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lundi 19 avril 2010

Z numéro 3 est dans les bacs



Après un automne sur les routes du Nord, le numéro 3 de Z sort des presses.










Il rend compte des combats ouvriers rencontrés à Amiens et ses alentours, pose la question de l’autogestion, mais aussi celle de la production et de ses finalités.

Au cœur de notre itinérance en Picardie : des ouvriers qui se battent dans une région frappée par la désindustrialisation. Goodyear, Dunlop, Manufacture française de sièges, Continental... Autant d’usines à Amiens et ses alentours dans lesquelles nous avons rencontré ceux qui refusent de baisser la tête. Souvent sans aucun soutien des confédérations syndicales, ces travailleurs se démènent pour le maintien de leur emploi, contre de nouvelles cadences ou pour arracher de conséquentes indemnités de licenciement.

De prime abord défensives, ces luttes n’incarnent-elles que l’image d’un monde ouvrier désabusé, réduit à parer les coups du management moderne et des « lois » de l’économie ? Nous avons eu un autre sentiment : loin d’être le reflet d’un simple sursaut de dignité ponctuel et évanescent, ces mouvements ouvriers ouvrent des possibles – ici et là.


Aussi au sommaire de ce Z n°3 :
un dossier sur la fièvre catharrale ovine (FCO) qui donne la parole à des bergers en colère,
un reportage sur la lutte des Kurdes contre les barrages hydrauliques turcs,
un retour chronologique sur le fiasco des débats publics au sujet des nanotechnologies
un reportage sur les hortillonages d'Amiens (ces jardins potagers autogérés – ou pas),
une enquête sur les puces RFID dans les transports en commun de Lille,
un photo-reportage sur les migrants de Calais,
un entretien imaginaire avec un millénariste du XVe siècle... et bien d'autres surprises!

Disponible en librairie ou sur commande, 192 pages, 10 euros.
contact@zite.fr

dimanche 24 mai 2009

Pérégrinations andines


Au fil des acensions et des randonnées dans les Andes équatorienne, on accumule anecdote et rencontre. Quelques unes en vrac.

L'arrivée au pied du Chimborazo c'est faite en stop. Pas forcémment plus économique puisque la tradition veut que l'on rémunère le chauffeur, il permet de faire des rencontres innatendues.
Dans la fourgonette d'un livreur de lait. La cinquantaine et la moustache, l'homme parcourt la campagne et visite les paysans pour collecter le lait des trois vaches qu'ils ont. N'imaginez pas de camions frigorifique ou une quelconque chaine du froid. Les paysans aux rides canoniques ne parlent pas, ni avec nous, ni avec le collecteur, ni entre eux. Des cris pour simple expression sortent d'une bouche édentée. Ni castillan, ni quetchua. Le collecteur vide les jerican dans ses bidons, il compte les litres et communique avec les paysans avec les doigts. Quatorze litres au total, pas de reçu, ni de billet fiduciaire. On n'en saura pas plus sur comment ils sont payés ni ce que vivent ces indiens au quotidien. Nos chemins divergent quelques kilomètres plus tard.

Le Chimborazo, volcan éteint mais dont la terre sent encore la lave éteinte. Un minerais à l'odeur des mines du Doubs. Pas étonnant qu'à la base du volcan on retrouve des eaux thermales. Un site perdu entre les montagnes indiqué par aucun panneaux, connus par les seuls locaux. Quelques hollandais initiés qui viennent travailler dans le cadre d'une mission humanitaire font relache dans les eaux à 30, 40 et 50º après la montée du Chimborazo. Les gringos à la peau blanche contrastent avec les quelques indigènes. On remarque alors l'usage différent des thermes en ce samedi après midi. Les hollandais font trempette tandis que les quetchua viennent prendre une douche chaude hebdomadaire. La société du loisir n'a pas sa place dans les traditions andines.

Et puis il y a cet homme dont on ne connaitra pas le nom. Equatorien, il a migré en Espagne, il y a 7 ans. Direction Valence. Ils sont des millions dans le même cas. Il travaillait jusque là dans la construction. Mais ma brave dame, c'est la crise! Alors on dégraisse et l'homme se retrouve au chomage. Immigré régulier, il a cotisé à l'assurance chomage et aujourd'hui il touche des indemnité pour un an. Avec femme mais sans enfants sur sa terre d'adoption, on l'a rencontré à Cebadas, village sur les rives du lac Atillo où il passait un mois de vacances chez sa belle soeur.

jeudi 29 janvier 2009

15000 personnes manifestent à Evreux


La manifestation du jeudi 29 janvier a rencontré un grand succès. Les renseignements généraux annoncent 10 000 manifestants tandis que les syndicats avancent le chiffre de 15 000. Le front unitaire et la plate forme de revendication élargie ont mobilisé très largement.

"Même en 1995, je n'ai pas vu pareil cortège à Evreux". Parole de syndicaliste endurcis à la lutte sociale, la mobilisation départementale a réunis un très grand nombre de mécontents suite aux réformes passées présente et à venir du gouvernement. 15 000 personnes se sont retrouvées sur le pré du Bel Ebat puis ont marché jusqu'à la place de l'hôtel de ville.
Privé et public ont battut le pavé. Les syndicats hospitaliers, de l'éducation (accompagnés des parents d'élèves et du personnel de certains établissements pour handicapés) et des impôts (60% de mobilisation dans ce secteur selon Solidaires), les douanes et le Pôle emploi représentaient la fonction publique mais le cortège était en grande partie composé de salariés du privé. L'industrie, très durement touchée par la crise dans l'Eure s'était mobilisée. On rencontrait (entre autre) des salariés de Schneider Electric, Mé Real ainsi que ceux de la LRBA, l'entreprise de ballistique vernonaise condamnée par Hervé Morin(ces derniers avaient déjà organisé un premier rassemblement le matin même dans leur ville).
Dans ce département à majorité rurale, de nombreux maires de petites communes avaient fait le déplacement pour s'opposer à la dislocation des services publics. On a vu de nombreuses écharpes bleue blanc rouge.
La manifestation d'aujourd'hui dépasse, en nombre de participants les défilés de 1995 et du CPE. L'Eure se mobilise en bloc.
Sur la France entière, les syndicats dénombrent 1 million de manifestants.


crédit photo: perso

samedi 8 novembre 2008

Une crise parmi d'autres

Le capitalisme actuel vit principalement deux crises: la crise financière qui touche les bourses et les marchés de cotations, et la crise de surproduction appelée aussi récession. Vendredi 7, Attac Risles Charentonne invitait Nicolas Béniès, économiste, pour évoquer cette situation. Le texte ci dessous reprend une partie de ses explications.


Les grands penseurs libéraux vous diront que la crise est naturelle, qu'elle fait partie intégrante du système. Le libéralisme est ponctué de vagues avec ses hauts et ses bas, des périodes d'essor économique et d'autres de surproduction.
Le premier choc pétrolier de 1974 vit l'apparition d'une nouvelle conception de l'économie. Jusque là, les périodes de crise se résolvaient grâce à des politiques de relance étatiques inspirées par John Maynard Keynes et le New Deal américain des années 30. L'Etat injectait d'importantes sommes sur le marché pour augmenter les salaires et relancer la consommation. L'augmentation du prix du pétroles permit à de nouveaux théoriciens de s'exprimer. Ces "experts" préconisèrent une hausse des profits des entreprises pour respecter le théorème de Schmidt: "Les profits d'aujourd'hui sont les investissements de demain et les emploi d'après demain". L'Etat devait se désengager des politiques économiques pour laisser faire le marché. Ce dernier s'auto régulant automatiquement. On passait d'une étude macro économique (au niveau d'un pays) à une étude micro économique (au niveau de l'entreprise).
En 1976, la France fut l'une des premières à appliquer cette théorie lorsque le premier ministre de l'époque mis en place le premier Plan Barre. Face à la baisse de la croissance, on privilégie la baisse de la masse salariale des entreprises. Cela peut se faire de manière directe (licenciements) mais aussi de manière indirecte via la baisse des charges sociales. L'Etat se délaisse d'une partie de ses recettes pour "soutenir" les entreprises. Des recettes en moins, c'est aussi des financements en moins pour les chantiers publics. En attendant que la crise passe, on mise sur l'endettement. Cela, malheureusement, ne fait que différer un phénomène incontournable tout en l'aggravant.

Le libéralisme étant un système vertueux, il est censé récompenser les esprits entreprenant qui osent se confronter au risque. Les décideurs en ont décidé autrement afin de préserver leurs deniers. Plutôt que d'assumer les conséquences d'une décision scabreuse, ils ont décider de "responsabiliser les salariés". Ces derniers, en contre partie d'une faible implication dans les décisions de l'entreprise, doivent assumer les choix et les conséquences de leurs dirigeants. Ils se flexibilisent au grès du cours de la bourse. On leur impose des objectifs irréalisables afin d'individualiser la main d'oeuvre. On déstructure la cohésion sociale ( affaiblissement des syndicats). On désigne dans le même temps des boucs émissaires (immigrés) pour que chacun trouve un coupable aux problème qu'il rencontre. Un mal être (maladies liées au travail, suicide...) se créé au niveau de l'entreprise.
On arrive aujourd'hui à une crise de confiance et du pouvoir d'achat obstacle à la consommation. Consommation: le sésame du libéral quand il s'agit de relancer la croissance.


photo: geolibertaire.org