samedi 22 septembre 2007

Un terroriste nommé Niemeyer




En cette journée sans voiture, je commence une nouvelle serie sur Brasilia. Il me semble que c'est un préambule nécéssaire aux textes qui suivront sur la société brésilienne pour que le contexte et la localisation soient claires pour tout le monde.


Brasilia est un vieux rêve de Dom Bosco qui eu une apparition au XVIe siècle voit une ville florissante lui apparaitre entre le 50° et le 60° Sud. Quatre siècle plus tard, la prophetie se réalise et Juceliano Kubitschek, le président de l'époque ordonne la construction de Brasilia pour dynamiser le centre du pays. La construction principale prend moins de 1000 jours et la ville est inauguré le 21 avril 1960.
Le maître d'oeuvre se nomme Oscar Niemeyer, un urbaniste révolutionnaire que l'on rapproche de Le Corbusier. Ici c'est un héros nationale et mon article peut me valoir l'expulsion sans préavis, mais j'ai pris l'habitude de démonter les monuments. Les concepts qui étaient considérer comme "modernes" et "du XXIe siècle" il y a quarante ans ont très mal vieillis et aujourd'hui, ils sont devenus abérant.
Brasilia est une ville où la voiture est indispensable. Le piéton est en danger permanent. Il peut se retourner vers le système de bus mais c'est l'un des pires du Brésil. A l'époque où l'automobile était le signe de la modernité, la ville fut construite en imaginant que toutes les familles en aurait une... Aujourd'hui c'est une nécéssité puisqu'il est impossible de passer de l'aile sud à l'aile nord à pied ainsi que de l'ouest à l'est. On se retrouve à chaque fois face à l'un des axes majeurs ( 4x4 voies) de la ville: l'eixo monomental (N-S) ou l'Eixxao (E-O).
Aux heures de pointes, la ville est paralisée, il est très dure de trouver une place pour se garer.
Cette conception urbanistique est d'autant plus scandaleuse aujourd'hui que l'on répète à longueur de journée qu'il faut faire un geste pour la planète et la ménager un peu. Les Brasilenses n'ont pas d'autres choix que d'avoir recours au parc automobile. L'écologie ne passera pas par Brasilia.


Photos: vision satelite de la ville de brasilia et l'esplanade des trois pouvoirs avec la rencontre de tous les axes routiers de la ville. crédits wikipedia
Je suis en retard quant aux photos mais je compte rétablir la situation prochainement

jeudi 20 septembre 2007

Je suis de la boulette baby!


Même à 9000 km de la France, Hervé Morin fait des vagues. Non pas que Globo s'en préocupe (c'est à peine s'ils parlent de Sarkozy) mais aujourd'hui trop c'est trop. J'avais calmé ma plume acerbe contre le ministre de la guerre pour prouver à certains que je savais faire autre chose mais le gredin me cherche et je ne peux resister à son appel du pied.
"Il avait dû me dire: il y a un certain nombre d'entre vous qui exploseront en vol et nous serons probablement obligés de faire un remaniement"
Oh la boulette! Annoncer un remaniement 4 mois à l'avance! En faisant le beau pendant la matinale de Canal+, le premier soldat de France s'est fendu d'une belle rèplique sismique qui s'ajoute à ces nombreuses déclarations ces derniers jours sur l'OTAN et les différents programmes militaires.
Ce qu'il y a de plus drôle c'est sa sérénité sur son possible (probable) départ: "J'ai toujours pensé qu'après la politique, il y avait une autre vie". Rapelons seulement que il a clairement affirmé à plusieurs reprises que s'il devait être démissionner de son poste rue Saint-Dominique, il récuperrerait sa place dans l'hémicycle. Marc Vampa n'assurant en quelque sorte que l'interim.
Il faut savoir que cette permutation n'a rien d'automatique, Marc Vampa ne peut pas passer naturellement le relais à sa tête de liste. Il doit pour cela lui aussi démissioner pour convoquer de nouvelles élections anticipées.
Prenons nous à rêver.... Vampa s'émancipe et refuse de démissionner... Ce cher Hervé pert donc ouvrir son restaurant et va s'occuper de ses chevaux comme promis pendant la campagne ( cf ITV du mois de juin) Je me promet d'être le premier de ses clients!
Revenons sur terre: la vie après la politique pour Morin c'est encore la politique...

mercredi 19 septembre 2007

Présumé coupable


La scène se passse lors de la remise des diplômes à la fin de la graduation de la fac de comunication de l'université de Brasilia ( que l'on peut représenter par notre bac+4), le représentant du syndicat des journalistes se lève pour féliciter les nouveaux diplomés et glisser un mot sur la profession: "N'oubliez jamais qu'il faut en toute occasion respecter la presomption d'inocence et qu'aucun élément extérieur ne doit la mettre en péril"
Au fond de moi même je rigole doucement: un journaliste qui pratique depuis plusieurs années au Brésil se permet de donner des leçons à de jeunes diplomés.
Il faut bien avouer que la situation est (là aussi) catastrophique. Le fait divers étant l'aliment principal des medias bresiliens, il faut bien donner de la chair fraiche à la population qui en redemande. Le plus simple est de livrer en pature, le dealer qui a fournit une gamine de 16 ans ou la mère au foyer qui vivait grace à ses escroqueries.
Les personnes interpelées sont filmé de pied avec les menottes aux poignets. Il arrive parfois que l'on assiste à leur arrestation, le cameraman accompagnant les forces d'intervention. Une fois derriere les barreaux on continue a les filmer et s'ils acceptent on les interview !
La personne arretées est trainé dans la boue du début à la fin du reportage, les commentaires se succèdent pour prouver sa culpabilité. A ce propos, il faut remarquer que les temoignages anonymes sont monnaie courante: en contre jours, la voix déformée, par téléphone ou en ne filmant que les pieds, tout est possible pour encourager à la délation publique. Chose rare aussi la TV parvient à acceder aux écoutes téléphoniques. On peut donc entendre les conversations de deux politiques véreux noyés jusqu'au cou dans des affaires de corruptions.
Du sang, de la chaire et de la bonne humeur
Revoila la pub: la police fédéral vous informe: "si vous êtes témoins d'un délit de quelque types téléphonez au ..." Pendant le message, on assiste à une succession de courses poursuites et d'arrestation spectaculaire.

Dormez brave gens la police fait son travail et les médias vous hypnotisent...





la photo est extraite d'un spectacle et non d'une rélle arrestation
Source: www.morlanwelz.be

samedi 15 septembre 2007

Des informations



Suite de la série d'articles sur les medias bresiliens: aujourd'hui les infos à la TV.

Les journaux d'informations bresiliens reprennent le modèle americain que l'on observe sur CNN ou Fox News. La plupart du temps on retrouve un binôme mixte à la presentation. Un homme et une femme se relaient pour introduire les sujets. On assiste à un jeu de ping pong qui rythme le journal.
Il faut de l'action pour conserver le téléspectateur, un journal comme le propose PPDA ou Pujadas est une aberation aux yeux des bresiliens.
Revient encore et toujours le taux d'analphabetisation de la population bresilienne (13,6% et 26% d'analphabètes fonctionnels c'est à dire qu'ils savent lire mais ne comprennent pas le sens des phrases), qui expliquerait la hierarchisation de l'information. Tout d'abord les faits divers: crimes, braquages, arrestation musclée d'un traficant de drogues, viols, chirurgiens plastiques incompétent et qui refont le visage de ses patientes à la truelle... Dès que l'occasion se presente, l'ouverture se fait avec des informations sensationalistes qu'il est prèférable d'avoir en exclusivité. La police est le meilleur fournisseur d'info au Brésil.
On trouvera ensuite la politique nationale avec un petit faible pour les affaires de coruptions. Globo fait et defait les présidents brésiliens comme un tricotte une echarpe.
L'information sociale n'est évoqué que très rarement et l'économie reste sommaire. Le sport est réservé aux journal des sports qui occupe une place centrale dans la grille des programmes.
Enfin la place de la culture est à peu près similaire en France et au Brésil. L'information internationale est totalement occultée. Parfois un flash de une minute resume l'actualité mondiale mais la plupart du temps on en parle même pas.

Tout ceci est bien entendu coupé toutes les 7 à 8 minutes par la pub. Par contre on ne trouve pas de brésilien à la sauce Pernaut. Point de sujets sur les sabots en bois de Marcel et les fleurs de Gisèle.
On notera tout de même qu'il n'y pas de journal le dimanche, aucun flash info le jour du seigneur.


photo: Evaristo Costa présentateur du Journal Hoje de Globo

lundi 10 septembre 2007

Concentration: jeu à la c**


Les plus pessimistes argueront que cela devait arriver un jour mais pour être tres proche de ce journal, j'avoue ma stupeur.
L'eveil normand par l'intermediaire de Publihebdos a racheté 14 titres de presse hebdomadaires regionales au groupe Hersant: dans le concret, les deux concurents encore en place sont devoré par l'ogre ouest france. Il ne reste plus que Paris Normandie comme journal n'étant pas la propriété de François regis Hutin.
Je m'inquiète de l'avenir de la presse dans l'eure et en Normandie. La situation de monopole telle qu'elle se presente est une très mauvaise chose. A n'en pas douter, des restructurations vont avoir lieu dans les mois qui viennent et je connais personellement certaines personnes qui pourraient être concernées. Il serait de bon ton de sortir mon traditionel refrain contre le PPA. Je n'en demord pas et il est plus que jamais d'actualité. Les sentiments personels interfèrent.

Cependant j'invite toute personne qui se sent concerné par les dangers qu'encourt la presse suite aux transactions concentrationnaires à jeter un coup d'oeil vers les liens amis. vous y trouverez des journaux locaux indépendants et offensifs. Le salut de l'information en france ne se fera que par le renouvellement. On ne peut rien attendre de la presse capitaliste qui fait la pluie et le beau temps sur notre belle region. Pour une réapropriation populaire des medias!
Les plus courageux (ou simplement curieux) liront Bourdieu (sur la television et contres feux) et Halimi ( les nouveaux chiens de garde).

jeudi 6 septembre 2007

C'est quoi ce film entre la pub?


Un mois de silence pour prendre mes marques et comprendre quelques peu ce pays si particulier qu 'est le Bresil.
Tout ce qui est publié ici n'est que le résultat de ma perception personnelle. Vivant dans un pays que je ne connais pas parfaitement, il se peut qu'il y est des erreurs. N'hésitez pas à les signaler si vous en repérer de mon coté je me reserve le droit de modifier de précédents articles si je me rend compte de quelques fautes ou oublis. Postez aussi vos questions si nécéssaire.

Un très bon moyen d'apprendre une langue est de regarder le TV. Elle familiarise à la langue et apporte quelques éclairages sur la culture du pays.
Les premiers mots que l'on comprend, on les trouve dans la pub: ces petits messages que l'on voit et revoit à longueur de journée.
Patrick Lelay l'a dit aux français, les brésiliens sont des maîtres en la matière: la TV est là pour servir la pub. Ici tout est coupé par la pub: les films, les novellas, les programmes religieux, les dessins animés, ... les journaux d'information. Rarement plus d'une demie heure de programme en continue. Seul le foot fait exception à la règle: 45 minutes sans aucun spot: un exploit.
Cet exploit est tout de même ternie par de petites pastilles en haut à gauche de l'écran et qui remplace ponctuellement le tableau des scores. A ce moment, le journaliste se tait et laisse place au commentaire publicitaire. Exemple: "Luis silva passe en retrait pour joao wan der ley. VW la voiture qu'il vous faut. Une occasion qui se termine par un corner"
La pub c'est aussi les partenariats et là encore rien n'échappe aux griffes des promoteurs d'espace. Surtout pas les journaux... Les faits divers du jour, le compte rendu du procès pour corruption et le projet éducatif dans la favela vous sont donc présenter par un magasin de meubles et une université privée. En tant que journaliste cela me choque... La palme du partenariat le plus halucinant revient à Record, la chaîne de TV créé par les évangeliste. Leur journal regional est sponsorisé par une université catholique!

Les publicitaires brésiliens ne font preuve de beaucoup d'imagination. Peu de créations interressantes, on mise plus sur le prix en gros et le rabachage de 3 mots clefs. Certains imputent ceci au peu d'éducation d'une grande partie de la population brésilienne. Je ne voudrais pas paraitre si catégorique mais surement l'une des raisons.
Les annonceurs sont peu variés. Les grandes enseignes de supermarché, les concessionaires automobiles, les réseaux d'enseignement privés... J estimerais leur nombre à quarante. Ce qui est inquiétant ce n'est pas le faible choix offert au consospectateur mais plutot la base financière étroite sur laquelle repose les médias. Si l'un d'eux decide de ne plus annoncer sur l'une de ces chaines, le bilan financier de cette dernière risque d'en souffrir, les programmes aussi par conséquent.

mercredi 1 août 2007

Hey honey take a road on a wild side


C'en est fini de la France. Dimanche, départ vers Brasilia (le fameux départ au brésil) pour une année d'étude dans le journalisme. Je vais donc être absent pour ce qui risque d'être deux grandes batailles électorales: les municipales et les cantonales. J'espère que la presse fera son boulot pour la rendre palpitante.
Le blog ne ferme pas pour autant, je vais essayer de très vite publier des articles concernant ce grand pays qu'est le Brésil: en quelque sorte continuer mon travail de journaliste.
De votre coté, n'hésitez pas à communiquer vos actualités.