dans l’espoir de décourager toute tentative de nouvelle mobilisation.
Cette même dérive a conduit à la condamnation récente des associations de défense des mal-logés (le DAL et les Enfants de Don Quichotte), les poursuites contre les militants du Réseau Education Sans Frontières qui défendent les élèves sans-papiers, contre ceux qui soutiennent les migrants, contre les militants anti-OGM, ceux du réseau Sortir du Nucléaire et plus largement les militants du mouvement syndical et ouvrier.
Nous demandons l’arrêt des poursuites contre Thierry Martin et continuerons à apporter notre soutien à toutes celles et ceux qui se mobilisent contre des lois ou des mesures qui nous semblent inacceptables et injustes.


Rassemblement le Mercredi 7 janvier à 12h30 devant le palais de justice de Bernay (place Gustave Héon)

L'occasion aussi de rappeler que Julien Coupat et Yldune Levy sont toujours incarcérés à la suite des arrestation du 11 novembre concernant des sabotages contre des lignes SNCF. Aucune preuve n'a jusque là été trouvé contre eux et ils n'ont toujours pas été entendu par le moindre juge. Ce dénie de justice et ces accusations abusives contre des personnes dont le seul tort est de penser différemment est totalement contraire à tous les principes de la démocratie. Ne les oublions pas.

photo: credit perso, manifestation étudiante à l'université de Brasilia en avril dernier.

mercredi 3 décembre 2008

Démocratie en réseaux: Internet, le porte voix des sans papiers

Le lundi 17 novembre, la région Ile de France organisait, à la cité des sciences et de l'industrie de la Villette, un colloque portant sur le thème Démocratie en réseaux (comptes rendus et contributions sur le site Internet grâce au wiki).
L'une des conférences portait sur l'usage d'Internet au service des libertés fondamentales. Espace de mobilisation, Internet est aussi une source d'information contradictoire. Elle réunissait des membres d'associations d'aide aux immigrés et des syndicalistes.


Les travailleurs sociaux étant asphyxiés par les demandes et l'information subissant la déformation médiatique, il a fallu trouver de nouvelles solutions pour les associations. Pour beaucoup Internet s'est avéré rapidement incontournable.
Lucille Prado du DIEM vient en aide aux sans papiers. Dans son temps de parole, elle insiste sur l'anonymat que l'outil permet. Pour des personnes en grande précarité, le site permet d'obtenir une première série d'information sans se faire connaitre. Le web brise les frontières géographique, le site peu être consulté depuis l'étranger ou bien des personnes résidant en province peuvent faire appel aux services du DIEM, petite association francilienne. Les permanents de l'association sont aussi moins consulté. Malgré tout un site reste un outil très chronophage et une personne se consacre à plein temps à la maintenance web (site, newsletter, mails...).
Marc Fromentin (GISTI) et Bastien Sibille (Disparitions) insisteront par la suite sur la qualité de l'information diffusée. S'ils jugent que l'information institutionnelle sur le net (Legifrance...) est plutôt de bonne qualité, ils déplorent son accessibilité. Ils sont particulièrement compliqué à l'usage. Le GISTI souhaite proposer une expertise explicite compréhensible par tous d'où un effort de vulgarisation et d'explication demandé à tous les rédacteurs du site. L'objectif de la Cimade en créant le site Disparition était que "constatant un manque de mémoire sur la disparition des personnes sans papiers, l’association a voulu se doter d’un outil permettant de retrouver une trace de l’arrestation de ces derniers, ainsi que leur histoire personnelle dans l’espace public numérique." Les rédacteurs pointent toutes les arrestations de sans papiers sur Google Map en écrivant quelques lignes sur la vie de la personne arrété. Le site "a pour objectif une prise de conscience collective de ce qui se passe dans le voisinage de tout un chacun."
L'information que ces sites proposent est en décalage avec celle proposée par les mass médias, du fait que sur un sujet sensible (les immigrés clandestins), ils ne relayent pas la vision étatique

mercredi 26 novembre 2008

L'insurection qui vient: Soutien aux inculpés du 11 novembre

Voici le texte de la pétition initiée par Éric Hazan et La Fabrique au sujet de l’affaire des neuf inculpations de la semaine dernière (les soi-disant « terroristes » du Comité Invisible).
Il est possible de la signer en renvoyant votre nom et votre qualité (profession ou absence de profession, statut ou absence de statut) à cette adresse.
comiteaat@boum.org


Une opération récente, largement médiatisée, a permis d’arrêter et d’inculper neuf personnes, en mettant en œuvre la législation antiterroriste. Cette opération a déjà changé de nature : une fois établie l’inconsistance de l’accusation de sabotage des caténaires, l’affaire a pris un tour clairement politique. Pour le procureur de la République, « le but de leur entreprise est bien d’atteindre les institutions de l’État, et de parvenir par la violence — je dis bien par la violence et non pas par la contestation qui est permise — à troubler l’ordre politique, économique et social ».

La cible de cette opération est bien plus large que le groupe des personnes inculpées, contre lesquelles il n’existe aucune preuve matérielle, ni même rien de précis qui puisse leur être reproché. L’inculpation pour « association de malfaiteurs en vue d’une entreprise terroriste » est plus que vague : qu’est-ce au juste qu’une association, et comment faut-il entendre ce « en vue de » sinon comme une criminalisation de l’intention ? Quant au qualificatif de terroriste, la définition en vigueur est si large qu’il peut s’appliquer à pratiquement n’importe quoi — et que posséder tel ou tel texte, aller à telle ou telle manifestation suffit à tomber sous le coup de cette législation d’exception.

Les personnes inculpées n’ont pas été choisies au hasard, mais parce qu’elles mènent une existence politique. Ils et elles ont participé à des manifestations — dernièrement, celle de Vichy, où s’est tenu le peu honorable sommet européen sur l’immigration. Ils réfléchissent, ils lisent des livres, ils vivent ensemble dans un village lointain. On a parlé de clandestinité : ils ont ouvert une épicerie, tout le monde les connaît dans la région, où un comité de soutien s’est organisé dès leur arrestation. Ce qu’ils cherchaient, ce n’est ni l’anonymat, ni le refuge, mais bien le contraire : une autre relation que celle, anonyme, de la métropole. Finalement, l’absence de preuve elle-même devient une preuve : le refus des inculpés de se dénoncer les uns les autres durant la garde à vue est présenté comme un nouvel indice de leur fond terroriste.

En réalité, pour nous tous cette affaire est un test. Jusqu’à quel point allons-nous accepter que l’antiterrorisme permette n’importe quand d’inculper n’importe qui ? Où se situe la limite de la liberté d’expression ? Les lois d’exception adoptées sous prétexte de terrorisme et de sécurité sont-elles compatibles à long terme avec la démocratie ? Sommes-nous prêts à voir la police et la justice négocier le virage vers un ordre nouveau ? La réponse à ces questions, c’est à nous de la donner, et d’abord en demandant l’arrêt des poursuites et la libération immédiate de celles et ceux qui ont été inculpés pour l’exemple.


source: le grand soir