mercredi 23 septembre 2009
Panorama souvenir
jeudi 20 août 2009
Une pile d'énergie sous un désert de sel
Une étendue blanche vierge, à l’exception des traces de pneus des 4x4 qui relient divers points de vue touristiques. Une plaine immaculée délimitée par des volcans qui ont cessé d’éruptionner il y a déjà plusieurs siècles. Et puis ce silence, quand un bus d’allemands ne vient pas le perturber.
Sur les rives de ce qui fut un jour la mer, mais qui est aujourd’hui un désert de sel, une source de lithium. Cet élément rangé au numéro 3 du tableau périodique est le nouvel or noir de notre planète et une promesse de bénéfices juteux pour la Bolivie dans les années à venir. Le lithium est présent dans toutes les batteries. Indispensable aux I Phones, appareils photos et ordinateurs portables. Le désert d’Uyuni abrite à l’ouest un puit dont on envisage l’exploitation. Les études sont pour l’instant en cours afin de prototyper une démarche scientifique qui lui permettra de capturer cette matière volatile. Une quelconque pensée environnementale ne devrait pas faire son irruption dans ce processus, la Bolivie est l’un des pays les plus pauvres d’Amérique du Sud, tout est bon pour faire de l’argent. On prétextera une hypothétique redistribution des richesses comme cela se fait depuis plus d’un siècle ici.
La ville d’Uyuni dispose d’une véritable culture minière. Les mines de sel aux abords du parc national sont exploitées depuis des années et la gare est un passage obligé pour les différents fret du pays qui se destine à l’exportation via les ports chiliens (la Bolivie ne dispose pas d’accès à la mer). On voit passé de l’or, de l’argent entre autre par la voie ferrée qui traverse cette petite ville.
Un peu en dehors de la ville, les guides touristiques font visiter le cimetière des trains un amas de ferraille datant des années 20 et 30, vestige industriel usagé, abandonné, tout juste bon à être rongé peu à peu par le vent et les effluves de sel qui attaque les carcasses de ces monstres d’acier. La technologie faisant son chemin, on a préféré de nouveaux moteurs à ces vieilles locomotives et plutôt que de réutiliser la matière première on les a laissé s’enfoncer doucement dans le sable.
La technologie reste le nerf de la guerre dans le secteur minier, une épine dans le pied des politiques. La majorité des puits appartienne encore à des multinationales étrangères (japonaises et canadienne). Evo Morales président a lu de jolis discours empreints de nationalisme et de nationalisation mais il a dû se rendre à l’évidence : l’état bolivien n’a pas les moyens de subvenir à la maintenance haute technologique dont ont besoin les mines. Il doit ranger ses intentions bolivariennes pour conserver ses royalties.
La technologie est au service du produit, pas de l’ouvrier. On enrichit le sel d’Uyuni en iode pour qu’il soit bon à la consommation mais personne ne vient en aide à ceux qui l’exploite dès l’adolescence et qui passent leur vie dans cet univers minéral hostile qui permet tout juste à quelques flamands roses de se nourrir via des micro-organismes.
credit photo: perso
lundi 10 août 2009
Quand l’Inca s’habille en Quetchua

Le soleil monte lentement dans le ciel. Il ne faut pas perdre de temp
C’est un cortège religieux et polyglotte qui avance silencieux. A bout de souffle, ils marchent à petit pas, le chemin éclairé par la frontale. Une course non déclaré se met en place. Les portes du site ouvrent à 6 heures, il ne faut pas perdre de temps. Tous jeunes et plein de vie, ils ont entendu dire que les 400 premiers entrants obtiennent le sésame pour grimper le Wayna Pichu, montagne qui domine les ruines (pour préserver ce site en péril, on a limité le nombre d’entrée). A peine, le billet contrôlé par la sécurité, ils démarrent un sprint jusqu’à la barrière de la montagne. Sur les terrasses Inca se forme une bousculade pour savoir qui arrivera le premier. Pendant quelques minutes on se croit dans la file d’attente de Space Mountain. La rencontre d’une civilisation ancestrale avec la population moderne est explosive et enlève les illusions de quelques uns qui avaient lu Neruda et Guevara pour se préparer à la visite.
Le Pérou est une mine de merveilles culturelles et naturelles qui en font rêver plus d’un. Le tourisme a un succès fou et on ne peut reprocher aux péruviens d’en profiter quand les occidentaux exploitent les autres richesses (minerai et agriculture) du pays sans soucis de redistribution. Le consumérisme dont est victime le tourisme laisse tout de même un goût amer. En est il d’une autre manière sur le champs de Mars au pied de la Tour Eiffel ?
photos: credits perso
mardi 4 août 2009
Route barrée: le Pérou en grève
Elle fait trembler les gringos, l’indifférence des péruviens, et déclenche le mépris de la presse et du gouvernement. La grève. Dans les hôtels pour touristes on annonce le chao, une paralysation sans précédent qui va mettre à mal les itinéraires prévus par les agences de voyage. Dans la rue, on relativise l’importance mais le mouvement impulsé par les chauffeurs de bus et de taxi impulse une réflexion personnelle sur la politique locale. Les journaux qui mentent vilipendent les manifestants avant même qu’ils n’aient sorti le moindre drapeau.
Depuis plusieurs semaines déjà, on proteste au Pérou. La réforme du code de la route va imposer une rigueur dans le trafic jamais vu jusque là. On annonce des amendes pouvant atteindre les 400 soles (100 euros). Les chauffeurs de bus urbain (les compagnies nationales se sont pas touchées par la grève) et les taxis, dont la route est l’outil de travail, se sentent en danger et bloquent les routes du pays de manière régulière pour exiger une révision de la nouvelle loi. Ce mouvement a regroupé d’autres mouvements locaux de protestation contre le gouvernement.
A une cinquantaine de kilomètre de Arequipa, tous les véhicules sont stationnés le long d’une station service. Le chemin est barré depuis le début de la matinée. Une centaine de manifestants occupent la route. Le gouvernement d’Alan Garcia est la cible des slogans qu’ils reprennent. Face à un gringo, une femme explique qu’elle réclame l’eau pour sa maison mais elle ne rentrera pas plus dans les détails lorsque l’on cherchera à approfondir le sujet.
Vers la mi journée, la police décide de dénouer le problème et ouvre un passage alternatif vers Arequipa avec priorité pour les bus nationaux. Les manifestants sont tenus à distance.
Lorsque l’on arrive en ville, on peut se rendre compte que tous les barrages n’ont pas été solutionnés aussi pacifiquement. Des bris de verre sur la route, reste d’un caillassage d’un transporteur jaune. La police est sur les dents et certains accès sont encore fermés par sécurité. Les touristes sont largement mis en garde sur l’instabilité de la situation et sur les précautions qu’ils doivent prendre.
La journée n’a pas été des plus calmes et le mouvement de grève n’est sûrement pas l’échec qu’annoncera, le lendemain, la presse. Ces journalistes qui mentent accusent Hugo Chavez de diriger la grève depuis le Venezuela. Le diable bolivarien se cache dans tous les mouvements sociaux ! Presse de diversion oblige, les rédacteurs se préoccupent plus de l’avancée de la grippe AH1N1 et de l’assassinat de la chanteuse populaire Alicia Delgado (sa concubine aurait payer un tueur à gage pour s’en débarrasser. Le fait divers ira même jusqu’à supplanter la mort de Michael Jackson début juillet alors que la planète entière repassait en boucle le clip de Thriller).
Sur la Plaza de Armas d’Arequipa, une quarantaine de citoyen sont regroupés et débattent de l’actualité du jour. La grève réveille de vieux débat sur le développement du pays. On appelle à l’union nationale pour rattraper les nations occidentales. On réclame le retour des recettes industrielles au pays, une redistribution des fruits de leur travail par les multinationales exploitantes des minerais, ainsi qu’une réforme institutionnelle de grande ampleur pour en finir ce système corrompu.
Le gouvernement fait la sourde oreille et empêche le blocage des routes. Une dizaine de jour plus tard du coté de Trujillo, tous les bus urbains sont à l’arrêt le long des ronds-points mais la circulation est libre. La policera bloquera tout de même le trafic dans le centre historique en prévision d’un rassemblement unitaire des manifestants.
credit photo: EFE juin 2009
vendredi 19 juin 2009
Pérégrinations andines [2]
Le bus passe par Penipe, le canton le plus proche du Tungurahua, le volcan, encore en activité, a éruptioné pour la dernière fois en 2006. La ville en porte encore les cicatrices. Alors que le marché hebdomadaire, événement provincial, bat son plein à Riobamba (15km), Penipe est une ville morte, trois passant et un vendeur de glace qui fait aussi office de taxi pour les touristes avec son mini bus. Toutes les échoppes ont le rideau baissé.
En 2006, l’éruption détruisit une partie de Penipe, la lave et la cendre ont mis à mal un grand nombre de maisons et l’Etat a dû reconstruire. Un tiers de la ville ressemble désormais à une cité ouvrière du Sussex les murs de couleurs en plus. Rien de ressemblant avec la ville équatorienne en permanente construction briques et agglos apparents.
La proximité de la forêt signifie aussi l'augmentation du taux d'humidité. Les dernières montagnes font obstacle au passage vers l'est de la masse nuageuse. L'horizon est bouché. Il est très compliqué de voir l'autre coté de la vallée et parfois on distingue à peine le chemin à 50m. En ce jour de juin, il faut se rendre à l'évidence, les Altares resteront dissimulés par les nuages. On apercevera à peine une partie du glacier pendant quelques secondes.
credit photo: perso mars2009
dimanche 24 mai 2009
Pérégrinations andines
L'arrivée au pied du Chimborazo c'est faite en stop. Pas forcémment plus économique puisque la tradition veut que l'on rémunère le chauffeur, il permet de faire des rencontres innatendues.
Dans la fourgonette d'un livreur de lait. La cinquantaine et la moustache, l'homme parcourt la campagne et visite les paysans pour collecter le lait des trois vaches qu'ils ont. N'imaginez pas de camions frigorifique ou une quelconque chaine du froid. Les paysans aux rides canoniques ne parlent pas, ni avec nous, ni avec le collecteur, ni entre eux. Des cris pour simple expression sortent d'une bouche édentée. Ni castillan, ni quetchua. Le collecteur vide les jerican dans ses bidons, il compte les litres et communique avec les paysans avec les doigts. Quatorze litres au total, pas de reçu, ni de billet fiduciaire. On n'en saura pas plus sur comment ils sont payés ni ce que vivent ces indiens au quotidien. Nos chemins divergent quelques kilomètres plus tard.
Le Chimborazo, volcan éteint mais dont la terre sent encore la lave éteinte. Un minerais à l'odeur des mines du Doubs. Pas étonnant qu'à la base du volcan on retrouve des eaux thermales. Un site perdu entre les montagnes indiqué par aucun panneaux, connus par les seuls locaux. Quelques hollandais initiés qui viennent travailler dans le cadre d'une mission humanitaire font relache dans les eaux à 30, 40 et 50º après la montée du Chimborazo. Les gringos à la peau blanche contrastent avec les quelques indigènes. On remarque alors l'usage différent des thermes en ce samedi après midi. Les hollandais font trempette tandis que les quetchua viennent prendre une douche chaude hebdomadaire. La société du loisir n'a pas sa place dans les traditions andines.
Et puis il y a cet homme dont on ne connaitra pas le nom. Equatorien, il a migré en Espagne, il y a 7 ans. Direction Valence. Ils sont des millions dans le même cas. Il travaillait jusque là dans la construction. Mais ma brave dame, c'est la crise! Alors on dégraisse et l'homme se retrouve au chomage. Immigré régulier, il a cotisé à l'assurance chomage et aujourd'hui il touche des indemnité pour un an. Avec femme mais sans enfants sur sa terre d'adoption, on l'a rencontré à Cebadas, village sur les rives du lac Atillo où il passait un mois de vacances chez sa belle soeur.
mercredi 13 mai 2009
Tout en image (9)
Diaporama Flickr qui comprend tous les clichés publiés depuis le début de cette expérience équatorienne.
mardi 17 mars 2009
Le passé et le présent en vidéo
Dans les jours qui viennent une série de vidéos réalisés à Palora, dans la forêt amazonienne équatorienne vont être mis en ligne. L'une d'elle est déja disponible. Il s'agit d'un guide shuar qui explique (en espagnol) certains éléments de la faune et de la flore silvestre.
Modification 17/03: Après ajout, on peut voir trois nouvelles vidéos filmées en Amazonie. La première grave la traversée du Rio Pastaza, frontière naturelle entre la province du Pastaza et celle de Morona Santiago. La seconde est un extrait du discours de bienvenue (en Shuar) du patriarche de la communauté indigène de Chinimpi. La troisième est un petit bout de chemin dans la forêt.
Bon visionage
samedi 28 février 2009
Pachamama*
Vivant dans
A Chinimpi, l’éclairage public n’a été installé qu’il y a 5 mois. Tout le monde s’accorde pour se féliciter d’une telle innovation dans cette communauté Shuar. Jusque là, ce village d’une cinquantaine de famille était réduit à l’obscurité la nuit venue. La propagande gouvernementale indique que « la révolution citoyenne est en marche », pour les indiens c’est un nouveau pas vers le progrès.
La « modernisation » et la « pacification » des peuples indigènes d’Amazonie ont commencé il y a un peu moins d’un siècle avec l’arrivée des pères blancs, ces missionnaires évangéliques américains. Une bible dans la main, ils sont venus prêcher la bonne parole et en ont profité pour pacifier les indiens. Ces peuples de nature guerrière ont progressivement abandonné la lutte armée entre tribu et se sont regroupés en village alors qu’ils vivaient jusque là dans le seul clan familial. Un bâtiment accueille toujours le culte mais le seigneur s’est vu contraint à cohabiter avec les croyances locales.
A l’heure actuelle, les Shuar, tout comme les Ashuars, les Quetchua et les Zapara, sont majoritairement des paysans et vivent principalement en autarcie. Ils vivent de leurs récoltes ainsi que de la cueillette ( de uaba et de pitaraya entre autre) et de la chasse qu’ils ont hérité de leurs ancêtres. Pendant la coupe de la canne à sucre, la coopérative de Chinimpi produit 500 quintaux de sucre par jour. La seule ressource qu’ils vendent. A cela s’ajoute l’argent du tourisme qui commence à se développer dans cette région reculé de l’Equateur.
Gilberto est un guide Shuar, il y a quelques années, il a obtenu une bourse pour aller étudier l’anglais à Miami. Attaché à sa terre et au mode de vie de son peuple, il est revenu travailler à Palora. Impliqué dans le processus de développement de cette petite ville, il espère que de plus en plus de touristes s’aventureront dans la forêt pour profiter des paysages à couper le souffle et pour connaître les cultures indigènes. « Je pense qu’on pourrait augmenter le nombre de touriste en valorisant encore plus notre terre. Une des solutions serait d’abandonner l’élevage bovin. Un animal a besoin de
Au moment du carnaval, les quatre tribus amazoniennes organisent un défilé traditionnel avec danses, nourritures, et ateliers de chasse. Au milieu des huttes de bambou et de palmes, ils présentent chants et cérémonies ancestraux. Ils boivent de la chicha (fermentation de yuca et de mani) à s’enivrer tandis que les touristes ont des maux d’estomacs après le troisième breuvage.
Le tourisme communautaire passe aussi par l’explication des croyances locales via la visite de certains lieux sacrés abritant l’esprit du dieu de la forêt, Arrutan. On explique aussi la shamanisme aux non initiés. Grégorio nous accueille chez lui pour le rituel de la toilette spirituelle. Avec l’aide du tabac et de l’Ayahuasca (breuvage hallucinogène qui permet entre autre de lire dans l’avenir ou bien de soigner), il exhorte les mauvais esprits de sortir de ce corps.
Les cultures indigènes d’Amazonie ne se résument pas seulement à un folklore pour touriste, elles sont belles et bien vivantes. La langue Shuar est parlée par environ
* "Mère Terre" en quetchua
D'autres photos sur Flickr
mardi 22 avril 2008
Un week-end à la campagne
Et pendant ce temps là, loin de Brasilia.
"C'est bizarre qu'il pleuve maintenant, normallement ça n'arrive que en fin d'après-midi. " Les rues sont devenues des torrents, mais notre homme reste tranquile sur sa terrasse.
Bienvenu dans la campagne Goianense, un territoire hors du temps, très loin des turpitudes urbaines et de la frénésie citadine. São Jorge, 600 habitants, aux portes du Parc National das Capadas dos Veadeiros. Quatre heures de route au nord depuis la capitale Brésilienne et on se retrouve perdu au milieu du cerado.
Contrairement à la ville, ici, les gens savent prendre leur temps. Je dirai même plus, ils prennent leur mal en patience. Alors que São Jorge fêtait ce week end ses 56 ans, la ville n'est toujours pasdoté d'asphalte. Les 20 derniers kilomètres qui mènent au village ne sont qu'une route de terre plus ou moins terrassés où les voitures slalomment entre les nids de poule. Lorsque la pluie arrive, c'est un torrent qui se déverse sur la route creusant encore un peu plus les hornières crées par les voitures qui patinent dans la boue.
São Jorge est un haut lieu touristique, le parc national est extrèmement courtisé en week end par les habitants de Brasilia ou de Goiana. Les nombreuses randonnées et toutes les chuttes d'eau sont des solutions idéales pour oublier le stress quotidien.
"Ils avaient commencé à affreter des camions pour transporter des pierres pour débuter l'accostement de la route mais on les a pas vu depuis 3 ans."L'argent a été détourné. Les élections pour les gouverneurs d'état en 2009 relance l'espoir un brin résigné. Pas de plainte. "Maintenant on a tout de même Internet." Le triphasé et l'eau courante sont arrivé à São Jorge en 1995.
crédit photo: M.M.V, place centrale de São Jorge après la pluie
mardi 19 février 2008
Bons baisers de Russie
Mercredi 6 février, les catholiques "sont poussières et redeviendront poussières" et les brésiliens soignent un mal de tête national. Après 4 jours (officiels) de fête et de beuverie intense, le Brésil dort et récupère des efforts fournis dans les jours précédents. Le centre historique de Recife accueillait depuis le samedi, la "folia", des millions de personnes s'y sont entassés et agglutiné, la foule dansait, la musique ne s'arretait jamais.
Au milieux d'une avenue déserte, pas encore réouverte à la circulation, cinq français pas encore épuisés cherchent un endroit pour boire un verre. Un chien traverse la rue à la recherche d'une poubelle apétissante. Ses pattes frappent le sol légèrement mais le bruit trouve un échos entre deux rangées d'immeubles clos. Les rues sont absolument vides. Sur la place qui accueillait la grande scène, quelques hommes en veste orange remuent des barrière de sécurité. Deux taxis sont arrêtés sur la chaussée à proximité du seul kiosque ouvert ce soir là. Leur chauffeurs jouent aux dominos sur le capot d'une des deux voitures. Ils examinent le jeu très sérieusement, les billets sur la table attestent de la mise qui attend le vainqueur. La femme seule qui tient le comptoir apporte des canettes de bières.
Recife a une réputation violente et on a beau relativiser quand on vit au Brésil depuis 6 mois, on reste sur ses gardes. Peu de personnes sont habitué à voir une ville de 3 millions d'habitant où les rues sont absolument désertes à 21h.
Un seul bar est ouvert ce jour là. Face aux docks, au premier étage d'un immeuble du début du siècle, une sono résonne. Le juke box diffuse des slows mielleux. Le touriste assoifé vient s'y réfugier.
Les spots roses qui éclairent la salle donnent à voir des drapeaux accrochés aux murs. Grèce, USA, Viet Nam, on fait le tour du monde en un regard grace aux boués de certains navires mystérieusement échouée ici.
Quelques hommes s'entourent de nombreuses jeunes filles, un vieux russe est rejoint à sa table par une brésilienne. D'autres femmes déambulent et lancent à la table des français(es) des regards suspicieux.
Effectivement ce bar abrite des prostitués. La discrétion est tout de même de mise. Pas de tenue désabillées, pas d'amazones langoureuses et gourmandes, pas non plus de billets dans les décolletés.
Les cinq touristes débarqués par hasard ne s'atardent pas. L'ambiance est vraiment trop malsaine pour supporter ça toute la soirée.
mercredi 13 février 2008
Déferlantes touristiques
Sur la plage, l’écho ne renvoie que des extraits de discussion en espagnol. Les familles disposent les transats en cercle autour de la glacière et font tourner rituellement le chimarão qui permet de boire le maté. Repli communautaire ou phlébite douloureuse, les touristes se concentrent sur les 500 premiers mètres de plage, laissant les 13,5 kilomètres restants vides, libre aux solitaires et aux surfeurs d’en profiter. Florianopolis est d’ailleurs un spot réputé de surf dans le monde entier. Les vagues qui ont pris vie au milieu de l’océan viennent s’échouer sur le sable catarinense dans des rouleaux sonores. Les vagues atteignent facilement 80 centimètres, un mètre et les planches de surf ou de bodyboard s’y engouffrent avec plaisir.
Les autochtones ont préservé la tradition de pêche de l’île. Le matin, les pêcheurs font la tournée des restaurants avec la récolte du jour. A Ribeirão da Ilha, un village situé sur la côte en face du continent, on trouve des parcs à huîtres. Les eaux calmes sont propices à l’ostréiculture. Sur la plage, trois adolescents récoltent quelques coquillages sauvages.
mercredi 30 janvier 2008
Sur mon île
A une heure de route de Joinville en quittant la baie pour rejoindre la côte, on arrive à São Francisco do Sul, l’une des plus vieilles villes brésilienne. Ce petit bourg qui se trouve sur une île fut la troisième ville brésilienne (après Salvador de Bahia et São Vincente) créée par les colons français au début du XVIème siècle.
Classé au patrimoine historique, le centre ville profite d’une politique touristique forte qui rénove et mets en valeur les maisons de style colonial. L’agence locale pour le tourisme s’efforce de valoriser les souvenirs du passé. Le touriste est guidé par des panneaux explicatifs en portugais, anglais et espagnols. Le Brésil a beau être un pays très touristique les plus beau sites ne profitent pas toujours d’une mise en valeur escomptée. Le voyageur doit souvent se réfugier dans son guide pour obtenir quelques compléments d’information. C’est assez dommageable surtout si le livre se veut généraliste.
Les rues étroites et pavées ne supportent un trafic trop important. Les autobus sont incapables de descendre jusqu’au port, ils laissent les touristes et les locaux sur la place de l’église situé un peu plus en hauteur. La moto est privilégiée par beaucoup de personnes qui la trouvent plus pratique pour slalomer entre les autos stationnées et avec plus de reprise quand la pente est trop importante. Ces motos sont d’ailleurs souvent utilisées comme moto-taxi.
La petite ville de São Francisco do Sul n’est pas seulement un pôle touristique, c’est aussi un centre industriel et portuaire indispensable à Joinville, la grande sœur. Si les anciens docks sont aujourd’hui reconvertis en musée, l’activité portuaire n’a pas été délaissée pour autant. Les cargos viennent encore alimenter l’import – export de la région. Pavillon chinois, maltais ou caïmans se croisent sur les quais. Cette porte de sortie attire les industriels souhaitant réduire les coûts de transports. De nombreuses multinationales ont une usine à proximité (au premier rang desquels Arcelor – Mital).
A quelques kilomètres de là, les pécheurs s’embarquent sur leur barque pour la pêche à la crevette. Les fonds vaseux du port sont peuplés de fruits de mer qui sont directement vendus aux restaurants se trouvant en front de mer.